‹ La TunisieChapitre 15 sur 157 · HABITANT DU K ISF, VÊTU DU BURNOUS · texte numérisé non relu

HABITANT DU K ISF, VÊTU DU BURNOUS

tre de la Tunisie. Or, (p. 64).

comme les voyageurs

pressés jugent d’après ce qu ils aperçoivent aux diverses escales de la côte, ils généralisent et attribuent au pays entier ce qui, en réalité, constitue une exception.

Les populations côtières représentent les débris de l’ancienne civilisation du pays. Beaucoup de leurs gros villages rapprochés ont pu tenir tète aux envahisseurs arabes, ne pas être détruits et arriver avec eux a un modus vivendi qui leur a permis de ne pas disparaître. Mais cette résistance n’a pas été heureuse partout. Les barbares ont brisé par places la ligne des civilisés de la côte, amenant avec eux la ruine et la stérilisation. Aussi les centres du littoral 11e se trouvent-ils que groupés par places, au lieu de former une chaîne continue de Bizerte à la frontière tripolitaine. Entre Bizerte et les quelques villages du cap el Mekla, tout est dénudé jusqu’à Tunis. Cette Capitale elle-même sauf quelques rares villages de plaisance. Le cap Bon

possédait vers Nabeul un groupement important. Sa position l’avait protégé; mais, entre cette épave et la région de Sousse, les Ouled-Saïd avaient tout ramené au désert, ne laissant subsister que le village de Takrouna perché au sommet d’un pic. Le groupe du Sahel ne s’étend pas jusqu’à Sfax. Les Souassis et les Metellits, pillards et nomades, avaient brisé cette continuité. Quelques maigres oliviers, de loin en loin, entre El Djem et Si Salah, rappellent que de Sfax à Sousse on pouvait jadis cheminer à l’ombre. Passé Sfax, on retrouve comme un dernier débris le village de Maharès. Gabcs fait partie de la région des oasis, tandis qu’au sud, les gens de Djerba et les montagnards troglodytes voisins de Gabès se relient par leurs caractères aux populations que nous venons d’étudier.

Il est même un fait à observer : c’est que le degré de civilisation de ces populations croit du nord au sud. Sous ce rapport, le groupe de Bizerte est inférieur à celui du cap Bon. Le Sahel ne

MUSULMANS EN BURNOUS DEVANT LE CONTROLE DU KEF (p. 64).

vaut pas Sfax, et Djerba, protégée contre les mélanges par sa position insulaire et surtout par un schisme religieux, est de beaucoup supérieure a l’ensemble des Tunisiens.

Quoi qu’il en soit, la population de ces divers groupes de sédentaires atteint le chiffre de 500.000 habitants, concentrés sur une faible superficie, alors que nous avons vu les riches et immenses plaines de la Tunisie centrale ne comprendre que 300.000 individus pour toute population.

Chose curieuse, le degré de civilisation paraît se mesurer à la prédominance d’un type ethnique. Celui-ci, presque pur à Djerba, l’est déjà moins chez les Accaras et les montagnards avoisinants. A Sfax et aux Kerkennas, il est prédominant, pour reparaître autour de Mahédia, de Monastir et surtout des villages qui avoisinent Sousse. Dans le cap Bon on le retrouve en quelques centres à l’ouest de Nabeul et à l’Haouaria, village au sommet de la presqu’île. A Bizerte, il est exceptionnel. Ce type est celui de nos Savoyards, de nos Auvergnats, de nos Bretons. Ce sont des hommes au crâne rond et à la face large, plutôt petits et trapus (fig. p. 67), faciles à différencier au milieu de ces populations à tète démesurément allongée.

A côté cl’eux, ou trouve, dans le Sahel, des gens de haute taille, au nez mince, à face longue. Ces gens ont parfois une apparence assez distinguée. Leurs yeux sont souvent clairs ou intermé-

LA POPULATION ET LES RAGES EN TUNISIE 67

diaires ; leur barbe, de couleur parlois châtain, quelquefois même blonde, indique aussi une origine européenne (fig. p. 68).

Ce sont même les gens de ce type qui paraissent avoir conservé à quelques villages du cap Bon et des environs de Bizerte (Menzel-Jemil, Menzel-Abderrhaman) une civilisation relative.

Le troisième type qui a envahi la population de Bizerte et celle du cap Bon, et qui s’infiltre en

FACE ET PROFIL D’UN HOMME DU TYPE BRACHYCÉPHALE (CELTIQUE OU LIBYEN) DU LITTORAL (p. 66).

(Les cheveux ont été relevés pour montrer la forme de la tète. — Taille lm,57; indice céphalique 81,11 ; indice nasal 79.)

masses plus ou moins appréciables dans celles du Sahel, de Slax et de Sousse, et même un peu de l’ile de Djerba, appartient au groupe — réfractaire à la civilisation ■* — que l’on peut appeler ibère ou Berbère proprement dit'.

Enfin la presqu’île du cap Bon renferme encore d’assez nombreuses agglomérations de Maures Andalous (fig. p. 69).

Ce ne sont pas les seuls éléments de la population côtière. Les corsaires turcs ont introduit

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