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LES ISRAÉLITES

L’élément juif constitue une part importante de la population tunisienne. Tunis passe pour être une des villes de la Méditerranée qui renferme le plus d’Israélites. Il s’en trouve environ

LA POPULATION ET LES RACES EN TUNISIE

30.000 individus. Nabeul, Sousse, Sfax, Gabès, Djerba, renferment également un élément Israélite fort appréciable.

La population juive ne présente pas, a proprement parler, de caractères ethniques bien accusés. Provenant d’un pays déjà soumis à de fréquents mélanges, elle en a subi de nombreux encore sur la terre d’Afrique. On sait que les Israélites proprement dits étaient des Sémites, qui ont conquis et assimilé les populations sédentaires de Palestine. Or, celles-ci se composaient, en outre d’éléments svriens, de nombreux sujets d’origine européenne, parmi lesquels les blonds Amorites. Cette population mêlée est venue en Afrique en plusieurs bancs, et spécialement avec les Phéniciens, après la destruction du temple de Jérusalem, et enfin avec l’invasion musulmane. L’immigration arrivée sous Titus parait s’ètre livrée à un prosélytisme très ardent. Beaucoup de Berbères avaient adopté le judaïsme. C’était même la religion de la Kahena. Cette similitude de religion amena de nombreux mélanges avec les populations locales. Plus tard, les Juifs venus d’Espagne, les Juifs Livournais, puis des Juifs venus de France, surtout de Constantinople et d’Asie Mineure, ont continué à infuser leur sang dans les veines de cette population

La photographie que reproduit la figure de la p. 88, prise dans une synagogue, montre quelle variété de types on trouve, depuis le brachycéphale' jusqu’au sujet négroïde! On y découvre à peine la figure classique, si connue, du Juif d’Europe. Malgré cela, on reconnaît dans la rue un Israélite, qu’il soit brun ou blond, qu’il soit même habillé à l’européenne. L’œil, dans ce cas, est plus frappé de l’habitus général du sujet que des traits spéciaux de son visage. D’une façon générale, on peut dire qu’au physique, comme d’ailleurs au moral, l’Israélite Livournais se rapproche plus du Juif JEUNE FILLE JUIVE DE TUNIS EN C0STÜME DE V1LLE fP- 01) que nous connaissons en Europe, tandis que le Tunisien proprement dit a un aspect plus européen

Au point de vue administratif, les Israélites Tunisiens, se divisent en deux communautés. L’une est celle des Tunisiens proprement dits, l’autre des Livournais ou Grana. Ces derniers, différents

FEMME JUrVE DE TUNIS DANS SON INTÉRIEUR (p. 91 ).

(Les Juives deviennent toutes très grasses. On les engraisse en vue du mariage.)

par les mœurs, le langage et le rituel, ont constitué un schisme en 1710. Us obtinrent même, en 1S24, du bey Ilussen la permission d’avoir un chef caïd spécial, des temples, des rabbins et une administration autonome. Ce groupe forme une sorte d’aristocratie dans le milieu juif. Il se compose dcs réfugiés venus d Espagne, renforcés par l’immigration d’Israélites venus de Livourne. Ces Livournais, par leurs relations européennes, par leurs richesses et aussi leur instruction,

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purent acquérir une situation moins avilie que les Juifs tunisiens proprement dits. Leur influence auprès des beys comme médecins, hommes d’affaires, banquiers, etc., fut prépondérante. Aujourd’hui encore, ce sont les adversaires les plus tenaces de l’occupation française de la Tunisie. La plupart des manifestations italiennes sont provoquées et même subventionnées par eux.

L’Isréalite Tunisien diffère du Livournais. La plupart des membres de cette communauté sont très pauvres. Tandis que les Livournais ne s’occupent guère que de banque, de change, de commerce et de professions libérales, les Tunisiens exercent des professions manuelles (tapissiers, tailleurs,- cordonniers, bouchers, menuisiers, ferblantiers, orfèvres, brodeurs, etc.).

Leur sobriété remarquable leur permet de fabriquer toutes choses à des prix modiques. Depuis l’occupation, ils envoient leurs enfants aux écoles de l’Alliance israélite. Les enfants qui en sortent accaparent toutes les places pour lesquelles une instruction primaire est suffisante, telles que commis de magasin, clercs d’huissiers, d’avocats, de défenseurs, comptables, etc.

Leur connaissance de tous les idiomes du pays et les appointements très modérés qu’ils demandent en font, dans ces diverses branches d’activité, l’objet d’une concurrence impossible à soutenir pour nos nationaux. En ce moment, on essaye de les pousser à l’agriculture.

Chaque communauté israélite de Tunis pratique largement la charité. Diverses taxes ont été établies pour assurer des fonds aux malheureux si nombreux. L’une des plus importantes est le monopole de la viande de boucherie. Le prix de celle-ci est majoré dans des conditions fixées. Le produit de cet impôt est consacré à l’assistance.

Le costume des hommes a longtemps été imposé par des lois édictées par les beys. Les Israélites devaient avoir des vêtements spéciaux, de couleur sombre, généralement bleue, avec des pantalons gris. Les Livournais obtinrent, comme une faveur, de pouvoir porter un bonnet blanc de coton. Quant au chapeau et aux vêtements européens, ils leur étaient interdits. En 1823,

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