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VUE GÉNÉRALE DE

pour ainsi dire, raclé et tondu. Mais M. Àmable Crapolet, qui débarqua sur la berge de la Goulette au mois de mai 1859 (M. Léon Roche étant consul), reconnaîtrait sans peine, aux alentours de la Manouba, les touffes de lentisques, de jasmins, de grenadiers et d’orangers où il aimait à goûter la tiédeur des siestes. L ingénieur Baux, qui lut chargé, en 1868, de lever la carte des antiques emporia phéniciens en Afrique, recommencerait à improviser des phrases lyriques s’il revoyait la Medjerdah « roulant des torrents de sable et de vase près de l’ancien cap d’Apollon ». Les dattiers du Djéricl sont à peu près les mêmes qui abritèrent de leurs palmes MM. Tirant et Rebatel en 1874, MM. Cagnat et Saladin en 1883.

On ne s’appliquera donc pas, dans le travail que voici, à fixer, en dessins ou en aquarelles, un décor dont la beauté ensoleillée mériterait d’ètre étudiée longuement, minutieusement et a part.

ün tâchera d’apercevoir les hommes et les ‘femmes qui habitent sous ce ciel clément, qui vivent, là-bas, des moissons de la terre labourée ou qui cherchent leur subsistance ça et là, au gré des saisons, en déroulant leurs tentes et en poussant leurs troupeaux de chameaux et de chèvres, et en mangeant des sauterelles rôties, de la farine d 'akouJ, de la gomme d’acacia, des graines de coloquinte, parmi les jujubiers sauvages et les genêts épineux du désert.

On tâchera de peindre les races que la loi des migrations humaines a dirigées vers ce coin d’Afrique et les nationalités diverses que les combinaisons de la politique européenne y juxtapo-

ïunis (p. 93, 96 et suiv.).

sent. Si une touche de verdure, d’azur ou de sable s’ajoute parfois à la description des individus et des groupes, c’est qu’en effet il n’est pas possible de faire voir un cheik des Zlass sans indiquer les fourrés de cactus et les plaines mornes où il exerce son autorité pastorale, ni de montrer un village de l’Arad ou du Djérid sans dessiner, au-dessus des huttes d’argile, la tige fluette et l’éventail épanoui des palmiers, ni de faire voir un bûcheron khroumir sans étendre sur lui les larges ramures des chênes-lièges, ni enfin un montagnard de Maktar sans profiler au loin les massifs du Djebel- Berbe rou, les blocs de roches calcaires et les terrasses sablonneuses où se creuse, en vastes gradins, l’escalier des Gazelles.

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