DÉCÈS PAR VARIOLE SURVENUS A MARSEILLE
On voit, d’après ces chiffres, que, dans les années les plus éprouvées, la mortalité est loin d’atteindre la proportion que nous avons signalée pour Tunis ; mais, en revanche, la variole ne
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disparaît point entre deux épidémies à Marseille, comme elle le fait à Tunis. C’est qu’à Tunis, pendant les épidémies, la population recherche la maladie, et, comme nous l’avons déjà dit, les causes de contagion sont tellement considérables que tout ce qui est susceptible de prendre la maladie en est atteint et que l’épidémie ne reparaît que lorsque de nouvelles victimes lui sont offertes.
Le gouvernement du Protectorat a, depuis plusieurs années, installé un service de vaccine publique qui répand la vaccination jennérienne. Les médecins militaires font aussi un grand nombre de vaccinations dans l’intérieur de la Régence. Depuis la fin de 1894, nous avons installé, comme annexe de Y Institut Pasteur de Tunis, un centre vaccinogène qui, au moyen de génisses, produit le vaccin nécessaire il ces divers services. Jusqu’à ce jour, le vaccin employé par les médecins de la Tunisie venait de Paris, de Bordeaux, de Tours, de Montpellier, de Milan; il arrivait ici après un long voyage : on le conservait souvent longtemps avant de s’en servir, si bien que les résultats n’étaient pas toujours parfaits.
L’installation du centre vaccinogène de Tunis a coïncidé avec l’épidémie de variole qui a enlevé à Tunis 870 personnes en 1894. Aussi toute la population a-t-elle été poussée à se faire vacciner et à propager la vaccination autour d’elle.
Cette croisade sanitaire est, pensons-nous, intéressante à suivre; aussi allons-nous en dire quelques mots.
Le directeur de l’enseignement public en Tunisie, M. Machuel, encourage le plus possible, depuis quelques mois, son personnel d’instituteurs à propager la vaccination. Il est arrivé à créer une émulation salutaire parmi eux, en signalant dans le Bulletin officiel de V Enseignement ceux qui se distinguent en vaccinant dans leurs écoles. On trouve ainsi dans le Bulletin de l’Enseignement :
Le directeur de l’école de Schuiggi a vacciné avec succès une vingtaine de ses élèves et deux personnes adultes de la localité, à l’aide du vaccin qui lui avait été envoyé par la Direction de l’Enseignement. Il serait désirable que cet exemple fût suivi par tous nos instituteurs.
Ou encore :
Les instituteurs Jourdan à Téboursouk, Lacore à Mateur, et Rojat au Souassis, ont, sur leur demande, reçu du vaccin. Ils ont vacciné avec succès presque tous leurs élèves, ainsi qu’un grand nombre de personnes adultes. En imitant cet exemple, les instituteurs et institutrices rendraient à tout le pays un service considérable.
A Ivsour-Essaf, M. Lods, instituteur, a vacciné pendant le mois dernier 71 élèves; 1 opération a parfaitement réussi pour 67. Il a vacciné également 16 autres personnes de la localité, dont 12 avec succès. Le rôle de cet instituteur méritait d’être signalé.
Enfin, depuis deux ans, M. Machuel nous a chargé de faire un cours d’hygiène et une leçon pratique à l’école normale de Tunis pour enseigner à son personnel comment doit se faire la vaccination.
D un autre côté, frappé du danger que fait courir à notre armée le loyer de variole que l’on trouve dans ce pays, et contre lequel on ne peut lutter que par la vaccination, le groupe tunisien de Y Union des femmes de France s’est décidé à tenter une croisade sanitaire pendant le cours de 1895. Pendant plus de six mois les dames membres de l’Union se sont créé l’obligation d’aller, au moins
une fois par semaine, clans les familles arabes les plus réfractaires à la vaccination. La présidente, Mme René Millet, femme du Résident général de France, comprenant l’influence qu’elle pouvait exercer sur les indigènes, a été présente à toutes les séances de vaccination.
Les femmes pénètrent plus facilement que les hommes dans la famille musulmane; mais ce n’est pas à cette difficulté d’approcher la femme arabe qu’il faut attribuer exclusivement l’impossibilité où l’on est de faire pénétrer la vaccination dans les intérieurs musulmans. Il y a une autre raison. Dans les premières séances d’inoculation, après avoir entraîné la conviction du chel de famille au sujet de 1 utilité de la vaccination et après avoir pénétré auprès des femmes, les vaccinatrices européennes ne pouvaient procéder à l’inoculation que lorsque les femmes arabes, menacées par leurs époux, se voyaient contraintes de subir l’opération.
Peu à peu, les difficultés ont été moindres, et, à la fin, les femmes venaient d’elles-mêmes demander la vaccination. La réputation d’innocuité de l’opération s’était répandue. En effet, ce qui retenait le plus les femmes arabes, c’étaient les accidents consécutifs à la variolisation qu’on pratique sur elles, et qu’elles confondent avec la vaccination. Un exemple frappant de ce que nous venons de dire se trouve noté sur le cahier d’observations des membres de Y Union des femmes de France. Un jour, ces vaccinatrices inoculèrent 124 femmes dans un village des environs de Tunis ; il restait encore une vingtaine d’inoculations à faire, lorsque, surprises par l’heure tardive, elles remirent l’opération à une autre séance. Ce premier jour, les femmes hésitaient et ne se laissaient inoculer qu’avec difficulté. Le ramadan commença quelques jours après, et, pendant tout le mois que dura ce carême arabe, il fut impossible de reprendre la vaccination. Au bout de ce mois, à la première séance, les vaccinatrices furent tout étonnées du changement d’attitude des femmes arabes. Elles voulaient toutes être vaccinées, clics et leurs enfants; et même celles qui avaient été vaccinées un mois auparavant demandaient à subir à nouveau l’opération. Questionnée sur les causes de ce changement d’attitude, l’une d’elles lit la réponse suivante :
Vous avez vacciné 124 des nôtres : 107 ont eu le bras énorme, mais pas une n’est morte ; s'il en est ainsi, inoculez-nous tant que vous voudrez; nous savons que cette opération préserve de la variole; ce qui nous avait retenues, c’est que, d’ordinaire, plusieurs des opérés meurent de l’inoculation telle qu’on la pratique chez nous.
D’autres fois, les vaccinatrices étaient reçues d’une façon particulièrement aimable : on remettait des adresses écrites sur parchemin à leur présidente ; voici la traduction de l’une de ces adresses :
Le soussigné est heureux de manifester à la très parfaite Mme Millet, la digne compagne du très éminent parmi les savants et les hommes politiques, M. René Millet, Résident général de la République française à Tunis, l’expression de sa reconnaissance pour la peine qu’elle a voulu prendre d’apporter sous son toit l’excellent préservatif du vaccin. Il l’assure qu’elle a laissé derrière elle dans sa maison une tranquillité d’esprit et des sentiments de gratitude qui dureront autant que sa propre famille, et se répandront autour d’elle comme le parfum des fleurs et la lumière d’un astre au moment de sa splendeur.
Si toutes les femmes ressemblaient à celles que nous avons vues, les femmes seraient à coup sûr considérées à l’égal des hommes.
D’autres fois encore, les colons reconnaissants envoyaient des lettres de remerciement :
J'ai, comme je vous l’avais promis, à vous donner les résultats de la vaccine que vous avez pratiquée sur les sept personnes qui composent la famille de mon métayer. Outre que la réussite a été parfaite, elle a
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convaincu tout le pays; car, dans le douar auquel ils appartiennent, la variole n’a cessé que ces jours derniers, et de ceux qui ne l’avaient pas encore eue, les vaccinés sont les seuls qui lui ont échappé. Un grand nombre de personnes ont été malades dans la région, et les vaccinés conservent seuls leur figure, comme disent les Arabes. Aussi, maintenant, je suis importuné par les parents venant me demander de faire traiter leurs enfants. Si ce n’était pas vous déranger, j’en aurais une vingtaine à faire vacciner. Je vous remercie pour ces pauvres gens.
Un enfant en traitement à l’Institut antirabique île Tunis fut pris de variole; lorsqu’il entra en convalescence, j’allai chez lui continuer les inoculations antirabiques. Dans la maison, j’entrevoyais chaque jour les femmes qui se cachaient derrière les rideaux : j’appris que pas une d’entre elles n’était vaccinée, mais pas une ne voulut me laisser faire l’opération. J’eus recours à V Union des femmes de France : 7 femmes furent inoculées avec 7 succès.
Enfin, la croisade a produit son effet : 500 femmes et enfants ont été vaccinés par Y Union des femmes de France dans les différents milieux de la population tunisienne. Les femmes indigènes n’ont plus peur de la vaccination; elles appellent maintenant médecins ou sages-femmes pour la pratiquer sur elles; l’impulsion est donnée. Un médecin de Tunis nous disait dernièrement qu’il ne savait à quelle cause attribuer le nombre des hommes et des femmes indigènes qui viennent réclamer la vaccination en ce moment. C’est évidemment à la propagande qu’on a faite de divers côtés. J’ajouterai, du reste, que, grâce aux soins de propreté et aux précautions prises, pas un seul accident n’a été à déplorer, et les réussites ont été environ de 96 pour 100.
AUTItES MALADIES INFECTIEUSES
§ 1. — Fièvre typhoïde.
La fièvre typhoïde a fait autrefois de nombreuses victimes dans la Régence, surtout au moment de l’occupation française, en 1882. A l’heure actuelle, ces épidémies vont en décroissant de nombre et de gravité. A Tunis, en particulier, la mortalité, qui était de 1.645 par variole en 1888, était de 33 par fièvre typhoïde.
§ 2. — Dysenterie, etc.
La dysenterie règne à l’état endémique dans la Régence, mais elle y est extrêmement bénigne, sans caractère de gravité. — On rencontre, de temps en temps, des abcès du foie. Les affections vermineuses sont fréquentes.
§ 3. — Diphtérie.
L’année 1894, qui a été la plus mauvaise au point de vue de la diphtérie, a présenté 61 décès pour celte maladie a Tunis. Nous croyons que cette affection est très rare en Tunisie. Depuis la fin de 1894 fonctionne à Tunis un service de diagnostic de la diphtérie; les examens de fausses
membranes nous ont montré une rareté excessive de véritable diphtérie, et, en général, les angines réellement diphtériques sont bénignes : souvent elles ne révèlent leurs caractères toxiques que par les paralysies consécutives.
§ 4. — Choléra.
En 1849, le choléra a sévi avec une violence extrême sur la population juive, qui a été décimée; et, l’année suivante, la population arabe et les Européens ont été, à leur tour, fortement éprouvés. A la fin de 1893, une légère épidémie de choléra a encore sévi sur le quartier Israélite de la ville, amenant 35 décès en octobre, 80 en novembre, 19 en décembre. Cette épidémie est restée cantonnée à 7 ou 8 maisons et s’est éteinte d’elle-même; on retrouvait dans le tube intestinal des victimes le bacille virgule, avec ses caractères de culture et de virulence. Depuis cette époque, de grands travaux d assainissement ont été entrepris dans cette partie de la ville, et l’épidémie n’a pas reparu.
$ 5. — Paludisme.
La fièvre paludéenne n’existe pas à Tunis, mais quelques foyers d’impaludisme sont disséminés dans la Régence. On les évite en travaillant le moins possible dans les bas-fonds, surtout le matin et le soir, quand ceux-ci sont couverts de brume.
L’occupation romaine semble avoir voulu éviter avec soin ces endroits malsains : toutes les ruines de villes ou de villages se trouvent au flanc des coteaux qui bordent, par exemple, au nord la vallée de la Medjerdah. Il est, en effet, à remarquer (pie le remède existe dans cette région à côté du mal : partout, sur ces points d’impaludisme, se trouvent de petites collines qui peuvent servir de sanatorium. La culture intensive dans ces régions recommence ii les assainir et fera complètement disparaître ces fièvres palustres.
§ 0. — Tuberculose.
La tuberculose est-elle fréquente en Tunisie? C’est un point difficile à établir. On trouve certainement de nombreux cas de phtisie chez les indigènes; pourtant, si nous nous en tenons aux seules données certaines que nous ayons, il semblerait que cette maladie fût extrêmement rare. Le corps d occupation tient la tête de toute l’armée française, depuis plusieurs années, au point de vue de la petite quantité de sujets tuberculeux qu’il fournit à la moyenne générale. En 1892, par exemple, il y a eu dans le corps d’occupation de Tunisie 2,75 pour mille cas de réforme pour cette maladie, et 0,64 pour mille décès, alors que le 4e corps comptait 10,15 cas de réforme pour tuberculose et 1,69 décès; pour toute l’armée française, les cas de réforme étant de 6,55 pour mille, la mortalité par tuberculose était de 1,04.
D’un autre côté, Tunis possède, depuis 1888, un abattoir fort bien installé et où l’inspection se fait très sérieusement sous la direction d’un vétérinaire. Les cas de tuberculose chez les bovidés sont extrêmement rares : sur 20.247 abattus en 1892, 2 ont été trouvés atteints, soit 1 pour 10.000 en moyenne. En 1893, le nombre a été plus faible : il a été de 1 pour 26.992. En 1894, quoique très faible, il a considérablement augmenté : il s’est élevé à 1,5 pour 27.618.
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En parlant de cet abattoir, nous devons signaler que les animaux y sont saignés par une large incision faite à la partie antérieure du cou; l’abatage se fait de la même façon dans les trois quai-
COIFFEUR AMBULANT TRAITANT UN ARABE MALADE PAR DES SAIGNÉES DANS LA PEAU DU COU (p. 132). (Ce sont ccs coiffeurs qui pratiquent, en cas d’épidémie aiguë de variole, l’opération si dangereuse de la variolisation.)
tiers, pourtant bien séparés : chrétien, musulman et israélite. La viande se conserve mieux ainsi, étant plus exsangue. Le vieux rite sémitique a donc eu sa raison d’être et son origine dans une préoccupation d’ordre hygiénique; et nous n’avons qu’à admirer et imiter sur ce point, dans les pays chauds, les musulmans et les juifs, malgré ce que ce procédé peut avoir de cruel.
§ 7. — Rougeole.
La rougeole est très rare en Tunisie; il y a eu une petite épidémie dans les premiers mois de l’année 1892, épidémie qui a enlevé, sur la population totale de Tunis, 139 personnes.
Une autre épidémie a sévi sur la Tunisie dans le courant de 1895. Un grand nombre d’enfants sont morts de complications broncho-pneumoniques.
Dans le corps d’occupation on signale 0,89 cas pour mille, alors que dans l’armée française tout entière la proportion est de 5,59.
Même remarque pour la scarlatine : 0,57 pour mille soldats en Tunisie, au lieu de 3,98 cas sur mille dans l’armée française tout entière.
§ 8. — Furonculose.
On rencontre aussi dans la Régence pas mal de personnes atteintes de furonculose. Pour éviter la répétition sans nombre de ces clous, il est une précaution que les colons feront bien de prendre : c’est de ne jamais se servir d’étoffes de flanelle comme linge de corps; ils préféreront les tricots de coton en forme de filets, qui absorbent bien la transpiration. La flanelle se feutre vite, elle tient chaud et ne peut pas se laver à l’eau bouillante; aussi est-elle une des causes qui permettent à la furonculose de se propager le plus sûrement. La nécessité de faire bouillir le linge de corps a été bien mise en évidence par le fait suivant, qui a été observé dans l’un des régiments tenant garnison à Tunis : la moitié de l’effectif était atteinte de clous nombreux; après enquête, le médecin, voyant, au bout de plusieurs mois, que l’épidémie ne faisait qu’augmenter malgré toutes les précautions prises, demanda que le linge qui, jusque-là, était lavé à l’eau froide dans la cour, fût porté à l’ébullition dans une buanderie, dont il proposa l’installation. En quelques semaines, l’épidémie disparut, ou plutôt se localisa sur les hommes au niveau de la jambe et du pied, et ne disparut complètement que lorsqu’on eut procédé à la désinfection des guêtres dont ils étaient porteurs.
§ 9. — Rage.
La rage est assez répandue en Tunisie; la ville de Tunis, par exemple, ne se comporte pas comme les villes du Levant, où cette maladie est inconnue. Les chiens y vivent comme ils le font dans les centres européens; on n’y rencontre pas ces hordes d’animaux qui grouillent dans les cités comme Constantinople, Beyrouth, Smyrne, Alep, etc. Or, pour expliquer l’absence de rage dans ces villes du monde musulman, on a donné 1 ingénieuse et très vraisemblable raison que voici : elle s’appuie sur un fait signalé par tous les voyageurs. Dans ces villes, les chiens n’appartiennent à personne : ils sont à la ville. Chaque famille canine a son quartier à elle; elle est là chez elle; elle se charge de débarrasser une partie de la ville de ses immondices, mais elle ne permet à aucun chien d’une famille voisine de venir sur ce territoire réservé; 1 imprudent serait de suite exterminé. Un des premiers symptômes de la rage, très fréquent chez le chien, est un besoin de mouvement qui se manifeste par sa fuite de chez son maître. Le public, qui depuis longtemps a remarqué cette humeur voyageuse de la première période, dit que le chien se sauve parce qu’il sent venir l’envie
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de mordre, et que, toujours fidèle, il ne veut pas s’attaquer à son maître. Malheureusement pour la vraisemblance de cette explication, le chien, à ce moment-là, n’a pas encore envie de mordre ; il n’est poussé par ce besoin de faire des morsures que quelques jours après, lorsqu’il revient chez son maître, où, dans la joie de le revoir, on lui prodigue des caresses; et l’inconscient mord souvent ceux qu’il aime. Aussi faut-il toujours se défier d’un chien qui revient après quelques jours d’absence.
Dans les villes comme Constantinople, où chaque famille de chiens a son quartier, dans lequel elle se cantonne et qu’elle défend avec un soin jaloux contre toute intrusion, on comprend que la rage ne puisse s’acclimater; en admettant, en effet, qu’un chien ait été mordu par un animal enragé, avant de devenir dangereux pour les autres, il éprouvera le besoin de voyager; il passera par le territoire d’une tribu voisine, et il est certain de payer de sa vie cette audace maladive.
Quelles que soient les causes qui empêchent la rage de s’acclimater dans les villes du Levant, il est certain que Tunis n’a pas les mêmes raisons pour voir disparaître l’hydrophobie, et que les chiens enragés y sont aussi nombreux que dans les grandes villes de France. La rage est encore entretenue par la présence des cbiens arabes, absolument libres dans la campagne, et sur lesquels il est impossible d’exercer une surveillance. Nous pouvons ajouter que la rage mue ne paraît pas être plus fréquente qu’en France. Jusqu’au mois de juin 1894, les personnes mordues par des animaux enragés allaient se faire traiter soit à Paris, soit à Y Institut antirabique de Païenne. Depuis cette époque, nous avons établi un Institut Pasteur • à Tunis. Cet Institut a traité 200 personnes pendant ses deux premières années d’existence.