‹ La TunisieChapitre 38 sur 157 · IM P ANTONINI AYG PII D · texte numérisé non relu

IM P ANTONINI AYG PII D

N LXVII OF CERTl

ST LO GA ET SEYERO COS SVB CVRA AGATHAE LIB

Appartenant à l’empereur Antonin Auguste Pieux, notre maître : numéro 67 ; atelier ( ofpcina ) de Ccrlus ; sous le consulat de Stlogaet de Severus; sous la surveillance de l’affranchi Agalhas.

La comparaison des différents documents de cette sorte nous a amené à quelques conclusions intéressantes, surtout pour l’administration de la carrière. Le directeur de l’exploitation était un affranchi de l’empereur, qui portait le titre de procurateur : il avait sous ses ordres un certain nombre d’affranchis ou d’esclaves impériaux, parmi lesquels on recrutait les chefs de chantiers, les contremaîtres, les conducteurs de travaux, en un mot tous ceux qui avaient besoin de connaissances spéciales. La besogne même de l’extraction était confiée soit à des ouvriers libres embauchés sur place, soit à des condamnés; on sait que les chrétiens, spécialement en Numidie, furent aussi employés, à titre de châtiment, au travail des mines.

Bien que la Medjerdah passe précisément à Chemtou, il ne semble pas qu’on s’en soit servi pour le transport des marbres à la côte : son cours est trop irrégulier pour offrir une voie commerciale utilisable. Mais deux routes permettaient d’expédier en Italie le produit de l’exploitation. L’une a existé de bonne heure : c’est celle qui, comme le chemin de fer actuel, suivait la vallée du fleuve : elle aboutissait à Carthage. Au début du deuxième siècle, qui, je l’ai dit, marqua la grande prospérité delà carrière, on trouva cette route trop longue, et l’on préféra gagner le port plus voisin de Thabarca. Mais, pour y arriver, il fallait franchir les hauteurs, très difficiles d’accès, du pays khroumir. L’empereur Hadrien ne se laissa pas arrêter par cette considération : il joignit, par une voie carrossable, Simittus et Thabarca.

Grâce à cette viabilité, les blocs extraits à Chemtou étaient envoyés aisément dans toutes les parties du monde. Les déchets, par contre, étaient vendus ou utilisés sur place. La ville qui est née autour de la carrière, et qui était considérable, est entièrement bâtie de petits morceaux de marbre noyés dans du ciment; on n’y a employé la pierre de taille que par exception.

Avec les restes encore visibles de son exploitation antique, avec les inscriptions qui éclairent son histoire, qui nous font connaître le personnel d’alfranchis et cl’esclaves employés à l’extraction du marbre, (pii nous permettent de pénétrer dans le détail de son administration, la carrière si célèbre jadis de Simittus est une curiosité tunisienne; c’est mieux encore : on peut la regarder comme le type d’une carrière romaine à l’époque impériale.

R. Cagxat,

Professeur au Collège de France,

Membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

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