QUELLES SONT LES PLANTES A INTRODUIRE EN TUNISIE
Pour résoudre cette question, on fera bien de s’inspirer en grande partie de ce qui est fait dans les pays méditerranéens, dont le climat est semblable à celui de la Tunisie; les côtes de la France méridionale celles de l’Italie, de la Sicile, de Malte, du sud de l’Espagne, de la Grèce, donneront d’utiles indications; l’Algérie pourra aussi servir d’exemple1.
En dehors de ces régions, on peut encore espérer trouver des indications nouvelles dans les contrées possédant un climat analogue à celui de la Tunisie : en première ligne, l’Australie, le Cap, la République Argentine. On peut y joindre encore le sud des Etats-Unis et les parties liantes et sèches du Mexique. Dans l’Asie centrale, le Turkestan, avec ses étés brûlants, ses vents violents, olïre de réelles analogies, quoique les hivers y soient rigoureux; mais il y a des oasis, et les mœurs des musulmans établissent une parenté incontestable entre les deux pays.
Ce qui importe particulièrement, c’est que, dans ces divers pays, il règne une activité extrême, qui s’applique à tirer parti des ressources du sol par la culture; nous ne considérerons plus seulement les jardins et leurs plantes d’agrément : en effet, les races européennes implantées la-bas ont changé les traditions des anciens habitants auxquels elles se sont substituées; c’est une agriculture nouvelle qui s’est développée sur place. Ces régions fournissent non seulement des plantes indigènes ;i introduire dans la Régence, mais elles font voir la direction à suivre pour mettre en œuvre les richesses naturelles de la Tunisie, dans des conditions déterminées de sol et de climat. Il faudra introduire par le moyen des graines, le plus tôt possible, les espèces qui se prêtent a ce mode de propagation, afin de pouvoir au plus tôt se servir des graines qu’elles formeront a leur tour.
Pour les plantes qui ne peuvent se reproduire de graines et dont les spécimens n’existent pas en Tunisie, il faudra les introduire à l’état de plantes vivantes et les tirer des points d’où l’on peut se les procurer. On les fera pénétrer en petit nombre, sous le contrôle et la surveillance du gouvernement, qui, pour le cas unique du Jardin d’essai, permettra de ne pas appliquer les sévérités de la loi qui interdit formellement l’apport de toute plante vivante.
Ce sont les sujets spéciaux ainsi introduits qui serviront ensuite a propager, d’une manière authentique et parfaitement sûre, les végétaux dont on aura besoin2.