OLIVIERS DU SUD ET DU CENTRE
La région de Sfax n’est pas le point terminus de la culture de l’olivier en Tunisie. Plus au sud, on remarque encore quelques groupes importants : 25.0000 oliviers dans le gouvernement de l’Arad (région de Gabès), 75.000 dans les contrôles de Gafsa et de Tozeur, et plus de 500.000 dans l’ile de Djerba, où ils sont surtout remarquables et productifs.
Au nord-ouest, Béjà compte une quarantaine de mille pieds, et Souk-el-Arba une dizaine de mille. Plus à l’ouest, nous retrouvons le Kef avec 76.000 oliviers, et Maktar avec 44.000.
Dans le centre du pays, à part Kairouan qui comprend encore 80.000 arbres1 2, toute la région comprise entre Sfax, Tébessa et Gafsa est complètement dénudée. 11 ne reste plus rien de la forêt d’oliviers qui la couvrait au temps des Romains. Les ruines des moulins et les traces de culture en attestent seules l’existence. Le sol y est propice. Il suffira d’y créer des voies de communication faciles et pratiques pour ouvrir ces vastes régions à la colonisation et les revivifier. L’Etat peut, dès maintenant, y offrir des terres domaniales importantes, soit à Sbeïtla, où il a fait reconnaître 27.000 hectares, soit à Kesserine, où près de 20.000 hectares peuvent être livrés aux colons dans d’excellentes conditions d irrigabilité, grâce à un magnifique barrage romain facile à réparer.
La reconstitution de l'antique forêt d’oliviers peut donc se faire : l’exemple de la forêt de Sfax permet d’en augurer d’heureux résultats. C’est une œuvre de longue haleine qui fera le plus grand honneur au gouvernement du protectorat et rendra à la Tunisie l’un des plus importants facteurs de son ancienne prospérité.