Vêtements indigènes
INDUSTRIES pu CUIR, - TANNERIE ET TEINTURE DES PEAUX
La tannerie a été et pourrait facilement redevenir une des industries les plus florissantes de
FORGERONS ARMURIERS DANS LEUR ÉCHOPPE (p. 239).
la Régence. La Tunisie exporte, en effet, une grande quantité de cuirs et peaux à l’état brut, alors que ses forêts fournissent en abondance les matières tannantes.
En Khroumirie, l’écorce à tan provenant des chênes-lièges impropres au démasclage est exportée en Italie, en Portugal, en Angleterre, etc. Le pin d’Alep [snoube /•), commun dans tous les boisements au sud de la Medjerdah, donne une écorce intérieure ( sellekh ) et l’enveloppe de celle-ci, moins riche en tanin ( debbara ); ces écorces, dont l’exportation est à peu près nulle, sont, au contraire, recherchées par les tanneurs indigènes; les pêcheurs aussi les emploient à la coloration de leurs filets. Le chêne-yeuse, qui croit mélangé au pin d’Alep, fournit aussi du tan aux indigènes. Le grenadier leur fournit son écorce; le calice de ses fleurs et l’écorce de son fruit servent à teindre
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et en même temps à tanner les cuirs. L’écorce du djedari, sumac a cinq feuilles (?) , commun clans le Sud, sert au tannage et à la teinture des cuirs en rouge. Les indigènes emploient peu le tan du chêne kermès, du chêne vert, du chêne zéen, qui sert surtout aux Khroumirs a teindre en brun les toiles de tente dites felij .
Voici le procédé de tannage employé par les indigènes : les peaux sont traitées a la chaux dans d’énormes jarres de 100 ou 150 litres; la chaux absorbée s’enlève au moyen de fiente de chien;
CISELEURS SUR CUIVRE (p. 239).
puis les peaux sont lavées à l’eau salée; enfin, le tannage proprement dit est obtenu, toujours dans de grandes jarres, avec une décoction de matière tannante, procédé long et coûteux il la fois.
Les cuirs teints de Kairouan étaient jadis réputés à l égal de ceux du Maroc et exportés dans tout l’Orient. La ville sainte possède encore une dizaine de tanneries qui fournissent la consommation locale, comme les six ateliers de Djerba et ceux de Tunis, de Slax, du Kef. Quelques cuirs rouges ou jaunes sont cependant exportés en Egypte, en Turquie, en Algérie.
On travaille surtout en Tunisie la p^fui de mouton, hase de la cordonnerie indigène, et la peau de chèvre; on fait peu de cuirs de bœuf. Beaucoup de peaux de mouton et de chèvre sont préparées
en laine avec l'alun et le sel marin. Le parchemin destiné à maints usages est préparé avec des peaux de mouton épilées, notamment au Kef.
Le travail du cuir est fort en honneur dans la Régence, la sellerie de luxe surtout, et la corporation des serra jine compte nombre d’anciennes et riches familles maures. Tunis, dont le Souk des
FABRICANTS DU COUFFINS ET DE PAILLASSONS (p. 243).
selliers fait I admiration des touristes, Kairouan, Sfax, Sousse et toutes les villes de quelque importance iont la sellerie de luxe et la sellerie commune. Chaque centre important a aussi ses fabricants de bâts pour ânes et mulets. Les bradajia sont souvent israélites.
La cordonnerie est répandue dans tous les centres ; ses produits (balghas pour hommes, chebrellas pour femmes, etc.) sont consommés sur place. La chaussure de Tunis, de Kairouan, de Nabeul, de Slax, de Djerba, est renommée dans le monde indigène.
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