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Tozeur, Gafsa, Nefta, El Oudian, El Hamma du Djérid

2. L’indigo était autrefois cultivé aux environs de Nabeul et dans le Sahel.

LES INDUSTRIES DES INDIGENES EN TUNISIE

sont teintes en bleu chaque année à Sfax seulement; Tunis fait également cette teinture en grand (fig. p. 247).

Le jaune est obtenu le plus souvent avec V arjaknou (centaurée jaune), qui croît dans le centre de la Régence, quelquefois avec la fleur du grenadier.

Les verts s’obtiennent avec l’arjaknou et l’indigo.

La cochenille avec l’alun et la crème de tartre donne à chaud sur la laine le rouge dit beldi (de la ville); l’alizari ( foua ) dans les mêmes conditions donne le rouge dit bedoni (de la campagne). Avec les mordants d’étain1, connus déjà des Phéniciens, la cochenille donne des rouges clairs. — L’alizari est encore cultivé dans l’Arad et le Djérid.

Les violets s’obtiennent avec la cochenille et l’indigo, ou avec l’indigo et la crème de tartre;

FOUR DE POTIER A DJEP.BA (p. 250).

les noirs avec le henné, l’écorce de grenade, la noix de galle, l’indigo et la couperose verte, la fleur du grenadier, etc.

Tous ces procédés donnent des couleurs nettes et solides ; malheureusement on tend à les abandonner pour les teintures en poudre toutes préparées (rouges, verts, violets d’aniline, etc.), qui donnent des tons trop vifs et trop fugaces.

Tunis compte 70 ateliers de teinture; Sfax, 62; Djerba possède 25 teinturiers israélites, qui teignent les fils de laine, de soie, de coton, chez le tisserand même; Ivairouan compte 10 teintureries pour laines. Il y a encore des teintureries à Sousse, dans l’Arad, à Gafsa, au Kef, etc.

CERAMIQUE

La céramique tunisienne date d’une époque reculée. Djerba fabriquait dans l’antiquité les grandes jarres à huile non vernissées qui restent aujourd’hui sa spécialité. De l’arrivée à Tunis des Maures d’Espagne date vraisemblablement l’emploi du vernis plombifère.

1. Pour 90 litres d’eau, 750 grammes de cochenille, 300 grammes d’acide sulfurique, 124 grammes de sulfate de zinc.

La fabrication Je Djerba décroît par suite de la concurrence européenne; mais il existe encore dans l'ile 159 poteries confectionnant les jarres [goutta), et divers ustensiles, vernis ou non (fi g. p. 249).

Nabeul compte une cinquantaine d’ateliers renfermant près de 100 tours et fabriquant, les uns la poterie vernie mouthli, les autres la poterie non vernie cliaouath, quelques-uns joignant les deux fabrications. Les ustensiles confectionnés à Nabeul sont très variés : jarres, passoires à couscous, gargoulettes, pots et cruches de tous genres, assiettes et plats à pied, lampes, pétrins,

barattes, brûle-parfums, vases à fleurs, derbouka (instruments de musique), etc. Voici le procédé de fabrication :

L’argile concassée avec des massettes en bois est arrosée avec de l’eau saumâtre : après le pourrissage, la pâte est pétrie avec les pieds. Un bloc découpé dans la masse argileuse est roulé en forme de cylindre sur une pierre plate et remis au potier, fekakri, qui le place sur son tour. Le tour ne diffère que bien peu de celui de nos potiers d’Europe.

Les pièces achevées sont séchées au soleil pendant deux heures, puis séjournent un mois dans une pièce sombre et humide avant la cuisson. Celle-ci dure 34 heures ;i feu doux, et G heures à feu violent.

dics », et, après avoir été revêtues de la glaçure, subissent une nouvelle cuisson de 5 ii 6 heures.

Le four a la forme d’une calotte sphérique surmontant un cylindre; il est construit de briques sèches, revêtues extérieurement de terre glaise; les pièces y sont introduites par une ouverture latérale et enfournées pêle-mêle; d’où des déformations et des solutions de continuité clans les vernis. Le four est chaufïc avec du bois d’olivier et des branchages. Les vernis jaune et vert à base de plomb sont seuls employés 1 .

Malgré la concurrence de l’Europe, la céramique est encore florissante à Nabeul.

La poterie commune (marmites, casseroles, réchauds à charbon, jarres grossières) se fait à Bizerte, à Festour, à Soliman, à Dar-Chabane, etc. Sousse a 5 ou 6 fabriques de poteries.

Un banc d’argile se trouve en pleine ville de Tunis, et le Souk des Potiers de la capitale compte une dizaine de fours cuisant de la poterie grossière. Quelques vieux artisans font encore ces merveilleux carreaux vernis de pavement et de revêtement qu’on admire dans les anciennes habitations de Tunis : cette branche si intéressante de l’art arabe a disparu de la Tunisie, par suite de la concurrence des carreaux en ciment comprimé, ou autres, de fabrication moderne.

1. Jaune : 50 kil. oxyde de plomb, 2 kil. de galène, 20 kil. de sable.

Vert: 50 kil. oxyde de plomb, 3 kil. oxyde de cuivre, et 28 kil. sable

Les pièces à vernir sont simplement « dégour-

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