FABRICATION DES ESSENCES ET DES SAVONS
Essences. — On distille en Tunisie la fleur d'oranger, la rose, l’églantier, le géranium rosat, le jasmin, etc., et il se fait à la saison un grand commerce des pétales de ces (leurs. La distillation se fait dans la famille, et, pour l’usage domestique, avec des alambics primitifs qui donnent des eaux parfumées, dans lesquelles on ne recueille que quelques gouttes d’essence pure. Sfax et Nabeul1, entourées de magnifiques jardins, distillent pour le commerce. A Tunis, et aussi à Sfax2, quelques distillateurs de profession produisent plus en grand, avec des appareils mieux conditionnés. Les eaux parfumées sont vendues en fiasques de 2 litres et demi environ, de U fr. 60 à 5 francs la fiasque, suivant l’essence.
Savonnerie . — Dans le Sahel, à Sfax, à Ivairouan et a Tunis, la fabrication indigène du savon a une certaine importance.
Voici le procédé en usage :
Les soudes impures obtenues par l’incinération des salsolacées et des salicornes qui abondent en certains endroits sont pulvérisées, et mêlées à la moitié de leur poids de chaux. Le mélange est porté sur un fond de cuvier garni de paille et recouvert d’eau : la lessive s’écoule lentement. L’opération est recommencée trois fois, puis l’huile d’olive et la lessive sont mélangées dans une chaudière en lorme de tronc de cône renversé et soumises à l’ébullition. On obtient une émulsion blanche, dans laquelle on verse île la lessive chargée de sel marin : il se lorme alors a la surface une pâte que l’on lait encore bouillir avec des lessives de forces différentes, et que I on sèche : c’est le savon indigène3 consommé sur place ou exporté à Tripoli.
Victor Fleury,
Cliel du bureau au Gouvernement tunisien.
1. Nabeul fait annuellement S.UDt) fiasques de 2 litres et demi de diverses eaux parfumées.