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DENSITÉ DE EA POPULATION

Un réseau Je voies de communication aussi complet, aussi parfaitement aménagé, suppose une circulation très active, par suite une population très dense.

Bien qu’il soit difficile d énoncer un chiffre précis pour une époque déterminée, il esl certain que la Tunisie, parvenue ii l’apogée de prospérité aux deuxième cl troisième siècles de notre ère, nourrissait plus du double, peut-être le triple d’habitants qu aujourd’hui. Dans la vallée

PONT DE SU F K ET U LA (SBEITL.-v), AYANT AUSSI SERVI D’AQL'EDUC (p. 36).

de la Medjerdah, aux environs de Dougga, de Sbeïtla, dTIaïdra, de tant d’autres cités dont les emplacements sont aujourd’hui déserts, l’on rencontre les ruines de centres importants aussi pressés que les villages aux environs de Paris, les restes de fermes et de grandes exploitations agricoles, pour ainsi dire à chaque pas.

Les diverses régions de la Tunisie romaine n’étaient évidemment pas toutes aussi peuplées. La population se pressait surtout sur les points où le régime hydrographique et le climat favorisaient particulièrement le développement de la colonisation. D’autres causes, mal connues jusqu’ici, mais dont les récentes découvertes géologiques de la Tunisie viennent de faire ressortir l’importance, ont encore une influence aussi considérable sur la répartition des habitants suivant les régions.

La richesse phosphatière du sol explique comment certaines régions, déshéritées en apparence, ont pu cependant nourrir une nombreuse population. Dans les environs de Thala (fig. p. .15), il suffit d’une bonne récolte en quatre ans pour faire vivre le cultivateur; deux le mettent a son aise; avec trois, il est riche. Sur les plateaux du centre et de l’ouest de la Tunisie, l’on pourrait presque dresser la carte des gisements de phosphates d’après la densité des habitants a l’époque

romaine.

Mais il faudrait, pour cela, pouvoir évaluer cette densité avec une exactitude suffisante. Or, nous ne possédons d’éléments d’appréciation approximative que pour la population urbaine : il est impossible d’en tirer aucune conclusion relative à la population rurale. La répartition des habitants entre les A illes et les campagnes n’obéit à aucune loi fixe. Elle varie d’un endroit à l’autre, suivant les régions.

Dans les terres sèches, où l’eau de pluie, fort rare, est l’unique ressource, et où l’on cultive principalement l’olivier, l’agriculteur a surtout intérêt à vivre au centre de ses plantations : la population se dissémine sur toute la surface du sol dans des fermes isolées, ayant chacune sa citerne,

PONT DK TIBÈRE, PRÈS B É J A (p. 36).

qui suffit a son alimentation. Tel est le cas pour la Byzacène. Au contraire, dans les pays oii l’irrigation est possible, où les cours d’eau et les sources abondent, mais demandent, pour être utilisés, des travaux d’aménagement considérables, c’est le principe de 1 association qui prédomine : les habitants, trop laibles, s’ils restent isolés, pour agir avec efficacité sur le régime hydrographique, se groupent en vue d une action commune qui doit profiter à chacun. Autant de villes africaines, pourrait-on dire, autant de syndicats agricoles.

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