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LA PÊCHE

La pèche est, de toutes les industries de la Tunisie, de beaucoup la plus importante. Elle fait vivre 60.000 personnes.

Ses conditions varient suivant les régions côtières; aussi devrons-nous la décrire par étapes.

DE LA CALIj; AU GOLFE DE HAMMAMET

La côte qui s’étend sur ce long espace, bien que très poissonneuse, n’est pas d’une exploitation facile, à cause de l’insécurité de ses rades.

1. Comme on le voit, certains domaines tunisiens commencent à posséder un assez bon matériel de vinification. Le fait, toutefois, est loin d'être général. Il serait utile de créer en quelques grands centres, surtout à Tunis, des usines de vinification

On avait eu l’idée d’établir des pêcheries françaises à Thabarka (fig. p. 253); une société s’était formée sous la présidence de M. Oudin, l’éditeur bien connu ; le gouvernement s’était prêté à cette affaire, qui, tout en étant une spéculation privée, avait pour la Régence un réel intérêt : il s’agissait, en effet, de supplanter les Italiens, ou tout au moins d’opposer à ces derniers une concurrence française. Certains avantages avaient été accordés par le gouvernement; malheureusement, au lieu de prendre des pêcheurs à Marseille ou en Corse, la société en fit venir de Bretagne, qui, outre qu'ils ne connaissaient pas les engins employés en Méditerranée, s’acclimatèrent difficilement en Tunisie : l’entreprise échoua.

Bizerte et Tunis, par leur configuration exceptionnelle, véritables lacs à l’abri des vents et des courants, possèdent de grandes et belles pêcheries; celles de Bizerte, qui appartiennent à une compagnie française, prennent plusieurs milliers de kilos de poisson par jour. Tous ces poissons sont expédiés congelés à un commissionnaire à Marseille, où ils sont vendus dans les différentes halles à des prix rémunérateurs.

MM. Noël et Coste, adjudicataires du lac de Tunis, vendent 15.000 kilos de poisson par jour; ils pourraient en vendre 10.000 rien que sur le marché de Tunis et retirer ainsi des bénéfices considérables, surtout depuis que le poisson de Bizerte n’est plus vendu a Tunis.

Nous signalerons les thonaires (pêcheries de thons) de la Goulette et de Sidi-Daoud, près du cap Bon, appartenant au comte Raffo, toutes deux d’un excellent rapport. Ces pêcheries ont un personnel italien et sont constituées avec des capitaux entièrement italiens.

Rien de particulier à signaler du cap Bon jusqu’à Monastir, oii pourtant le golfe est des plus riches, mais, comme dans la partie nord, peu facilement exploitable à cause des vents et des coulants; le poisson n’y est pas, non plus, des meilleurs; ainsi les sardines île Sousse ne peuvent pas être conservées au sel

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