GABÈS
J'étonnerai sans doute qnelques-nns de mes lecteurs en leur disant que Gabès, le Gabès que l'on voit actuellement, n'existait pas il y a dix ans. On comprenait jadis sous la dénomination générale de Gabès un certain nombre de localités distinctes, assez éloignées les unes des autres, mais vivant toutes de l'oasis arrosée par l'Oued- Gabès. Les trois villages les plus importants de ce groupe sont Djara, Menzel et Chennini.
La ville actuelle, située près de la mer, est, à l'exemple des cités américaines, une ville d'improvisation. Il y a dix ans, il n'y avait là qu'une seule maison, le bordj occupé par le gouverneur de l'Arad, le général Allégro. En peu de temps la foule des mercantis
ment de tous les
viût s'établir à la suite des forces militaires concentrées sur ce point.
Nos soldats donnaient, dans l'origine, aux gourbis et aux baraques faites de planches et de boîtes de pétrole, le nom de « Coquinville ». Mais cela ne dura pas. Bientôt les gourbis et les baraques furent remplacés par des maisons en pierre bien alignées, et les mercantis de la première heure firent place à de véritables maisons de commerce.
Aujourd'hui la ville, étranglée entre l'oued et le terrain militaire, se développe en longueur vers l'ouest.
Elle compte déjà un millier d'habitants. Le commerce qui s'y fait est considérable. Point de ravitaillepostes du Nefzaoua de l'extrême sud et de l'intérieur jusqu'au Çouf
la