INTÉRIEUR DE MAISON A I) J A R A - G A B È S
que je viens d'émettre, m'occnpant du sud de la Régence, c'est-à-dire d'une région qui pourrait encore être en contact avec les marchands d'esclaves, est une opinion personnelle sur une question générale.
En Tunisie, l'esclavage lui-même est légalement aboli, et le décret du 28 mai 1890 a imposé à tout propriétaire d'esclave de procéder à leur affranchissement par acte officiel et régulier.
Xon seulement tout esclave a le droit à l'affranchissement sur la terre du protectorat français, mais tout propriétaire d'esclave a l'obligation, sous des peines sévères, de procéder par acte authentique à cet affranchissement.
Or il paraît que, depuis bientôt deux ans, les choses se sont passées régulièrement et que les nombreux esclaves qui se trouvaient dans les familles tunisiennes ont été affranchis conformément au décret du bey ; car c'est à peine si la justice du pays a eu à s'occuper d'une demi-douzaine de cas dans toute la Régence.
Il est même remarquable que les juges musulmans du tribunal criminel de l'Ouzara se montrent d'une sévérité extrême, lorsqu'une infraction au décret du 28 mai 1890 leur est soumise. Je n'en veux pour exemple que le cas du nommé Mohammed-beu-B...,
adjudicataire (lu fermage du Mahsoulats, homme très occui>é dans le nord de la Tunisie. Moliammed-ben-B... était coupable d'une simple négligence, et encore! Jugez-en. Il