‹ La Tunisie, pays de protectorat françaisChapitre 52 sur 76 · MARABOUT DE SIDI-BOU-ALI A NEFTA · texte numérisé non relu

MARABOUT DE SIDI-BOU-ALI A NEFTA

la longue traînée lumineuse des chotts, blanche et brillante nappe d'efflorescences salines. Bientôt apparaît l'oasis de Nefta, ligne sombre dans le paysage clair.

L'arrivée à Nefta se fait par le caïdat oriental, celui des Chorfa. Cette partie de la ville se développe sur la rive gauche de l'oued.

Le passage de l'oued, sur un pont primitif en troncs de palmiers, n'est pas favorable aux cavaliers. Une troupe de chameaux, inconscients et indisciplinés, a failli me jeter dans l'oued, s'étant précipitée pour passer sur le pont en même temps que moi. A droite, l'oued est encaissé profondément entre des falaises sablonneuses déchaussées par l'érosion ; à gauche, il forme un petit bassin qui fait, pour les hommes et les bêtes, l'office de puits, de baignoire et d'abreuvoir.

Le tableau était idéal. Des chameaux, des chevaux et des ânes se baignaient au milieu. Sur les bords, des femmes lavaient des étoffes aux couleurs éclatantes et des enfants entièrement nus barbotaient dans l'eau. Le tout se détachait sur des falaises

dorées par le soleil, dont les tons étaient adoucis par les vapeurs bleuâtres qui s'échappaient des eaux chaudes de l'oued, à cette époque de fraîcheur relative. Au-dessus des berges, les maisons du caïdat des Chorfa. Derrière les vapeurs, doucement estompées par la buée de l'oued, les gracieuses silhouettes des grands palmiers de l'oasis.

Il faut remonter une pente raide sur la rive gauche entre les maisons du caïdat des Aléguia, pour atteindre la place sur laquelle se trouve l'école française où m'attendait l'instituteur.

Savez-vous combien ils étaient de Français dans cette ville de dix mille âmes, dernier repaire des fanatiques tunisiens?

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