CHAINE DE PRISOXNIEUS ARABES
dans les ravins, c'était lamentable : aussi mes deux Arabes se lamentaient, je vous l'assure. Ces gens-là ne sont pas de ressources et n'ont pas grand ressort. Enfin, mes yeux s'habituant à l'obscurité, je vis sous mes pieds une ligne claire, le sable d'un petit oued. Je mis tout mon monde dans ce lit. Et en avant ! les petits ruisseaux doivent bien rejoindre la grande rivière. Tout d'un coup le spahi s'écria : — Sidi, macach oued. En effet, la ligne claire du lit de l'oued avait disparu. Nous laissâmes les brides de nos chevaux au muletier et, retournant sur nos pas, nous retrouvâmes la ligne de sable. Alors, à la stupéfaction de mon nègre, qui n'y comprenait rien, je fis flamber une allumette que j'ai)prochai du sol. Je reconnus aussitôt, aux stries du sable, que nous avions remonté l'oued au lieu de le descendre. Je repris la bride de mon cheval, le spahi fit de même, et nous nous remîmes en marche. Tout autour de nous les chacals faisaient rage et les hyènes hurlaient à plaisir : un vrai concert. Vers huit heures et demie.