HIZERTE. — «RANDE FONTAINE ARABE SUR LE QUAI
de reprendre l'offensive. La Caliéna battit alors en retraite sur l'amphithéâtre d'El-Djem,
où elle s'enferma. C'est sans doute à ce moment que disparurent les gradins, dont les pierres durent servir à boucher les arcades inférieures.
La légende s'est emparée
RUINBS DE COIiONIA-VALLIS. — É D I C U L B ROMAIN A K3AR-TYR, LE CHATEAU ARABE DE K3AR-TYR, A M. TH. PILTER.
de la Cahéna, et elle veut que cette femme courageuse ait fait creuser un souterrain qui allait jusqu'à la mer et qu'elle ait ainsi échappé aux assiégeants.
Il est i)lus que probable que, sortie par ruse ou par force, Dahmia fut assez heureuse pour franchir les lignes des musulmans et que ceux-ci, n'ayant pu s'emparer d'elle, expliquèrent la chose par une légende extraordinaire. Pour qui connaît les Arabes, ces sortes d'explications fantastiques et fantaisistes sont monnaie courante. Cette fois, ils renchérirent même en donnant à une simple cavéa d'amphithéâtre des proportions fabuleuses, car El-Djem est à plus de vingt kilomètres de la mer. N'avonsnous pas, en France et en Allemagne, mille de ces légendes de souterrains invraisemblables, faisant communiquer des forteresses et des châteaux fort éloignés les uns des autres? La terreur mystérieuse qui s'emparait de ceux qui les premiers mettaient les pieds dans des souterrains inconnus, à moitié éboulés, impraticables, agissait sur leur esprit et donnait naissance aux fables et aux légendes les plus extraordinaires.
Quoi qu'il en soit, n'y a-t-il pas là les éléments d'un drame magnifique, auquel il ne manque que la plume d'un maître? Le titre lui-môme serait heureux : la Cahcna! Et quel décor, pour qui a vu l'amphithéâtre d'El-Djem teinté de rose au soleil levant, de feu au soleil couchant, argenté et fantastique sous un de ces étonnants clairs de lune d'Afrique, — presque des jours !