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Aujourd'hui presqu'île de Kapoutaghi

2. Le cheikh Edébali était père de la belle Malkhatoun, épouse d'Osman. Voyez, touchant cette légende, le I" volume de Hammer.

LES DARDANELLES. i3

souvenir de la vision fantastique qui avait présagé l'empire du monde aux enfants de sa race, résolut de transporter la puissance ottomane au delà iu détroit, et de réaliser ainsi le songe de son aïeul.

n s'ouvrit de son dessein à quatre de ses comparons. Deux d'entre eux se rendirent dans la même nuit à Gouroudjouk ,^ où ils montèrent dans une barque pour faire une reconnaissance aux environs de Tzympe , forteresse située à une lieue et demie de Gallipoli, sur la rive opposée. Un Grec qu'ils firent prisonnier les instruisit de l'état de dénûment du château et de la ville, et s'offrit à les conduire. Suleïman manquait de vaisseaux. En moins de douze heures , il a fait construire deux radeaux au moyen d'arbres réunis par des lanières de peaux de bœuf, et la nuit suivante il se lance sur ce frôle miuU avec trente-neuf de ses plus intrépides guerriers. La forteresse, prise par escalade, reçut une ^mison de trois mille Ottomans. A quelques semaines de là , un tremblement de terre leur livra Kallipoli, qui devint le point de départ de leurs excursions en Europe.

Gallipoli , ancienne résidence du capitan pacha , est la dernière relâche des bateaux à vapeur à destination de Constantinople. La distance entre ces deux villes est de trente-trois lieues marines, et on la franchit en douze heures (chiffre réglementaire).

C'est ici, à proprement parler, que commence la Turquie. Les îles de l'Archipel sont aux trois quarts grecques; Smyme est plus qu'à demi européenne: aussi les Turcs ne l'appellent-ils jamais que Ghicsouri Izmir (Smyrne l'infidèle). Gallipoli, au contraire, a tout l'aspect d'une ville turque : rues sales et tortueuses, population rare et bigarrée, cbiens affamés errant par bandes ,, mouis de fez que de turbans, moins de chapeaux que de fez.

L'ancienne Propontide est appelée par les Turcs Âk Denyz (mer Blanche), par opposition à la mer Noire {Kara Denyz). Resserrée s\ir ses côtés entre la Thrace et la Bithynie, fermée à ses deux issues par les Dardanelles et le Bosphore , elle formait avant la guerre actuelle comme un lac d'une vaste étendue, dont le czar tenait en réalité les clefs.

Une série de bourgs , qui étaient jadis des cités florissantes, borde lé rivage de la Propontide, de Gallipoli à Ctonstantinople. C'est d'ahord Rodosto (l'ancienne. Périnthe), Eregli (Héraclée), siège d'un archevêché grec, SiUvria (Selymbria), puis Buïuk et Kutchuk-Tchekmedjè (Ponte-Grande et Ponte-Piccolo), qui forment avec Derkos et Tchataldjè le liva « des quatre, villes, » dépendant du pachalik d'Andrinople.

Du côté de l'Asie , le littoral proprement dit ne compte que deux ports, voisins l'un de l'autre: Guemlik (l'ancienne Kios), et Moudania, qu'un ba-

leau à vapeur hebdomadaire met en communication avec Constantinople. Mais, à quelques milles dans l'intérieur , trois \illes portent des noms fameux dans l'histoire : Nicée {Isnik) , célèbre par son concile ; Nicomédie {Ismid), où Dioctétien avait établi le siège de l'empire avant que Constantin le transportât à Byzance; enfin Brousse (Brusa), première capitale des suTtans.

Faisons balte un moment devant cette antique cité , révérée des Ottomans comme le berceau de leur puissance.

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