‹ La Turquie actuelleChapitre 40 sur 91 · Ration de vivres · texte numérisé non relu

Ration de vivres

— Avez-vous une solde ?

— Oui.

— Quelle est-elle?

— Vingt-huit piastres1 par mois.

— La touchez-vous régulièrement?

— Nous n’avons rien reçu depuis neuf mois : le sultan ne peut nous payer. »

Quoi de plus touchant que cette patriotique abnégation !

De tels exemples se rencontrent aussi, mais plus rarement, parmi les officiers généraux. Qui ne s’est senti ému d’admiration et de respect au récit de la mort du brave défenseur de Silistrie, Moussa pacha , cet homme à la Bayard ! Après avoir repoussé victorieusement un assaut, il se prosterne sur le rempart pour réciter son namaz; un éclat d’obus l’atteint à la poitrine , et il tombe le front contre terre. Quel plus beau trépas! et quelle vie plus belle ! Sans amis, sans protecteurs, il s’était élevé par son seul mérite au grade de général. Le prince Paskewitch apprend qu’il est pauvre, chargé d’une nombreuse famille ; il lui fait offrir quatre millions, s’il veut rendre la place. Moussa ne témoigne point de colère, mais il rompt sur-le-champ la conférence, et retourne à son poste sur le rempart.

L’armée turque renferme sans, doute dans ses

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