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Tchibouk, café

la coutume est générale. Dans les maisons grecques et arméniennes , c’est la femme ou l’une des filles du logis qui présente la tasse aux étrangers , la main droite placée sur son cœur et les yeux baissés, dans une altitude humble et modeste.

La préparation du café constitue un des points essentiels de l’économie domestique. Au lieu de le moudre comme le nôtre, puis de le distiller ou de le filtrer, on le pile dans un mortier de marbre avec un pilon , et plus souvent avec un caillou long, jusqu’à ce qu’il soit réduit en une poussière impalpable; il est ensuite passé au tamis, puis infusé dans l’eau bouillante ; dès qu’il monte et grossit à l’orifice du vase, on le retire pour le présenter de nouveau au feu quelques secondes après. La môme opération se renouvelle deux ou trois fois, et l’on a soin à chaque fois de frapper la cafetière pour faire tomber dans le fond les parties qui s’attachent aux parois. Après quoi, le café est versé dans les tasses. L’écume qui se forme à la surface par l’ébullition et qu’on appelle kaïmaki (crème) se verse par honneur avec le premier café à la personne la plus distinguée. Le café ainsi préparé est excellent , et , comme il est en môme temps très-léger et que les tasses sont très-petites, on conçoit que les Orientaux puissent en prendre impunément vingtquatre et trente tasses par jour.

Les Grecs et les Arméniens joignent ordinaire-

ment à la politesse du café celle du glyco. Le glyco est une sorte de confitures ou de conserves faites avec des roses, des violettes , du citron, de l’ananas, de la bergamote, etc., qui se sert dans de petits pots posés sur un plateau. Le visiteur en prend une cuillerée et boit un verre d’eau pardessus. Le même usage existe également chez les Turcs ; mais il est moins général. Dans la Moldo- Valachie,* le glyco s’appelle dulcea : les deux mots signifient « douceur. »

Le café sc prend par petites gorgées, pendant l’intervalle desquelles le muçafir (nous savons ce que veut dire ce mot) « boit1 » la fumée de son tchibouk. Quand il a fini et qu’il rend la tasse vide au domestique, la politesse exige qu’il remercie le maître de la maison en lui faisant un téména que celui-ci s’empresse de lui rendre.

Le téména est un salut qui consiste à diriger la main droite d’abord vers sa bouche, ensuite vers son front. C’est le salut cérémonieux. Dans le salut familier, on se contente de porter sa main sur le sein ou sur le cœur.

S’il y a d’autres muçafirs, la bienséance veut encore que, vous tournant successivement vers chacun d’eux, vous leur adressiez un salut semblable. Ceux-ci exécutent la même manœuvre de leur côté,

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