‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure; (volume 2)Chapitre 152 sur 178 · CAZA DE MARRI · texte numérisé non relu

CAZA DE MARRI

Orientation, limites. — Le caza de Makri est situé à la limite sudest du saadjak de Mentéché el du vilayet de'Sinyrne. Le Dalaman ou Ghérénis-tchai (Indus), qui séparait jadis la Lycie de la Carie, sépare aujourd'hui ce caza, au nord, du sandjak de Déaizli, el à Touest, du caza de Keuïdjiës; au sud-ouest, il est baigné par les eaux de la D[ier Rhodienne, et une ligne idéale passant à travers les montagnes de l'ancienne Lycie parallèlement à la rive gauche du Khadja-lchài (Xanthus), et à la distance moyenne de 15 kil. de ce fleuve, circonscrit à Test son territoire et à Touest celui du vilayet de Koniah.

Superficie. — Sa superficie totale est de 4,489 kil. carrés, comme suit :

Cultures 70 kil. carrés.

Pâturages 80 —

Montagnes 3,259 —

Forêts 1,080 —

Total. . . 4,489 kil. carrés.

Division administrative. — Il n'y a qu'un seul nahié qui estËchèn. On y compte 81 villages, dont 39 appartiennent à la circonscription du nahié et 42 à celle du chef-lieu qui est Makri.

Division militaire. — Le caza de Makri forme le 4* district de la circonscription militaire de Smyrne, faisant partie du 3^* corps d'armée (voir le chapitre spécial du merkezsandjak).

Autorités. — L'autorité administrative y est exercée par

un caïmakam, sous-gouvftrneur du caza, et par un mudir, directeur du nahié.

Population. — Sa population totale est de 23,522 hab. comme suit :

Musulmans 19,622 hab.

Grecs orthodoxes 3,837 —

Étrangers 37 —

Israélites 26 ~

Total. . . 23,522 hab.

Chef-lieu. — Makri, chef-lieu du caza, résidence officielle du caïmakam et siège des divers services publics, des agences consulaires de France et de Grèce, des autorités maritimes et douanières, d'une agence secondaire de laRégie coïntéressée des tabacs, d'une station télégraphique de service intérieur (langue turque), etc., est situé au fond du petit golfe ou de la baie de même nom. Ce nom lui est resté de celui de Mixpiç que portait dans l'antiquité l'île voisine de l'entrée du port, appelée aujourd'hui Isola longa, simple traduction de Maxptç, ou île des Chevaliers, en souvenir des chevaliers de Rhodes, longtemps maîtres de ces parages.

Population. — La population actuelle de la petite ville de Makri, comprise dans le chiffre ci-dessus, de celle du caza, n'est que de 1,500 habitants, comme suit :

Musulmans 737 hab.

Grecs orthodoxes 700 —

Étrangers 37 —

Total. . . 1,500 hab.

Cette faible population pour une ville qui ne manque pourtant pas d'une certaine importance commerciale, trouve son

explication dans Tabandon de sa résidence par une grande partie de ses anciens habilanls en 1856, lors d'un tremblement de terre qui détruisit entièrement Makri, et en 1885. àlasuite d'un grand incendie. Les habitants se réfugièrent alors à Levissi, située à 6 kil. au sud-ouest^ et la plupart des grecs orthodoxes y sont restés. Ces deux petites villes voisines ne forment pour ainsi dire, depuis ce temps, qu'une seule et même communauté, tant elles sont étroitement unies.

La ville actuelle de Makri n'a donc que 37 ans d'existence. Elle a été reconstruite entièrement après le tremblement de terre de 1856 sur un plan nouveau et officiel, dressé et exécuté par un architecte du gouvernement à l'imitation du procédé généralement usité pour la fondation des cités antiques. C'est une des plus charmantes petites villes de l'Asie Mineure. Considérablement enrichie et embellie depuis la mise en exploitation régulière de ses mines de chrome et de manganèse, on lui donne communément le nom de « petite Smyrne » qui ne semble pas immérité.

Ecoles. — Les écoles du caza de Makri, réparties entre cette ville, celle de Levissi et Kestep, chef-lieu du nahié d'Echèn , sont au nombre de 16 dont 3 secondaires et 13 primaires, fréquentées par 415 élèves, comme suit :

COMMUNAUTÉS

Slaves

Musulmans : 1 éc le secondaire à Kestep

— 2 — priin lires à Makii

Grecs orthodoxes ; 1 école secondaire à Makri . . .

— i — — Levissi

— 6 — primaires —

— 5 — — à Makri

Total. . .

MOUVEMEiNT MARITIME DU PORT DE MAKRI

du /«' mars 1S91 au 28 février 1892.

PAVILLON

Anglais....

Mclièue.. .

Ottoman . . .

Samieu.. .

Totaux. . .

NOMBRE DE NAVIRES

en

es

fi.

ce

ooi

TONNAGE

CD

te

DROITS

liK PHARE.-^

piastres

Soit 695 Qavires jausçcaot 47.081 tonneaux.

Commerce. — Le mouvement commercial de Makri s*élève annuellement à une valeur lolale de 210,987 livres turques comme suit :

Exportation 1 18,800 liv. turques.

Importation 92,187 —

Total. . . 210,987 —

Différence en faveur

d'exporlation .... 26,613 liv. turques.

Soit un mouvement total de 4,852,701 fr. ; avec différence en faveur d'exporlation de 612,099 fr.

On compte à Makri, outre le /conak ou hôtel du gouvernement et les bâtiments destinés aux services de la douane, du port, des phares, de Toffice sanitaire, des postes et télégraphes, de la Régie coin léressée des tabacs, etc. etc., 2 mosquées à minarets; 1 église grecque orthodoxe sous le vocable de Ayioç Nt/.6Xaô; et une chapelle sous celui de A^,x UxpxTv^zjri ; l pelit bazar; 50 boutiques, 20 magasins ou dépôts, 5 cafés, 1 Aan, 3 fontaines; 1 bain public et 300 et quelques maisons.

Régie des tabacs. — Les ventes annuelles de l'agence secondaire de la Régie coïntéressée des tabacs à Makri s'élèvent en moyenne à 383,610 piastres.

Consulats. — La France et la Grèce ont des agences consulaires h Makri.

:. — Il y a dans cetle ville un tribunal de première instance présidé par le naïb, qui juge au civil selon les prescriptions du bidayet (droit moderne), ou celle du chéri (droit islamique), suivant les cas. Le même tribunal connaît aussi des causes criminelles et commerciales, et peut, au besoin, se transformer en tribunal mixle avec le concours des autorités consulaires.

Lévissi. — La ville de Lévissi, considérée en quelque sorle comme un faubourg de Makri, quoique sa population soit double de celle du chef-lieu, puisqu'elle s'élève à 3,137 hab. grecs orthodoxes^ est située comme il est dit un peu plus haut, à 6 kil. sud-ouest de sa petite métropole. Elle est bâtie à flanc de coteau ^^ au pied d'un pic de l'Ânti-Cragus, qui domine également Makri en se prolongeant vers le nord, et dont l'altitude est de 2,000 mètres. La plaine qui s'étend entre les deux villes sœurs, le long de cette montagne, est très riante et des plus fertiles, avec d'agréables jardins et de jolies maisons de campagne. Chaque habitant un peu aisé à la sienne. Mais cette plaine est en même temps très marécageuse, car toutes les eaux pluviales qui descendent des montagnes environnantes s'y rassemblent et n'y trouvent pas un facile écoulement vers la mer. De là, durant tout Tété, des émanations qui rendent le climat fort insalubre. C'est sans doute la véritable cause du peu d'accroissement de la population de ces deux villes, malgré le double avantage d'un sol productif et de la plus heureuse situation au point de vue commercial.

Les habitants de Lévissi et de Makri se font remarquer par

(I) De là vient son nom lurc « officiel » de K'aîa, qui signifie rocher.

leur vive intelligence et leur désir de s'instruire. Beaucoup de jeunes gens vont fréquenter les écoles de Paris, Monipellier, Aix, Constanlinople, Smyrne, et surtout celles d'Athènes. Il en revient chaque année quelques docteurs en médecine, en droit, etc., et Ton compte déjà dans ces deux villes un certain nombre de personnes possédant une sérieuse intruction et animées d'un louable zèle pour Tavancement intellectuel de leurs compatriotes et le bien du pays.

Production agricole. — On estime en quantités les principaux produits du sol du caza de Makri., année moyenne, comme suit :

Blé 5,000 tonnes.

Orge 3,000 —

Millet 4,000 —

Sésame 432 —

Vallonée 1,100 —

Charbon de bois 2,640 —

Planches 150,000 pièces.

Bestiaux. — L'élève du bétail, dans ce caza, donne en moyenne chaque année, un produit total de 110,011 têtes de toutes races, dont 98,858 têtes de race ovine.

Mines et minières. — Les mines de chrome et de manganèse du caza de Makri, déjà décrites plus haut, au chapitre spécial du vilayet, donnent un produit annuel moyen estimé en quantité et valeur comme suit :

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