NOMS ARABES
des sortes ou espèces
El-Hellaouî.
El-Kadraouî.
El Sayer.
El-Zdhdi.
OBSERVATIONS
El-Bérem.
El-Déry.
El-Acbiressi.
El-Chék6ri (sucre;
El-Tchebchab.
EUM'habssi.
El-Lelouî.
El-Khassab.
EI-Berhi.
£l-Uassaou1.
El-Achgar.
Degal-Djuma'a.
Degal-Ouakef.
Onayed.
Honëz.
Om-el-Bakhour.
El-Hattry.
EUMaktoam.
EUKantar.
El-Deheidji.
EI-HallaUi.
El-Halaouï-Ahmar
El-Beat-el-Sabâa.
El-Asbà-el-Arouss
Nedjmé.
Souzdao.
El-Farssi.
EI-Boubki.
Dagal-^hak.
Bent-el-Saffla.
El-Gouermi.
El-Rhalass.
El-Khaoziri.
Zab-cl-OuaoQÏ.
Degal-Paradj.
Ouj-el-Doheo.
Ces trois espèces ou sortes de première qualité sont les seules expédiées en caisses pour l'Europe.
Cette sorte est expédiée dans des outres dites guiches, pour TEurope et les villes principales de la Turquie.
Ces trois sortes sont expédiées aux iodes dans des paniers dits khassaf, 11 y a aussi des demi-paniers. Les paniers sont de un men^ soit 50 okes, et les demi-paoiers de 25 okes. Les fdattes sèches, ei-Berem^ sont expédiées aans des sacs. 11 est aussi fà remarquer que les dattes el-Berem prennent le nom dekhelhal-matbotJth, Cette dernière sorte est consommée sur place et laux Iodes.
1 On entend par le klellal-khochéra expédié aux Indes, plujsieurs sortes de dattes sèches destiuées a être offertes dans les Ifètes des idolâtres.
Les sortes el-Hellaouï, el-Kadraouf, ei-Sayer et el-Déri, lorsqu'elles sont destinées à la consommation des vilayets de Bassorah, de Bagdad et d'autres localités ottomanes, sont expédiées dans des outres ou dans des paniers.
Toutes les espèces ou sortes de dattes non mentionnées dans ce tableau servent à la consommation locale.
L'espèce ou sorte dite eZ-AT^/a^f (l'essence) quij vient du sandjak du Nedjed, est encore nouvelle pour le commerce et les agriculteurs de Bassorah.
sont aujourd'hui presque achevées. A la suite de ce môme incident, la question relative au territoire compris de Mahr-Youssef à Kosséîbè a été résolue par une commission ad hoe qui a attribué définitivement ce territoire à la Perse.
234 VILAYET DE BASSORAHS
Le datlier, comme on le sait, est une plante dioïque. L'arbre qui porte les fleurs mâles est en tout pareil à celui qui porte les fleurs femelles. Il a même port, môme feuillage, et tous deux également produisent, au mois de mars, leurs fleurs de même apparence, en forme de sac, que Ton appelle el-talèh. Lorsque ces fleurs s'ouvrent naturellement, on recueille le pollen contenu dans les fleurs du dattier mâle et on lo répand sur les Heurs ouvertes du dallier femelle qui, sans celte opération, nommée ^/-/û/X:?A, ne produiraient que des dattes avortées, flétries, desséchées, dont le développement, arrêté dès le principe, ne saurait s'effectuer.
Il y a quatre espèces de dattiers à fleurs mâles, savoir :
El-Ganami, el-Khokri, el-Sémesmi, el-Ouardi.
On reproduit le dattier par boutures et non par semis. Cette opération se fait au printemps et en automne, à Taide des jeunes pousses qu'on prend au pied des grands arbres, lorsqu'elles ont atteint déjà la taille d'un petit arbuste. On place ces rejetons appelés tal à des distances égales, de manière que chaque djérih^ (mesure de superficie égale à un hectare) en contienne cent. C'est sur ce nombre de cent dattiers que sont basées les ventes, qui se font toutes au djévib^ et non sur le mesurage du terrain. Les jeunes plants demandent des soins attentifs durant les deux premières années, après lesquelles seulement on leur Ole l'enveloppe d'herbes dont on les a garnis tout ce temps pour les garantir du froid et de la chaleur, et ils n'exigent plus d'être arrosés qu'une seule fois, tous les quinze jours régulièrement.
L'utilité du dattier est si grande pour tous les habitants de l'Irak-Arabi qu'elle a motivé de la part du législateur des musulmans l'opinion, émise par lui dans le Koran, que Dieu s'est servi du limon pris au pied d'un dattier pour former le premier homme. Aussi, dans ce mêmelivre, ordonne-t-il aux croyants de respecter cet arbre en ces termes : « Respectez les dattiers (mot qui, en arabe, est du genre féminin), car elles sont vos tantes » (les sœurs de votre premier père).
En effet, non seulement les dattes sont la principale nourriture des habitants et presque la seule pour le plus grand nombre,
mais encore le dallier fournil abondamment à d'innombrables usages ; cilons en quelques-uns des plus essentiels :
Tant à Bagdad qu'à Bassorah, il existe dans tous les jardins des bassins appelés medbessè^ où Ton dépose les dalles après la cueillette, à l'exception de celles qui doivent être mises en caisses. Au fond de ces bassins se trouve une passoire par laquelle s'écoule le jus des dattes, dans des vases ilisposés à cet effet. Ce jus est une boisson excellente, des plus estimées dans le pays, où elle est connue sous les noms de dibs et de sellân.
Les daltes servent aussi à la fabrication d'un très bon vinaigre et de l'eau-de-vie nommés eUarak\ on n'en boit, et même, diton, on n'en trouve pas d'autre dans tout l'Irak-Arabi, où il s'en fait une énorme consommation, source de revenus considérables pour le commerce local et pour le fisc.
On utilise les noyaux de dattes pour le chauffage, en faisant bouillir ces mêmes noyaux avec les rebuts des dattes appelés hachaf^ assaisonnés d'une poignée de sel, on obtient une sorte de pâtée très nutritive pour les bestiaux, durant l'hiver.
Le tronc du dattier est employé comme bois de construction. Son écorce, nommée ///, sert à confectionner des bâts pour les bêtes de somme. On en fabrique aussi des cordages pour les bateaux à voiles qui naviguent sur les fleuves. Avec les branchages on fait des lits, des chaises, des berceaux pour les enfants, des cages pour les oiseaux, des barques rondes nommées kouffa^ nombreusesà Bagdadet surle Chatt-el-Arab. Tout dernièrement, on a trouvé encore un nouvel emploi des branches du dattier, dont on fait des liens pour les balles de laine, avant de les soumettre à la presse hydraulique.
Quant aux feuilles, on en fait des éventails, objets de toute première nécessité dans l'Irak-Arabi, durant les chaleurs étouffantes de l'été. C'est avec ces feuilles que l'on fabrique les énormes quantités de paniers dans lesquels les dattes sont expédiées à destination. On en fait aussi des balais et autres ustensiles domestiques, ainsi que les nombreux objets à l'usage des cultivateurs, telles que cordes à puits, cordes d'emballage, etc., que Ton nomm^ char ou fa ; des plateaux légers et portatifs qu'on
nomme tabak\ des sortes de paniers très commodes nommés zembil, et mille autres qu'il serait trop long d'énumérer. En un mot, le dattier est une source inépuisable de bienfaits pour tous les habitants des vilayets de Bassorah et de Bagdad. Il procure au pauvre une existence douce et facile, et donne aux riches l'opulence par le moyen du grand commerce qui se fait aujourd'hui des dattes dans le monde entier.
Avant l'ouverture du canal de Suez, ce commerce était restreint aux venies des quantités nécessaires à la consommation locale, et de celles que l'on envoyait une fois par an de Bassorah à Bombay, sur des bâtiments à voiles nommés bagala. En ce temps-là, le cultivateur s'occupait peu de la qualité des dattes dans les transactions relatives aux djérib de dattiers ; on comptait seulement cent arbres ; mais certaines espèces étant devenues très recherchées par suite de l'extension du commerce avec l'Europe, ce sont celles-ci qui donnent de la valeur au djérib qui les contient. On s'attache donc de préférence à leur culture. Cette amélioration a fait hausser le prix d'un djérib de dattiers, qui, autrefois, ne valait même pas 200 roupies (322 fr.), jusqu'à 1 ,000 roupies (1 ,610 francs) et ce prix tend naturellement à s'augmenter, au fur et à mesure des progrès de la culture et du commerce des dattes. Le prix de celles-ci bénéficie de la même hausse. La sorte el-hellaoui^ par exemple, dont le kara * se vendait 50 roupies (80fr.50) atteint jusqu'à 240 et 260 roupies (386 fr. 40 à 418 fr. 60) le kara^ suivant la demande. Tels sont les prix des sortes mises en caisses. Les sortes eUkadraoui eiel-sayer^ qui en font partie, n'avaient autrefois qu'un prix très minime. Les propriétaires de dattiers s'estimaient heureux alors de placer leurs dattes à cinq ou six mois de terme, sans aucune garantie de paiement à l'échéance. Actuellement, les négociants leur font des avances pour être sûrs d'avoir les dattes au moment de la cueillette.
Afin que ces dattes de premier choix arrivent en bon état à destination et se présentent bien aux yeux du consommateur
(1) Un kara vaut 2.000 okes, soil 2.665 kilog. 900 gr.
européen, ces mêmes négociants substituent au système d'emballage dans des paniers ou dans des outres un rangement régulier de fruits en lignes parallèles superposées dans des boites en carton et des caisses en bois pouvant contenir 5 à 20 okes (6kg.4î4, 75à 25 kg.659), qu'ils font venir d'Europe. Les femmes et les enfants arabes ont bien vile appris à exécuter ce petit travail qui est devenu le gagne-pain de bien des pauvres familles. Outre cela, pour hâter les expéditions, on construit dans les jardins, avec des nattes, des établissements temporaires nommée Ichardak, où les agenis des négociants, par l'entremise de courtiers, vont acheter les dattes sur place et les font emballer. Au fur et à mesure que les caisses et les boites se remplissent, elles sont chargées sur des mèhellé, sorte de chalands^ et portées à bord des navires amarrés dans le Chati-el- Arabj prêts à partir aussitôt leur cargaison achevée. De cette façon, les négociants peuvent, durant l'espace de deux mois, expédier jusqu'à cent mille caisses de dattes de la contenance de 20 okes (25 kg.659) chacune, moyennant des frais qu'on évalue à 2 piastres et demie (environ 0,75 centimes) par caisse.
Les achats de dattiers se font par men de 50 okes de Conslantinople, soit 64 kg. 147, 50, ou par kara de 40 men^ soit 2565 kg.900.
Les courtiers en dattes qui servent d'intermédiaires à ces achats doivent être honorablement connus sur place, jouir de l'estime publique, et avoir notoirement les connaissances et qualités nécessaires pour résoudre à l'amiable toute question pouvant surgir entre le propriétaire et le négociant. De plus, ils doivent eux-mêmes justifier de la propriété d'un djérib de dattiers, au minimum, propriété qui sert de garantie pour les avances que leur fait le négociant, et leur vaut la confiance du vendeur pour le solde du prix de ses dattes payables seulement à la fin de la campagne.
11 est en effet d'usage général que chaque négociant ait son courtier attitré, par l'entremise duquel sont faits les achats, les avances dites sélef et les soldes définitifs. Toutefois, certains négociants, établis depuis nombre d'années à Bassorah, traitent
238 VILAYET DE BASSOHAU
eux-mêmes avec les propriétaires de dalliers, qu'ils connaissent, el leur font directement des avances. Le taux usuel d'intérêt de celles-ci est de 20 0/0 pour sept à huit mois de terme. Les divers droits de courtage sont comme suit :
Pour chaque kara de dattes mises en caisses . . 20 piastres — — paniers. . 10 —
On sait qu'il est d'usage général dans le commerce que le droit de courtage soit payé par le vendeur. A Bassorah, au contraire, c'est l'acheteur qui paie ce droit. En revanche, les propriétaires de dattiers ont eux-mêmes introduit, par un elTet de la générosité naturelle au caractère arahe, l'usage d'une bonification de 2 à 3 okes par men, destinée à compenser les qualités de dattes qui peuvent être mangées par les femmes et les enfants travaillant à remballage sous les tchardak ou perdues durant le transport du lieu de la récolte à ces mêmes tchardaky dans les bèlems ou petites barques employées pour ce court trajet.
Riz. — Après la culture du dattier, ainsi qu'il a été dit plus haut, c'est celle du riz qui est la plus répandue et donne les plus beaux résultats, particulièrement dans les deux sandjaks d'Amara el de Muntéfîk. Cette cullure fournit de grandes ressources à la consommation locale, et donne au commerce des bénéfices importants. Il en sera traité avec plus de détail dans les chapitres spéciaux des deux sandjaks précités.
Les autres principales productions de Tagriculture dans ces contrées sont le blé et l'orge, le maïs, le millet, le sésame, une espèce de lentilles appelée mâche et les fruits excellents de l'abricotier, du pêcher, de l'oranger, du citronnier, du grenadier, du mûrier, du figuier, du pommier, du cognassier, etc., etc.
Toutes ces productions, après avoir suffi aux besoins de la consommation locale, laissent des excédents de plus ou moins d'importance, qui sont autant d'articles d'exportation pour le golfe Persique, les Indes, la mer Rouge et l'Europe.
STATISTIUUE DESCRIPTIVE
Dans la plus grande partie du vilayel, on cultive toutes sortes de légumes et autres produits maraîchers, ainsi qu'une plante nommée el-djèt que Ton coupe plusieurs fois par mois pour la nourriture des bestiaux. En ayant soin de l'arroser, elle pousse sans cesse durant six à sept ans.
Bestiaux. — L'élève des bestiaux est, avec la culture des dattiers, la principale occupation des habitants du vilayet de Bassorah. Il constitue la richesse des tribus arabes qui, pour la plupart, n'ont point d'autre propriété que celle de leurs troupeaux.
On évalue en moyenne la production annuelle de ce vilayet en bestiaux des races bovine, chevaline, asine, camélienne et ovine, comme suit :
ESPÈCES
Bœufs et vaches
Baffles
Totaux de la race bovine
Chevaux
Anes
Chameaux
Moutous
SANDJAKS
BASSOHAII
iO.OOO
AMAllA