‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure; (volume 2)Chapitre 92 sur 178 · PAR PAYS DK DESTINATION · texte numérisé non relu

PAR PAYS DK DESTINATION

Ht. turq.

francs

Etoffes et tissus divers] broderies et passementerie. — Sur plusieur points du vilayel de Smyrne et notamment àCadi-Keuï, village du caza de Saraï-Keuï, dans le caza de Bouladan et autres localités appartenant comme celles-ci au sandjak de Dénizli, ainsi qu'aux environs de Smyrne, on fabrique beaucoup de tissus de coton dit « ?nanoussa » pour habillements et ameublements, et autres dits <( pechtimal » qui servent comme linge de bain et couvertures de sofas. Ces tissus sont très forts, d'un long usage, et de couleurs solides, vives et harmonieues; ils joignent à ces qualités essentielles le bon marché. Les mêmes localités font aussi de belles étoffes de soie pure, de soie mélangée de fils d'or et d'argent, de soie et coton^ de chanvre et de lin, ainsi que des rubans de soie et coton, de chanvre et de lin, ainsi que des rubans de soie, des cordons et du cordonnet, des tresses de diverses couleurs et autres passementeries, et des broderies en fil d'or pour garnitures de vêtements et de meubles.

Bouladan produit un genre de couvertures de lit et de table en coton blanc et soie jaune, d'un jolie effet et fort recherchées.

Eudémich, caza du merkez-sandjak de Smyrne, fabrique des pièces de soie pure et de soie mélangée de fil d*or en grande vogue pour « tcharchaf », pièce d'étoffe dont les dames musulmanes s'enveloppent en guise de pardessus, et qui servent aussi de draps de lit; on en fait également des robes et des mouchoirs.

Dans toutes les parties du vilayet de Smyrne qui ont appartenu jadis à la Lydie, à la Phrygie, il n'est pas de village où la principale occupation des jeunes filles ne soit, comme aux temps antiques, la broderie et la tapisserie, originaires de ces contrées. Les produits actuels de ces industries n'ont pas dégénéré et valent encore ceux d'autrefois. Les fils de soie et d'or employés par les brodeuses sont fabriqués pour la plus grande partie à Constantinople. La soie à broder de cette provenance vaut 99 à 100 francs le kilogramme, et l'or tiré 2,000 francs le kilogramme.

La valeur de la production annuelle du vilayet de Smyrne, en étoffes d'ameublement, et autres tissus précités, broderies et passementeries, est en moyenne de 3 millions de francs. Plusieurs de ces articles donnent lieu à des exportations.

Meubles. — Smyrne produit une quantité considérable de meubles qui suffit à la consommation locale.

Moulins^ usines à vapeur et hydrauliques. — Le merkez-sandjak de Smyrne est celui qui possède le plus grand nombre de moulins et d'usines à vapeur et hydrauliques perfectionnés.

On compte à Smyrne 15 moulins à farine presque tous mus par la vapeur. Ils ont en totalité 50 paires de meules et produisent journellement 150 tonnes de farines de diverses qualités, pour la consommation de cette ville et des îles de l'Archipel ottoman.

Kir-Ova, chef-lieu du caza de Tchina, dans le sandjak d'Aïdin, possède aussi un moulin à vapeur.

Les moulins de la ville de DénizH ont en totalité 60 paires de meules et fournissent de toutes les qualités de farine la vallée du Méandre tout entière. Ces moulins sont à roues hydrauliques.

Outre ces moulins travaillant exclusivement à la production, en grand des farines de céréales, 29 usines à vapeur disséminées sur différents points du vilayet servent, suivant les besoins locaux ou les circonstances du moment, tantôt à moudre du blé, tantôt àfaire deThuile, ou bien encore à égrener, nettoyer et presser le coton.

Le tableau ci-après indique la répartition de ces usines à vapeur ou hydrauliques dans les 5 sandjaks du vilayet :

SANDJAKS

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