‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure;Chapitre 122 sur 144 · I.O.il · texte numérisé non relu

I.O.il

S.LiO.

IM

Production agricole. — Les produits du sol des cazas asiatiques du vilayet de Constanlinople sont absolument les mêmes que ceux du sandjak d'Ismidt, énumérés page 314. Les vignes de Tchamlidja (mont Boulgourlou) ; les cerises de Scutari méritent d^ètre citées. On cultive à Erèn-keui, station du chemin de fer d^Ânatolie, près Haïdar-Pacha, des cépages étrangers (français, hongrois, etc), dont on fait surplace des vins de Bordeaux, de Bourgogne et des meilleurs crus hongrois, goûtés par les connaisseurs, à Tégal des crus originaux. La société vinicole d'Ërèn-keuï fait aussi, avec des raisins dits tchaouch, des vins du Rhin que les Allemands ont en grande

estime ; enfin ses vins yèrli (vins du pays) sont d'excellents vins de table à très bon marché.

Tout ce qui a été déjà dit (page\314 et suivantes) au sujet des productions agricoles d'Ismidi, peut être appliqué à celles du a cordon » asiatique.

Mines et minières. — Il y a des mines de cuivre, de lapis-lazuli et de boracite à /^eï^^/i (lie de Khalki), Tancienne Chaleitis qui en avait pris son nom; mais depuis l'antiquité, ces mines sont abandonnées. La couleur rouge des terrains de Prinkipo (Kizil-Ada-si) et les qualités fortifiantes de la poussière qu'on y respire sont des indices de la présence d'un sesquioxyde de fer, vulgairement appelé ocre rouge ; c*est une couleur des plus employées en peinture. M. le Qa" Andréossy, ancien ambassadeur de France à Gonslantinople, de 1812 à 1814, a récolté sur le littoral asiatique du Bosphore de nombreux et intéressants échantillons d'agate, de cornaline, de calcédoine, renfermant des géodes, ainsi que des échantillons de différents porphyres et de calcaires saccharoïdes, dont il a formé une collection qui figure au catalogue du cabinet des Mines en France. La montagne du Géant, ou Youcka-daghi (mont de Josué), est entièrement calcaire ; la pierre qu'on en retire est convertie en chaux, sur le lieu même, dans des fours construits au bord de la mer.

Forêts. — C'est près xie cette montagne, vers la fontaine de Kara-koulah^ à peu de distance du village de Sèkè-Dèréy que commençait autrefois la célèbre « mer d'arbres » exploitée depuis des siècles avec si peu de ménagements, qu'aujourd'hui l'ancien peuplement a presque totalement disparu. On ne rencontre plus dans cette contrée, où les rayons du soleil n'avaient jamais pénétré sous la voûte sombre des vieux chênes, que des broussailles auxquelles on ne laisse même pas le temps de grandir. Pour retrouver de véritables forêts, il faut s'avancera 15 ou 20 kil. au delà, en se dirigeant vers le sud-est, le long de la rivière ou petit fleuve Biva, ancien Rhébas des Argonautes,

6! 4 VILAYET DE CQNSTANTINOPLE

Transports. — Les transports terrestres sont effectaés par le chemin de fer, les araba (chariots), les voilures de « mohddjir » (réfugiés) et en caravanes à dos de chameaux, chevaux, mulets et ânes. Les transports maritimes ont lieu par bateaux à vapeur, voiliers de moyen et de faible tonnage, barques et càik à rames. Les arrivages réguliers par gros et petits voiliers consistent en grains pour les magasins de TÉtat, en bois et charbon de bois, en bestiaux sur pied, le tout débarqué aux échelles de Sculari et de Cadikeuï ou Haïdar-Pacha. De la grande échelle de Scutari partent aussi journellement, soit par le ferry-boat^ soit par de petits voiliers, des mahone et des càik, de grands troupeaux de moutons et de chèvres venant de l'intérieur de l'Asie et qui sont transportés aux échelles de Sirkèdji (Stamboul), do Kara-Keuï (Galata) de Kabatach, Béchiktach et autres situées sur la rive européenne du Bosphore. A certaines époques de l'année, les arrivages surpassent de beaucoup les départs; à certaines autres, c'est le contraire. Le mouvement général est plus considérable au printemps et en automne qu'en été, et devient presque nul en hiver.

Le transport des voyageurs par mer sont presque tous efifectués au moyen des services de bateaux à vapeur de la compagnie Hàirlyè (Chirkèt-i Haïriyè) et de la compagnie Mahsousè. Cette dernière relève du ministère de la Marine et son directeur est le ministre lui-même. La compagnie Hdiriyè di le privilège exclusif de la navigation à vapeur entre la ville de Constanlinople et toutes les échelles du Bosphore, en Europe et en Asie. Le service d'Asie comprend cinq lignes, comme suit :

10 de Constanlinople (ler pont) à Scutari.

2° — — — (échelles de Saladjak et de Harem).

3" de Constanlinople (échelle de Sirkèdji à Scutari et Cabatach).

40 — (l*"" pont) aux échelles du Bosphore (côte d^Asie et côte

d'Europe.

5" de Scutari à Béchiktach.

La zone desservie par ces cinq lignes commence à Haremhkèlès-i, près Sélimiyè^ à l'extrémité sud du Bosphore et se fermine à Anatoli'Kavak, à l'extrémité nord du même détroit. Les échelles y comprises et les tarifs de transport d'un voyageur

à chacune d'elles, sont comme suit :

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