‹ La Turquie d'Asie; géographie administrative, statistique, descriptive et raisonnée de chaque province de l'Asie-Mineure;Chapitre 131 sur 144 · élèves · texte numérisé non relu

élèves

Au chef-lieu du caza, qui est non seulement la ville mais Tîle

entière de Prinkipo, officiellement appelée Kizil-adassi, on compte \\ écoles : 3 secondaires, fréquentées par 280 élèves dont 190 garçons et 90 filles et 8 primaires fréquentées par 437 élèves dont 272 garçons et 165 filles; soit, en totalité, 717 élèves, dont 462 garçons et 255 filles, comme suit :

COMMUNAUTÉS

DEGRÉS D'ENSEIGNEMENT

1 lycée

Musulmans . .\ 2 écoles primaires de K&rçous. .

2 — de filles . . .

1 école secondaire de garçons

(gymnase) '. .

Grecâ orthodoxes^ 1 pensionnat de jeunes iiiled . .

1 école primaire de garçons. . .

i — de fîlies . . . .

ro*K«i:« «- S ^ écoles primaires, dont 1 de gar- Cathohques . .| ^^^^ ^f ^ ^^ gjj^'^ ......

Total.

ÉCOLES

ÉLÈVES

OARÇONS

NOMBhB TOTAL d'ÉLÈVES. .

FIU.ES

717 élèves

L'école mixte des catholiques, annexe de Téglise paroissiale de St-Pacifique, a été comptée double, une fois pour les classes de garçons et une autre fois pour celles des filles.

L'école primaire ou plutôt élémentaire de la communauté grecque orthodoxe a, comme celle de Téglise catholique, été comptée une fois pour les garçons et une fois pour les filles. En tant que locaux, les écoles de cette communauté, à Prinkipo, ne sont donc que 3 ; il y a 2 maîtres à l'école secondaire de garçons, 2 maîtresses au pensionnai et 2 maîtres à Fécole élémentaire. Les dépenses générales montent à 40,000 piastres (environ 9,200 fr.) par an.

NAHIÉ DE HEIBÈLI (Khalki)

Orientation, limites. — Le nahié de Hélbèli (Khalki) esl situé entre celui de Bourgaz (Antigone), dont les eaux lui servent de limite à Touesl, et le chef-lieu du caza, PrinlàpOy dont un chenal, d'où lui vient son autre nom de Boyliaz-adassi^ nie du détroit, le sépare à Test. Ses autres limites sont : au nord et au sud, les eaux de la mer de Marmara. La plus grande longueur de cette île est, du nord-est au sud-ouest, de 2^900, et sa plus grande largeur, de Touest à Test, est de S'' (carte Andréossy).

Autorités. — Elle est administrée par 1 miidir assisté de son conseil réglementaire.

Population du nahié. — La population du nahié à'Héiô^/ê (Khalki), comprise dans le chiffre précité de celle du caza des Iles, est de 2,895 hab., comme suit :

H0S131BS FEMMES TOTAL

Musulmans 548 347 895 hab.

Grecs orthodoxes 900 600 1,500

Arméniens grégoriens 150 150 800

— catholiques 100 100 200

Total. . 1,698 1,197 2,895 hab.

Chef -lieu. — Khalki, chef-lieu deTUe de même nom (nahié de Héibèli)^ résidence du mudir, directeur du nahié, station postale et télégraphique de service international (langues turque et française), etc., est une attrayante petite ville coquettement allongée au nord-est de Tîle, devant un quai dont la hlancheur éclatante se détaclie sur le vert glauque des eaux. La mer est si transparente en cet endroit qu'on distingue nettement.

sur le sable fin, à douze brasses (1) de profondeur, jusqu'aux plus petits détails. La pureté de Tair n'est pas moins grande. Si haut que s'élève le regard, au-dessus du cône de verdure formé par nie, rien ne l'arrête; il semble plonger dans l'infini. Des deux côlés du débarcadère on voit se développer ici en amphithéâtre, là en ligne horizontale, les rues de la ville et ses principaux édifices. En face de soi, on rencontre l'église de St- Nicolas, avec son intéressant clocher polygonal, ajouré de fenêtres à chaque étage. Plus loin, sur la gauche^on est attiré par les bâtiments de l'École navale, du milieu desquels s'élance un élégant minaret, que fait ressortir un sombre rideau de cyprès. Plus loin encore, au-dessus de cette école, s'élève le monastère de S^'GeorffeSy que l'on aperçoit hors la ville, de laquelle il faut sortir pour le visiter, ainsi que les deux autres monastères situés dans des directions opposées : celui de la Trinité, au nord-ouest, et celui de la Panayia (la sainte Vierge) au sud-ouest, sur lesquels on reviendra tout à l'heure à l'occasion des écoles de l'île de Rhalki.

Écoles. — Les écoles du nahié et de la ville de Khalki sont au nombre de 10, dont 3 supérieures et spéciales comptant 690 élèves, 2 secondaires sont fréquentées par 290 élèves, 160 garçons et 130 filles, enfin 5 écoles primaires reçoivent 311 élèves, 194 garçonset 117 filles, soit, en totahté, i, 291 élèves dont 1,044 garçons et 247 filles, comme suit :

(1) Andréossy.

COMJ^IUNAUTÉS

DEGRÉS D'ENSEIGNEMENT

1 école de marine et d'hydrogra-

Masalmans . A phie

[ 1 école primaire

1 école de tliéolo$rie

1 école supérieure de commerce .

p^»/.a^,.«hr..i/x«nQ^ 2 écoles secondaires dont 1 de Grecs orthodoxes^ «arçons et 1 de filles

3 écoles primaires de garçons . . 1 — — de filles . . .

Total. . .

ÉCOLES

ÉLÈVES

OABÇONS

FILLES

L'École navale de Khalki, dépendance du ministère de la Marine, est divisée en deux établissements distincts, contenus dans les mêmes bâtiments situés, comme il est dit ci-dessus, à gauche du débarcadère, sur le quai. L'un de ces établissements, le principal, constitue TÉcole navale proprement dite, destinée à former des officiers pour la marine impériale. L'autre est une école d'hydrographie où sont formés des capitaines au long cours et des maîtres au cabotage, dans des conditions semblables à celles qui régissent les écoles similaires des principaux ports en France. L'école navale ottomane a été fondée en 1860 par le sultan Abd ul-Medjid. Elle fournit chaque année un certain nombre d'aspirants assez instruits, dont plusieurs déjà sont devenus des officiers de marine d'un réel mérite. Les langues anglaise et fançaise y sont obligatoires.

De son côté, l'école d'hydrographie donne aux caboteurs du ministère de la Marine et aux compagnies maritimes indigènes de bons capitaines et maîtres au cabotage qu'il fallait naguère engager à l'étranger.

L'École de théologie de la communauté grecque orthodoxe a été installée, en 1844, dans le vieux monastère de la Trinité, fondé au ix® siècle, suivant la tradition, par Photius. Tombé en ruines, il fut rebâti au xvi* siècle par le patriarche Métrophane qui l'enrichit d'une bibliothèque dispersée après sa mort, mais

dont les restes portent encore aujourd'hui le nom de « fonds Métrophanes », la plus précieuse partie de la bibliothèque du séminaire qui contient environ 7,000 volumes et beaucoup de manuscrits rares. Ce monastère fut encore restauré en 1772, mais ayant été détruit en 1821 par un incendie, il ne fut relevé parle patriarche Germain qu'en 1844, date de sa transformation définitive en école de théologie, devenue bientôt très renommée.

Le tremblement de terre du 10 juillet 1894, qui a si rudement éprouvé Constantinople, a plus ravagé les îles des Princes que tous les autres endroits où il a sévi. A Khalki surtout, le désastre a été grand : aucune maison n'est restée indemne, pas même celles en bois, qui ont peu souffert partout ailleurs et d'ordinaire sont épargnées. L'école de théologie de Khalki, dans la situation isolée que ses vastes bâtiments occupaient au sommet du mont Ayia-Trias, à l'extrémité nord-ouest de l'île, oii du haut de ses larges terrasses surplombant 1^ mer, la vue plongeait au loin sur les minarets de Stamboul et sur les flots du golfe de Nicomédie, se trouvait plus particulièrement exposée. Ses murs se sont presque tous écroulés. 11 n'y a point lieu toutefois de craindre la perte de ce séminaire de toute l'église orthodoxe: le relever sera sans doute l'affaire de beaucoup d'argent, mais déjà l'on y travaille avec activité, sous la haute impulsion du patriarcat, des grands conseils de la communauté et de l'initiative privée des notables grecs de Constantinople et d'Athènes.

Actuellement, celte grande école, de laquelle sont déjà sortis tant de prélats illustres, ne possède qu'environ 80 étudiants, tous internes. Outre les cours de haute philosophie, de science sacrée et autres études spéciales, l'enseignement donné aux séminaristes comprend les études des liltéralures grecque et latine, et des langues turque , française et slave. Les professeurs sont au nombre de 14. Les dépenses, qui s'élèvent seulement à 4,000 livres turques par an, soit environ 92,000 fr., sont couvertes au moyen d'une partie du revenu des couvents et de subventions des métropolitains et diocésains.

Au sud du mont Ayla-Trias^ à peu près à égale distance des deux extrémités nord et sud de la côte ouest de Tîle, en face d'Antigone, s'élève une seconde colline surmontée également d'un second monastère transformé en école. C'était le principal couvent de Khalki et il en est demeuré le plus célèbre. Sa situation n'est pas moins admirable que celle de l'école de théologie. Ses bâtiments n'étaient ni moins vastes, ni moins beaux. Dédiés parle fondateur Jean VIII Paléologue, frère et prédécesseur du dernier empereur de Constantinople, à son saint patron Jean-Baptiste, ils furent pourtant connus dès l'origine, sous le nom de couvent de la sainte Mère de Dieu qui prévalut toujours à cause d'une gracieuse chapelle qui fut élevée à Marie par la jeune et très aimée impératrice Marie Comnène, femme de Jean Paléologue. Cette chapelle a survécu au grand incendie qui a dévoré le monastère et la belle église de S -Jean-Baptiste, après la prise de Constantinople. Précieusement conservée, lors des trois reconstructions qui ont eu lieu depuis cette époque — la première au xvip siècle, par le grand drogman de la Sublime Porte, Panayottaki (Nicosios), la seconde en 1796, parla famille Ypsilanti, et la troisième, enfin, aux frais de M. Zafiropoulo de Marseille, en 1831), un peu après la transformation du monastère de la sainte Vierge en école de commerce, — la chapelle de Marie Comnène existe encore presque intacte, charmant souvenir de sa piété et de son amour.

En 1785, onze ans avant la reconstruction du monastère par la maison princière des Ypsilanti, l'inscription placée par le fondateur au-dessus de la porte delà grande église de S*-Jean- Baptiste fut retrouvée, brisée en quatre morceaux, parmi les décombres. Le patriarche Constantius en donne ainsi la copie :

(Jean fidèle en Christ, roi et autocrate des Romains, le Paléologue). — Cette inscription a été perdue ; peut-être les ouvriers en auront-ils employé la pierre à la bâtisse. Quoi qu'il en soit, on voit dans l'église actuelle et aux environs de nombreuses tombes de patriarches et d'igoumènes ; la sacristie renferme un riche trésor venant en grande partie des Ypsilanti; les restes

de la bibliothèque du couvent forment un corps de 156 manuscrits, parmi lesquels un surtout, datant du jx' siècle, est considéré comme très précieux. A peu de dislance de l'entrée de l'école, vers le nord, à gauche de la conduite des eaux de la grande citerne, on voit le tombeau de sir Edward Burton, ambassadeur de la reine d*AngIeterre Elisabeth près des sultans Mourad III et Mohammed III, qui tomba malade en Hongrie, où il accompagnait à Tarmée le souverain ottoman, et vint mourir à Khalki en 1597, âgé de 35 ans. Son épithaphe latine, bien conservée, est surmontée de ses armes.

L'école supérieure de commerce a dans son programme, outre le grec et les éludes théoriques et pratiques spécialement propres à former le négociant, le latin, le turc, le français, l'anglais, l'allemand, le dessin linéaire et le dessin d'imitation, la musique vocale et instrumentale et la' gymnastique. Cet enseignement est donné aux jeunes étudiants par 18 professeurs, sans compter le savant directeur. Les élèves y sont internes. La pension est de 50 livres turques par an, soit actuellement, en totalité, un revenu d'environ 10,000 livres turques ou 230,000 fr. La dépense totale est en moyenne d'environ 8,000 livres turques, soit 184,000 fr. par an. L'école possède 1 bibliothèque de 4,044 volumes dont 156 manuscrits, 1 laboratoire, 1 musée commercial et historique, une chapelle et 1 infirmerie à laquelle est attachée un médecin a poste fixe.

Les écoles secondaires de la communauté grecque orthodoxe sont, ainsi que les écoles primaires, situées dans le village. Les deux premières qui sont : 1 école de 160 garçons instruits et dirigés par 3 maîtres, et 1 école de 130 filles instruites et dirigées par 2 maîtresses, ont donné son nom à la rue Mektèb (rue de l'École). Elles ont pour ressources les revenus de plusieurs propriétés, le produit d'une loterie et d'un bal, quelques dons spéciaux de riches particuliers. Les dépenses annuelles s'élèvent à 340 livres turques, soit environ 7,820 fr.

Outre les deux monastères transformés en écoles qui viennent d'être succinctement décrites, l'île de Khalki possède, ainsi

qu'il a déjà été dit plus haut, un troisième couvent, celui de S^'Georges qu'on aperçoit à Toucst, par-dessus les bâtiments de l'école navale, en débarquant. Il est situé précisément en face du couvent de S^-Georges de Prinkipo, et jouit d'une très belle vue sur toute la côte ouest de cette île. C'est aujourd'hui la propriété du couvent du S^-Sépulcre de Jérusalem, auquel il a été légué par son dernier possesseur, l'ancien patriarche Joannikus m, de la famille des princes Garadja, à sa mort en 1793. Celui-ci l'avait acquis et reconstruit entièrement, ainsi que l'église attenante, en 1758, durant son passage à l'archevêché de Chalcédoine, dont ce monastère dépendait. Élu trois ans plus tard au patriarcat de Constantinople, il fut déposé au bout de deux ans et envoyé en exil au mont Athos pour cause d'excessive prodigalité. Revenu de son exil en 1 765, il se fit bâtir sur le rivage, à la pointe orientale de l'île, une grande et belle résidence, à la place même où s'élève aujourd'hui l'école navale. Ce fut alors qu'il planta, pour faciliter ses relations, les deux superbes allées de cyprès qui conduisent encore actuellement de son ancienne maison au monastère de S^-Georges et à son éghse, et de là au village de Khalki.

Mines et minières. — L'emplacement des mines de cuivre, de chrysocolle (borax, sous-borate de soude) et de lapislazuli, exploitées dans l'antiquité et dont la grande renommée avait valu à l'île de Khalki son nom primitif de Khalcis ou KhalcUiSj est encore reconnaissable aux vestiges considérables laissés en plusieurs endroits par les anciennes exploitations. Au sud de l'école de commerce, se dessine un petit golfe formant un charmant port naturel ; c'est sur les bords de ce golfe que l'on en rencontre les plus nombreuses traces, consistant en de grands amas de scories cuivreuses et d'autres matières calcinées, parmi lesquelles on remarque des pierres bleues avec de petites taches brillantes de couleur d'or.

L'airain de Khalcitis était fort recherché pour la statuaire. La célèbre statue d'Apollon de Sicyone en avait été faite. Aristote dit qu'on l'appelait khalkos kolymbitis ou cuivre nageur

parce qu'il était extrait du fond de la mer par des plongeurs. On trouvait aussi de Tor à Khalcitis.

L'île de Khalki n'a pas d'autre histoire que ce qui vient d'être dit ici au sujet de ses 3 monastères et de ses antiques mines. Il semble que toujours elle ait été comme aujourd'hui un séjour de paix profonde et que, même aux jours les plus troublés de l'époque byzantine, elle soit restée étrangère à toutes les cruautés politiques qui ont ensanglanté les lies voisines. On ne saurait bien connaître les îles ou s'en faire une juste idée, sans lire l'ouvrage si intéressant de M. Schlumberger : Les iles des Princes.

NAHIÉ DE KINALI (lie de Proti).

Orientation, limites. — Le nahié de Kinali (île de Proti) est situé au nord-est du groupe des îles des Princes. C'est, comme son nom grec moderne l'indique, celle de ces îles qui se présente la première, en venant de Constantinople. Elle est limitée sur tous les points par la mer de Marmara et séparée, au sud de la seconde île du groupe, par un espace de mer mesurant, du point extrême sud-est de Proti au point extrême nord-est d'Antigone, un peu moins d'un mille marin. Dans sa plus grande longueur, de l'ouest à l'est, cette île mesure 2 kil. Sa plus grande largeur, du nord-est au sud-ouest est de 1,400 m. (carie Andréossy).

L'île de Proti est parcourue de l'ouest au sud-est par une chaîne de collines se terminant à l'ouest, au sud et au sud-est en pentes abruptes, et descendant assez doucement à la mer des côtés nord et est. Du port, situé au sud-est, part une petite route longue de 700 m. qui conduit à une grande citerne en ruines. Près de là se trouvait jadis un monastère où Michel Rhangabé se retira après sa fuite devant les Bulgares, en appre-

nanl que Léon rArménien venait d'être proclamé empereur à sa place.

Ce dernier, plus lard, fut assassiné par Michel-le-Bègue dans la chapelle du palais, et son corps fut enterré dans ce même couvent, où ses quatre fils, après avoir été mutilés, furent forcés de prendre Thabit monastique. Romain Sécapène, beau-père et collègue de Constantin Porphyrogénète, y fut aussi relégué par ses propres fils qu'il avait associés au pouvoir.

Un autre couvent, fondé par Romain Diogène, était bâti sur le point le plus élevé de Tîle de Proti, à Tendroil même où s'élève aujourd'hui le monastère de la Transfiguration. Cet empereur, fait prisonnier par Alp-Arslàn, fut, suivant Thistorien arabe El-Macin, rendu à la Hberté moyennant 360,000 pièces d'or et la promesse de délivrer tous les prisonniers de guerre musulmans ; mais il fut déposé à son retour. On lui creva les yeux et on l'enferma dans ce même couvent où ses plaies, mal soignées, causèrent bientôt sa mort. L'impératrice Eudoxie, sa femme, lui fit de magnifiques funérailles.

Constantin Porphyrogénète parle d'un troisième monastère qui existait de son temps à Proti; il l'appelle la belle propriété de Bardane parce que ce patricien, général des armées d'Asie, ayant été proclamé empereur par ses troupes, sollicita et obtint de Nicéphore son pardon, et se retira dans ce couvent qu'il avait fait bâtir autrefois. Nicéphore l'y fit secrètement aveugler peu de temps après, dit l'historien Zonaras.

Population du nahié. — La population de l'île de Proti, comprise dans le chiffre précité de celle du caza des îles, est de 398 hab., comme suit ;

IIOMMBA

FEMMB3

TOTAL

Musulmans

98 hab.

Grecs orthodoxes .

Arméoieus grégoriens .

— catholiques

898 hab.

Ecoles. — Les établissements scolaires du nahié de KinaU

684 VILAYET DE CONSTAxNTINOPLE

(Proti) consistent en 6 écoles primaires fréquentées par 85 élèves dont 45 garçons et 40 filles, comme suit :

COMMUNAUTÉS

DEGRES D ENSEIGNEMENT

Musulniaos: 2 écoles primaires dont i de garçons et 1 de filles

Grecs orthodoxes: 2 écoles primaires dont 1 de garçous et 1 de filles

Arméniens : 2 écoles primaires dont i de garçons et i de filles

Total. . .

ÉCOLES

ÉLÈVES

GASCONS

FILLES

Les écoles musulmanes sont des annexes de la petite mosquée de Ttle; Técole grecque orthodoxe, comptée double, une fois pour les garçons et une fois pour les filles, dépend de la petite chapelle du village ; celle des Arméniens, également comptée deux fois, est attenante à Téglise de S*-Grégoire l'Uluminateur (surp-Krikor).

NAHIÉ DE BOURGAZ-ADASSl (Ile d'Antigone).

Orientation, limites. — Le nahié de Bourgaz-adassi (l'île de la Tour, IlupYoç en grec, appelé aussi Bogàaz-adassi rile du détroit, de la gorge) à cause de l'étroit chenal qui sépare cette île 'de celle de Khalki, est plus connu sous le nom d'Ile d' (( Antigone » qui lui fût donné en Thonneur de son père par Démétrius Poliorcète, lorsque, en 298 av. J.-C, il y combattit contre Lysimaque et Cassandre pour la délivrance de Bosphore et de THellespont. Cette Ile est la seconde en venant de Gonstantinople. Elle est située au sud de Proti; la première

(nahié de Kinali), à la dislance d'un peu moins d'un mille marin. Ses limites sont : au nord, au sud et à l'ouest, les e,aux de la mer de Marmara. Elle est séparée au sud-est de l'île de Khalki par un chenal de 700 m. de large. La plus grande longueur de l'île d'Antigone, soit du nord-ouest au sud-est, ou du nord-est au sud-ouest, est de 1,900 m., et sa plus grande largeur est, au sud de l'île, de 1,300 m., d'est en ouest (carte d'Andréossy).

Population du nahié. — La population totale du nahié de Bourgaz, comprise dans le chi&Ve précité de celle du caza des Iles, est de 1 ,250 hab. , comme suit :

Musulmans . .

Grecs orthodoxes

Total.

HOMMES

FBMMBS

TOTAL

5S0 hab.

1,250 hab.

Ce chiffre de 1,250 hab., s'applique entièrement, sauf quelques fort petites quantités qu'il est difficile de préciser, à la population de la petite ville d'Antigone, unique centre de Tîle.

Chef-lieu. — Antigone, chef-lieu de l'île de même nom, (nahié de Bourgaz), résidence du mudir, directeur, station postale et télégraphique de service intérieur (langue turque), etc.; est située à l'est de l'île, à l'endroit où le chenal s'élargit en hémicycle pour atteindre, entre la pointe nord-est d'Antigone et la pointe nord*ouest de Khalki , une largeur de 1,500 m. Le petit îlot de Pyta, l'île des Pins, nom qui pourrait être appliqué à chaque île de ce groupe, lui masque la vue du bourg de Mallèpè, situé sur la rive du continent asiatique, à 3 Ys milles marins, dans la direction nord-est, et le mont de même nom, situé sur la même rive à 2^,600 plus à l'est, ne s'aperçoit qu'en partie par-dessus l'extrémité nord de l'île de Khalki.

Près du port, au bord de la mer, on voit encore les restes d'un chàleau-fort appelé Panormum castrum; ces ruines sont celles de la tour du Nord, qui complétait le formida-

ble système de défense de Tîle par le moyen d'une stalue de femme bicéphale dont le souffle écartait les flammes à 15 aunes (18 m.) des murailles! En 615, le même général de Chosroès; qui prit ensuite Chalcédoine, assiégea d'abord ce château; il y mit le feu et réduisit en cendres tout ce qui se trouvait hors de la portée du souffle de la statue; seule la tour du Nord subsistait encore; il s'en empara par escalade, enleva le talisman et Tenvoya à Chosroès. Cette statue bicéphale devint en Perse, dit-on, Tobjet d'un culte idolàtrique, et, après la conquête ottomane, le nom de « pyrgos » (tour), que les Turcs prononcent boiirgaz fut donné par eux à Ttle entière.

Ecoles. — Les écoles du nahié de Bourgaz sont au nombre de 5, dont 2 secondaires fréquentées par 80 élèves, 40 garçons et 40 filles, et 3 primaires où 103 élèves, 10 garçons et 93 filles, apprennent, avec les premières notions de leurs cultes respectifs, les éléments de l'arithmétique, de la lecture et de l'écriture. En totalité le nombre d'élèves, dans ces écoles est de 183 dont 50 garçons et 133 filles, comme suit :

COMMUNAUTÉS

DEGRÉS D'ENSEIGNEMENT

ÉCOLES

ÉLÈ

FEMMES

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