AIRES
[ 1 io co
\ saiiij 1 •« to A
OO o»
ca
co o o •
[SUOÔHVO
^ co o .
IO
b L. en
sas
co
co
V saiiu 1 ««4 ^ *
cocoOi
•fi4
/smo6hvoJ 2 2 •« " I ^ I
OQ
aa
oi o o ao 1 r^ 1
oo co
fls
CO
fe ® a O •< O « .S O 0Q bd c^
416 VILAYKT DE CASTAMOUNl
Sur ce nombre total de 2,085 écoles, dont 119 supérieures, 32 secondaires et 1,934 primaires, 2,043, dont 4 de filles, 2 secondaires et 2 primaires, ainsi que 94 écoles mixtes situées dans le caza de Tacli-keupru, appartiennent à la communauté musulmane ; 38 écoles primaires, dont 3 de filles, appartiennent aux Grecs orthodoxes; les Arméniens enfin, comptent 4 écoles primaires, dont 1 de filles.
Les écoles inscrites dans le tableau ci-dessus, seront du reste réparties, comme nombre et comme communautés, et, par cazas, dans des tableaux partiels, aux chapitres spéciaux des sandjaks.
Les écoles supérieures des musulmans, c'est-à-dire les médressé^ qui sont des facultés de théologie et de droit islamiques sont, ainsi que la grande majorité des écoles primaires, à la charge du cheikh ul-ulamat ou ministère du culte, qui les entretient au moyen des revenus des fondations pieuses. Leurs écoles secondaires (collèges ou lycées) sont fondées par TÉtat, et entretenues, de même qu'un certain nombre de bonnes écoles primaires dites « préparatoires » et également fondées par l'État, au moyen de centimes additionnels spécialement perçus à cet effet dans tous les vilayets et employés par les autorités locales conformément aux ordres du ministère de l'instruction publique. Les municipaUtés instituent aussi, dans beaucoup de localités, des écoles primaires dont le programme est assez complet. Dans toutes les écoles des municipalités et du ministère de l'instruction publique, tous les enfants de sujets ottomans et fort souvent même des enfants de parents étrangers sont admis sans distinction de cultes. Les écoles du ministère du culte ne reçoivent que des musulmans. L'instruction donnée par l'État est généralement gratuite. Cependant quelques lycées forment exception. Dans les écoles, à tous les degrés, qui dépendent du ministère de la guerre, les élèves, au contraire, reçoivent une solde qui varie suivant leur avancement.
Les écoles de la communauté grecque orthodoxe suivent également, dans ce vilayet, les coutumes générales, c'est-à-dire qu'elles sont établies, dirigées et entretenues par les églises
au moyen de quêtes spéciales el de dons de particuliers.
11 en est de même de celles des Arméniens.
Toutes ces écoles, soit {grecques, soit arméniennes, sont d'enseignement primaire ; mais on peut en ciler plusieurs, notamment chez la communauté grecque de Sinope et celle de Castamouni, dont le programme, très complet, est parfaitement appliqué. Leurs écoles de filles sont particulièrement dignes de remarque el pourraient servir de modèles aux institutions de cette catégorie établies dans ce vilayef. On ne s'y borne pas, comme on le fait en général aux autres écoles les mieux dirigées, à l'enseignement classique et aux éléments des arts d'agrément, mais à côté dos travaux d'aiguille on ajoute ceux du ménage.
Climat. — A l'exception de quelques cazas, tels que celui de Boyâbâd, où sont des rizières importantes autour desquelles régnent des fièvres intermittentes, le climat du vilayet de Castamouni est généralement sain, mais non d'une manière uniforme. La salubrité des diverses localités varie beaucoup suivant leur situation en basse plaine ou près des montagnes. L'air est très pur dans les localités situées sur les hauteurs, toutes couvertes ou environnées de forêts. La température s'y élève rarement, l'été, au-dessus de 26° à 30" c, au moment des plus fortes chaleurs, c'est-à-dire du 15 juin au 15 août. La saison d'hiver est au contraire rude et d'assez longue durée. Elle commence avant la fin du mois de novembre et se prolonge souvent au delà du mois de mars. Durant la dernière quinzaine de décembre et la première moitié de janvier, on voit communément le thermomètre marquer — 15*" c, dans le cours de la journée et descendre, à l'aube, jusqu'à — 20 et — 22*.
II y avait à Castamouni 30° de froid le 20 décembre 1891 ! — Les neiges sont abondantes; plus d'une fois elles ont interrompu toute communication entre Iskèlèb et Kanghéri; souvent aussi le caza de Djiddè est resté durant un mois entier privé de relations avec Castamouni.
418 VILAYET DE CASTAMOUNI
Le sandjak de Kanghéri et plusieurs autres parties du vilayet, quoique placés dans des conditions naturelles de salubrité qui en éloignent les fièvres et les maladies épidéraiques, sont cruellement éprouvés d'autre part. Les maladies contagieuses y sévissent avec une force peu commune et y sont devenues endémiques comme autrefois la lèpre en Judée. Les petits enfants eux-mêmes en sont infectés dès leur naissance. Malgré les efforts du gouvernement qui a créé plusieurs hôpitaux spécialement affectés au traitement de ces maladies, dites « sacrées )i, dans les cantons qu'elles ravagent, et bien qu'il y ait envoyé de Constantinople des médecins expérimentés et qu'il y fasse distribuer gratuitement les remèdes antisyphilitiques nécessaires, toutes ces mesures réunies n'ont produit jusqu'à présent aucune amélioration bien sensible du triste élat sanitaire de ces cantons.
Production agricole. — La production agricole du vilayet de Castamouni consiste surtout en céréales, graines légumineuses, fruits, opium, colon, tabac, produits divers des cueillettes forestières, produits accessoires de l'élève des bestiaux, de l'apiculture, de la chasse et autres, énumérés, par quantité ou valeur, dans le tableau ci-contre.
Quelques-uns de ces produits méritent une appréciation particulière. D'autres, dont l'importance commerciale faible ou même nulle ne permettait pas de tenir compte audit tableau, doivent pourtant être cités afin de faire connaître toutes les ressources naturelles du pays.
Tels sont, par exemple, les produits de la culture maraîchère, qui sont abondants et de fort bonne qualité, surtout le chou, la pomme de terre, la laitue, Toignon, les raves, navels et radis, et la betterave.
Parmi les fruits, l'abricot commun dit notigrof, les pêches, les cerises et particulièrement la variété dite vic/inè, sorte de griote; les pommes, les poires elles coings sont très recherchés. Les pommes dites mis/cèt^ d'un goût fort délicat, les prunes dites urianiy qui joignent à leur propriété laxative une saveur
parfumée, sont deux espèces de fruils ne se trouvant pas ailleurs que dans les vergers du vilayet de Caslamouni, où le marché de Conslanlinople s'approvisionne en quantités considérables.
On commence à reprendre la culture du mûrier, particulièrement dans le caza de Zafrànboli. Celle du pavot se fait sur une petite échelle dans les quatre sandjaks; mais depuis 2 ou 3 ans les autorités de Caslamouni encouragent les agriculteurs à s'en occuper plus activement. Leurs efforts ont été couronnés de succès dans plusieurs cazas, spécialement à Tossia. Le merkezsandjak a déjà réussi à produire une quantité d'environ 600 okes (770 kilogr.) d'opium d'aussi bonne qualité que celui de Zilèh.
En résumé, la production agricole du vilayet de Castamouni est, année moyenne, comme suit (1) :
hectolilres
Blé 1.530.408
Orge 932.978
Avoine 118.79i
Seigle 140.265
Maïs 490.983
Millet 6.385
AIpUtes 105.734
Haricots 100.553
Lentilles 105 000
Veace 36.935
Pois-chiches 359 925
Graine de lin 104 9ri4
kilogrammes
Vin 520.000
Huile de poisson 80.000
Laine 1.070.000
Poil de chèvre commune . . 568.000
id. mohair (tiftik) 615.000
Valeur en livres turques.
Fruits frais 155.0C0
kilogrammes
Riz 792 600
Opium 1.299
Coton 274.630
Tabac 217.153
Kitrè (gomme adragante) . . 97.000
Djèhri (graine jaune) . . . 20.500
Noix de galle 1.965.000
Glands 5.400.000
Miel 220.000
Cire 36.800
Salfip 150.000
Pièces
Pe.iux (le chèTrc* el de moutons
Peaux de bœufs et de xaches .
id. de loups . .
id. de renards . .
id. de lièvres .
Divers.
hectolitres 316 348
kilogrammes Divers 1 101.266
(1) Ces quantités et valeurs seront plus loin et dans les chapitres spéciaux, indiquée s dans les sandjaks auxquels elles se réfèrent proportionnellement.
420 VILAYET DE CASTAMOUNI
Mines et minières. — Certains habitants du sandjak de Kanghéri ont conservé la tradition de mines de cuivre et d'argent jadis exploitées, disent-ils, mais depuis longtemps abaadonnées on ne sait pour quelle cause. Si ces mines, dontoo ignore l'emplacement exact, se trouvent en effet situées, comoi ^ ils le disent, dans le caza de Kalëdjik, il est fort probable qu*o ■ a dû renoncer à les exploiter parce que le défaut de routes cai^ rossables rendait les transports trop coûteux, si non impo^ sibles.
La même raison rend également impossible l'exploitât iov: souvent tentée, soit par le gouvernement, soit par des particu^ liers, des minesde cuivre de Kurré^ dans le caza d'Inéboli, ains^s que de celles de manganèse, de fer, de nickel,»de plomb argentifère, nombreuses dit-on, dans les autres sandjaks.
Quoiqu'il en soit, outre la mine de sel gemme de Kanghéri ' décrite plus loin au chapitre des salines, on ne connaît d'unes manière certaine l'existence d'autres mines dans le viiayet de*= Castamouni que celles dites à'Héradée. Ces mines de houille,^ qui peuvent être considérées comme la clef d'un vaste bassi jusqu'ici presque inexploré, sont exploitées par l'État pour le besoins de sa propre marine et de ses établissements industriels, * à l'exception de neuf gisements situés près de Kozlou. Il sera fait plus spécialement mention de ces neuf mines, concédées à M. P. M. Courtgi de Constantinople, au chapitre des mines du sandjak de Bolou.
L'exploitation des mines de houille dites A'Héraclée est dirigée par un colonel d'infanterie de marine résidant à Héraclée (Érèkli), oîi il est en même temps chef de la police faite par un détachement de soldats placé sous ses ordres. Les deux principaux centres de cette exploitation sont les villages de Kozlou et de Soungoul ou Zoungoul-dagh, situés tous deux au bord de la mer, le premier à 20 et l'autre à 36 kil. au nord-est d'Héraclée.
Kozlou, baigné à l'ouest par la mer Noire, est entouré de tous les côtés par une plaine d'une étendue considérable; la contrée est malsaine; le gouvernement fournit aux habitants, tous musulmans, do co petit village sans aucune autre impor-
422 VII.AYET DE CASTAMOUNI
nées par des mulets, qui transportent le charbon delà mine au rivage. Là, il est chargé sur des embarcations et conduit à bord des navires, qui sont obligés d'ancrer au loin, car la rade est peu sûre et les eaux, près du rivage, manquent de profondeur.
La direction des mines d'Héraclée a fait élever à Zoungoul dagh une assez vaste construction pour le logement des autorités. Cette maison, seule habitation passable du lieu, se compose d'un rez-de-chaussée en pierre et d'un étage en bois avec escalier extérieur.
Quoique plus active h Zoungoul-dagh, l'exploitation s'y fait suivant le même mode et aux mêmes conditions qu'à Kozlou. La situation des habitants de ces deux centres miniers est la même : ceux qui ne sont pas aux mines sont contrebandiers ou pêcheurs. Ils se nourrissent de viande de chèvre, de mouton, de poisson et de gibier; ils ne mangent point de viande de bœuf, réputée malsaine dans ces localités. On trouve difficilement chez eux du pain de farine de blé; l'usage du pays est de le faire avec la farine de maïs grossièrement moulue.
Cette situation, bien différente de celle des habitants des grands centres houillers d'Europe, ne saurait manquer de s'améliorer et de devenir très prospère, si les mines d'Héraclée étaient exploitées d'une façon plus régulière et plus large. D'un autre côté, les bénéfices de l'État, dans une pareille exploitation, devraient être très considérables, tandis qu'ils sont de peu d'importance malgré le peu de profit qu'il laisse aux cessionnaires des travaux. Il est à peu près certain que le bassin houillier, à peine attaqué actuellement sur les deux points du littoral susîndiqués, s'étend fort avant dans l'intérieur de ce pays tout couvert de forêts. Cependant l'exploitation de ces riches mines est si étroitement bornée qu'elle ne suffit que pour une partie des besoins de la marine et des établissements industriels de l'État, tributaire de l'Angleterre pour des quantités énormes de charbon, chaque année. Or le charbon des mines d'Héraclée est bien peu inférieur en qualité au charbon anglais.
Voici en effet ce qu'on lisait déjà à ce sujet en 1867 dans une publication officielle du gouvernement :
« M. le D' VéroUot, ancien médecin de l'hôpital français de Péra, a fait l'analyse de la houille d'Érékli comparée à la houille anglaise; elle donne :
HOUILLE d'ÉRÉKLI HOUILLE ANGLAISE
Coke 6,026 5,819
Matières volatiles . . . 3,090 4,039
Cendres 0,694 4,094
Pyrites 0,094 traces
« Un gramme do carbone pur élève de 1* du thermomètre centigrade 7 gr. 815 d'eau; soit 100 = 10/10 es;
Un gramme de houille anglaise élève de 1*" 6 gr. 187 d'eau ; soit 0,79 = 8/10 es;
Un gramme de houille d'Érékli élève de T 5 gr. 117 d'eau; soit 0,69 = 7/10 es. »
Il n'est que juste toutefois d'ajouter que les premiers frais à faire pour rendre exploitable, ailleurs que sur le littoral, le bassin houillier d'Héraclée, seraientcertainement considérables. Le principal obstacle à surmonter consiste dans le manque absolu de voies de communication et de moyens de transport, qu'il faudrait d'abord créer, afin de pouvoir faire circuler économiquement les produits des mines à travers de profonds ravins et d'épaisses forêts. On en jugera par le fait suivant :
Lors de la guerre de Crimée, des vaisseaux anglais étant venus charger du charbon à Zoungoul-dagh, les officiers découvrirent un gisement carbonifère inexploité sur le flanc d'un monticule séparé de la mine par un ravin. Après en avoir extrait une quantité de houille évaluée à plusieurs milliers de tonnes, ils crurent pouvoir en effectuer le transport au moyen d'un pont jeté sur le ravin ; mais ils s'aperçurent bientôt qn'il leur faudrait aussi construire une route sans laquelle le transport du charbon au-delà du pont était impossible. Ils furent ainsi forcés d'abandonner là cet amas considérable de houille qu'on y voit encore, après 35 ans, gisant sous quelques centimètres de terre couverte de mousses et de fougères.
424 VILAYET DE CASTAMOUNI
Une autre mine de charbon découverte beaucoup plus avant dans Tinlérieur du pays, il y a environ trois ans, aux alentours de Kanghéri, a dû être abandonnée pour de pareilles causes, après des éludes et des essais de ses produits qui avaient donné d'excellents résultats.
De tels obstacles naturels aune exploitation plus large et plus régulière du vaste bassin houiller connu sous le nom de « mines d'Héraclée » font jusqu'à un certain point comprendre que le gouvernement se soit borné à l'exploitation, ainsi qu'elle est faite actuellement, des points situés aux bords de la mer et à proximité du port d'Érèkli. Les transports se font facilement et sans frais coûteux, par terre et par mer, entre Kozlou, Zoungoul-dagh et Héraclée.
Un groupe de capitalistes, représenté par un français, M. Meynier, avait, il y a quelque temps, demandé la concession des mines de houille d'Héraclée, moyennant le paiement d'une redevance annuelle au ministère de la marine. M. Meynier, après avoir obtenu l'autorisation de procéder à des études dont les résultats l'avaient encouragé, a cru pourtant devoir se retirer sans être parvenu à une entente définitive avec le gouvernement et la situation est demeurée la même.
Forêts. — La superficie des forêts du vilayet de Castamouni peut être estimée pour le moins au tiers de la superficie totale de ce vilayet, soit plus de 18,000 kil. carrés. Leur vaste étendue et leur épaisseur sont telles, surtout dans le sandjak de Bolou, qu'on leur a donné dans le pays le nom de Aghadjdétiiz ou K mer d'arbres. » Toutes les montagnes en sont entièrement couvertes. On cite principalement pour leur grande beauté celle de l'Ala-dagh. Cependant à peine la moitié de ces forêts sont exploitées, du moins d'une façon régulière, sous le contrôle de l'État, dont les agents perçoivent des droits proportionnés à l'importance des coupes autorisées et surveillées par eux.
Comme on le voit au tableau ci-contre, ce contrôle et celte surveillance de l'État ne sont pas exercés dans le sandjak de
Kanghéri. Les forêts de ce sandjak n'ont pas, il est vrai, autant d'importance que celle des sandjaksdc Castamouni et de Bolou, mais elles en ont toutefois assez pour fournir amplement aux besoins des habitants et à une exportation assez considérable dirigée sur Angora. Cesforêts sont situées dans lecaza deTcherkèch et autour de Kanghéri. Le peuplement des plus rapprochées du sandjak de Bolou se compose sui tout de chênes, de hêtres, de châtaigniers, d'ormes, de tilleuls, et les forêts qui s'étendent de l'ouest & l'est autour de la ville de Kanghéri sont presque exclusivement peuplées de diverses espèces de pins, sapins et autres conifères.
Le tableau ci-après montre les forêts exploitées par l'Etat dans les trois autres sandjaks du vilayet de Castamouni, leur nombre, leur étendue, leur importance et le montant des droits perçus :
Forêts exploitées par CEtal dans le vilayet de Castamouni :