‹ La Turquie en 1861Chapitre 26 sur 66 · balles · texte numérisé non relu

balles

Si l’on joint à ces 60,000 balles environ 6,000 balles provenant de Caramanie, Syrie et Chypre, on peut évaluer à 65,000 balles la quantité de garance apportée annuellement sur le marché de Smyrne (1). 11 est difficile de préciser le chiffre de la consommation locale.

Les prix moyens sur le marché de Smyrne sont :

1" qualité Bakir 230 piastres le quintal (44 ocques).

2' — Cuggek 240 — —

3» — Caramanie .... 225 — —

Les frais jusqu’à bord élèvent le prix d’achat de 7 à 8 pour 0/0, plus le droit d’exportation de 12 pour 0/0.

La garance de Caramanie, de Syrie et de Chypre est de qualité inférieure.

La production du territoire de Damas est de 200,000 ocques; la majeure partie est exportée par Beyrouth, qui

(1) Le port de Smyrne a expédié (1838) 187,603 quintaux d’alizaris, dont 690 seulement à destination des ports turcs.

1 er Bakir. . . .

2* Cuggek. . , 3' Yordes 4* Demisgek

en reçoit aussi de Chypre. La récolte de Chypre est de 350,000 ocques, que l’on vend à 800 piastres le kantar de 200 ocques.

La culture de la garance est lente et dispendieuse ; la racine de cette plante étant seule mise en usage, elle doit rester quatre ou cinq ans en terre après les semailles. On compte deux récoltes, celle d’été et celle d’hiver. Le mode de culture est de deux espèces : par semis et par plant. Ce dernier procédé est préféré, parce que les semis sont exposés aux ravages des sauterelles.

L’exportation des provinces ottomanes a donné :

France 224.991 209,241 90,123 72,100 182,447 166,027

Angleterre. . . 7,027,206 10,375,423 8,025,265 10,299,300 a a

Nerprun, djehri ou graine jaune (dite aussi graine d’Avignon) , rocou. — Le djehri sert à la teinture ; il donne une belle couleur jaune. L’arbuste qui le porte pousse dans les terrains arides. Le djehri est exporté principalement aux États-Unis, en Angleterre et en Autriche. La France reçoit très peu de cette graine ; elle a eu de ces articles divers :

Kil. Fr, Kil. Fr, Kil, Fr,

Noix de galle et vallonée. — La vallonée est l’écorce qui enveloppe le gland d’une espèce de chêne (chêne velani, quercus ægylops ), dont le fruit, plus grand que

celui des chênes d’Europe, contient une poussière noirâtre . La vallonée est employée, comme l’écorce du chêne, à la préparation et au tannage des cuirs, à cause du tannin qu’elle contient. On la trouve partout en Asie Mineure. On ne la ramasse que près des lieux d’embarquement ; le prix de vente ne compenserait pas les frais de transport. Les petites vallonées , désignées sous le nom de camatina, sont destinées à la teinture en noir. L’exportation a lieu principalement pour l’Angleterre , l’Autriche et la France.

FRANCE. Kil. Fr. Kil. Fr. Kil. Fr.

Noix de galle et

avelanèdes . . £43,753 536,256 267,736 589,017 555,665 1,278,030

ANGLETERRE

Noix de galle et

vallonée. . . . 23,637,520 8,417,125 19,528,804 6,734,700 » »

Opium. — Le pavot qui donne l’opium se sème au mois d’octobre ; à la fin de novembre, la plante, ayant déjà un demi-pied de hauteur, supporte aisément les froids de l’hiver ; le soleil du printemps la fait pousser rapidement, et elle arrive à 3a pleine maturité au mois de juillet. Après la floraison, on pratique une incision dans la tête du pavot, et on la laisse suinter pendant trente-six heures. La liqueur laiteuse qui eu découle, recueillie sur une large feuille de la plante, se coagule, puis se façonne en petits pains : c’est la forme sous laquelle elle paraît sur les marchés. Le pavot croît à l’état sauvage, mais il est soumis également à une culture réglée. Cette culture est très coûteuse ; on prétend que la plante est très épuisante et

appauvrit le sol. Quand les têtes de pavot sont sèches, on les brise pour recueillir la graine : une partie est réservée pour semence, une autre partie sert à la fabrication d’une huile consommée dans le pays, et le surplus s’expédie en France.

L’opium est acheté presque exclusivement sur la place de Smyrne. La première qualité, formant les trois quarts de la récolte, est fournie parles districts de Smyrne et d’Ouchok; la deuxième qualité, par les districts de Kutaich et Kara-Hissar. La production totale s’élève à 2,500 couffes de 100 tchékis de 781 grammes. La demande extraordinaire d’opium survenue à la suite de la révolte des Indes a encouragé la culture du pavot.

L’exportation de l’opium se fait principalement pour l’Angleterre, les États-Unis et la Chine ; une petite quantité est expédiée en France et en Allemagne. Le prix, qui était de 80 à 100 piastres le tchéki, s’est élevé à 180 et 200 piastres (1).

L’exportation a donné (2) :

France. . . . • Angleterre. • •

Kil. Fr. Kil. Fr. Kil. Fr.

Huile ou essence de roses. — Les rosiers qui portent les fleurs recherchées pour la fabrication de ces parfums sont cultivés en Europe, aux environs des villages qui s’élèvent au pied des Balkans.

(1) J. Jooris , rapports déjà cités.

(2) Smyrne a expédié aux Etats-Unis (1858) 425 caisses de 80 tchékis, valant 0,141,250 piastres.

L’exportation a donné :

France

Angleterre. . •

Kil.

Fr.

Kil.

Fr.

Kil.

Fr.

L’anis vert, le cumin, le safran, la réglisse , commencent à être exportés. — L’Angleterre a reçu (1858) 9,705kil. de safran, valant 689,550 fr. ; la France (1859), 140,092 kil. d’anisvert, valant 161,106 fr., et 599, 110 kil. de réglisse, valant 329,512 fr. Ces expéditions continuent. Plusieurs bateaux à vapeur de la Compagnie des Messageries impériales sont allés prendre à Scala-Nova, en 1860, des chargements de réglisse, à destination de Marseille.

Lin, chanvre, sésame, colza, ricin. — Les fils de lin et de chanvre sont consommés dans le pays. Les arsenaux militaires absorbent à eux seuls de 4 à 5 millions de kilog. de chanvre en fils.

La production des graines oléagineuses est commune à l’Europe et à l’Asie. Les provinces danubiennes fournissent le colza en abondance. Le sésame est cultivé partout. La France reçoit la plus grande partie des envois.

L’exportation a donné :

Kil. Fr.

France. . . 11,290,209 4,798,872 lied. Fr.

Angleterre. 13,357 340,550

Kil. Fr.

lie et. Fr.

Kil. Fr.

Arbres fruitiers. — Les arbres fruitiers sont très communs ; les espèces cultivées dans les vergers sont très variées. Nous citerons :

Le prunier, dont les fruits servent ù fabriquer une eau-de-vie faible et des gommes ;

Le figuier et l’amandier, qui alimentent une grande exportation de fruits secs ;

L’oranger, le citronnier, le grenadier, etc. ;

Enfin l’olivier, qui se trouve sur tout le littoral. L’exportation de la plupart des produits des arbres fruitiers a énormément diminué, principalement celle de l’huile d’olive. Le port de Smyrne'n’a pas expédié d’huile d’olive en 1858; sur la récolte de Mételin, Aivali et Adramati, qui a été de 225,000 quintaux,

6,600 quintaux ont été dirigés vers l’Europe. 113,400 — sur les ports turcs.

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