‹ La Turquie en 1861Chapitre 32 sur 66 · I.aine 4,000 ocques · texte numérisé non relu

I.aine 4,000 ocques

Tabac 30,000

Miel 10,000

Fromage 1,000

Soies 150

Elle exporte pour environ 500,000 piastres.

IledeThassos. — La population est de 7, 000 habitants, tous Grecs, divisés en neuf villages. L’île ne produit que

les grains nécessaires à la consommation locale ; les principales exportations sont :

Huile d'olive 200,000 ocques.

Miel 40,000

Matières résineuses 10,000

Cette ile appartient, à titre de propriété privée, aux descendants de Mehemet-Ali, pacha d’Égypte, auquel le Gouvernement turc fit présent de Thassos, voisine deCavalla, lieu de sa naissance.

On ne retrouve aucune trace des mines d’or qui , d’après l’histoire , étaient très productives dans l’antiquité.

Salonique. — Ce port est le centre du commerce de la Macédoine , de la Thessalie , de la Bulgarie , de la haute et basse Albanie et de l’Épire. Il occupe une des premières places dans les importations et les exportations de l’empire ottoman. Nous n’avons pu nous procurer aucun renseignement suffisamment exact sur le mouvement commercial et maritime du port de Salonique.

Volo. — Le districtde Volo contient 75, OOO habitants, qui résident en grande partie dans les 24 villages du mont Pélion.

L’agriculture est très arriérée; l’insouciance des cultivateurs repousse les progrès et laisse stériles les terres fertiles qu’ils pourraient féconder.

Le sommet du mont Pélion est couvert de chênes et

de hêtres; la partie Est possède beaucoup de châtaigniers.

Le mûrier vient très bien ; il permet l’élève des vers à soie, qui est assez négligé.

Le cotonnier est peu cultivé , quoique le sol soit favorable ; les habitants paraissent peu disposés à s’adonner à cette culture.

Les troupeaux nombreux qui paissent sur les montagnes donnent des laines de moutons et des poils de chèvres; les peaux sont généralement exportées en Allemagne.

Le mont Pélion renferme des mines de plomb argentifère, de cuivre, de fer, de manganèse et d’arsenic. On prétend qu’une compagnie anglaise réunit les capitaux nécessaires pour une grande exploitation.

Volo, le seul port de la Thessalie, est l’entrepôt du commerce de la province. La rade, sûre, très vaste, peut être classée au premier rang. La navigation est faite presqu’en totalité parles bateaux à vapeur français de la compagnie des Messageries impériales et les bateaux autrichiens du Lloyd.

Commerce de Volo en 1858 :

IMPORTATION

tonne*. fr.

Sel 20,000 700,000 (de Sicile).

Savon 75 49,000 (de Candie).

March. diverses . . » 2,500,000 (divers pays).

EXPORTATION

Tonnes.

Fr.

Destination.

Laines

France et Trieste.

Tabac

f Constantinople, Smyrne, 1 Salonique, Alexandrie.

Cocons de vers à soie

France.

Huile d’olive . . . .

f Constantinople, Smyrne, C Salonique.

Hectolitres.

Froment

; Angleterre, France,

Orge

1 Trieste.

Sésame

Trieste.

March. diverses . .

diverses.

Albanie. Scutari . — On importe des cotons filés, des tissus de laine et de coton, des fez, des velours, des denrées coloniales, des métaux bruts et ouvrés, des peaux, des savons, etc.

On a exporté (1857) 714,000 kil. de laine, G, 500 kil. de soie, des peaux de moutons, d’agneaux, de lièvres, de l’huile , de la cire , des graines de lin, etc.

Le mouvement commercial a donné (1857) :

Importations (1) 3,151,000 fr.

Exportations 3,261 ,000

En 1856, le mouvement total n’avait été que de 4,951,000 francs.

(1) La France n'a importé que pour 30,000 fr. environ.

Durazzo. — Ce port a surtout de l’activité lorsque l’Europe a besoin des céréales étrangères. Il exporte beaucoup de maïs. Nous n’avons pas pu trouver le chiffre de son commerce ; nous constaterons seulement que du 26 mai au 25 novembre 1858 la navigation a représenté :

Entrées 530 nav. 28,390 tx.

Sorties 529 28,190

Bosnie. — La province de Bosnie est coupée par plusieurs chaînes de montagnes; le climat est humide, les variations de la température sont peu favorables à la culture.

Les forêts et les mines méritent d’attirer l’attention des capitalistes. Plusieurs forêts ont déjà été exploitées avantageusement par des Autrichiens et des Français. Le Gouvernement ottoman perçoit sur les bois un droit de 10 O/O qu’on peut payer en nature. L'exploitation actuelle, faite sans soins, sans surveillance, amènera promptement à un déboisement complet si le Gouvernement ne prend pas des mesures protectrices de cette ressource précieuse qu’il devrait s’efforcer de conserver. Le commerce des bois de Bosnie a lieu par la Save. Les pins, les sycomores, les hêtres, couvrent encore des étendues considérables.

Les mines sont nombreuses, mais elles sont peu exploitées ; les difficultés des transports à l’intérieur, ajoutées aux droits d’exportation de 12 O/O de province à province, s’opposeront à la création des exploi-

talions minières, tant que la législation ne sera pas modifiée.

Les mines sont situées :

Fer, àKreshovo, Ossojé, Babgaravan, Foinitza, Bussovatz, Varesh, Slari, Maidan, Borrovitzo. Le fer de Bosnie est excellent, il ressemble aux meilleures qualités de la Suède; il est expédié en Styrie, en Dalmatie et en Serbie. ♦

Plomb, à Olovo, Kladem, Shedni, Kreshovo. On expédie quelques lots en Autriche.

Cuivre, à Kreshovo, Foinitza. Le minerai est très riche, il contient 35 O/O de cuivre pur; avec des procédés plus perfectionnés, on augmenterait facilement le rendement de 8 à 10 O/O. 11 est exporté en Autriche et en Roumélie.

Mercure, à Inact, Kreshovo.

Zinc , à Kreshovo. Il existe en quantité.

Arsenic, à Kreshovo, Ivitza. Il est très abondant, mais son prix devient excessif parles frais de transport.

La Save est navigable jusqu’à Sirzek pour les navires qui ne tirent que 5 pieds 1 / 2 d’eau. Les bateaux à vapeur autrichiens vont deux fois par semaine de Semlin à Sirzek. Les autres rivières de la Bosnie ne peuvent pas être considérées comme navigables.

Le commerce de la Bosnie a été (1858) :

Importations 10,786,430 fr.

Exportations 11,776,330

Herzégovine. — L’Herzegovine jouit d’un climat égal

et tempéré ; les brises de l’Adriatique modèrent la cha-

leur de l’été. Le maïs est la principale ressource des paysans. Les prunes séchées sont un revenu important de la partie N. On fabrique avec ces prunes une eaude-vie dont une partie est vendue au dehors. Presque tous les fruits sont expédiés à Trieste, et de là aux États-Unis et au Brésil.

Les laines de Bosnie et d’Herzegovine vont aussi à Trieste.

Varna et Kustendjé. — Varna exporte des blés durs et tendres, de l’orge, de l’avoine, du maïs, du suif, des laines en suint, du bétail, du bois à brûler, du charbon de bois et des bois de construction ; l’importation se compose de manufactures, de café, de sucre, de fer, de clous et de sel.

Le mouvement commercial a été :

IMPORTATION

EXPORTATION

7,099,000 fr.

7,764,000 fr,

En 1859 le mouvement maritime a été, voiles et vapeur réunies, de 6-10 navires, jaugeant 187,811 tonneaux, sur lesquels la marine à vapeur figure pour 313 navires et 131,965 tonneaux.

Le chemin de fer de Kustendjé à Tchernavoda (Danube) ayant été ouvert à la circulation le d octobre 1860, le port de Kustendjé recevra désormais des produits du Danube et privera Varna du mouvement que lui procuraient les foires qui se tiennent deux fois par an à Karassou.

Une compagnie hollando-belge a obtenu la concession d’un chemin de fer entre Varna et Roustchouk (Danube). Cette ligne ne parait pas devoir être commencée de longtemps; elle serait cependant très productive; elle enlèverait au chemin de Kustendjé presque toutes les marchandises du haut Danube, et elle aurait en outre un trafic important sur son parcours.

Trébizonde. — Tréhizonde est la ville la plus commerçante de l’empire ottoman, après Constantinople; indépendamment de son mouvement propre, elle a une large part du transit de l’Europe avec la Perse.

On exporte des soies, du tabac, des noisettes, du buis, du maïs, des cires, des peaux, des raisins de Perse à destination d’Angleterre et de Trieste.

L’importation à destination de la Perse comprend beaucoup de sucres raffinés anglais ; la Belgique et la Hollande commencent à en expédier; la France en envoie, mais ses expéditions restent faibles parce que les fabricants français négligent de se conformer aux poids et dimensions des pains de sucre usités dans le pays.

La Belgique fournit des papiers et des armes, la Russie du fer, l’Angleterre les deux tiers des tissus. L’Angleterre importe seule le coton filé et la houille ; c’est elle qui vend la moitié des sucres et des fers de qualité inférieure.

La France envoie 20 0/0 des sucres, 50 0/0 des papiers, des épices, des articles de Paris, de la quincaillerie, et quelques tissus de soie. Si nos raffineurs adoptaient les formes et poids de pains de sucre qui sont demandés en Perse, il est évident que Marseille aurait

le monopole de ce commerce, qui est considérable. La facilité des communications, qui sont établies par les bateaux des Messageries impériales entre Marseille et Trébizonde, donne aux sucres raffinés français une économie de temps et de frais contre lesquels les produits de l’Angleterre , de la Belgique et de la Hollande ne pourraient pas lutter.

Les qualités demandées sont :

1° Sucre blanc, sec et'proprement cristallisé ;

2* Forme effilée, en pains assortis du poids de 3 et de 5 kilogram.;

3° Papier bleu clair, bien propre et fin, avec ficelle convenable ;

4° Enveloppe autant que possible d’une seule feuille de papier, comme le genre anglais, qu’il faut copier;

5° Emballage en barriques de 300 à 350 kil. pour la consommation locale, et encaisses de 100 kil. brut, bien propres et bien cerclées, que les Persans et les Géorgiens préfèrent à cause de la facilité qu’elles offrent pour le transport par terre : on charge deux caisses sur un cheval, qui porte ainsi commodément 200 kil. en deux caisses.

11 existe des mines de cuivre dans la province de Trébizonde. Ces mines, placées sous la direction immédiate du Gouvernement, sont abandonnées, ou si mal exploitées qu’elles ne produisent rien. Elles sont situées à 150 et 200 kil. S. 0. de Trébizonde , à 25 ou 30 kil. de la mer, et voisines de deux bonnes rades, Elléou et Tripoli.

La seule mine que l’on puisse considérer comme exploitée est celle de Isseli-Maden. Lorsque les pachas gou-

verneurs payaient une redevance fixe à la Porte et percevaient les impôts, cette mine produisait annuellement 200,000 ocques de cuivre de 2 e fusion, contenant de 60 à 80 pour 0/0 de cuivre pur. Depuis que les revenus appartiennent directement à la Porte, c’est-à-dire depuis l’organisation dû Tanzimat, les quantités extraites diminuent chaque année, ainsi que le rendement du minerai. Actuellement on n’extrait plus que 60,000 ocques, d’une richesse de 40 à 50 pour 0/0. L’exploitation est dirigée sans intelligence pratique, et tout contribue à transformer en charge pour le Gouvernement une exploitation qui devrait lui donner de beaux revenus.

Les autres mines de cuivre sont :

Carakaya, qui produirait 50,000 ocques ; elle n’est pas exploitée ;

Cararek, non exploitée;

Agalek, qui produit 20,000 ocques;

Lahanas, qui produit 40 à 50,000 ocques;

Les deux Kirlick et Kesel-Kaya, toutes les trois non exploitées.

Ces mines, qui fourniraient beaucoup de cuivre, n’ont exporté que 180,000 kil. en 1858, et 1 7,000kil. en 1859.

C’est par Trébizonde que nous recevons les cocons et les soies de Perse. Le mouvement commercial de ce port a donné :

fr.

Importations. . . 82,335,580

Exportations. . . 37,083,350

fr. fr.

(1) 2,292,700 fr. en transit pour la Perse.

(2) 799,550 fr. eu transit de Perse.

Le chiffre des importations s’accroît par la facilité des rapports avec les autres pays. Les Messageries impériales ont organisé, depuis le 1 er juillet 1857, un service régulier qui met chaque semaine Trébizonde en correspondance avec les provinces ottomanes d’Europe et d’Asie, le Danube et les services des bateaiix à vapeur qui desservent l’Europe. La Russie a organisé aussi (1858) un service partant d’Odessa; enfin, en 1859, une ligne mensuelle à vapeur a été établie de Liverpool directement.

On remarquera que les importations sont toujours beaucoup plus élevées que les exportations ; cette différence exige une explication. Le Kurdistan reçoit une grande partie de ses approvisionnements européens par Trébizonde et Erzeroum, mais il paye en bétail dirigé par terre sur Constantinople. On calcule qu’il envoie ainsi chaque année 400,000 moutons, 6,000 bœufs et 2,500 à 3,000 chevaux.

Le mouvement maritime du port de Trébizonde a été en 1859, voiles et vapeurs réunis :

Navires entrés 371 147,422 tx.

— sortis 365 146,432

Erzeroum. — Le commerce de cette ville grandit par les mêmes causes qui font prospérer celui de Trébizonde, qui est son véritable port. En 1857 (1" mars 1857 au 28 février 1858), l’importation, transit compris, a représenté 49,884,000 fr., et l’exportation 39,996,000 fr. Sur ce total de 89,880,000 fr., Erzeroum ne figure, à

proprement parler, que pour 8,260,000 fr. ; le reste est pour la Perse et les provinces transcaucasiennes.

Erzeroum expédie des soies grèges de Perse, des laines et peaux de son territoire, des peaux brutes provenant de l’Arménie russe, des cires, des noix de galle et de la gomme adragante du Kurdistan. Il n’y a pas d’industrie dans le pays ; il exporte des matières premières et reçoit les objets manufacturés dont il a besoin.

Kërassunde. — Ce port prend de l’importance depuis que les bateaux à vapeur des Messageries impériales, du Lloyd autrichien et des services ottomans du Zarap Hané et de l’Arsenal y touchent en se rendant à Trébizonde. On y importe des objets manufacturés, du blé, de l’orge, du fer, du café, du sucre et du savon; on exporte des noisettes, des noix, des légumes, du riz et des peaux de chèvre.

Samsoun. — Les marchandises qui sont débarquées à Samsoun sont dirigées de là sur Amasie, Sivas, Tokat, Diarbekir, Césarée, Kara-Issar, Mossoul et Gurur. L’exportation provient des mêmes points.

On introduit principalement des objets manufacturés. 3/4 sont fournis par l’Angleterre et i /4 par la France et la Suisse. Après les objets manufacturés viennent les fers bruts ou ouvrés, le sel, le café, le sucre, etc.; Samsoun livre en échange du blé, de l’orge, du tabac, du cuivre brut, des cocons, des soies, de la farine et des graines jaunes.

Le commerce s’effectue par les bateaux à vapeur des

lignes de Trébizonde à Constantinople; il a été (1858) :

IMPORTATION (l). EXPORTATION.

Msrch»ndisej. Numéraire. Marchandises. Numéraire.

13,633,076 fr. 13,331,431 fr.

A ce total de 28,984,507 fr. il faut ajouter le mouvement par navires à voiles, qui a été de 567,650, dont 415,450 à l’importation. Les escales fréquentes des services à vapeur augmentent chaque année l’importance du port de Samsoun.

Le Gouvernement ottoman a accordé en 1857, à une compagnie anglaise, la concession d’un chemin de fer de Samsoun à Sivas, avec garantie d’intérêt de 7 pour 0/0. Les concessionnaires ont essayé de former en Angleterre une compagnie qui paraît ne pas avoir réussi. Le chemin de fer est encore à l’état de projet, et sa construction paraît peu probable.

Sinope. — Une partie de l’activité qui appartenait à Sinope s’est détournée sur Iéniboli, qui prend le mouvement de l’intérieur. L’importation et l’exportation se composent des objets que nous avons déjà indiqués en parlant des autres ports de la mer Noire.

Brousse. — Le commerce de cette province a lieu par les ports d’Ismid (Nicomédie)etde Guemelek, situés dans la mer de Marmara. Il acquiert chaque année une extension plus marquée.

(1) En 1833, l'importation était de 20,921,775 fr., et en 1856, de 35,732,123 fr. »

Voici le relevé des importations et des exportations de la province de Brousse pendant l’année 1859 (1) :

IMPORTATION

Manufactures de coton

Piastres 25,000,000

— de laine , etc

Coton filé anglais

Fer brut et ouvré

Quincaillerie

Armes

Vitres et verrerie

Sucre , café, drogueries, bois de teint.

Etoffes en soie

Habits confectionnés

Médicinales

Total des importations . . .

EXPORTATION

Soie grége filature ocques 145/m. à P. 620 ... •

Piastres

Soie à l'usage du pays ocques 16/ m. à p. 450

Cocons en nature quilés 210/m. à

Craines de vers à soie ocques 2/m. à

Frisons ocques 12/m. à p. 45

Cocons percés ocques 5/m. à p. 40. .

Doppions fil. ocques 4/m. à p. 200 . .

Laine ocques 70/m. àp. 15

Coton ocques 10/m. à p. 15

Opium ocques 4/m. à p. 300

Chromate de fer

Vins et esprit-de-vin

Peaux salées

Ecume de mer

Olives salées

Total des exportations

(1) Extrait du Journal de Constantinople , 0 mars 1860.

En comparant le total des importations et des exportations de celte province pendant l’année 1859 à celui de l’année 1858, on sera frappé du mouvement et des progrès commerciaux et industriels développés sans le secours d’aucun établissement de crédit régulièrement organisé. Ainsi , si nous consultons les statistiques commerciales de l’année qui a précédé» nous voyons que, pour l’année 1858, le total des importations s’élève à piastres 57,600,000, et celui des exportations à piastres 125,760,000, tandis que les importations atteignent en 1859 le chiffre de 63,400,000, et les exportations celui de 170,590,000. C’est une augmentation de 5,800,000 pour les importations, et de 44,830,000 pour les exportations en faveur de l’année 1859.

La crise commerciale de 1857, qui avait fait sentir ses funestes effets sur cette place, avait arrêté pour quelque temps le progrès industriel de la province : on voit quelle impulsion nouvelle il a reçue dans la période qui vient de s’écouler.

Si l’on compare les principaux chapitres du tableau de 1859 ii ceux de 1858, on trouve qu’en 1858 la soie grége des filatures est comprise pour 80,000 ocques ù. piastres 550, et représente un mouvement d’affaires de piastres 44 millions, tandis qu’en 1 859 la soie grége des filatures est comprise pour 145,000 ocques à piastres 620, et représente un mouvement d’affaires de piastres 89,900,000.

C’est sur cet article que porte l’augmentation de 45 millions de piastres environ qui figure au relevé des exportations de 1859 dans le tableau ci-dessus.

Les filatures à vapeur, depuis quatorze ans, ont fait des progrès remarquables, et leur nombre va en augmentant annuellement. Aujourd’hui, on compte dans la ville de Brousse et dans les diverses localités de la province 96 établissements, qui donnent un total de 4248 tours. Comme conséquence de cette révolution industrielle , les soies du pays, suivant les anciens systèmes de fabrication, deviennent de plus en plus rares, telles que les Sellé, les Demirdesh, Mestup L. G., etc., etc.; et nous croyons que dans peu d’années elles seront complètement remplacées par celles des filatures à vapeur. Les statistiques de la province depuis 1850 nous font voir année par année la marche constante de cette industrie. L’augmentation que nous signalons plus haut pour 1859 est caractéristique.

La récolte des cocons de la campagne passée a été assez abondante etla qualité supérieure ; les craintes relatives à l’invasion de la maladie des vers à soie, comme en Espagne, en Italie et en France, se sont entièrement évanouies.

L’augmentation de 6 millions environ de piastres dans le relevé des importations est due pour une grande partie au chapitre des cotons de manufacture anglaise.

Nous ferons une dernière remarque en ce qui concerne la grande différence des exportations sur les importations.

En 1858, les importations se sont élevées à piastres 57,600,000, les exportations à piastres 125,760,000 ; balance en faveur des exportations, 68,160,000.

En 1859, les importations se sont élevées à piastres 63,400,000, les exportations à piastres 170,590,000 : balance en faveur des exportations, 107,190,000.

Ile d’Imbro. — La population est de 6,000 habitants.

répartis en six villages. La culture y

est assez soignée ,

les pâturages nourrissent 30,000 moutons et chèvres. Le climat est malsain. Elle ne possède aucun navire ; le trafic est fait par des bateaux d’un assez fort ton-

nage.

La production moyenne est :

Froment

50,000 quilés.

Orge

Sarrasin

Sésame

Légumes secs

Laine

30,000 ocques.

Soie

Beurre et fromage

Tabac

Miel

Cire

On exporte de ces produits environ fr. 300,000. L’im-

portation est :

Manufactures

11,250 fr.

Fer pour l'agriculture

Cuira

Café , sucre , etc

Ile de Lemnos. — La population est de 24,000 habi-

tants, dont 21,000 Grecs et 3000 Turcs, répartis en 36 villages. Ils s’occupent d’agriculture.

Le produit annuel de l’île est environ de :

Orge 200,000 quilés.

Froment . . . 50,000

Froment et orge mélangés 40,000

Sésame 10,000

Légumes secs 7,000

Fromages 100,000 ocques.

Laine 40,000

Vin 550,000

Les habitants ne se livrent pas à la pêche des éponges, quoiqu’elles soient très abpndantes sur les côtes.

L’île exporte en produits agricoles environ 375,000 fr. On importe d’Europe du café, du sucre et des manufactures pour 225,000 fr.

Elle possède 30 navires de 100 à 300 tonneaux, 20 schooners de 100 tonneaux, et quelques bateaux d’un tonnage moindre. Le commerce est en progrès, quoique aucun service à vapeur ne fasse escale à Lemnos.

Ile de Ténëdos. — Cette île, à 12 milles de l’entrée des Dardanelles, est le point de relâche des navires qui franchissent le détroit. Elle compte 4,500 habitants, sur lesquels 3,000 Grecs.

Le principal produit est le vin ; les céréales ne suffisent pas à la population.

Elle possède 10 navires de 100 à 150 tonneaux, et 36 d’un tonnage moindre.

On importe annuellement environ :

Café 1 7,500 fr.

Sucre 22,500

Rhum 6,250

Fer . 2,500

Tabac 50,000

Froment et orge 75,000

Manufactures (principal, anglaises) . 37,500

Articles divers 63,750

275,000 fr.

On exporte :

Vins 625,000 fr.

Raki 37,500

662,500 fr.

Ile d’Ipsara. — La population est de 2,000 habitants.

L’Ile n’a sous pavillon turc que 60 bateaux jaugeant ensemble 1,500 tonneaux; mais 40 grands navires, construits à Syra, naviguent sous pavillon grec, montés par des Ipsariotes. Le commerce particulier à la localité est presque nul.

Ile de Chio. — La population est de 60,000 habitants, dont 57,000 Grecs. Elle est laborieuse, intelligente, économe et honnête; elle se livre à l’industrie, à l’agriculture, au commerce et à la navigation. Les premiers négociants des ports turcs sont généralement Chiotes ; les Grecs les plus riches établis en Europe sont originaires de cette île.

Les principaux produits sont: le mastic (1), les oranges, les citrons, les amandes , la soie , les céréales, les légumes secs, l’huile, le vin, le colon et les fruits. Les alizaris, introduits en 1853, ont parfaitement réussi; dans quelques années ces racines seront une des ressources les plus importantes du commerce local.

Il existe à Chio des tanneries qui sont approvisionnées avec des cuirs venant de Buenos-Ayres et d'Égypte. Ces établissements exportent leurs produits et sont prospères.

Les négociants de Chio ne s’adonnent pas seulement au commerce d’exportation et d’importation ; ils arment des navires qui naviguent entre les ports étrangers soit en opérant, soit par voie d’affrètement.

Deux compagnies d’assurances maritimes sont établies à Chio. Leur capital a été formé par des actions souscrites par les négociants eux-mêmes. On évalue à 50 millions de piastres les risques qu’elles couvrent annuellement.

Le commerce est en progrès. Le tableau suivant indique le mouvement de cette lie :

IMPORTATION

EXPORTATION

120 navires de 150 à 200 tonneaux appartiennent à

(1) Le mastic est une espèce de gomme produite par l'arbre qui porte ce nom.

Chio, qui a aussi quelques bâtiments d’un plus fort tonnage, construits à Syra, naviguant sous pavillon grec.

Smyrne. — C’est le grand port de l’Asie Mineure sur la Méditerranée. Les renseignements que nous avons fournis en parlant du commerce général nous dispensent d’entrer dans de nouveaux détails.

Une compagnie anglaise a obtenu la concession d’un chemin de fer de Smyrne à Aïdin. Les travaux commencés ont été promptement arrêtés faute de fonds. Si le Gouvernement ottoman n’avait pas apporté à l’égard de cette compagnie les plus grands ménagements, elle aurait été expropriée.

En 1858 le mouvement commercial a été (1) :

IMPORTATIONS

EXPORTATIONS

Piastres.

Piastres.

Amérique

Angleterre

Malte

Autriche

Belgique

France

Grèce

Hollande

Russie

Comprise dai.s le cbiEfte des poste taies de la mer Noire.

Sardaigne

Toscane

Etats divers ....

Ports turcs ....

(1) C. Zalloni , Tableaux statistiques du commerce de Smyrne, [publiés à Smyrne.

Le mouvement maritime, voiles et vapeurs réunis, a donné :

Navires. Tonneaux

Entrées 1,762 490,274

Sorties 1,702 480,824

Ile de Patmos. — La population est de 3,500 habi-

tants, parmi lesquels on compte 500 bons marins naviguant sur les navires de Plie ou des pays voisins. L’ile possède quarante navires de 250 tonneaux et au-dessous. Quelques-uns ont été construits à Patmos.

Le pays produit à peine pour sa consommation ; il importe en produits divers environ 310,875 fr.

Les côtes de Patmos ont toujours été le théâtre des actes de piraterie qui ont été commis dans l’Archipel. Les baies nombreuses, les mouillages sûrs, les criques, offrent des points de refuge ou d’embuscade que les écumeurs de mer savent utiliser. Les habitants de Patmos et des lies voisines, presque tous bergers , sont les amis, les associés des pirates ; ils cachent leurs armes et leurs munitions lorsqu’ils sont. poursuivis; ils sont leurs auxiliaires sur terre, se mettent en vigie sur les hauteurs, et signalent l’approche des croiseurs de guerre. Les pirates appartiennent généralement à l’ile de Samos ; ils vendent les objets qui proviennent de leurs rapines à Léros, Calamino et Amorgo, où ils achètent leurs provisions et leurs munitions. La marine française est parvenue, sinon à supprimer, du moins à rendre beaucoup plus rare le pillage des navires du commerce ; mais si la

surveillance cessait d’être exercée, la piraterie reparaîtrait de suite.

Ile de Léros. — Cette île est fertile et bien cultivée. Elle compte 5,000 habitants, tous Grecs. Sa production moyenne est de :

Froment 25,000 quilés.

Vins 15,000 ocques.

Figues 4,000 kantars.

Raisins 5,000 —

Huile 20,000 ocques.

La valeur de ces récoltes est de 287,500 fr., sur lesquels 37,500 fr. sont exportés. On importe des manufactures, du sucre, du café, etc., pour un million de francs environ.

La pêche des éponges pratiquée sur la côte donne lieu à une certaine exportation.

Ile de Calamino. — La population est de 5,500 habitants. .C’est le point où la pêche des éponges est faite sur la plus large échelle; on évalue à 625,000 fr. le montant de cette exportation. L’île ne produit que ce qui est nécessaire aux besoins de la population. Au commencement de ce siècle, Calamino construisait beaucoup de navires ; la défense d’exporter les bois d’Anatolie a fait disparaître cette industrie. On évalue à 260 le nombre des bateaux pêcheurs d’éponges appartenant à Calamino. Un certain nombre, transporté sur de grands navires , va pêcher sur les côtes de Candie, de Syrie et de Barbarie. Les produits de la pêche sont divisés en parts : les

plongeurs ont part entière, les rameurs deux tiers de part. Le plongeur se précipite dans l’eau, la tête la première, ayant avec lui une pierre triangulaire , dont un des angles reçoit une corde assez forte ; cette pierre accélère sa descente ; arrivé au fond, il arrache les éponges des rochers auxquels elles sont adhérentes, puis il tire sur la corde, et les rameurs le hissent hors de l’eau avec les éponges dont il a pu s’emparer. Un bon plongeur explore le fond huit à dix fois par jour. L’éponge (qui est un être animé) est couverte d’une enveloppe noire, légère, souple, qui contient un liquide assez semblable au lait, et qui a la même consistance. L’éponge, en cet état, a une apparence toute différente de celle qu’elle acquiert lorsqu’elle est dégagée de ces substances étrangères.

Ile de Cos. — Elle contient 8,000 habitants; deux tiers sont Grecs, un tiers Turcs et Juifs. Le sol est remarquablement fertile. La population ne s’adonne qu’à l’agriculture, qui est bien soignée et qui alimente une exportation approximative de :

Raisins 7,000 kantars.

Citrons 6,000,000 —

Vins Presque pas.

Laines 150 kantars.

Oignons 2,000 —

Sésame 4,000 quilés.

Amandes 1 ,000 —

Sel 30,000 à 40,000 —

Orge 00,000 à 100,000 —

Froment 40,000 —

is

La valeur de l’exportation annuelle de ces articles est d’environ 750,000 fr.

On importe des manufactures d’Angleterre et de France, du sucre, du café, du fer. etc.; le chiffre des marchandises introduites n’est pas connu.

Ile de Nisari. — On compte 3,500 habitants , tous Grecs; ils sont cultivateurs pour la plupart; quelquesuns montent les bateaux du pays , sans se livrer à la pêche des éponges. Ils ont construit en 1858, pour la première fois, deux schooners de 100 et 150 tonneaux.

L’ile produit :

Vin 200,000 ocques.

Vallonée 2,000 kantars.

Orge 3,600 quilés.

Amandes 2,000 —

Raki 100,000 ocques.

A l’exception de l’orge, presque tout est exporté à Constantinople, et représente à peu près 250,000 fr.

Depuis quelques années, on expédie la vallonée directement en Angleterre.

Ile de Stampalia. — L’agriculture est abandonnée; le sol, quoique très fertile, ne suffit pas à nourrir les habitants ; ils ne s’occupent que de la pêche des éponges, qu’ils vendent pour l’exportation.

Ile de Scarpento. — Elle compte 7,000 habitants,

tous Grecs. La production est consommée sur les lieux ; nie n’a pas de commerce extérieur, elle n’importe que quelques objets achetés à Rhodes.

Ile de Cassos. — La population est de 5,000 habitants, tous Grecs. On y construit beaucoup de navires, dont la construction donne lieu à une importation assez considérable de produits anglais achetés à Syra, tels que cordages, ancres, chaînes, etc. L’importation représente annuellement 3,370,000 piastres. Les produits de l’ile sont très peu exportés.

Ile de Candie. — Le principal commerce de cette ile (ancienne Crète) s’effectue par les ports de la Canée, de Candie et de Retimo. Les provinces ottomanes viennent en première ligne; ensuite, selon leur rang d’importance, la Grèce, l’Autriche, la France et l’Angleterre. Le commerce dit de la Grèce se fait avec Syra, qui est un entrepôt; ces opérations comprennent ainsi, sous leur dénomination nationale, des affaires appartenant en réalité à d’autres pays; c’est ce qui les place avant les échanges avec les autres contrées.

Candie importe de l’acier, du fer, des clous, du coton en fil, du café, du sucre, des peaux tannées, des draps, des porcelaines, de la quincaillerie, etc. ; elle exporte des amandes, de la cire, des éponges, de la graine de lin, de l’huile, des laines, des oranges, des citrons, des raisins, des peaux d’agneaux, du savon et de la soie.

Les échanges sont en voie d’augmentation sensible ; les bateaux du Lloyd autrichien, et ceux des services ottomans, font escale dans l’tle. La Compagnie russe de

navigation et de commerce vient d’organiser un service direct mensuel partant de Syra.

Le mouvement commercial a été :

Importations.

Exportations.

L’année 1857 se

répartit :

Importations.

Exportations.

fr.

La Canée

Candie .

Retimo .

Les transports maritimes ont pris une grande exten sion ; ils donnent, entrées et sorties réunies :

La Canée.

Candie.

Navires. Tonneaux.

Navires. Tonneaux.

Le tonnage a considérablement augmenté pendant que le nombre des navires employés diminuait.

La Compagnie russe de navigation à vapeur et de commerce a établi, en 1860, un service mensuel entre Syra et La Canée.

Ile de Halki. — Cette lie compte 2,000 habitants ; ils ne s’occupent que de la pêche des éponges, qui a doublé depuis dix ans. L’exportation des produits de cette pêche est actuellement de 200,000 fr. ; l’importation est de 260,000 piastres environ; les marchandises viennent de Rhodes.

Ile de Symia. — Les Symiotes sont entreprenants, bons marins, ils ont l’esprit très porté au commerce. Du mois de mai au mois de septembre, toute la population mâle valide pêche les éponges, qui utilisent 160 bateaux. Durant l’hiver, ces hommes s’engagent comme matelots sur des navires marchands. Les négociants symiotes vont à Marseille et Trieste faire leurs affaires sur leurs navires et vendre leurs éponges ; ils possèdent 18 bâtiments de 100 à 300 tonneaux. L’exportation des éponges rapporte à peu près 373,000 fr. par an.

L’importation s’élève à 723,000 fr.

Ile de Rhodes. — La population de l’Ile est de 30,000habitants, répartis: Grecs, 20,600; Turcs, 7,000; Juifs, 2,000; Européens, 400. Les Rhodienssont loin d’avoir le caractère actif et entreprenant des autres insulaires de l’Archipel; la marine est une carrière qui ne leur plaît pas.

Le sol est fertile, la culture facile, les produits très

variés. Les forêts, qui étaient nombreuses, disparaissent peu à peu. Celles qui existent encore contiennent des pins, des caroubiers, des chênes velani qui produisent la vallonée en abondance; le mûrier se développe admirablement, les oliviers sauvages couvrent une superficie très étendue; s’ils étaient greffés, ils donneraient des fruits de la meilleure qualité.

La société anglaise The Manchester collon supply association a envoyé à Rhodes, au commencement de 1858, des graines de cotonnier des espèces les plus estimées de la Nouvelle-Orléans; cette graine, semée dans les différents quartiers de l’ile, a parfaitement réussi.

Le marbre gris est très commun ; les carrières ne sont pas exploitées. Les veines de cuivre se rencontrent fréquemment dans les montagnes. On ne trouve pas de traces de fer.

Les transports à l’intérieur ne sont possibles qu’à dos d’animal ; les routes n’existent nulle part.

Le mouvement général du commerce de Rhodes donne :

IMPORTATIONS

ft.

fr •

Cr •

Autriche. . .

Égypte. . . .

Angleterre. .

France. . . .

Grèce ....

Turquie . . .

Sardaigne . .

EXPORTATIONS

Autriche . . .

Égypte. . . .

Angleterre. .

France. . . .

Grèce ....

Turquie . . .

Sardaigne . .

Le commerce de Rhodes a beaucoup augmenté depuis dix ans. Cet accroissement n’est pas le résultat des développements de la consommation locale ; il provient des rapports plus fréquents avec les habitants des îles environnantes et les populations voisines de la côte d’Asie.

L’importation des produits français diminue considérablement , tandis que l’exportation à destination de France augmente. Les produits coloniaux sont expédiés de France. Les manufactures anglaises ont remplacé presque complètement les manufactures françaises, suisses et allemandes. Ces articles sont achetés à Smyrne.

L’exportation se compose des produits variés de l’Asie Mineure ; les éponges forment la majeure partie.

La pêche des éponges a occupé en 1858 :

Noms des Iles. Nombre des bateau.

Calamino

Symia . . . . •

Halki . . . ,

Castel Rosso

Leros

Stampalia

Télos

Cassos

Il y a quelques années, on ne comptait que 380 bateaux pêcheurs.

Sur les 600 bateaux employés en 1858, 70 ont pêché sur les côtes de Rhodes, 150 sur les côtes de Candie, 180 sur les côtes de Syrie, et 200 sur les côtes de Barbarie.

Les droits exagérés que le Gouvernement fait supporter à cette industrie tendent à l’éloigner de ses côtes. Pendant la saison de 1858, le gouverneur de Rhodes voulut établir un droit de 20 0/0 sur les produits de la pêche; les pêcheurs refusèrent de l’accepter, menacèrent de cesser leurs recherches; et, à la suite de débats fort longs, on s’arrêta à un droit fixe de 75 fr. par bateau pêcheur.

A Candie, où le droit de 20 0/0 a été maintenu, les bateaux se sont dirigés vers les côtes de Barbarie, où ils sont exempts de redevances.

On compte trois qualités d’éponges : les fines, les ordinaires et les communes.

Les éponges fines donnent un dixième de qualité supérieure. Le reste est de deuxième qualité.

Les éponges ordinaires donnent 1 /4 de première qualité et 3/4 de deuxième qualité.

Les éponges communes donnent moitié première qualité et moitié deuxième qualité.

Tableau du commerce des éponges à Rhodes et dans les lies voisines.

Prix de l’ocque.

Fine* .

Ordinaires. Communes.

piastres.

piastres.

piastres.

Sommes totales des quantités vendues :

Fines.

Ordinaires.

Communes.

TOTAL

fr-

fr-

lr.

Sur ces quantités, 2/3 des fines, 1/4 des ordinaires, 1 /4 des communes, toutes dans les premières qualités, sont envoyées en Angleterre.

La France reçoit à peu près la moitié de la pêche en ordinaires de première qualité.

Un assortiment de différentes espèces est dirigé sur Trieste; le reste des produits est vendu dans les ports ottomans, principalement à Constantinople.

La pêche du corail était très lucrative et très suivie autrefois. Elle est abandonnée aujourd’hui par suite, dit-on, des exigences des fonctionnaires chargés de la perception de l’impôt.

Les bateaux du Lloyd autrichien et des Messageries impériales font escale à Rhodes, où touchent aussi les bateaux ottomans.

La construction des navires était jadis une des principales industries de nie, qui construisait des navires de commerce et de guerre. Cette industrie a décliné peu à peu ; les charpentiers sont allés s’établir dans les autres lies, où ils trouvent encore de l’emploi. Depuis quelques années, les constructions navales recommencent à Rhodes; elles paraissent en voie de progrès. En 1854, on a lancé quelques navires de 200 à 400 tonneaux ; depuis, les travaux ont continué.

L’ile ne possède pour son commerce que 43 petits navires jaugeant ensemble 2,500 tonneaux. Les grands navires sont construits pour les autres ports.

Le mouvement maritime à Rhodes, voiles et vapeurs, entrées et sorties réunies, a été :

Nombre de narires.

Tonneeui,

Ile de Castel-Rosso. — La population, qui ne compte que 150 Turcs, est de 4,000 habitants.

Cette île n’exporte que des éponges. L’importation étrangère, par Rhodes, est de 837,500 fr. d’objets manufacturés, ancres, chaînes, etc., le tout d’origine anglaise. Le principal commerce est la vente des navires construits dans le pays. Ces navires sont vendus indis-

tinctement aux ports ottomans .ou européens. Un navire de 100 tonneaux de jauge coûte 10,000 fr. ; un de 300 tonneaux environ 25,000 fr. U y a quelques années, on aurait construit encore à bien meilleur marché. Ces navires, peu solides, ne durent pas longtemps ; mais le ton marché de leur prix de revient permet aux armateurs d’accepter des affrètements très bas et de faire une rude concurrence aux autres navires des ports de la Méditerranée.

Syrie et Palestine (1). — La France est le pays qui consomme le plus des produits de Syrie ; l’Angleterre est celui qui a le plus grand débouché ; l’Autriche voit accroître ses échanges d’une façon sensible.

Alep. — L’Euphrate est la rivière la plus considérable de la province d’Alep. Elle est, comme le Nil, sujette à des débordements périodiques, causés par la fonte des neiges des montagnes de l’Arménie, où elle prend sa source. Durant les mois de novembre et de décembre , l’Euphrate est à son point le plus bas; le tirant d’eau augmente graduellement jusqu’au mois de mars , et à

(1) Le commerce de l'Angleterre avec ces deux provinces a été :

Importation.

Exportation.

ToUux.

fr.

tr.

fr-

Annual statement, etc., in the year 1858, p. 313.

la fin de mai il présente une profondeur de trois mètres; alors les eaux commencent à baisser. Pendant les mois d’hiver, la navigation n’est possible , à partir de Birijik, que pour les bateaux d’une calaison de O ".60 à 0”.70.

L’Oronte coule du Liban. Après avoir arrosé les contrées à l’Est de cette chaîne de montagnes, il court à l’Ouest, puis au Sud-Ouest, en passant par Antioche. Depuis cette ville, il est navigable pour les embarcations jusqu’à Séleucie, où il se jette dans la mer.

Le Cydnus et le Pyrame ont leurs sources dans le Taurus; jusqu’aux endroits où ils se jettent dans la Méditerranée, ils ne sont pas navigables.

Le climat de la province d’Alep varie selon les localités. Le long des côtes de la Méditerranée, les fièvres régnent durant l’été et l’automne. A Alexandrette et à Mersina, elles ont un caractère pernicieux.

La ville d’Alep a été très florissante jusqu’au XVIII' siècle; elle comptait alors plus de 300,000 habitants. Depuis cette époque elle a bien décliné : les exigences de l’administration ottomane et l’accroissement que la navigation de l’Inde a pris par le cap de Bonne-Espérance ont considérablement amoindri son importance et son commerce. Alep a été une ville manufacturière très riche. Ses fabriques ont disparu en partie ; elles ont été ruinées par la concurrence anglaise ; elles se relèveraient si le Gouvernement turc supprimait les droits, les taxes, les impôts, qui les empêchent de prospérer.

Les principales villes du pachalik d’Alep sont : Airttab, Killis, Antioche, Idlib, Tisr, Shogh, et Alexandrette, qui est le port d’Alep.

Les produits agricoles de la province sont annuellement en moyenne :

Froment 381,300 hectolitres.

Orge 203,523 —

Millet 116,300 —

Sésame 290,730 —

Légumes secs 23,260 —

Laines 2,031,880 kilogrammes.

Coton 406,376 —

Huile 233,985 —

Tabac 132,391 —

Pistaches 507,970 —

L’exportation du froment suit les besoins de l’Europe; celle du sésame est régulière et a pris une très grande extension. Cette culture, introduite en 1845, prospère et grandit, quoique les bords de l’Euphrate, où elle est pratiquée, soient éloignés du port d'embarquement et que le transport surhausse le prix de revient.

Le coton est récolté à Idlib et à Killis. La qualité est inférieure; quelques sçins l’amélioreraient facilement. Il y a vingt ans, la production était trois fois plus forte. L’importation en cotons filés anglais que les manufactures locales emploient a fait diminuer la culture du cotonnier. Les manufacturiers ont plus d’avantage à acheter les cotons filés venant d’Angleterre qu’à faire filer ceux du pays même.

L’agriculture est en général très arriérée, mais la fertilité du sol supplée au défaut de connaissances.

Alep était autrefois la première ville de l’empire après Constantinople ; elle était un des entrepôts du commerce

de l’Inde. Ce commerce n’existe plus ; elle a même perdu une partie du transit de la Perse, qui s’est porté sur Trébizonde et Erzeroum.

I. 'ancienne situation d’Alep a fixé l'attention des spéculateurs anglais ; toujours à la recherche des combinaisons nouvelles, ils ont cru qu’ils pouvaient rendre à cette ville son activité passée. Ils ont proposé au Gouvernement ottoman d’établir un chemin de fer courant le long de la vallée de l’Euphrate. Le Gouvernement ottoman a accueilli favorablement ces propositions, qui sont restées à l’état de projet, comme la plupart des firmans que les compagnies anglaises ont obtenus de la Porte, beaucoup trop facile à accorder ce genre de privilèges. Les auteurs du projet du chemin de fer de l’Euphrate ont pensé que cette ligne détournerait à son profit 1/3 du commerce actuel des ports de la Méditerranée et de la mer Noire avec l’Inde. Les transports du café, de l’indigo, du poivre, du sucre, du thé, sont entrés dans leurs évaluations annuelles pour 1 23,000 tonnes. Le commerce de la Perse, qui passe actuellement par Trébizonde, leur a paru devoir procurer 107,000 tonnes ; le trafic de Bagdad et de Bassorah (qui est de 40,000 tonnes), leur a semblé avoir 30,000 tonnes qui préféreraient la voie ferrée au transport par eau ; ils ont estimé à 170,000 tonnes les grains de Babylonie qu’ils seraient appelés à conduire aux ports d’embarquement ; enfin ils ont compté sur 300,000 passagers.

Cet ensemble d’espérances a été calculé devoir produire annuellement, de suite, 3,084,000 1. sterling, avec espoir de voir ces recettes promptement doublées. Ils

n’ont pas admis que le capital engagé dût recevoir un dividende moindre de 20 0/0.

La Porte a accordé le firman en 1857.

Ce projet est un rêve ; les produits agricoles tels que les céréales supporteraient difficilement les frais élevés des transports par chemin de fer jusqu’à la mer, et n’arriveraient pas en Europe autrement qu’à perte; les Arabes pilleraient les convois ; de longtemps il n’y aurait de sécurité ni pour les voyageurs ni pour les marchandises de valeur. Vouloir faire passer le commerce de l’Inde par cette voie, c’est poursuivre la réalisation d’une chimère : les marchandises auront toujours avantage à passer par Suez, et cette voie sera surtout choisie parles voyageurs, qui évitent ainsi un long parcours terrestre sous un ciel brûlant.

Le plus simple, le plus raisonnable, serait de rattacher les centres producteurs de l’intérieur aux endroits où l’Euphrate devient navigable, par des routes sur lesquelles les transports en voiture seraient faciles.

On estime que les produits étrangers expédiés actuellement à Alep s’élèvent en moyenne annuelle à 30 millions de francs; l’Angleterre fournit la moitié en cotonnades et en manufactures. La France vient après : elle vend 2/6 en sucre, café, draps, fez et soieries. Marseille est la seule ville française en rapports avec Alep. L’Italie, la Suisse et l’Allemagne fournissent l,/6.

Alep expédie à l’Europe les noix de galle de la Mésopotamie, du sésame, du coton, des laines, des cires et des céréales. Les céréales sont très abondantes, mais on ne les exporte à bénéfice que lorsqu’il y a disette

en Occident. Presque tous les produits d’Alep sont envoyés à Marseille.

Alexandrette, port de transit de tout le commerce de la province d’Alep, est desservi par les bateaux des Messageries impériales et du Lloyd. Le transport des marchandises entre Alexandrette et Alep coûte de 75 à 80 t'r. la tonne. 11 n’y a pas de route carrossable.

La rade d’ Alexandrette est la seule qui offre une sécurité complète sur les côtes de Syrie.

C’est une baie de 24 milles de largeur, capable de contenir les plus grandes flottes, sans aucun risque , en toutes saisons. Ce port, où se chargent les produits du nord de la Syrie, de la Mésopotamie, du Kurdistan, le seul qui offre un refuge à la navigation, est précisément le plus négligé de tout l’empire. Il n’a que deux mauvaises jetées servant aux chargements ou aux déchargements des navires. Elles ont été construites par des Autrichiens. Le Gouvernement, qui n’a pas contribué à leur construction, n’a rien fait pour les conserver; elles sont dans un état déplorable.

La ville contient environ 200 maisons et 1 ,000 habitants de différentes nations, le plus grand nombre grecs et arméniens.

Les environs d’ Alexandrette sont très fertiles, parfaitement propres à la culture du coton, du froment, du riz, du maïs, du sésame, et de l’indigo ; la culture y est délaissée. La vallonée croît naturellement en quantité dans les environs, on n’exporte même pas ses produits.

Le mouvement commercial par le port d’Alexandrette a été :

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