EXPORTATIONS POUR TOUS LES PATS
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Exportation 20,606,250 8,082,850 9,199,400
Commerce de la côte. 5,143,750 3,375,000 1,950,000
Latakié. — Le district de Latakié est tout agri-
cole ; le sol, très riche, fournit beaucoup de grains à l’exportation.
Le produit principal de la partie montagneuse est le tabac ; on en exporte beaucoup, surtout à Alexandrie.
La plaine donne du froment, de l’avoine, du millet, du maïs, du sésame, de la soie, de l’huile d’olive, des figues, etc.
L’huile d’olive est employée en partie, maintenant, sur les lieux, à la fabrication du savon. Deux fabriques ont été montées il y a peu de temps ; elles ne produisent que des qualités inférieures.
La population de la côte s’occupe à la pèche des éponges; une petite flotte de bateaux de 15 à 20 tonneaux est toujours occupée à cette recherche pénible, mais lucrative.
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L’exportation et l’importation ne se font pas directement. Les grands navires ne veulent pas séjourner sur une rade ouverte et sans abri. L’ancien port est fermé et encombré par les débris. Si on l’améliorait, l’exportation et par suite l’agriculture locale prendraient de l’extension. Latakié n’est fréquenté que par des bateaux du pays, d’un tonnage de 50 à 100 tonneaux.
Thipoli. — Le territoire de ce district s’étend entre la chaîne du Liban et la Méditerranée ; le sol est plan, peu accidenté, très fertile, parfaitement arrosé ; il passe pour le mieux cultivé de tout l’empire.
La ville est située sur la rivière Kadisha ; le port est distant de trois kilomètres ; la rade est abritée, excepté contre le vent du N.-O-, qui souffle rarement. Il serait facile de doter Tripoli d’une rade très belle et très sûre, en exécutant des travaux dont l’ensemble ne dépasserait pas 500,000 fr. Lorsque les chemins de fer seront construits en Syrie, le port de Tripoli offrira de grands avantages aux échanges d’une partie de l’intérieur de l’Asie Mineure. Il est actuellement visité très souvent par les vapeurs français des Messageries impériales, de la Compagnie russe, et par des navires arabes. Ces navires trouvent toujours à charger pour l’étranger de la soie, du savon, de la farine, de l’huile, des fruits, des éponges, de la laine, du tabac, des alizaris, etc. L’Angleterre importe des manufactures; la France, des soudes, du sucre, du café, de la cochenille, etc.; les navires arabes voient leurs affaires devenir de plus en plus difficiles, à cause de la fréquence et de la rapidité des communica-
tions à vapeur. La principale exportation de Tripoli est à destination des ports ottomans et de l’Égypte.
En 1857 le mouvement commercial général a été :
Importation . . 2,582,400 fr.
Exportation 4,074,000
6,656,400 fr.
Beyrouth. — C’est le premier port de la côte de Syrie. Son importance ne remonte pas au delà de trente ans; elle est due à sa position centrale et à la proximité de Damas, ville avec laquelle les communications seront faciles lorsque la route , dont l’établissement a été concédé à une compagnie française , sera terminée. L’ouverture de cette voie accroîtra certainement les échanges , car Damas fait tout son commerce par Beyrouth , et principalement avec Marseille.
Deux caravanes partaient autrefois , chaque année , de Damas pour Bagdad; elles accomplissaient leur voyage , aller et retour, en traversant le désert. Ces caravanes , qui emportaient les produits européens' et ceux de Damas , rapportaient les denrées de l’Inde et de l’Arabie. Elles ont cessé depuis 1857, époque à laquelle elles ont été pillées ; la perte fut évaluée à plus d’un million de francs.
Le passage de la caravane de la Mecque provoque aussi à Damas un certain mouvement d’affaires , mais il est en décroissance depuis que les bateaux à vapeur offrent aux pèlerins, par l’Égypte et la mer Rouge, plus de sécurité et plus de rapidité.
Le territoire de Beyrouth produit des soies très estimées, de l'huile, du tabac, des fruits secs, des bois, des grains, etc. La soie est le principal article d’exportation.
D’après les statistiques dressées par M. Guys, ancien consul de France à Beyrouth , la production et la consommation de la soie, en Syrie , sont (1) :
qx.
Damas 430
Deir-el-Qamar 200
Zoug 200
Tripoli 150
Salda 100
Latakié 30
Antioche et tout le nord. 500
Intérieur, Hama et Homs. 100
Damas, dépendances sud. 70
Damas 500
Alep 320
Tripoli 50
Deir-el-Qamar 80
Zoug 30
Beyrouth et la montagne. 200
Salda 100
Hamar et Homs 20
Exportation 500
La soie blanche des environs de Beyrouth est très estimée; on l’appelle bélédi (du pays); elle est presque toute expédiée au dehors.
La soie jaune de première qualité est celle du Kastravan et du Damour, avec laquelle sont fabriquées les étoffes syriennes de choix.
On trouve à Beyrouth de nombreux tisserands de ceintures de soie qu’on porte soit autour du corps, soit en turban.
(1) Moniteur, 18 septembre 1860.
La corporation des layetiers vient après celle des tisserands, et se fait honneur de la réputation de ses coffres dans toute la Syrie et en Égypte. Ces coffres , rouges et verts , ornés de mosaïques de têtes de clous dorées , sont les corbeilles de noces imposées à la galanterie arabe , et ce que font de mieux en ce genre les ouvriers syriens.
Un autre article estimé, de la fabrique de Beyrouth, est le kaloa , qui entre dans les éléments de cargaisons de sortie. C’est une pâte qu’on obtient par le broiement des sucs de racine de kalva et du caroubier avec l’huile de sésame. Les vases de terre poreuse propre à rafraîchir l’eau sont renommés , mais de forme moins élégante que ceux des potiers égyptiens.
L’impression de quelques mousselines importées d’Angleterre rentre encore dans le cadre de l’industrie indigène , mais ne fait certes pas honneur à son goût. Enfin , le tirage de la soie complète cette liste des occupations des habitants de Beyrouth.
Disons quelques mots de ce tirage, dont les procédés imparfaits diffèrent essentiellement de ceux employés en Europe.
Les Syriens jettent les cocons pêle-mêle, c’est-à-dire sans tirage préalable , dans la chaudière. Les fils sont présentés , sans discernement , à la canette des épées du tour, jusqu’à ce que les efforts d’une roue , qui a près de trois mètres de diamètre , les ait fait se rompre successivement. Alors le surveillant plonge de nouveau sa baguette dans la chaudière , et , après avoir agité les cocons , la retire avec le nombre de brins que le hasard a
fait réunir. Cela rend les fils gros et inégaux dans leur longueur.
Les propriétaires ont eu bien des occasions de reconnaître qu’ils pourraient opérer mieux. Ils ont vu d’abord des échantillons de leurs cocons tirés en France, et ce3 instructions pratiques se sont continuées sous leurs yeux dans les établissements français qui se sont formés à Beyrouth et dans les environs. Mais tel est l’empire de l’habitude chez ce peuple et son aversion naturelle pour toute innovation , qu’il préfère le désavantage de sa routine à l’adoption d’une méthode plus sûre et plus profitable.
Le commerce de Beyrouth avec la France a lieu par les bateaux à vapeur des Messageries impériales et par navires à voiles. Marseille est le centre de ces rapports.
Le commerce général de Beyrouth est en progrès. Avec l’Angleterre il a été (1) :
Navire*.
Tonneaux.
Importation.
Exportation.
Totaux.
(1) Les tableaux publiés par l'administration des douanes françaises ne donnent pas séparément les chiffres afférents à chaque localité , s sont compris dans ceux du commerce général de tous les ports u rcs.
En 1857, l’importation et l’exportation générales réunies ont donné 37,698,700 fr.
Caiffa et Saint-Jean-d’Acre. — Ces deux villes ont un mouvement d’échanges qui leur est propre; il est peu considérable. Elles exportent des céréales quand les récoltes sont insuffisantes en Europe. Les rades sont mauvaises, les navires y séjournent difficilement.
Ile de Chypre. — Cette île est séparée de la côte de Caramanie par un canal de vingt-cinq lieues de largeur. La population est de 180,000 habitants. Le sol est d’une fertilité remarquable. Les forêts , très riches autrefois, disparaissent peu à peu ; elles contiennent des arbres résineux, des pins maritimes de la plus belle espèce, des chênes lièges et des térébinthes; on récolte des céréales , du coton , de la laine , des alizaris , de la soie , des graines oléagineuses, du tabac, de l’huile, des fruits, etc., qui s’exportent en France, en Angleterre, à Trieste, à Malte , aux îles Ioniennes, en Égypte, dans les ports turcs et les îles de l’Archipel. La France reçoit la totalité des soies, la plus grande partie des laines et des graines oléagineuses ; l’Angleterre , des céréales et des alizaris; l’Égypte et les ports turcs, des vins communs, de l’eau-de-vie, de l’esprit-de-vin et des substances alimentaires.
Baffa (ancienne Paphos) est le point où l’élève des vers à soie est le plus développée ; il fournit à lui seul les 2/3 de la production de l’île, qui est très appréciée. La soie blanche est retenue pour la consommation du pays;
la majeure partie des soies que la France n’achète pas est consommée dans l’empire ottoman.
La production de la soie à Chypre a été :
Quantité» produite».
Enroi» es France.
Prix par kilog.
kilog.
kilog.
fr. e.
On voit que l’exportation a diminué à mesure que le prix des soies devenait plus élevé.
En 1856, Chypre n’avait que trois filatures de soie; la plupart des éleveurs font filer chez eux.
Elle possédait à cette époque 3,000 moulins àhuile rendant 9,902, 1 40 kil. d’huile d’olive évalués 10,1 81 ,500 fr. Ces moulins occupaient9, 000 ouvriers payés en moyenne 1 fr. par jour.
Il existait aussi 50 fabriques de savon , parmi lesquelles 47 en activité ont livré 10,826,580 kil. valant 8,039,600 fr. Elles ont consommé 5,776,800 kilog. d’huile.
98 tanneries préparaient les peaux du pays qui n’étaient pas exportées à l’état brut.
Le mouvement commercial et maritime a été :
NâTire*.
Tonneaux.
Importation.
Exportation.
Totaux,
fr •
Le commerce est en voie de progrès bien marqué , et nie de Chypre peut arriver rapidement à une très grande prospérité.
Ports de la mer Rouge. — L’empire ottoman possède dans cette mer des ports dont le commerce est assez actif, mais sur lesquels il nous a été impossible de nous procurer des renseignements précis. Nous constaterons
seulement que le revenu de ces douanes a été adjugé récemment au prix de 3,029,000 fr., chiffre qui témoigne d’un accroissement considérable dans le mouvement commercial de cette partie de l’empire.