Finlay, History of Greece, III, p
LES VALÀQUES 243
En Macédoine déjà, par les découvertes de M. Heuzey *, on pouvait se convaincre que les Valaques actuels n'occupent pas la place des anciennes colonies romaines. La plaine de Monastir, peuplée de Valaques, ne donnait que des inscriptions grecques. La plaine de Drama, l'ancienne Philippes, jonchée d'inscriptions latines, n'était occupée que par des Hellènes et des Turcs.
Les Valaques — ou ceux qui se mettant à leur tête ont la prétention de les représenter : les Roumains, — les Valaques s'en tiennent pourtant à la théorie de Finlay. Si Ton en croit M. Xénopol 2, une immense Valachie s'est jadis étendue de l'Adriatique à la mer Noire, et du nord de la Transylvanie au sud de l'Hémus. Jusqu'au vie siècle de notre ère, cette Valachie se garda vierge de tout hellénisme ; aux ive et Ve siècles, on prêchait en latin sur les bords du Danube; en 579, d'après le Byzantin Théophylacte, un muletier de l'Hémus criait en valaque : Torna fratre! L'invasion slave, s'introduisant comme un coin dans cette masse valaque, l'aurait séparée en trois tronçons : les Valaques du nord (Roumains actuels), les Valaques de llstrie, et les Valaques de l'Hémus et du Pinde. Dès lors dispersé, le peuple valaque ne s'est jamais plus reconstitué : les Daco-Roumains, les Istro-Roumains, les Macédo-Roumains vécurent sans plus de relations,