VI. — Fondationsetlegsaux écoles grecques d'Épire
et de Macédoine 300 000
En tout 785 000
napoléons, soit plus de 15 millions de francs.
D'autres bénéfices que nous laissons de côté s'en vont encore de la Macédoine vers Athènes. Il faudrait évaluer la somme totale à 100 millions de francs pour le moins, fruits de notre sueur ou de notre sang. Comptez en outre, qu'en temps de guerre, plusieurs millions de livres turques (23 francs) vont en Grèce, et que les hommes, par centaines de mille, meurent pour eux. La Roumanie a plus de droits à notre aide : ne serait-il pas plus juste de regarder vers elle? Frères, le moment est venu...
Mais notre plus grand mal ne vient pas tant encore de la Grèce et des Grecs que du nid satanique du Patriarcat.
Là, on forme tous les plans diaboliques pour nous tuer moralement et matériellement. Là, on se sert du Christ et l'on en fait un assassin. Le système peut n'être pas mauvais. Mais le Christ est toujours le Christ et tant que le inonde existera, le Christ sera toujours le sauveur des hommes et non de leurs bourreaux. A cette heure où, sur le bord de la tombe, nous voyons, nous sentons tous les pièges infernaux tendus sous nos pas, et les infamies du clergé grec, peut-il exister un homme avec un nom humain, une conscience humaine, qui ne proteste contre tant d'actes monstrueux, et commis par des hommes qui se prétendent les représentants du Christ! 0 honte! mille fois honte! vous, nos pères spirituels, vous vous êtes faits nos bourreaux!
Arrière les discussions oiseuses ! tout moment perdu peut nous être fatal à nous qui voulons vivre et qui devons vivre! Veuille et tu pourras, éclaire-toi et tu verras. La lumière, nous la voulons, elle nous est aussi nécessaire que le pain, et la lumière est plus facile à se procurer et meilleur marché. Un A B C coûte dix centimes et tous les autres livres autant. Or en Roumanie nous sommes aujourd'hui vingt mille qui donnerons un franc par mois, et dans six mois nous aurons éclairé toute l'Albano-Macédoine, où maintenant on ne trouve pas un Albanais. Un franc n'est rien : on peut donner un franc, riche ou pauvre : un franc donné n'amène pas de trouble dans une maison ni dans les affaires. Et par ce franc, la nation éclairée sort de son tombeau. Combien de nous sacrifient les francs par centaines et milliers pour l'inutile! Pourquoi ne pas les donner à cette cause humaine et sainte, afin que les générations futures en soient éternellement reconnaissantes! Frères Albanais, la résurrection dépend de nous seuls et de la Roumanie, soyons à la hauteur de notre tâche...
En dehors de la Roumanie, croyez bien que des secours nous viendront d'Egypte et des autres pays peuplés de nos compatriotes. Espérons que les Albanais de race, qui de
leurs millions travaillent aujourd'hui contre leur race, Constantin Javas de Brosteni, Zographos Effendi de Paris et d'autres encore, voyant notre progrès, reviendront de leurs erreurs et nous tendront une main secourable. Sinon, l'histoire les inscrirait dans ses pages noires et les générations futures les stigmatiseraient comme fratricides.
Voyez la Roumanie ! Elle aussi fut opprimée par le clergé et la langue grecs. Ce ne fut qu'après le nettoyage de toutes ces vermines qu'elle commença à refleurir et à marcher vers le progrès. Et pourtant, si les Roumains se sont débarrassés du clergé grec, en sont-ils moins chrétiens pour cela? Dieu n'accepte-t-il pas leurs prières dans leur langue comme dans la langue étrangère? Quand Dieu lui-même serait Grec, n'est-il pas écrit dans les Actes des Apôtres : « Marchez et versez la foi,... et les apôtres enseignèrent et prêchèrent chacun des peuples selon sa langue »? C'est ainsi que les apôtres propageaient la religion du Christ. Tant que nous n'aurons pas, nous, notre religion écrite dans la langue de nos pères, nous ne serons pas chrétiens, car nous ne pourrons pas connaître notre foi. Jugez en conséquence de l'oppression du clergé grec! Il a fait de l'orthodoxie sa proie, il aurait la prétention de persuader à l'Europe que toute l'Albano-Macédoine est grecque, que nous, Albanais, nous sommes non des hommes, mais des Grecs, des corps déjà sans pensée, sans vie, des cadavres. Nulle part notre nom n'est prononcé, si bien que Bulgares, Serbes et Monténégrins s'arrogent des droits sur notre peuple. Oublions nos différences de rite, défendons-nous contre l'ennemi commun de l'existence nationale.
Écoutez. Voici quatre cent cinquante ans que le Turc nous gouverne. Étranger à notre race, maître de nous, il ne nous a jamais enlevé la parole, la langue, la nationalité, pas plus que les armes que fièrement nous portons aujourd'hui encore à notre ceinture. Si quelquefois nous avons fauté par quelque révolte contre notre souverain, ce fut toujours à Tinstigation du clergé grec, l'éternel ennemi e
l'islam, qu'il ruine depuis des siècles, et contre lequel il use de nous en de criminels desseins. Mais n'oubliez pas, frères Albanais, que Dieu créa les nations avant les religions. Pour sauver notre peuple de l'orthodoxie, péril caché, ennemi du Christ, de l'humanité et des nationalités, attachons-nous corps et âme à l'Empire ottoman. L'Empire ottoman est notre vrai, notre plus grand protecteur, notre espoir, notre appui. Sûr de notre dévouement, croyez bien qu'il ne nous abandonnera pas à nos ennemis qui sont aussi les siens.
Albanais, nous en sommes au même point que les Roumains il y a un siècle. Ils avaient honte de s'avouer Roumains. Seul le bas peuple revendiquait ce titre, tant les Phanariotes avaient abusé de leur esprit! Aujourd'hui les Roumains sont Roumains et valent certes bien mieux que les Grecs. Ils sont fiers de leur nationalité : soyons-le de la nôtre; le monde nous respectera. Poignée d'Albanais décidés à tout, nous avons écrit sur notre drapeau Nationalité, Lumière. Nous jurons que jusqu'au dernier nous travaillerons à ce réveil. Nous ne ferons pas de politique, neus n'envahirons les droits de personne. Nous ne tyranniserons personne.
Nous lutterons pour la vie, il nous faut la lumière, la lumière désir de tout Albanais.
Nous avons demandé au Patriarche l'usage de l'albanais dans la liturgie ; si nous n'arrivons pas au gain de nos droits, ne perdons pas l'espoir. La justice est avec nous, elle triomphera.
Voilà ce fameux Thirje mi Kombin Skipetar. Je l'abrège un peu, retranchant les répétitions et les déclamations inutiles; mais j'ai tâché de lui conserver son allure un peu étrange, son beau souffle de patriotisme, sa violence haineuse et ses arguties pédantesques. Lu deux lignes, il pourrait se résumer :
1° Les Grecs sont des étrangers, des exilés d'Egypto- Phénicie, des intrus.
Nous, Albanais et Valaques, descendants de l'ancêtre Pelasgos, nous sommes frères.
2° Les Grecs sont des voleurs et des parasites.
Nous, Albanais et Valaques, nous sommes leurs victimes : le clergé et le royaume grecs vivent à nos dépens.
Conclusion : Nos ancêtres et nos intérêts sont communs ; nous devons nous unir.
Ce simple raisonnement, illustré par l'exemple d'Homère, par Gadmos et Cécrops et par des calembours sur le nom de Grecs (les guêpes), fortifié par un compte très ingénieux de l'argent macédonien qui coule annuellement sur Athènes, ce simple raisonnement pourrait servir à légitimer, à « systématiser » une alliance déjà faite : c'est proprement un pamphlet diplomatique; mais un appel au peuple...! Homère et Pelasgos sont des souvenirs bien lointains pour un cœur albanais. Il fallait découvrir quelque autre chemin pour atteindre l'amitié albanaise.
« Dieu créa les nations avant les religions », dit la proclamation valaque. En Turquie cette théorie ne semble pas encore communément admise. La religion apparaît toujours, aux cervelles raisonnantes, comme le premier, le plus rationnel, le plus étroit des liens entre deux peuples ou deux individus. Or, parmi les
Albanais, les uns (Toskes d'Epire) étaient orthodoxes, d'autres (Toskes et Guègues du centre) musulmans, et le reste (Guègues du nord) catholiques : trois religions ennemies, — la haine entre Orthodoxes et Catholiques étant plus violente que de Chrétien à Musulman. Les Valaques, en retour, n'avaient qu'une religion à offrir à leurs amis : l'orthodoxie.
Entre Valaques et Albanais orthodoxes, l'intimité pouvait naître rapide. Mais les Albanais, vraiment orthodoxes, étaient conquis à l'hellénisme par leur obéissance au Patriarche : ceux que le patriotisme ou l'intérêt détacheraient du Patriarcat, se prêteraient aussi à d'autres changements.
Dans l'Albanie musulmane, nous avons vu les deux castes en présence : au sommet, une aristocratie de beys que l'amour des richesses attache à l'Islam; au bas, un peuple de tenanciers que la tyrannie des beys retient malgré lui. Partout, d'ailleurs, une réelle indifférence. Tous admettraient sans peine que « Dieu créa les nations avant les religions ». « Où est le sabre, là est la foi. »
Restaient les Albanais catholiques, fermement dévoués à leur religion, ceux-là, par conviction et par haine de leurs voisins orthodoxes. Depuis la domination de Venise, ces Guègues demeuraient fidèles à la Papauté. Rome les avait confiés aux Jésuites (province de Padoue), et les Jésuites savent mêler en un tout compact les intérêts spirituels et temporels de leurs ouailles. Le catholicisme n'était pas seulement la vraie foi ; c'était aussi l'intermédiaire auprès des puissances
européennes, Autriche et France, et le défenseur contre le Serbe et le Monténégrin. Très nombreux et très répandus (car de l'Adriatique ils courent jusqu'aux frontières de Serbie, et leurs limites, au sud et au nord, sont le Skumbi, le Schar Dagh, et les frontières bosniaque et monténégrine) ; belliqueux (ils ne vivent que sur le champ du voisin et « labourent avec leur sabre »); possédant un rudiment d'organisation nationale (leurs clans reconnaissent pour chef le prince des Mirdites de la famille des Bib Doda); enfin connus de l'Europe (les Bib Doda sont les protégés de la France), ces Guègues pouvaient être le véritable noyau de la future nation albano-valaque.
Il y avait alors à Monastir un vieux prêtre lazariste. Il était Français et se nommait Faveyrial. Il était très vieux, et, depuis cinquante ans qu'il avait quitté Marseille, il avait vécu six ans à Santorin, vingt ans à Gonstantinople, le reste en Macédoine : quand il parlait du roi de Grèce, c'était toujours Othon Ier qu'il fallait entendre.
Envoyé à Monastir après la guerre de Grimée, au moment où l'on espérait convertir les Slaves au catholicisme, il avait travaillé à « l'union des Bulgares », et il en était resté à cette conception que l'intérêt français et l'intérêt catholique se confondent pour une guerre mortelle à l'hellénisme. L'échec de la France et la création de l'Exarchat bulgare n'avaient pas entamé ses espérances d'apôtre. Mais, sentant les Slaves lui échapper de jour en jour et couler irrésistiblement vers la Bulgarie et l'Exarque, il s'était
tourné vers ces Albanais de Prizrend et de Pristina qui, musulmans dans la forme, ont gardé un coin de leur cœur au christianisme des aïeux. Il courait la province, baptisant à Ipek, mariant à Kalkandelen, braconnant un peu sur les terres des Jésuites. La France le laissait sans consul ; au fond il préférait cette indépendance. Son ordre le laissait sans argent; mais la moitié du couvent était louée au consulat d'Autriche.
Le père Faveyrial n'a pu nous loger. Nous avons dîné au couvent avec lui, avec un autre père lazariste et avec le frère jardinier qui les sert. Dans ce festin (des Français viennent si rarement ici), nous avons dévoré les provisions de la communauté, goûté à toutes les récoltes que, ces dix dernières années, a fournies la petite vigne de l'enclos, et comme les banquiers du bazar montraient peu d'enthousiasme pour nos lettres de change, le père Faveyrial a vidé sa caisse dans nos bourses (quatre livres turques, 100 francs), ne gardant qu'un napoléon pour vivre, lui et les siens, jusqu'à la fin du mois.
C'est chez le père Faveyrial que nous avons rencontré Apostolo Margariti. Apostolo vient ainsi, presque tous les matins, comme un officier au rapport, raconter les grandes et petites nouvelles,... ce que fit le vali hier soir,... ce que dit hier l'archevêque grec à son diacre sur le pont du bazar et combien de temps il resta chez un tel ou une telle... Quand on voulut fonder le gymnase valaque, personne, parmi les Chrétiens de Monastir, ne consentit à vendre ni à louer sa maison pour cette œuvre excommuniée par le
LES VÂLÀQUES 275
Patriarche, maudite de Dieu, un peu suspecte encore à l'autorité turque. Le jardin des Lazaristes était trop grand. Le père Faveyrial le coupant en deux fit construire, avec la permission du Vali, une grande école catholique ; mais, n'ayant pas d'élèves, il dut au bout de quelques mois la louer, puis la vendre aux Valaques. C'est pourquoi une simple clôture sépare aujourd'hui le gymnase valaque du couvent lazariste. Le directeur nominal est un Valaque, M. D. Cosmoleio; mais le père Faveyrial, professeur de philosophie et de français (il faut bien occuper son temps et gagner sa vie : Monastir n'a pas de catholiques, et le couvent pas de revenus) a toutes les clefs. Il nous conduit partout.
Il ne faudrait pas rêver un gymnase européen. Une simple maison turque en bois et en terre : des murs blancs; des galeries et des escaliers de bois non peint; des lits à l'orientale, c'est-à-dire deux couvertures sur une peau de mouton que chaque matin l'on roule dans un coin de la chambre. Les élèves partis en vacances, il ne reste qu'une vingtaine d'orphelins ou de boursiers, tous en costume national : les cnémides de feutre bleu et les lourdes capotes noires. Tous ces petits Karagounis parlent français et récitent le Loup et V Agneau. Valaque, turc, français et calcul sont les principales matières de l'enseignement, et ce bagage est suffisant pour devenir un grand homme en Turquie. Cependant une classe supérieure peut conduire les fils de famille aux examens des Universités roumaines : dix anciens élèves du père Faveyrial sont
inscrits aujourd'hui aux différentes Facultés de Buckarest.
Le père Faveyrial met au service d'Apostolo sa longue expérience des choses turques, sa popularité dans toute la province, ses relations avec les chefs albanais du nord. L'influence attachée à sa personne, à sa nationalité française, à son rang de supérieur des Lazaristes est encore doublée par son titre de directeur spirituel des sœurs de Saint- Vincent de Paul. Nos sœurs de charité sont appelées dans les villes du nord par toutes les races: Albanais d'Ipek et Serbes de Pristina les réclament ; et le père Faveyrial promet leur venue comme une récompense. En somme, nos muletiers de Dchoura n'avaient pas tort : le supérieur des Lazaristes est bien à la tète des choses valaques* Mais, en retour, que peut-il espérer? ou plutôt ce qu'il espère — car il ne faut point être grand clerc pour le deviner, — ce qu'il rêve n'est-ce point une chimère, et l'exemple des Bulgares n'a-t-il pas amplement montré comment des orthodoxes se servent de la catholicité, mais comptent bien ne jamais la servir?
Pour les Grecs, âmes simples et commerçantes, tout ceci n'est qu'affaire d'argent : la Roumanie paie notre Lazariste. Quand on leur dit — ce que tout Monastir connaît — que le saint homme, vivant de fruits et de légumes, dépense quelques piastres par jour et que la France ou la Propagation de la Foi sont encore assez riches pour subvenir à son entretien, les Grecs retournent leur phrase et ce sont les Lazaristes qui paient les Roumains, par haine de l'hellénisme.
Si le père Faveyrial avait de l'argent, je le croirais capable en effet de cette aumône. Il est venu en Orient quand la Grèce allemande d'Othon Ier était alliée de la Russie contre nous... Il n'a connu l'hellénisme que par le clergé du Patriarcat, dont le fanatisme a jadis ameuté la population de Santorin contre lui, et dont les menaces, récemment encore, lui fermaient les maisons et même les boutiques du bazar... Il ne s'est maintenu à Monastir que par une lutte journalière contre l'archevêque grec... Sans la protection effective des beys musulmans, les sœurs de Saint- Vincent de Paul auraient été maltraitées dans les rues de Prizrend parles orthodoxes hellénisants... Faut-il s'étonner que la Grèce contempoi^aine d'About figure auprès de la Bible sur la table du Père, et que notre philhellénisme lui paraisse une folie de jeunesse ou une fantaisie d'archéologues! Ce n'est pas qu'il vive pour la vengeance. Ses sentiments à l'égard de l'hellénisme ne sont pas cristallisés sous cette forme à arêtes tranchantes. Mais, se diffusant dans toutes ses conceptions, toutes ses pensées, toute sa vie, ils interviennent dans tous se» actes sans être la cause principale d'aucun...
Le patriotisme latin est chose commune en France, surtout parmi les contemporains de Napoléon III. Que la France ait son intérêt et son devoir dans la protection des races latines; qu'Espagnols, Italiens et Valaques soient pour nous des peuples frères, et que dans la politique nous devions chercher leur triomphe autant que le nôtre, sûrs que ce dernier ira de pair avec celui-là, — ces conceptions latines doivent tenir
plus vivement au cœur d'un vieux prêtre, pour qui le latin est une autre langue maternelle. En outre, le patriotisme français du père Faveyrial trouve une expansion agissante et une satisfaction dans ces écoles où le français et le valaque sont enseignés avec le même soin.
Mais, latins et français, les Lazaristes sont romains avant tout. Rome est leur vraie patrie, le Pape leur vrai chef. L'influence temporelle ne doit être qu'une introduction à la conquête des âmes, et les écoles doivent mener à l'Église.
Pour quiconque a vécu parmi les orthodoxes, l'ambition du père Faveyrial peut sembler folle. Aller ai l'Islam ou à la papauté est, pour un orthodoxe, apostasie pareille. Quand le parti valaque — les anciens élèves du gymnase — serait disposé à franchir le pas, il est fort douteux que la nation suive l'exemple de ses chefs.
Un singulier factum, paru en français sous le titre : Les Roumains macédoniens et les Intrigues étrangères, par un Roumain de Macédoine l, est sur ce chef fort instructif. L'auteur y donne comme authentique la pièce suivante, dont nous ne garantissons nullement l'authenticité :
Projet du missionnaire catholique Faveyrial écrit de sa propre main.
Sous la protection du Sultau et du Pape qui ne veulent pas qu'une nationalité en opprime une autre, nous, frères