novembre 11)08 et janvier
Grâce à cette partie de territoire bosniaque, large de ) kilomètres à peine, et habitée par des montagnards «rbes très jaloux de leur indépendance, et que l'Auche aurait beaucoup de peine à subjuguer, la Serbie )sséderait un accès direct à la mer pour Técoulement de MS produits, et le Monténégro ne se trouverait plus enacé par les canons de Spizza. Au moins la Serbie ne rait pas embouteillée, ni le Monténégro condamné à être qu'une citadelle privée du droit de se développer îonomiqucment.
« L'avenir de la Serbie et du Monténégro, disait . Nicolaïevitch, ancien président du conseil des inistres en Serbie, dans un mémoire aux députés 3S Parlements d'Europe, dépend presque uniquei*ent de la manière dont sera résolue la question de i^ Bosnie-Herzégovine. C'est du côté de ces contrées ue sont ouvertes les montagnes qui enserrent le Monjenégro, c'est à travers ce pays que va la seule route ar laquelle la Serbie peut s'approcher de la mer Adriaique et échapper à son ennemi, ce sont ces pays qui bparent les deux États serbes et les empêchent de se iévelopper. »
Par suite de l'état d'âme des populations balkaniques, était évident que l'annexion était une menace pour iéquilibre de la Péninsule. Or, l'Europe était directe- [lent intéressée au maintien de la paix dans les Balkans, puisque l'annexion était contraire aux intérêts de l'Eujope, l'Autriche devait le savoir. Il semblait plutôt qu'elle foulùt l'ignorer. Il y avait alors deux Europes. D'un côté iiîs puissances soucieuses de conserver le statu quo et lésireuses de sauvegarder l'indépendance des États balsaniques : Russie, Italie, France, Angleterre ; et de fiautre, l'Autriche soutenue par l'Allemagne, qui s'était appliquée à allumer un incendie que les autres puissjances 'efforçaient d'éteindre. Il faut avouer, en effet, que le noment était des plus mal choisis pour réaliser l'an-
nexion de la Bosnie-Herzégovine. A l'heure où elle se produisait, elle risquait de compromettre la révolution ottomane et de faire retomber les diverses populations soumises à la Turquie, sous le régime absolu. Elle était, en tout cas, un moyen de faire échouer la politique réformatrice des Jeunes-Turcs, qui s'attaquait à ! Tinfluence allemande à Constantinople. En laissant* proclamer l'indépendance bulgare, l'Autriche lançait] une provocation aux Serbes. Elle croyait peut-être I qu'ils partiraient en guerre contre les Bulgares, comme en 1885, ce en quoi elle se trompa. Si une guerre avait éclaté, au lendemain de l'annexion, l'Autriche aurait cherché à obtenir de plus grands bénéfices, soit en Macédoine, soit à Constantinople pour regagner l'influence perdue. Et la mêlée pouvait être générale. Ses calculs furent en partie déjoués; ils démontraient moins qu'elle n'avait jamais eu la pensée de travailler à la conservation de la paix dans les Balkans. Du reste, cette annexion, l'Autriche ne l'aurait jamai tentée, si la Russie, très affaiblie par la gueri d'Extrême-Orient, ne s'était trouvée dans l'impossibilité momentanée de défendre les Slaves opprimés L'annexion de la Bosnie- Herzégovine , de mêni que le voyage de Guillaume H à Tanger avaient et' directement provoqués par la funeste bataille d- Moukden *.
Les conséquences de cet acte de violence devaient être plus fâcheuses qu'on a semblé le supposer alors Ce n'est pas en vain qu'on déchire les traités solennel lement ratifiés! Ce n'est pas en vain qu'on pousse au désespoir des populations qui préfèrent périr et dispa raître plutôt que de perdre leur indépendance I La querelle des chemins de fer balkaniques et l'annexion dv la Bosnie-Herzégovine, en créant en Serbie un étal
1. Ce chapitre a paru dans la Revue VolUique et Parlementaire^ Ic^ 10 octobre 1908 et 10 janvier 1909.
'esprit inquiétant, en excitant les Slaves de Russie ^ outre la race allemando, fut la cause du conflit de juillet i ernier. La Russie qui n'était pas prête dut céder, mais : ouvait-elle subir toujours de telles humiliations?