‹ La Turquie et la guerre;Chapitre 11 sur 60 · L'ÉTAT BULGARE · texte numérisé non relu

L'ÉTAT BULGARE

Entre la Serbie, la Roumanie et le Danube, un peuple slave a brusquement grandi dans le dernier quart du XIX* siècle, participant soudain à la vie politique et sociale de l'Europe, alors que la veille môme il n'existait pas et qu'il n'était qu'une province dévastée de l'Empire turc.

La naissance de l'État bulgare est une des plus grandes métamorphoses de l'histoire contemporaine ; cet État devait garder par la suite les bizarreries de sa trop rapide évolution.

Les Bulgares sont des Slaves, appartenant à la famille Thraco-Illyrienne, mais avec un fort mélange de type mongol, issu des populations tartaro-fmnoises du Volga, qui se montrèrent au V siècle sur le Danube et s'installèrent au VIP siècle entre le Danube et le Pruth, s'avançant même jusqu'en Thrace. Ces populations se noyèrent peu à peu dans l'élément slave-indigène et en gardèrent le caractère, tout en leur donnant leur nom. Les Slaves avaient la famille comme base de leur organisation sociale, et une forme de gouvernement démocratique, toutes les décisions à prendre étant soumises à l'assemblée du peuple. C'est le caractère de l'État bulgare actuel; or, le»

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)nquérants du VII° siècle formaient au contraire une :istocratiG guerrière où le prince décidait seul.

Ce peuple, surtout agricole, laborieux et paisible, a ^.rdé cependant des traces de ses origines touraniennes. [ a bien, comme les Slaves, l'esprit fin, ingénieux, k btil, mais aussi le sens de la hiérarchie, de la discijlne; il est plus gouvernable; on retrouve aussi chez lui 1 caractère courageux, brutal, combatif des races asia- Ijucs.

iLes Bulgares entrèrent vite en lutte avec les Césars de nstantinople (679) qui leur payèrent même un tribut cherchèrent dans le succès des guerres à le racheter. , s'avancent jusqu'aux portes de Constantinople. Leur mination s'étend sur une partie de la Hongrie, sur la icédoine, avec le TsarKroum (802), en Moravie, avec le ar Boris (852) qui voit sous son règne le peuple se conrtir au christianisme. Lorsqu'il abdique en 888, la Bulrie va du Danube aux Rhodopes, embrasse la vallée du rdar, une partie de la Serbie.

Sous le Tsar Siméon, successeur de Boris, elle atteint plus grande puissance. Celui-ci rêve de conquérir DSiantinople, comme plus tard les Latins et les sses; il l'investit même complètement par terre, et se t donner le titre de ïsar des Bulgares et des Grecs. Ce •ent les Serbes qui, envahissant son territoire, sauvent alors la ville impériale. A sa mort cependant, napire bulgare allait de la Thrace à l'Adriatique, jlobait la Macédoine, Novi-Bazar, Nich, Belgrade. !mme bien des fils de grands souverains, l'héritier de ^néon, Pierre, était sans caractère; des discordes intérures surgirent, et la décadence commença. Sous le I 11 Samuel, véritable homme de guerre, actif et entrepmant, l'Empire acquit de la vitalité, luttant énergique-

ment contre Constantinople. Un instant la victoire lu sourit; il s'emparait de Raguse, conquérait la Bosnie, 1îi Serbie, mais l'Empereur Basile écrasait ses armées renvoyant au Tsnr, pour annoncer son succès, cent pri sonniers dont cliacun avait un œil crevé. A sa mort, 1:1 résistance bulgare ne fut qu'une lente agonie; la Biilgai rie était épuisée par les trente années de luttes qu'elH venait de soutenir. L'Emprie byzantin à son tour s'éten: dait de la Thrace à la Drave, au Danube et à l'Euphral* (1018).

A nouveau, à la faveur des Croisades qui affaiblirer TEmpire grec, les Bulgares reprenaient, avec le Tsa Kaloïan, les provinces perdues, et, en 1201, l'Empii atteignait encore Belgrade, mais sans recouvrer 1débouché sur la mer Adriatique. Kaloïan se faisaj sacrer par le Pape, et le cardinal Légat lui remettait de î part le sceptre et le diadème.

Longtemps les Bulgares luttèrent contre les Grecs poi dominer la Péninsule, lorsqu'un autre peuple slave, 1« Serbes, dont ils occupaient les territoires, et qui grandi sait à leurs côtés avec Stéphane Ouroch I" et Milioutin entra en guerre avec eux, leur infligeant, en 1330, ur sanglante défaite. Le petit-fils du roi serbe Schischman prit même la couronne bulgare. Ce fut l'époque de l'hég monie serbe dans les Balkans avec l'Empire du grai Douchan. Cependant, de môme que la Bulgarie, apr Siméon et Samuel, la Serbie, à la mort de Doucha allait être en proie aux rivalités de clans, aux quereli de familles, à l'anarchie, et se morceller en principauté Il semblait que chacun de ces États slaves n'eût de pros[ rite que sous un seul souverain, etqu'avecsonsuccesse il fut soumis à une loi inévitable de décomposition.

Épuisés par ces guerres intestines, les États chrétie* des Balkans n'avaient plus aucune résistance à oppos: aux Turcs envahisseurs. Voici que ceux-ci envhissent la Péninsule, prennent Andrinople, soum*

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mt les frontières avoisinantes (1330) et Sofia (138^2). Et îpendant Bulgares, Serbes, Byzantins, Génois, Vénitiens, humains, Hongrois, luttent toujours entre eux. Enfin, - Slaves et les autres peuples chrétiens se réunissent lire l'ennemi commun, mais pour se faire écraser à <ovo (1389). Bientôt Vidin, Tirnovo tombaient aux lins des Turcs. La vieille capitale bulgare qui avait >e mesurer avec Constantinople fut pillée, ses églises .Uisformées en mosquées, ses habitants déportés en 'irace et remplacés par des colons turcs. Alors com- I3nce la période la plus sombre de l'histoire bulgare. Désormais, la Bulgarie était turque, et cessait d'avoir ue vie indépendante. Elle qui avait rêvé de dominer le I sphore, qui avait imposé ses souverains aux filles des tsars, se courbait sous le joug des Osmanlis et du patarchat grec. Les champs étaient dévastés et incultes, l. forteresses démantelées, les villes ruinées, il n'y aiit plus d'État, mais la plus malheureuse des provinces d l'Empire turc ! Si la population fut au début mieux :iitée, vite elle devint soumise aux caprices, aux exac- ,i[is des Pachas, aux violences des Kurdes qui emme- 1 entles filles et frappaientles hommes; et cependant elle î iservait sa langue, parlée ça et là dans les campagnes, 5; traditions religieuses, malgré la domination de l'égrecque, et, ensevelie au fond des consciences, nt se révéler, la foi dans l'avenir de la race.

lais qui la réveillerait? Il n'y avait pas de vie publi- I . et par conséquent pas d'échange d'idées. La littéraux était uniquement sacerdotale, due à la plume des Dînes, consistant en traductions des théologiens grecs itnaccessible aux masses : l'Hellénisme officiel domi- 1; . Et cependant c'est dans les monastères que se rvaient les vieilles traditions bulgares. Voici qu'au

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gg LA TURQUIE ET LA GUERRE

XVIIP siècle, un moine, Païci, découvrait dans les bibli(

thèques du mont Athos les vies des saints et des Tsai

bulgares, et en écrivait l'histoire inspirée d'un vif patrie

tisme (1762), excitant ses compatriotes à remettre e

honneur la langue et les prouesses des ancêtres. E

1806, à Bucarest, paraissait en bulgare l'ouvrage d'\3

pope, Sotroni, plus tard évoque et qui eut un grand r.

tentissement. En 1825, s'imprimait un alphabet bulgar.

en 1829, Venedin faisait paraître le premier tome «

son ouvrage sur les Bulgares anciens et modernes da

leurs rapports politiques et religieux avec la Russie. Pu

une école bulgare s'ouvrait en 1835, grâce à la génén

site d'un riche négociant, Aprilof, et le premier péri

dique voyait le jour en 1S44. Évolution touchante d'i

peuple, esclave depuis quatre cents ans, et qui revien

la liberté, retrouvant lentement, pas à pas, les souveni

et les gloires de sa vie passée!

11 faut dire que les victoires des Grecs, les promess faites aux provinces roumaines on 1856, incitaient Bulgares à demander l'indépendance. Il y avait eu ( révoltes vite réprimées: 1836-1841-1851. Un comité b gare se formait à Odessa pour créer une agitation, faveur de la délivrance, et obtenir l'aide de la Rus (1853), et le Congrès de Moscou (1866) encourageait espérances bulgares. Mais de même que dans les mon tères s'étaient retrouvées les traditions de la race, c' une question religieuse qui allait préparer son avenu L'agitation contre l'église grecque groupait les patrie bulgares qui réclamaient une indépendance religieuse,, évêques nationaux. En 1860, l'évoque Ililarion décidai Gonstantinople, de supprimer dans les prières publiq le nom du patriarche, et bientôt la cause bulgare tril phait avec l'octroi d'un lirman du Sultan qui ordo. la création d'unVxarchat bulgare (1870). Le peuple, i avait désormais un chef religieux, une église nation-^ prenait conscience de ses droits, et devait bientôt ^i

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revendiquer ; des écoles se fondaient qui enseignaient aux jeunes Bulgares les exploits de leurs pères, et leur inculquaient, avec l'amour de la liberté, la volonté de libérer la patrie du joug de ses oppresseurs.

Un comité de patriotes se créait à Bucarest composé liirtisans, d'étudiants, de professeurs, parmi lesquels se distinguaient Rakvski, Karavelof, pour organiser la propagande en faveur de l'idée nationale. Des Comi- 'nts étendirent leurs organisations sociales sur tout e pays. Tous préparèrent la révolte générale pour e l'*" mai 1876, au moment où l'Herzégovine se soulevait. Les Turcs, avec leurs féroces Bachi-Bouzouks, la noyèrent dans le sang, à Perouchtitza, à Batak, et M. Gladstone dénonça au monde civilisé les « atrocités julgares ».

L'intervention de la Russie libéra la Bulgarie. Au traité ie San Stefano, était créée une principauté autonome [-eliée à la Turquie par un simple lien de vassalité, comprenant le pays qui s'étend du Danube à la mer Soire et à l'Archipel. L'Empire ottoman était coupé en rois morceaux et Constantinople séparé de la Chalciiique qui, elle-même, était isolée de l'Albanie et de la Bosnie-Herzégovine. Quelques mois après, le traité de Berlin, pour arracher à la Russie le prix de ses victoires, 'faisait et refaisait l'œuvre de San Stefano qui se com- M, sait désormais de trois parties distinctes. \\ y avait i'abord une principauté autonome tributaire, sous la ^wuveraineté du Sultan, allant du Danube aux Balkans; puis une province s'étendant des Balkans à la mer Noire t à Andrinople; la Roumélie orientale qui avait l'autonomie administrative et se trouvait placée sous l'autorité lirecte du Sultan; enfm une troisième province, la Macédoine, entièrement soumise à la Turquie.

Mais il fallait constituer dans ce pays, privé depui i des siècles de vie indépendante, un Ëtat pourvu des or ganes modernes, et cela était d'autant plus difficile qu la masse des paysans bulgares désirait avant tout sauve garder les franchises de leurs cités. Il faut dire que 1 Bulgarie est presque uniquement peuplée de paysans € de laboureurs; il n'y a pas de bourgeoisie et partant pa de lutte de classes. Mais par contre, les Bulgares s sentent tous égaux; ils ont un vif amour de la liberté € de l'indépendance, tout en restant pénétrés d'un part cularisme municipal qui semble un trait caracléristiqu des Slaves.

Le nouvel État sera-t-il une fédération de villages, d' communes, donc une espèce de République sous un forme monarchique, puisqu'elle devait recevoir un sou verain? Ou bien, au contraire, renoncera-t-il à son parli^ cularisme très prononcé pour adopter un pouvoir cen tral solidement constitué, ce qui aurait paru faire de so; roi une espèce de tsar aussi autoritaire que celui d Russie?

L'Assemblée nationale, réunie à Tirnovo, se mil l'œuvre pour donner une constitution au pays. Les libf raux et les conservateurs savaient que l'Europe suivai attentivement leurs travaux, et que la Bulgarie, quMI voulaient indépendante, devait s'organiser pour vivre d sa vie propre.

Le Tsar Alexandre II, dans une proclamation d 2 avril 1879*, après avoir remercié les Bulgares « de

l. Annuaire diplomatique de V Empire Russe pour les aQnti 1879-1880, p. 205 et suiv. Saint-Pétersbourg, 1880.

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■ntimenls de dévouement et de reconnaissance » qu'ils anifestaient pour lui et tout le peuple russe, « à la suite 1 secours désintéressé qui lui avait été prêté dans leurs urdes épreuves, et des sacrifices accomplis en faveur ; leur délivrance », leur disait : « les puissances, par 1 sentiment de justice, n'ont pas pu ne pas reconlitre les droits civils de la nationalité bulgare. Le ailé de Berlin vous a définitivement reconnu ces oits, et a garanti votre indépendance, en posant, ir la création de la principauté de Bulgarie, des bases ilides pour le développement ultérieur de votre natioilité.

« Bulgares delà Principauté, une nouvelle voie s'ouvre îvant vous, et les puissances qui ont participé àl'œuvre 3 votre renaissance, auront les yeux sur votre marche ms cette direction ; vous leur montrerez que vous êtes

I peuple apte à la vie politique indépendante, et suffiimment mûr pour jouir des droits qui lui sont oc-

'vés. »

Tous les partis comprirent qu'il fallait donner au pays

II pouvoir centralisé, et l'Assemblée nationale se sépalit, le 16 avril 1879, après avoir voté une Constitution émocratique, imitée du régime serbe : Chambre unique, linistére responsable, etc. Désormais, la Bulgarie cherra à réaliser peu à peu son indépendance. En choi-

ssant, du reste, pour capitale Sofia, les Bulgares maraent déjà leur intention très arrêtée de faire l'union de . Bulgarie du nord et de la Bulgarie du sud.

Les partis avaient le même idéal politique : la Bulgarie i\ Bulgares. Ils étaient de plus en plus convaincus que i Principauté ne conquerrait son indépendance que par es propres forces : ce fut le caractère dominant de toute iiistoire de la Bulgarie moderne. Comme jadis l'Italie,

l'époque où elle constituait son unité politique, la ,ulgarie s'organisera par elle-même, sans le secours de étranger, « fara da se». Et, en effet, déjà les Bulgares,

en se donnant un statut constitutionnel, montraient qu'ils étaientaptesàla vie politique, comme le disait le Tsar Alexandre dans son manifeste de 1879 : « Par Télabora-; tion d'un statut organique pour l'administration de la Principauté,vous avez posé les bases de votre organisation intérieure, vous vous êtes réservé une participation importante dans les affaires de cette administration. Je ne doute pas que vous ne sachiez vous approprier les principes qui servent de base au statut et que vous n'en fassiez un usage utile à votre développement. » Les Bul-i gares, en suivant les conseils du Tsar Libérateur, confirmaient ses sages prédictions.

La nouvelle Constitution va être mise en vigueur, et la Bulgarie fera l'apprentissage du parlementarisme. De 1880 à 1885, son histoire estremplie par une lutte ardente entre les libéraux et les conservateurs qui se succèdent au pouvoir*.

En 1885, la Bulgarie fait un pas en avant dans la voie de l'indépendance. Les anomalies du traité de Berlin éclataient aux yeux de tous, et c'est le plus simplement du monde, sans effusion de sang, que s'opéra l'union à la Bulgarie de la Roumélie orientale, dont le prince Alexandre devenait le chef reconnu. Peu importait aux Bulgares qu'il portât le titre de gouverneur de Roumélie, il était pour eux et avant tout le prince des deux Bulgaries désormais unies.

Cet événement eut des conséquences importantes dans les Balkans : un désaccord éclata entre les Bulgares et les Serbes. Pour la Serbie, l'équilibre oriental était menacé; elle envahit la Bulgarie; celle-ci, quoique mal préparée à la guerre, sortait victorieuse de la lutte.

Mais le malentendu qui existait entre les Slaves du Sud s'était prolongé chez les Slaves du Nord, entre les Bul-

1. Pour l'élude des pnrtis bulgares, voir l'onvrape de M. Hen«'; Henry, Des monts de Bohème au Golfe persique. Pari8-Perrin 1908, qui nous fournit h cet égard de précieuses indications, et Georges Bousquet : Histoire du peuple bulgare. Paris-Ghaix, 1909.

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,,«.res et les Russes. La Russie avait été froissée que la

]volution de Philippoppoli eût été décidée à son insu;

"en suivit une brouille entre le Tsar Alexandre II et le

:iice de Baltenberg, puis le départ de Sofia des officiers

; sses qui présidaient à l'instruction de l'armée bulgare.

Devant ces difficultés intérieures qui lui semblaient

Iricables, le Prince Alexandre prenait le parti d'abdi-

r. Cette abdication se produisait à la suite d'une révo-

lion militaire qui éclatait à Sofia (8 août 1880), et qui

it aucune conséquence, car le peuple la désapprouva,

iir les conseils de StamboulofT, président du Sobranié,

jipela le Prince de Battenberg.

Mais le prince, en présence de l'hostilité manifeste de

liussie, ne pouvait plus gouverner en Bulgarie et il se

ida à abdiquer (2 septembre 1886), en instituant une

nce composée de StamboulofT, de son beau-frére, le

•rai Moutkouroff, et de KaravélofT, remplacé bientôt

uJifkoff.

I^ar son abnégation et son renoncement à une counue désormais trop lourde, le prince Alexandre, sous î 'gne duquel s'était accomplie l'union des deux Bul- 'ies, s'était attiré la reconnaissance des Bulgares, iques années après, ils décidaient en effet, sur Tini- Uive de son successeur, le prince Ferdinand, de faire nir en Bulgarie le corps du prince Alexandre, et de lilerrer avec les honneurs dus au vainqueur de Slivilza.

De l'abdication du prince jusqu'au 7 juillet 1887, la iilirarie est dans une situation difficile. C'est la Chambre l l'armée qui font la loi^ les factions sont toutes puismtes, et, à l'extérieur, la Russie est menaçante. Aux 'ùtés de Stambouloff, qui dirige le gouvernement, plusieurs personnalités apparaissent au premier plan : iM.Tsankofi", Stoïloif, Grekoff, Natchovitch, général Nicoieff,généralPétroff,Radoslavoff. Mais, malgré lalutteparimentaire violente qui se produit alors, malgré toutesles

influences divergentes qui se manifestent, la Bulgarie suit invinciblement sa voie. De son propre mouvement, elle va élire un nouveau souverain (7 juillet 1887). Nul choix n'était plus heureux que celui du prince Ferdinanc de Saxe-Cobourg-Gotha, petit-fils du roi Louis-Philippe. Stambouloff, qui avait été un instant le seul maître OB' Bulgarie, avait eu une influence considérable sur \i situation politique de la Principauté. Il avait réveillé ii sentiment national bulgare. C'est le trait caractéristiqmi de son œuvre qui, à cet égard, est digne d'admiration^ En donnant à la Bulgarie des leçons d'énergie, il lui avaii appris quelle était sa force, quelles étaient ses mer^ veilleuses ressources morales et économiques; elli prenait confiance en ses destinées. Il avait ainsi prépara la voie au souverain qu'elle venait de se choisir libre^ ment. Il constitue une transition, il est le lien, si l'oil veut, entre la Bulgarie encore jeune, inexpérimentée, ei la Bulgarie moderne.

Le 2-14 août 1887, le prince Ferdinand faisait soi entrée solennelle à Tirnovo, dans l'ancienne capitale de Acénides. La nécessité s'imposait d'organiser un gouvei nement fort et centralisé pour régénérer le pays. A ce égard, le rôle du prince Ferdinand sera considérable. S' l'on réfléchit à ce qu'élait la Bulgarie en 1887, et à c qu'elle est aujourd'hui, après s'être érigée eu royaum indépendant, on voit tout le chemin parcouru graduel lemcnt, progressivement, la grandeur de l'œuvr accomplie par le souverain qui gouverne ce pa} depuis l'époque troublée que nous venons d décrire.

Héritier des traditions d'une des plus vieilles dyna ties d'Europe, il avait l'autorité naturelle qui s'attach»

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ine race illustre, et se révélait conducteur d'hommes. Il pvait donc en imposer à un peuple batailleur, enthoufaste, qui désirait un souverain avant tout énergique. [ attira vite le respect de tous par cette majesté lUi se dégageait de sa personne, et par ces éclairs je volonté qui jaillissaient de son regard pénétrant. Ami u faste et de l'élégance, très solennel dans les cérémoies publiques, il savait en même temps comprendre le 'euple et gagner son affection par ses idées égalitaires ■t démocratiques, par son désir de respecter la Constiilion bulgare.

Le mérite du prince avait été d'accepter la couronne ans des circonstances très spéciales. Il avait eu de •randes hésitations et il dut se faire violence pour en fiompher. Cependant il fut à la hauteur des difficultés. »'abord, il comprit très heureusement qu'il fallait coni rver Stambouloff au pouvoir, car, nouveau venu en Julgarie, il pourrait profiter de l'expérience d'un ioinistre, ambitieux il est vrai, mais dévoué aux intérêts '"^ son pays.

Le pouvoir de Stambouloff ne pouvait être qu'éphénère parce qu'il devenait excessif, parce que son oeuvre tait l'inverse de celle des libéraux dont il était le chef. 1 n'avait pas su dégager nettement les grandes lignes de i politique extérieure. Il était trop antirusse, et sa poliii}ue s'enressentaitnaturellement. Il s'appuyait presque •^ -lusivement sur la Triple Alliance, tout en voulant iserver les bonnes grâces de l'Angleterre. Or, la Russie rivait rompu toutes relations avec la Bulgarie; mais si le prince devait régner avec les Bulgares et malgré les ■tiusses, il ne pouvait gouverner longtemps contre la ilassic avec les seuls Bulgares. Les peuples, tout en conservant leur pleine indépendance, suivent naturellement les grands courants de races; on ne saurait sans Jang*»r les en détourner.

ji Aussitôt la chute de Stambouloff (mai 1894), le prince

dirigera seul les affaires du pays suivant les idées qui lui sont propres, en véritable chef d'État et en diplomate habile. Il s'agit de rétablir une juste mesure, une balance entre les partis extrêmes, adapter le gouvernement auxi sentiments du peuple qui voulait rester en excellentai termes avec la Russie et garder en même temps sa pleinei indépendance. Telle sera l'œuvre du prince Ferdinand.

Dans son mode de gouvernement à l'intérieur, le princej allait suivre une excellente méthode. Il permettrait au«j partis de se développer en les appelant tour à tour à gouver*< ner. Ceux-ci donneraient ainsi la mesure de leurs moyens^ et se succéderaient au pouvoir suivant que leur influencei croîtrait ou décroîtrait dans le pays. La nation retirerail naturellement les fruits les plus heureux de l'habiletéi gouvernementale des hommes de talent composant \e9^ divers partis. Ce serait la meilleure application du système parlementaire anglais dans un pays à constitution démocratique? L'État, avec une politique extérieure plus déli-| mitée, une politique intérieure plus nette, pourrait se développer au point de vue économique et financier dans les conditions qu'il est aisé de prévoir.

La politique extérieure devenant indépendante de celle des partis fut dirigée dans des voies régulières. Mais^ par contre, les partisse divisèrent. Il n'y a pas dans le pays qu'un seul courant conservateur, et qu'un seu courant libéral; on voit se produire une lutte ardente entre les divers groupes, lutte dont le prince palliera habilement les funestes elîels par la méthode de gouver-i nement que nous avons exposée. Il serait fastidieux de relater la succession régulière au pouvoir des divei partis. Contentons-nous seulement de distinguer le parti des Tsankovistes (ancien parti libéral), qui se transforma sous la direction de M. Dauoiï en parti progressiste; U parti radical de Karavélolf, (|ui trouve un appui précieuJ dans le parti démocrate rouraéliote; le parti démocrate,

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1^, formation récente (1900); le parti Stambouloviste, |.rti national dont se rapproche M. Stoïloff, etqui devient rec M. Guéchofï, le parti national; puis le parti iitional-libéral de M. Radoslavoff. En somme, il y a 'jutôt autant départis différents que de leaders de gou- 'rnement, parmi lesquels nous citerons MM. Maniloff, ■''ikeff, général Paprikoff, Liaptcheff, Slavekoff, Ghénaoff, Goudeff, général Savoff, Todor Ivantchoff, ïontneff, Pecheff, Teodoroff. Payakoff, Lioutskanoff, et qui ioupent autour d'eux une série de partisans. En gouvernant, tantôt avec un parti, tantôt avec un î.tre, le prince va s'attacher désormais à réconcilier la Jilgarie avec TEurope, et à se faire reconnaître par lûtes les puissances, particulièrement par la Russie; (ist là pour son pays une politique vraiment nationale. Il cherche à consolider la situation de la Bulgarie en hrope et dans la Péninsule. Il a compris que l'avenir de l Bulgarie dépendait en grande partie de l'Europe, car ^le forme un des aspects de la question d'Orient qui est : premier chef une question européenne. Il fallait donc jigner les sympathies de toutes les puissances, sans en •iclure aucune, mais il était nécessaire alors d'appuyer ttte diplomatie sur une armée forte et solidement orgaïsée, de fortifier le pays au point de vue économique et nancier, afin de lui permettre de compléter l'œuvre ù. 1878 et de 1883. C'est ainsi que la Bulgarie deviendrait "1 État indépendant, une véritable puissance européenne f balkanique, envoyant à l'étranger des agents diplomaî^ues et recevant chez elle les représentants des grands Uts. Ferdinand I" savait que la Bulgarie avait été [squ'ici la proie des factieux, que sa politique intéfeure et extérieure avaient été trop souvent confondues, 'voulut supprimer les causes du mal, émanciper l'admistration de l'État, donner au pays une politique extéeure indépendante, sans subir l'influence de tel ou tel 'oupement, en gardant d'excellentes relations, aussi bien

avec les puissances de TEurope centrale, c'est-à-dire, k' Triple Alliance, qu'avec la France, l'Angleterre, e notamment la Russie, dont la Bulgarie voulait reste; l'alliée naturelle.

Certains faits caractéristiques nous montreront com ment Ferdinand I" est parvenu à accomplir la tâchn ardue qu'il s'était imposée pour la grandeur de sa noa* velle patrie. Dans les fluctuations des partis, dans lea succession au pouvoir, c'est la politique extérieure qu^ sert de fil conducteur, et qui est comme le reflet delii pensée du prince. Parfois ondoyante et diverse, elle eai adaptée aux circonstances spéciales dans lesquelles évolue la Bulgarie, dans une Europe indifférente, à eût' de nationalités jalouses, d'une Russie inquiète et d'uni Turquie toujours hostile.

Dans la première partie de son règne, le prince Ferdî nand parvint très heureusement à faire reconnaître s' dynastie par la Russie et par l'Europe. Il commença se rapprocher peu à peu de la Russie, aussitôt la moi d'Alexandre Ilï. Des prières furent dites solennellemen en Bulgarie au moment de la mort du Tsar (1894). EJ juillet 1895, une députation bulgare, ayant à sa tête l' métropolite Clément, arrivait à Pétersbourg. Le rapprd chement définitif s'opérait par la confirmation de l'hérî tier du trône, le prince Boris de Tirnovo, qui avait \ Tsar pour parrain (1890), et il était scellé par la réceptio^ du prince Ferdinand à Paris et à Saint-Pétersbourg (1896] On créait une agence diplomatique à Pétersbourg, o^ était nommé M. Dimîtri Slancioff, chef du cabinet poH tique du prince Ferdinand (189()).

La Bulgarie était rentrée en grâce auprès de la Russie auprès du Sultan, auprès de l'Europe entière, et l'élu d Tirnovo avait reçu la consécration oflîciclle de sa son veraineté princière. De plus, en décidant la conversioû l'orthodoxie de l'héritier de la couronne, il avait donné la Bulgarie un souverain vraiment national; il ava

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dentifié sa dynastie aux croyances, à l'âme même du leuple bulgare.

, Le prince allait poursuivre les heureux résultats de ette politique habile, accordant à la Russie, à la France [ à l'Angleterre, des gages de ses bonnes intentions, ^estant neutre dans les affaires d'Arménie et de Crète, •uelque temps après, avaient lieu les fêtes grandioses et ymboliques de Chipka(septembre 1902), les manœuvres ui reproduisaient les combats de 1877, et auxquelles ssistait le Grand-Duc Nicolas, et l'arrivée à Sofia du omte Lamsdorff.

, Le prince Ferdinand cherchait principalement à ompre les liens qui rattachaient la Bulgarie à la Porte, ;n vertu du traité de Berlin, afin de conquérir sa pleine idépendance. Ce fut là son œuvre personnelle. Il nomaait des agents diplomatiques à Constantinople, Buca- ^st et Belgrade, puis en 1889 à Vienne, en 1896 à Pétersourg, Athènes et Cettigné, en 1897 à Paris, en 1903 à ondres et Berlin. Il envoyait des représentants aux lonférences de la Haye, au même titre que les autres uissances; il insistait auprès de certains Étals pour la laination à Sofia d'attachés militaires ; c'étaient là lutant de pas successifs dans la voie de l'autonomie, ^uis, la Bulgarie négociait seule certaines conventions : Il 1902, avec l'Autriche-IIongrie, avec la Roumanie pour ^'j contestations de frontière, avec la France pour mor le régime des Capitulations qui ne se concevait us dans un pays, où l'organisation judiciaire était devele semblable à celle des États européens et offrait utes lesgaranties désirables. Enfin^, avec la Turquie elleême, elle signait, en 1904, un arrangement destiné à 4vrir les portes des prisons turques aux Bulgares, im- ,.iqués dans l'insurrection macédonienne de 1903, et psrtaines conventions relatives à des questions de transort et de nationalité.

^ Le général Pétroff ayant démissionné en 1906, il appela

au pouvoir M. Petkofî en lui donnant comme ministr des Afîaires étrangères, M. D. Stancioff, ministre à Sair. Pétersbourg.

M. Stancioff était résolu à continuer la politique ti ditionnelle de la Bulgarie, en accentuant l'idée de l'ind pendance bulgare. « Les relations avec les grandes pu, sances, disait-il au Sobranié, le 20 novembre 1907, et n tamment avec la Russie, ne viennent pas seulement d'' sentiment de gratitude, mais bien de la compréhensi des intérêts réciproques. » Il ne voulait pas faire u: politique de sentiment, mais une politique réaliste fond sur la (( réciprocité des relations ». Il ajoutait : « Il m'i agréable de constater que nos relations avec les grand puissances sont plus que bonnes. Par la voie qu'elle ; cesse de suivre, par le souci constant qu'elle a de fai honneur à ses sentiments internationaux, et par l'id qu'elle s'est formée de sa situation dans la Péninsi des Balkans, la Bulgarie gagne de plus en plus dai l'estime et dans la sympathie des puissances. ))I1 rés^ mait sa politique en disant : « La Bulgarie a déjà conqu son audience en Europe. »

M. Stancioff, d'autre part, tenait beaucoup à rend plus nettes les relations avec les États balkaniques, a^ la Roumanie, avec la Serbie, et notamment avec l'Emp ottoman. Il déclarait que « la question Macédoniei. devait être revêtue, par les grandes puissances, du m^i teau de l'humanité ». Il exigeait de la Turquie pour 1 | Macédoniens « tous les droits qui garantissent pleii ment la propriété, la vie et l'honneur, tous les droits > assurent lo libre développement économique, tous droits (jiii feront du Bulgare, en Turquie, un cilo} ay?nt des droits égaux à ceux des autres sujets de l'I' pire ottoman, en un mot, la disparition de la concepti théocratique du raïa ». C'était, un an avant la révolut de Conslantinople, le programme de la Jeune-'l quie.

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Le ministère gardait des tendances nationales. Il inau-

'^urait, en 1907, la statue du Tsar Libérateur, en prési-

lant au jubilé de l'indépendance. Le grand-duc Vladimir

enait à Sofia, en octobre 1907, lors des fî'tes qui furent

lonnées pour célébrer le vingtième anniversaire de

;iv(;nement au trùne du prince Ferdinand.

La politique do bons rapports avec l'Autriche et la (ussie se continuait sous le ministère démocrate présidé )ar M. Malinoff (16 janvier 1908), chef d'un parti de fornation récente qui groupait beaucoup d'anciens radiaux Karavélistes. Mais le ministère arrivait au pouvoir lans des circonstances difficiles; la politique entreprenante du comte d'Aehrenthal creusait un fossé infran- •l'issable entre la Russie et l'Autriche, et la Bulgarie ne liait pas, pour l'instant du moins, prendre parti dans te querelle;, lorsque brusquement éclatait, en 1908, la t'volution jeune-turque qui bouleversait les conditions iilitiques et sociales de la Péninsule. Qu'allait faire le u ince Ferdinand? La Bulgarie était-elle prête à jouer un ■ )le décisif dans cette nouvelle phase de la question ! Orient pour conquérir l'indépendance ? Pour cela, il suffisait d'un léger incident entre la Porte et la Bulgarie ur qu'il fût possible de saisir l'occasion, unique peut-

iro dans l'histoire de la Principauté, de proclamer l'inti'pendance. Cet incident se produisit et ce fut la Turquie

lli'-môme qui maladroitement le fit naître. Le moment ■tait venu pour le prince de retirer les fruits de sa polii I lie et se proclamer l'héritier des anciens Tsars. Dès 1882,

i furquie avait admis que le représentant de la Bulgarie

rrespondrait directement, comme les autresdiplomates,

..!C le ministre des Affaires étrangères, et serait invité LUX fêtes du Sultan, en môme temps que le corps diplomatique. Or, en septembre 1908, un dîner était offert [tar le ministre des Affaires étrangères et M. Guéchoff ne

':evait pas d'invitation. C'était une incorrection de la 1- lit des Jeunes Turcs que rien n'excusait, puisqu'il y

avait des précédents dans le sens contraire. L'opinio publique bulgare fut très blessée de l'affront fait au payj Un nouvel incident, indépendant du premier, pouss les choses à rextrôme. La ligne de chemin de fer bu) gare Sarambey-Harmali était exploitée par la compai gnie des chemins de fer orientaux, depuis 1878. Kll était sous la dépendance du gouvernement turc; ell formait comme une enclave dans la Principauté. Obéis sant aux ordres venus, le personnel faisait grève, l 27 septembre; le gouvernement bulgare remplaçait lei grévistes par ses agents et se mettait à exploiter luit même. La Bulgarie sentait de plus en plus la nécessit» où elle était de se libérer des dernières attaches qui li liaient encore nominativement à la Turquie. Le 5 octobre Ferdinand proclamait l'indépendance de la Bulgarie ei prenant le titre de tsar des Bulgares K

1. Le droit pour Ferdinand I"'^ de porter le nom de tsar et r<' des Bulgares s'appuie sur des arguments historiques très ancieij et d'une incontestable valeur, qu'on a trop facilement ignorés e\ Europe, Sur une pierre, servant de démarcation à la frontièl turco-bulgare, datant de l'année 1094, et retrouvée près de Salol nique, on lit cette inscription en grec : « Au temps de Siméon, d par Dieu Archonte (souverain) des Bulgares. » Siméon le Granl avait été reconnu par l'Empereur Roman Lacapène comme n des Bulgares (925). (Lettres de Roman Lacapène, Empereur é Byzance au TsarSiméou). Le lils et successeur de Siméon, le rc Pierre, est reconnu officiellement comme roi des Bulgares. L6 écrivains byzantius l'appellent « roi des Bulgares », et son époQ» Marie fut appelée « Souveraine des Bulgares ou reine des Bu gares ». Ces écrivains donnaient également ce titre à Samuel et Joan Vladislav. Les écrivains Jouglo-Slaves ont traduit le un liasileus dans la Sainte-Écriture par le mot latin Coesar. Li. Slaves ne reconnaissaient pas d'autre titre que celui de Kniti\ (Prince) qui ne correspond pas au mot Basileus; c'est pour cefc qu'ils se sout servis du mot César, et de cette facou ils traduisiren le titre grec de Basileus des Bulgares et des Grecs par o Co?«ar^'€i| Tsar des Bulgares et des Grecs ».

Sur le portrait de la Tsarine Erina on lit « Erina la pieuse, Th| rine de t(jus les Bulgares. »

Sur l'iujnge du tsar Alexandre, figure l'inscription suivante « Ivan Alexandre, Tsar fidèle et autocrate do tous les Bulgares fj Grecs. »

Au British Muséum^ dans l'Evangile illustré Zaoutcher et à*

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Telle avait été, au détriment de l'Empire turc, la pénible lolution de l'État bulgare. Pas à pas la nationalité •incue, opprimée, avait recouvré ses droits, et une belle jovince avait été arrachée à la domination musulmane. Uis les ambitions des Bulgares n'étaient point apaisées. l Bulgarie s'était trouvée, après le traité de Berlin, dans l situation de l'Allemagne après Sadowa, partagée en bis tronçons qui ne devaient jamais se rejoindre. La lusse, qui était le tronçon le plus vivace, avait su, en [u de temps, réunir les deux autres à la couronne des bhenzollern. La Bulgarie était une jeune Prusse; mais Une évolution plus lente, elle avait eu, après 1878, D: but précis à atteindre, réunir le tronçon rouméliote i( tronçon bulgare; elle y était parvenue. L'acte d'indéjndance de Tirnovo consacrait Texistence du nouvel ïit. Il restait encore le tronçon macédonien qui permetlit à la Bulgarie, si elle se l'adjoignait, d'avoir un uché sur la Méditerranée. Elle allait être, au moment guerre de 1912, sur le point de réaliser ce rêve sécu-

rc des Slaves.

JS, § 2 des Acla Patriarch, on retrouve la même appellation.

:r l•^t CDCore, gravée «ur les monnaies d'argent de Théodore Své-

ilHav. Les Patriarcties de Constantinople l'emploient dans leur cor- •iilance avec les sonveraius bulgares qu'ils appelaient le . Haut et Très Grand Tsar des Bulgares ». Elle est encore luite dans les brevets de Ivan Stratzimir et dans ceux du

lu Chichman. Ainsi tous les souverains bulgares, depuis l'époque

•-iiiiéon jusqu'à la conquête turque, ont porté le titre de Tsar des

; es qui correspond du reste au caractère de la langue bul-

Le mot « Tzar Bolgarski », en bulgare, signiûe Tsar des Bul-

el non « Tsar de Bulgarie ». C'est donc avec raison que le

V rt-rdinand a pris le titre que l'Europe lui a reconnu.

■KAC.

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