II. Mais ce ne serait pas méconnaître ce droit fictif de
lineté que d'effectuer cette suppression moyennant une
capensation pécuniaire.
Comme le demandaient les Cretois et les Grée qu'attendait-on pour décider l'union?
Quoique la possession de Candie ne constituât pour! Turquie qu'un souvenir historique, elle en ressenta douloureusement la perte définitive. La Crète fut le plt beau joyau de la couronne ottomane, Tile des rêves « des chansons. Sa conquête, comme celle de Constant, nople et de Rhodes, représentait toutes les gloires c» rislamisme ; aux yeux des croyants*, elle symbolisait triomphe du Croissant chassant la Croix de la Péninsa balkanique. Pour la conserver, la Turquie avait sacril des milliers de vies humaines et des centaines de mi lions. Plus que jamais, depuis les événements 1908, la Crète tenait au cœur des Turcs. Dès la premiè heure, elle fut dévouée aux idées nouvelles, elle le^ donna les plus fermes défenseurs, et les Jeunes-Tur jurèrent à maintes reprises de la garder coûte qi coûte.
La révolution de juillet fut un mouvement à la fc national et libéral, destiné à consolider l'Empire ott man. Or brusquement, l'Empire se trouvait amputé de| Bosnie-Herzégovine et de la Bulgarie ; allait-il encore perdl Candie que les Grecs revendiquaient au nom du dn historique? A ce compte-là, les îles de l'Archipel, ui quement peuplées de Grecs, demanderaient leur ra( chement à la mère-patrie. Si la Crète devenait grecqi une humiliation mortelle serait infligée à la Jcune-Ti quie qui aurait uniquement conduit au démcmbremi de l'Empire ; elle serait déconsidérée aux yeux de l'Isll qui perdrait désormais toute confiance dans le Khali On conçoit donc l'indignation des Jeunes-Turcs devi les prétentions légitimes des Grecs, et leur oppositioi toute modification du slalu quo. S'ils permett encore l'amputation d'une seule province de l'Em c'en était fait en Turquie du nouveau régime qui de
l'état grec 153
r compte, après tout, de l'opinion publique. 11. si, le premier Vice-Président de la Chambre otto- Die, Talaat Bey, déclarait-il au Journal des Débats, le
.: uillet :
^ 'US avons fait un immense sacrifice à la paix européenne
optant sans trop de peine Tannexion de la Bosnie-
-'ovine à l'Autriche et celle de la Roumélie Orientale à
:,'arie. Ce que cela nous a coûté, au fond du cœur, cela
-:arde que nous. Enfin nous avons pu le faire. Mais
Ion de la Crète, nous ne pouvons pas. Y serions-nous
résolus que cela nous serait impossible. Le sentiment public
t,' it contre nous et notre œuvre serait détruite^. »
i les grandes puissances ne pouvaient résoudre le ublème, parce qu'elles ne voulaient pas arracher à la
[uie une nouvelle province et ainsi déchaîner un cllit, la guerre devait se charger de lui donner une (ilion définitive. Les victoires de 1912 délivrèrent lijoug ottoman les Grecs de Candie, leur rendirent leur iique indépendance et libérèrent en même temps la llomatie européenne d'une de ses plus graves diffi- Ués.