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L'EMPIRE OTTOMAN POUVAIT-IL SE RÉNOVER

Le traité de Berlin, du 13 juillet 1878, formait, comi le traité de Paris de 1836; la Charte nouvelle des Balka] La Turquie sortait amoindrie de la guerre avec la Rua et les nationalités balkaniques obtenaient des avanU^ importants. La Bulgarie, une des causes de cette guer devenait un État vassal de la Turquie. Elle perdait € partie des territoires que lui avait accordés le irai de San Stéfano par suite de la volonté de TAngleterrei diminuer la grande Bulgarie, dans sa pensée, cliente nai relie de la Russie; mais elle devait constituer cependal avec la partie nord entre le Danube et les Balkans, u! Principauté autonome ayant Sofia pour capitale, partie méridionale, avec Philippopoli, restait, sous nom de Roumélie, une province turque, quoicjue doi d'une pleine autonomie administrative. Voici encore démembrement de la Turquie consacré solennellenw par les puissances et un nouvel État créé dans les Balkl à son détriment.

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J'autre part, la Roumanie, la Serbie et le MontéiiTO obtenaient une complète indépendance. La Rou- Diie cédait la Bessarabie à la Russie, en acquérant laDobroudja. La Serbie recevait certains agrandisseur nts territoriaux, moindres qu'à San Stéfano, il est rji; elle acquérait, avec Nich, le district bulgare de rot, c'est-à-dire, presque toute la vallée de la Nichava.

ie Monténégro obtenait le port d'Antivari, mais l'Auti;he lui taisait défense d'avoir une marine de guerre et p nait la ville de Spizza pour le surveiller, sinon le Ininer.

L la Grèce, devait être consentie une rectification i frontière.

înfin, par l'article 25, T Autriche-Hongrie obtenait l'adiiistration des provinces turques de Bosnie-Herzégo- 1 e et l'occupation militaire du district de Novi-Bazar. !^tait une annexion déguisée. L'Europe avait eu beau 3 )clamer l'intégrité de l'Empire ottoman, elle le démem- ) Jt sans scrupule; l'absence de toutes réformes, il est . i. avait facilité cette action européenne en fournissant ii nationalités des prétextes pour affirmer leurs droits.

M'histoire des dernières années du XIX* siècle, dans ir Balkans, est faite des violations successives du traité q. Berlin par les diverses nationalités chrétiennes qui i»btenaient pas toutes les satisfactions légitimes qu'elles lendaient.

Dès 1881, le prince Charles de Roumanie prenait le Ijce de roi, et, en 1882, le prince Milan de Serbie. Le 18 septembre 1885, la révolution éclatait à Philippoli et le prince de Battenberg devenait « prince :s Bulgares ».

Les Grecs eux-mêmes, protestant contre les agrandis- ^ments bulgares, envoyaient des troupes à la frontière de

Thessalie et demandaient des compensations. Ils n'étaiel pas satisfaits des acquisitions territoriales en Épire en Thessalie qui, en vertu des stipulations de Berlt leur avaient été consenties par le traité du 22 mai 188' Il fallut qu'un blocus des puissances les obligeât à s'iij cliner le 8 juin 1886.

La Turquie perdait également l'Egypte oii le Cond' minium anglo-français était établi en 1879 et devf durer jusqu'en 1881 : cette intervention étrangère Egypte était une restriction à l'exercice des droits suz rains du Sultan.

Le Pacha d'Egypte, Méhémet-Ali, était l'un des pli puissants parmi les gouverneurs des provinces oU mânes. Dès 1808, il avait, par une large confiscation d biens des mosquées et des établissements religieu acquis de grandes richesses et était devenu le seul pr priétaire de la terre égyptienne, maître des manufactui et des industries. Il trouvait ainsi le moyen de réalia ses desseins ambitieux.

Le Sultan, ne pouvant venir à bout de la révol grecque, fit appel au Pacha d'Egypte qui lui envoya d troupes et des vaisseaux; il conquit la Morée, mais corps expéditionnaire français la lui enlevait.

Mécontent de n'avoir rien obtenu comme prix de concours et nourrissant de vastes projets, il envahis» la Syrie, prenait Saint-Jean d'Acre, Damas, écrasait 1 scruTàKoniahet marchait sur Gonstantinople. Le Suit fit appel aux Russes, et Méhémet dut signer la conve tionde Kutayeh (1833), qui lui donnait la Syrie et Adan

Méhémet rêvait désormais l'indépendance de s vaste empire et l'hérédité dans sa famille. Aussi, en 183 ouvrait-il k nouveau les hostilités, battant l'armée Sultan à Nézib. Notre appui moral lui était acquis et fut la jalousie de l'Angleterre qui, voulant nous atteitti derrière son protégé, groupa les puissances europée

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)ir sauver la Turquie. Menacé par la flotte anglaise, liémet se soumettait et renonçait à la Syrie. Par le Hattii^if du l^juin 1841, la Porte reconnaissait au Pacha dite dans sa famille au profit de ses descendants ) ordre de primogéniture; il nommerait tous les offi- ;rs de son armée, réduite à 18.000 hommes, jusqu'au ; de de colonel et paierait au Sultan un tribut annuel 1^10 millicns.

.a puissance de Méhémet et de ses descendants était i si consolidée en Egypte par l'octroi de l'hérédité, et Il à peu l'influence de la Porte ne s'exerçait plus que |. façon très indirecte. Cette magnifique province, i;rée du joug ottoman, s'ouvrit à l'influence et aux î,itaux européens; la France et l'Angleterre y créèrent .^nombreuses entreprises et, en 1869, M. de Lesseps i(çait l'Isthme de Suez. Le Pacha d'É^jpte, Ismaïl, r'.it obtenu de nouvelles concessions de la Porte; elle î reconnaissait le titre de Khédive au lieu de Pacha, et (Irman de 1873 lui permettait de conclure des traités de înmerce. Devenu plus puissant, il fut ébloui et vit j.nd. 11 crut la fortune de l'Egypte inépuisable et hensa l'argent à pleines mains, se lançant dans de îtueuses constructions. Il dut emprunter pour couvrir 1 dépenses et la banqueroute devint imminente.

.es gouvernements anglais et français, pour protéger E,^ créances de leur nationaux, décidèrent de contrôler i finances du trop prodigue Khédive. Un contrôleur L^lais, Sir RiversWilson, etuncontrôleur français, M. de î'gnières, furent chargés de surveiller les dépenses J la province (1S7G).

^e Khédive chercha à résister, s'appuyant sur l'élément l^ine-Égyptien. 11 fut destitué par un firman du Sultan ; juin 1879) et fut remplacé par son fils Tewfik Pacha ji dut accepter le patronnage de l'Angleterre et de la ' ince et leur contrôle sur le gouvernement khédivial. A iiuite de la révolte d'Arabi Pacha et du parti national

égyptien, les deux puissances durent intervenir, mai Paris, on se méfia de notre alliée, on ne voulut pas col borer avec elle en Egypte et engager d'un commun î cord une expédition armée. La politique d'interventi préconisée par Gambetta fut rejetée pour de misérab querelles de partis ou par crainte de complications ir ginaires, et la France abandonnait l'Egypte, où elle ai fait, depuis un siècle, de si grandes choses. L'Anglele' s'y installait avec ses fonctionnaires, ses ingénieurs, commerçants. L'Egypte ne serait plus que nominatU ment une province de l'Empire ottoman.

Nous avons vu ainsi, au cours duXVIIP siècle, l'Emi ottoman perdre'peuàpeu sa puissance politique et tel toriale et les Musulmans contenus, refoulés dans Balkans sous la pression austro-russe. L'intégrité ë l'Empire était cependant proclamée, et par la Fra e par suite de son alliance séculaire, et par l'Angleti e par intérêt d'équilibre politique. Cette action converge e des deux puissances^ cependant ennemies, mais il avaient là des intérêts identiques pour protéger la 1 quie — et la guerre de Crimée en est une preuve, — ; iva alors l'Empire de la ruine.

Au XIX* siècle, avec l'éclosion des nouveaux l^f' balkaniques, le principe d'intégrité devient insuffla Les cadres constitutifs de FEmpire craquent de to parts. Les sympathies de la France et de l'Angletre pour les nationalités balkaniques empêchent du rte ces deux puissances de le protégersuffisamment, si '■' était leur intention. 11 n'était cependant pas dans l'i rêt de la France et de l'Angleterre de détruire l'EmW ottoman. Malgré leur désir de se conformer à leurs i ries politiques, à leurs inclinations mêmes et de favoi er les nationalités orientales, elles devaient protège 11

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ùquie. Il y avait là, dirons-nous, une nécessité. La îiruction de l'Empire turc, alors que la France et ^srleterre étaient opposées à toute guerre continen- Là propos de l'Orient, c'était permettre àla Russie de aiparer des Détroits^ — et l'Angleterre ne le voulait t — ou à rAutriche, c'est-à-dire à la politique alle-

^ ', d'étendre sa domination sur les Balkans en

ant la route de Salonique. La raison et l'intérêt

> mandaient aux deux puissances maritimes, pour

nir la paix de l'Europe, de conserver la Turquie.

aïs, menacée comme elle Tétait par les revendicacs des nationalités, il était nécessaire que la Turquie t3S concessions indispensables pour permettre à ces cples jeunes de se développer et de vivre en paix. A ipolitique d'intégrité succédera la politique des ^^rmes. La Turquie sera réformatrice ou elle ne sera a.

!e réforme générale de l'Empire ottoman avait été

làieurs fois tentée; c'était comme une sorte de tradi-

îii à laquelle certains Sultans avaient attaché leurs

itas. Ils voulurent rénover la Turquie en même temps

T l'Europe cherchait à leur imposer des réformes.

armée avait fait la force de la Turquie : « Le

rnement turc est une armée campée. » Cette

' était encadrée dans une infanterie spéciale,

uiilée en dehors du peuple turc, parmi les raïas

' ivertis, et formait une sorte de garde prétorienne;

mt les Janissaires (1350). Ce corps soutient l'armée

r conséquent l'Empire. Mais peu à peu il perd ses

Ljiques vertus. Auparavant, ses membres ne pouvaient

51 se marier, ils n'avaient pas de famille; bientôt le

iriage est permis, les fils entrent dans le rang; le

Liissaire n'est plus uniquement un soldat. A mesure

que ses vertus disparaissent, la discipline s'en ress« les défauts qui proviennent de ce relâchement ddiscipline coïncident avec les défaites turques XVIIP siècle. Les Sultans qui voient le péril vont céder à des réformes. Or elles ne donnent aucun sultat, les Pachas protestent avec tous les bénéficia qui profitent de TEmpire en l'exploitant honteusem Le Sultan lui-môme n'est pas obéi dans les province

Mustapha III poussa très loin les réformes, calqi sur les institutions occidentales, dans l'artillerie, 1 truction des troupes, au moment où la Russie i geait à l'Empire de cruelles défaites. Cependant dèsqi danger est passé, la réforme est abandonnée et les i reprennent.

A la suite de la deuxième guerre contre la Russie aboutit à la paix de Jassy, le Sultan Sélim III, avec Ji sein Pacha, tente une nouvelle réforme de l'armée <| la marine; il confie à des instructeurs français l'org sation des corps ottomans. Mais l'expédition de R parte réveille le fanatisme populaire; des révoltes prc ciales éclatent; on accuse le Sultan de pactiser l'ennemi de l'extérieur, et il est assassiné par les J^ saires (1809). Mustapha IV qui le remplace ne rég que six mois^ renversé par une nouvelle révolte milii ^

Mahmoud II, son successeur, est comme Sélim, a^ aux idées de réformes, et veut notamment une re de l'armée. Les Janissaires restent rebelles à réorganisation, faisant la loi, constituant une vér caste hostile au progrès. lisse révoltent et Mahmor. fait exterminer (1806) : il sera libre désormais de ré rer le pays.

Il inaugure ce qu'on a appelé la politique du T mât. Il réforme l'armée, l'administration, Tinstru le costume. Il veutmoderniser la Turquie comme un veau Pierre I", supprimer le régime féodal, les abi li concussion. Mais dans les provinces les Pachas ut

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issants et privilégiés se taillent des fiefs contre le pout^ central et s'insurgent. Après Ali de Tebelen, Méhéjt-Ali se soulève en Egypte, et la Turquie est vaincue îézib. Les réformes n'ont pu se faire qu'à la surface. .bd-ul-Modjid au pouvoir veut libérer l'Empire des àoltes intérieures, et promulgue le Hatti-Chérif de Gul- ^é (1839) avec son ministre Reschid Pacha; c'est la mde charte des libertés chrétiennes, rlusulmans, Chrétiens, Israélites devaient être traités «ormais commes les sujets du même Empire ; la liberté :ividuelle, la tolérance religieuse, la sécurité dos perc nés étaient garanties à tous ; le contrôle des dépenses, iperception de l'impôt, le recrutement de l'armée t.ent assurés et non plus laissés à l'arbitraire. En 1840, 2i.ultan promulguait un nouveau code pénal, réorgani- & l'administration provinciale, créait une université. Is les Vieux-Turcs, les Pachas s'insurgent; l'orgueil t Musulmans s'exaspère en voyant les privilèges disî^iitre, tandis que les Chrétiens reprennent de l'espoir, » leur patience, devant lesmaux héréditaires, diminue, tjue leurs réclamations augmentent. Reschid Pacha nversé du pouvoir et les abus reparaissent ; toutes jietormos sont restées lettre morte.

n 1856, la France et l'Angleterre, après les services jlîlles ont rendus à la Turquie, en la délivrant de la iiace russe, en lui donnant entrée définitive dans le liit public de l'Europe, lui demandent de persévérer \tts la voie des réformes, et la Turquie promet de se aderniser. Le llatti-Humayoun de 1856 est promulgué [i confirme et consolide les garanties promises par la ilrte de Gulhané, accorde l'égalité à tous devant la loi, &/espect de la propriété individuelle, l'égalité devant liipôt, la répression de la concussion, la réforme fis- «{', judiciaire, administrative.

rU 1859, la Turquie n'a pas procédé à l'application des larmes tant de fois promises; les puissances le lui

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rappellent. Les privilégiés arrêtaient encore toutprogr sérieux. Avec Abd-ul-Aziz, le parti Yieux-Turc espé que la réforme serait enterrée; mais ce Sultan, à Te prit très ouvert, préparera au contraire l'importante 1 des Vilayets. Celle-ci reconstituait l'administration pr vinciale calquée sur l'organisation française, séparait judiciaire de l'administratif, et appelait tous les suje sans distinction de religion, à l'exercice des droits po] tiques par un système électoral qui paraissait assuii aux Chrétiens une émancipation complète (iSftj En fait, la réforme toute centraliste renforçait la tyrani] des fonctionnaires et des Musulmans. Les Chrétiens Roumanie, de Serbie, de Grèce, du Monténégro comm<] çaient à s'agiter, et la Crète demandait l'annexion à] Grèce (1866).

L'Europe fit des remontrances. Le marquis de Moi] tier, ministre des Affaires étrangères, reconnaisaj l'échec des réformes et le comte de Beust décli que l'Europe devrait les imposer à la Turquie ou réaliser elle-même. Abd-ul-Aziz promit des amélioj] tions, institua un Conseil d'État, prépara une réfoi des finances et l'introduction de l'éducation à l'ei péenne au lycée de Galata-Séraï, car il était très éprit l'instruction française.

Il est urgent, en effet, de réformer l'Empire. La sil tion intérieure est précaire: c'est le désarroi fim qui provient des dilapidations des fonds publics, prévarications des fonctionnaires, des dépenses soi|| tuaires des Sultans. Bref, le gouvernement est acculéj banqueroute, et, en Herzégovine, la révolte des pays chrétiens gronde. Pour calmer les colères autour de Abd-ul-Aziz promet encore des réformes (2 octobre 1( mais les puissances exigent des réalités et non des messes, et la Porte s'engage à introduire des chf mciits profonds dans l'administration générale de \] pire.

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Un serviteur passionné et désintéressé de la grandeur le son pays apparaît alors au premier plan », * croyant, Imême que certaines puissances européennes, que la 'quie pouvait se réformer. Midhat-Pacha inspira et l'para les réformes de 1876, et fut l'initiateur du mou- (bent Jeune-Turc. Son parti, épris de culture occiden- |î, ouvert à nos conceptions politiques, réclame égale- \\ai des réformes. Abd-ul-Aziz impuissant, et plutôt ^itile à une refonte totale de l'État, est déposé; MouradV I lui succède ne règne que quelques mois, et Abd-ulrnid, appelé au pouvoir, doit promettre aux Jeunes- [rcs d'accorder une nouvelle Constitution. Il la prorlgue en montant sur le trône, le 23 décembre 1876. .8 nouveau régime était inspiré de l'Occident. Il y ,iitun conseil des ministres responsables, un parlecnt, composé du Sénat nommé à vie et de la Chambre il Députés élue par la nation, représentant tous les tWs ottomans sans distinction de race et de religion, «liberté delà presse etde réunion, ledroitd'association, 'alité devant la loi, l'admission aux emplois publics,

i»artition équitable de l'impôt, l'enseignement pricire obligatoire, toutes ces grandes conquêtes modernes liaient assurées aux sujets de l'Empire. Midhat-Pacha, i^nmé grand Vizir, était, avec ses amis, l'inspirateur du i^iveau régime. Comme il avait participé à la déposition l^bd-ul-Aziz et de Mourad V, le sultan Abd-ul-Hamid le foutait. Et puis, Midhat voulait sincèrement des mes complètes, inspirées de notre Révolution fran- ; il savait que c'était la condition essentielle pour \ 1 Empire régénéré pût vivre; le Sultan, au contraire, 1 voyait dans l'octroi de la nouvelle constitution qu'une

"(mé Pinon — L'Europe el la Jeune Turquie .Paris-Pervin 1911, — Vr. aussi Engelhardt — La Turquie et le Tanzimât ou '' des Héformes dans l'Empire Ottoman depuis 1826 à nos l'aris 1882-1884 — 2vol. — et Victor Bérard — La Révolution '. Paris-Collin 1909 et La Mort de Stamboul. Paris-GoUin,

diversion aux exigences des puissances. Il se considén comme Théritier du Prophète, le Khalife, dépositai des droits et des devoirs que ses ancêtres lui avaie fidèlement transmis. Nationaliste, il était convainc pénétré de la grandeur de Tlslam, de l'Islam uni, fidt /à la religion sacrée qui est supérieure à toutes les autr .1 doctrines. Il n'y a pas de pacte possible avec les libéra •! et les constitutionalistes qui font brèche dans le bloc, j faisant participer les Roumis à la vie des Osmanlis. P \ à peu la routine reprend le dessus ; onrevient aux vieil) ( coutumes.

Cependant en 1878, au traité de Berlin, Parlicle 1 était formel; la Porte s'engageait à introduire, dans '. t diverses parties de la Turquie d'Europe, une organi) .; tion régulière, c'est-à-dire des réformes. Les puissant i en exigent l'application, et Abd-ul-Hamid^ en 1888, pi J mulgue la loi des Vilayets de la Turquie d'Europe^ 327 articles, qui réforme d'un seul coup l'administratii l'industrie, les finances, accorde à tous les sujets, 8i| distinction de culte, les mômes droits. Mais aucune réformes demandées n'est appliquée dans l'Empire;! Sultan s'est même débarrassé de ses fonctionnaires sii pccts d'idées libérales, et Midhat a été mis en ace sation, condamné à mort, et trouvé un jour étranj (1885). Ce qui dominera désormais, ce sera le régi( hamidien, caractérisé par les massacres en Arménie en Macédoine!

L'Europe cependant ne perd pas patience. A suite des troubles de Crète, le 10 février 18) les ambassadeurs des six grandes puissances sigO| un plan de réformes à appli(iuer dans l'Emil turc qui no donnera aucun résultat. Enfin, en 1^ éclatait la Révolution Jeune-turque qui allait être, coil l'intervention directe de l'Europe, le dernier moyen salut de la Turquie pour se réformer clle-mcme.

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