partage, on se serait heurté de suite à une impossibi
lî absolue d'aboutir par suite des prétentions opposées
Ij divers peuples, comme nous les avons exposées plus
^it. Le partage des terres macédoniennes signifiait
Il r attribution aux États limitrophes au nom de la théo-
r des nalionalités? Mais cette attribution ne pouvait
ipérer équitablement qu'après une détermination des
Mères d'influence que revendiquent les quatre gouver-
nts : Grèce, Bulgarie, Serbie, Roumanie — sans
ùnpter l'Albanie qui aurait un mot à dire dans cette
nte répartition de territoires — et par suite, qu'après
L recensement des différentes populations. [Mais sur
[.elles bases ce recensement aurait-il pu s'opérer?
En 1878, la commission européenne chargée d'orga-
rier la Roumélie Orientale en province autonome,
•ppliqua à créer des districts électoraux où les trois
Dtionalités, grecque, bulgare, serbe, étaient représen-
Iç'S. C'est la môme œuvre qui était prévue par l'art. 3 du
pgramme de Miirzsteg. Mais les Grecs et les Musul-
[ins ont affirmé que l'enquête rouméliote de 1878 était
:je iniquité, ne tenant pas compte de l'importance nu-
irique des diverses catégories de sujets.
En Macédoine, si cette enquête, condition nécessaire
:m partage, s'opérait, il est bien difficile de dire de
elle façon on fixerait exactement le chiffre total de
chaque nationalité, car celui-ci varie extrêmement, selo qu'on envisage tour à tour les statistiques des difTéren partis en présence, et suivant la nationalité des divei auteurs. Qu'on en juge plutôt ! Les Grecs sont 600,000 c 200,000; les Bulgares 2 millions ou 1 million et demi ou 60,000; les Serbes sont 2 millions 50,000 ou bien i sont pas mentionnés du tout; les Valaques atteigne) 100,000 ou 75,000; les Albanais 300,000 ou 125,0Ûli enfin les Turcs 600,000 ou 230,000. On peut bien àï que la Macédoine est en majorité peuplée de Slaves, qi parmi ces Slaves, les Bulgares sont les plus nombre» mais les statistiques, pour toutes les races en généft! n'offrent aucune exactitude, aucune précision, car ell ne reposent sur aucune base scientifique. Il est très d ficile, en effet, de distinguer les races entre elles. Qu' s'en rapporte sur ce sujet à l'anthropologie, à l'histoii à la philologie, on ne trouvera que des éléments d'inci titude. La Macédoine a reçu, au cours des siècles, d afflux de populations diverses, et celles qui l'habitent o gardé les caractères variés des diverses races; il y a d Grecs slavisés, des Serbes albanisés, des Valaques gi cisés. Il y a eu mélange, fusion; nous ne sommes pi ici en présence d'une race homogène et bien caractéris comme le sont suffisamment, en dehors de la Macédoi les Bulgares, les Grecs, etc.. Il y a bien principalem< des Grecs dans le Sud, des Bulgares dans le Nord el l'Est, des Serbes à l'Ouest, en Vieille-Serbie, mais p les dénombrer exactement, pour les séparer par lignes absolues de démarcation, le travail devient U
possible.
La langue ici ne pourra servir de méthode de clasi ment. On voit des Slaves parler grec et enseigner bulgare à leurs enfants, des Valaques s'oxprimer grec, (les Serbes en bulgare, et beaucoup de Bulgares déclarer patriarchistes, en continuant à parler bulgare se trouver classés comme Grecs. En effet, tantôt dl
l'échec des réformes iSl
Îl3 statistiques, on considère la langue, tantôt la reli-
Hon, et, dans ce dernier cas, on élimine complètement
h Serbes, car il n'existe pas de religion serbe, mais
îulement le patriarchat grec, Texarchat bulgare et l'is-
raisme, et on les fait entrer de gré ou de force dans
ino ou l'autre de ces trois religions K C'est pourquoi il
t difficile, si on établit un classement général des di-
m3S nationalités, de distinguer, parmi les Slaves, entre
s Serbes et les Bulgares — quoique, d'après des ren-
iiements sérieux, les Bulgares soient en grande
.ijorité — et parmi les Slaves et les non-Slaves, entre
s Slaves patriarchistes et les Grecs orthodoxes, les
ilaques et les Hellènes, les Turcs et les Albanais ^
Si l'ethnographie et la statistique ne nous donnent pas
Qe base suffisante pour opérer le partage rêvé par les
opulations macédoniennes, avant la guerre balkanique
?lles-ci du moins pouvaient-elles appuyer leurs droits
iv des raisons historiques? D'abord se référerait-on à
ancienneté d'occupation? Mais alors, quel peuple a les
très les plus anciens et habita le premier la Macédoine,