ce l'Albanais ouïe Grec? On a dit que les Albanais
escendaient des anciens Pélasges. Alors ils auraient
roit à l'Hellade plus même qu'à la Macédoine; or, rien
ans l'antiquité ne signale la présence des Pélasges. Et
uis, comment départager Serbes et Bulgares qui, tour
i tour, occupèrent la Macédoine et l'englobèrent dans
£ur empire et qui, à ce titre, se déclarent les maîtres
éritables, puisqu'ils ont succédé aux Grecs chassés de
iBur ancienne patrie? Et les Valaquos qui dominèrent au
ICI" siècle, la Péninsule de concert avec les Bulgares, les
Négligerait-on complètement? La France, à ce compte-là,
bourrait même émettre des prétentions surla Macédoine,
1. Voir la thèse exposée par le distingué ministre de Serbie à l'*aris, M. Vesnitch, dans Questions dipLomatiques de Vannée 1904^ i:)ar André Tardieu, Paris, Alcan, iW6, p. 170.
2. J. Gvijic, Remarques sur l'ethnographie de la Macédoine. Paris, ^.907, p. 52.
OÙ régna un chevalier français, le marquis de Montferrat^ roi de Salonique en 1204, pendant la durée de TEmpin! latin de Constantinople.il était donc impossible de mettn' ici les nationalités d'accord, et un partage, s'il avait d( s'opérer, ne pouvait se réaliser de façon équitable sans déchaîner les plus violentes jalousies.
Au moins, il existait en Macédoine, chez les populations chrétiennes, une volonté profonde de s'émancipe pour secouer le joug turc. Quoique les Grecs, par hostilité aux Bulgares, aient parfois favorisé les Turcs, etls* réciproque est vraie, on peut dire que l'union se faisai' en Macédoine dans la haine du Turc et le désir de libération : Chrétiens et Turcs semblaient ne pouvoir vivrJ côte à côte. '
D'autres plus modérés parlaient de l'autonomie macé! donienne, et c'était là le programme de « rOrganisatioi intérieure », et le désir d'écrivains distingués. L< uns étaient partisans d'une autonomie locale qui doi nerait à chaque nationalité, en Macédoine, laprépond^ rance dans une sphère déterminée; les autres étaieo pour la création d'une administration largement décen tralisée, presque autonome, placée sous la haute survei lance d'Européens et qui aurait pour chef un gouver neur chrétien nommé dans les mômes conditions qu celui du Liban, assisté d'un conseil de délégués de cha cune des nationalités *; d'autres enlin, préconisaient 1| constitution d'une Macédoine indépendante avec un gou vernement équitable pour toutes les races, respectueu des religions, dont la langue officielle serait le français et qui aurait des ports et des villes neutres comme Sala nique, laquelle n'est, peut-on dire, ni grecque, ni serbe! ni bulgare, ni turque, étant peuplée en majorité d Juifs.
Une Macédoine avec des nationalités prépondérante
1. Voir Hen6 Pinon. L'Europe et V Empire ottoman. Paris-Penil 1908, p. 2;i9.
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,ns des sphères locales autonomes? C'était encore un rtage déguisé qui supposait un dénombrement équible des nationalités. Une Macédoine indépendante? était un bouleversement de l'équilibre balkanique, lisque la Turquie perdrait là une de ses plus belles ovinces et cela presque en pleine paix, alors qu'après m Stefano et ses défaites, on la lui avait rendue. Restait le système mixte, celui de l'autonomie comme i Liban qui rencontrait d'ardents défenseurs et semblait plus raisonnable, parce que le plus logique. Mais l'aunomie supposait encore l'entente parfaite entre tous s chrétiens de Macédoine et les derniers événements )us ont montré combien elle était difficile. Dans le iban, au contraire, n'existe pas un tel conflit de races. Et puis, l'autonomie de la Macédoine, c'était, par cone-coup, l'autonomie de l'Albanie. Par suite du développement des idées autonomistes en Albanie, les Albanais évi- 9mment chercheraient à réaliser leurs désirs d'indépenance ; ce serait alors la fm du régime Jeune-Turc et la isparition prochaine des Ottomans cantonnés uniquelent prés d'Andrinople et du Bosphore. Et enfin, tou- )urs cette question inquiétante revenait. Les puissances llemandes plus audacieuses, plus rapprochées du terlinde la lutte, ne profiteraient-elles pas de cette modifiation du statu quo balkanique pour dessiner une interention préjudiciable aux Slaves et aux Latins ? L'œuvre des réformes européennes en Macédoine avait té évidemment insuffisante, puisqu'à Reval, en 1908, on ;herchait déjà des procédés meilleurs. Les Jeunes-Turcs oulurent réformer seuls la Macédoine. Ils demandaient u'on leur fît crédit. Il est impossible, disaient-ils, de réoraniser en un jour un pays désolé par des siècles de iespotisme. Le changement de régime date d'hier; le .louveau gouvernement a été obligé de se consolider. )'abord à Constantinople, où il était très menacé, il a dû igir avec énergie comme tous les régimes qui veulent
affermir leur pouvoir. Il a dû réprimer des révoltes ai Yémen et en Albanie; il a eu des difficultés au sein de partis dans l'Empire. Il n'a pas eu le temps matérie d'effectuer les réformes, mais c'est là l'objet de sei préoccupations et peu à peu les réformes déjà entreprise porteront leurs fruits. La liberté sous toutes ses formai existe désormais, les nationalités sont représentées aii Parlement, peuvent faire entendre leurs protestationsi alors qu'autrefois c'était le régime de la compression du silence; enfin, elles ont des droits reconnus par Constitution. Déjà le nouveau régime prépare dansTEm pire une réorganisation générale de la gendarmerie pou rétablir Tordre et la sécurité, surtout en Macédoine; un loi du 28-10 février vient d'être votée en ce sens. U bataillon de gendarmerie de 1.000 hommes sera forml dans le vilayet de Kossovo, un autre également dans vilayet de Scutari d'Albanie. Une somme de Ltqs lOO.OQ a été prévue pour la construction de nouveaux postes dj gendarmes dans les vilayets de Salonique, Monastir, Scutari, Janina ; tous les postes de gendarmes doivent ôti reliés par le téléphone. Des secours doivent être distr bues dans le vilayet d'Uskub désolé par les derniers troi blés, et on étudiait un ensemble de réformes dans le vilay de Monastir, en faveur des populations de Débré, de Zj et Bala, et en faveur de celles des régions de Mat et Lourma. Telle était la thèse exposée par les Jeunes-Tur< Pour appliquer ces vues, une Commission de réforme était envoyée (1912) de Gonstantinople pour Saloniqu» sous la direction du ministre de rintérieur,Hadji Adilbej avec des fonctionnaires des ministères de la Guerre, laJustice, dos Finances, des Travaux publics, de l'Instrui lion publique. Le général Baumann, inspecteur génér) de la gendarmerie, faisait partie de cette commissioi ainsi que des officiers étrangers dontlelieutenant-coloi français Foulon et le lieutenant-colonel Redjaï, chef premier bureau du commandant principal de la gendi
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[Tie. Tout un plan de réorganisation de la gendarmerie, L^conisé par le général Baumann devait être étudié sur }2e en inspectant les vilayets de Salonique, Monastir, [•;sovo, Scutari et Janina. Cette commission, fait sans icédent, était munie de pouvoirs exécutifs les plus hdus. Iladji Adil bey avait accepté la présidence de la (imission à la condition d'avoir le droit de représenter îtout le Conseil des ministres. Il avait obtenu certaines f ihiitions qui n'appartiennent qu'au Sultan, comme le ( voir de nommer ou révoquer, s'il était nécessaire, (lins fonctionn^iires.
fais les Jeunes-Turcs agirent maladroitement en l'.édoine. D'abord, ils ne s'inquiétèrent plus des
I :nes, surtout des réformes sociales, notamment pour perception des dîmes; puis s'affirma peu à peu leur onté de faire prédominer avant tout la race turque, 'lamiser la Macédoine.
II leur reprocha toute une série de mesures qui tiraient la population chrétienne. Le nouveau 0 suspendit trop rapH.ement les instructions et iients des réformateurs européens. Il remplaça rdes champêtres chrétiens, prescrits par le pro-
. w;iie (le Miirzsteg, par des fonctionnaires turcs. Il n rima le contrôle qu'exerçaient les officiers instruc-
européens sur les actes des officiers et soldats tmans qui leur étaient dénoncés par la population
ssée. Le gouvernement Jeune-Turc rapporta éga- 3 '-ut une mesure excellente du programme de Mûrzs- >rd'après laquelle les revenus du budget spécial établi nia commission financière présidée par Ililmi-Pacha B ient affectés aux besoins du pays. L'administration i ne n'acceptait plus de la population que les requêtes 'es en turc, alors qu'Hilmi-Pacha et les agents
civils avaient décidé qu'elles pouvaient être présentéj en bulgare ou en grec. On accusa encore les Jeune Turcs d'avoir inutilement molesté, persécuté, chassé l anciens chefs de bandes qui, d'eux-mêmes, abandoi naient la lutte, car la population se ralliait de plus < plus à un régime qui rendait inutiles les anciens coiu! tadjis et leurs bandes néfastes. Ces mesures vexatoir exaspérèrent les Bulgares, d'autant plus que la nouvel loi sur les associations (art. 4) était dirigée contre 1' clubs des diverses nationalités, bulgares, serbes, grec albanais, puisque les associations politiques ne pouvais plus être formées sur la base de dénominations nal, nales. La fermeture des clubs provoqua donc un mé( tentement général.
Surtout les procédés de désarmement employés
Albanie et dans les sandjaks de Monastir et de Saloniqi]
lors de la révolte albanaise (1910-1911), laissèrent dîj
la population chrétienne, aussi bien que parmi la po]
lation albanaise, des ferments de haine qui pouvaij
provoquer de nouveaux soulèvements. Qu'on se rapp»,
le procès de Monastir après le meurtre de lovo Ivaj
vitch*, l'exécution du prêtre bulgare Kalaydjieff,
revêtit les caractères d'un assassinat, l'affaire d'I
et le massacre de Gurech, les abus divers coi
contre la population chrétienne : bastonnades, cruaf
barbares, arrestations en masse, notamment dansj
sandjaks d'Uskub, de Monastir, de Salonique, dant
cazas d'Istip, de Kratova, de Kotchani, de Pala^
d'Enidjé-Vardar, de Vodéna, etc...'. 11 y eut de
breuses protestations à la Chambre des députés, au
des Serbes, des Bulgares, des Grecs, « traités commtj
étrangers dans le pays ». Ces actes de répression |