‹ La Turquie et la guerre;Chapitre 26 sur 60 · Le Temps, 19 février · texte numérisé non relu

Le Temps, 19 février

2. Voir pour tous ces détails et ces attaques conlre le r^ jeune-turc : La vérilé sur le régime constitutionnel des Jt> Turcs, par F. F. 0. Paris 1911, p. 26 et suiv.

l'écuec des réformes 193

te aliénèrent aux Turcs bien des sympathies chez la Dulalion macédonienne.

]ette politique d'islamisation à outrance et de centra-

ition excessive était fort regrettable; le nouveau

jrime avait eu la main trop lourde à ses débuts et cette

lUude contrastait étrangement avec les promesses

I il avait faites. Il avait même adopté certaines mesures

7 ne furent pas très heureuses, parce que trop pré-

■es et imparfaitement étudiées, comme, par

iple, cette tentative de peuplement de la Macé-

i .10 par des Musulmans, afin de renforcer la popula-

ottomane en minorité : ce fut la question

.ouhadjire ».

i Macédoine n'était pas assez peuplée et renfermait

;,Tande quantité de terres incultes. Un comité se

aàSalonique pour attirer les Musulmans deBosnie-

'govine, et le gouvernement mit à sa disposition

nillions que l'Autriche venait de lui verser. Mais

.chats de terres mécontentèrent la population chré-

le et accentuèrent les émigrations de paysans

tous les ans, vont chercher fortune outre-mer.

^ste, ce système de repeuplement par les mouhad-

u musulmans ne donna pas do résultats appréciables

' ' fit que compliquer la question agraire qui était en

loine une des causes importantes de l'insécurité et

é vol te s.

1 trouvait donc en Macédoine, à la veille de la guerre nique de 1912, contre le gouvernement Jeune-Turc, i'"'mes protestations qu'au moment de la révolution '08. La situation était loin d'être aussi troublée, il ' reconnaître impartialement, mais, de même qu'il ne quinzaine d'années, la question macédonienne stait avec toute son incertitude et ses dangers. Les *s se multipliaient dans les campagnes, l'anarchie lit et les bandes avaient fait leur apparition à nou- ^ , tuant et mutilant les habitants, mettant aux prises

IJLNEAU 13

Turcs, Bulgares et Grecs. Le comité révolutionnaire bt gare de Sofia et le comité de V « Organisation int rieure » * s'agitaient ; une nouvelle association révolutio naire s'était même fondée, celle des « Frères rouges portant comme armes un soleil levant, et au-dessoui un crâne surmonté de deux épées entrecroisées. E'j avait écrit au gouvernement ottoman, en disant : « il nom de la liberté et du progrès, nous levons rétendaJ de la révolte balkanique. A la terreur, nous répondroJ par la terreur; à la violence, par la violence. Contre Û forces de la réaction, nous lèverons le glaive ensanglai|( de la Révolution. Patriotes et révolutionnaires, groupe vous autour de cet étendard, le seul salutaire et le s<| sacré. »

Telle était la situation de la Macédoine en 1912. réformes de l'Europe n'avaient donné aucun résaj dans cette malheureuse province, par suite de The lité sourde des populations et de l'inaction des TurcÉ, nouveau régime n'avait guère fait mieux. L'état d'esj était tel que nécessairement une explosion brutale revendications devait se produire. La question mac< nienne allait être une des grandes causes de la gu^ balkanique.

La Turquie avait en Albanie des difficultés aussigrJ qu'en Macédoine. Du jour où la question de Macôdl a pris dans l'Empire ottoman une importance plus gra:] elle a nécessairement exercé une certaine influcnce|| les affaires d'Albanie et il est né peu à peu un nalisme albanais. On voyait d'autre part, TAul

1. Le Comité de 1' « Orpanisafion intérieure » avait niriued^ MM. Miletich et (iheorgof, iirofcsscurs à l'Université de Soûl visiter les capitales des puissances signataires du traité de en commençant par Saint-Pétersbourg, et pour exposer à 11 la situation de la Macédoine (mars 1912).

j l'échec des réformes i9S

I l'Italie avoir une politique orientale plus active, Ci^rchant à développer, dans cette partie de la Péningie, proche de leurs territoires, leurs intérêts économues et politiques.

.es deux insurrections qui ont désolé TAlbanie, avant 1 1, ont donné à la question albanaise un caractère plus dini. Elle n'a pas été seulement une question d'équili'e dans l'Empire, mais une question nationale inté- "cant à la fois et la Jeune-Turquie et l'Europe, mena- , u si les Jeunes-Turcs ne parvenaient pas à pacifier dinitivement cette région troublée, de modifier les dmées du problème oriental en précipitant le démemb ment de la Turquie.

.a question albanaise est dominée, au point de vue B ctement oriental, par un fait capital. La majorité des A»anais est mahométane, soit 800.000 environ sur i 20.000 habitants (240.000 sont orthodoxes, 100.000 cai\ liques). L'Albanais demeurant autochtone est la repréi ilation même dans l'Empire turc de la religion Dhométane. L'Albanie devenant autonome ou se trou- Tit partagée entre des puissances voisines, les Turcs ne rivaient plus conserver aucune influence en Europe, -qu'ils ne constituent dans les autres parties de TEmpe qu'un agrégat de peuples divers, de Grecs, de Bulges, de Serbes. Les Turcs, a-t-on dit, ne sont que camr- en Europe, et c'est en Albanie qu'ils trouvent leur - ^on même d'exister. Il y avait donc un intérêt primor- (1 1 pour la Turquie à conserver cette province sous sa uination; or l'Albanie tendait de plus en plus à se fe )arer d'elle, 'our quels motifs l'Albanie, après avoir été le s (idèle défenseur de l'Empire turc et avoir tant Iribué à fonder sa puissance en Europe, voulait-elle le d'une vie indépendante?

)epuis 1910, elle était en proie à la guerre civile.

Iifaut bien connaître l'Albanais pour comprendre ce

soulèvement. Parla race, par la langue, par les mœwj il se distingue profondément des autres peupl de la Péninsule; il a son individualité bien tranché) Quelque profession qu'il embrasse, le « Skipetar », ( fils de l'aigle, reste toujours un aristocrate, un homDj libre. Libre à Stamboul, libre dans ses montagnes où] ebasse et où il fait paitre ses troupeaux, il garde au cœ un profond amour de l'indépendance et un très vif sel timent de l'honneur qui fait que chez lui la moindj insulte est toujours suivie d'une vengeance sanglanl] A travers toutes les crises qu'ont subies les peupi] de l'Europe et qui les ont si complètement modifia l'Albanais, le seul de tous, est resté semblable à l4 même. Descendants des anciens Pélasges dont lesGrc dérivaient eux-mêmes, les Albanais sont depuis d siècles fixés dans leurs montagnes avec leur caractd immuable et leurs mœurs traditionnelles. On peut dj qu'ils n'ont pas d'histoire. On les voit sur tous champs de bataille de l'Orient, conquérant l'Asie a^ Alexandre, menaçant Rome avec Pyrrhus, retirés dî leurs montagnes quand les Romains occupent rilly|| et l'Ëpire et se retrouvant tels que jadis lorsque « paix romaine h fait place à la guerre et à la barban Ils luttent contre les Slaves, car ils ne veulent pas é] dominés. S'ils combattent avec Mourad à Kossovo, entendent rester libres, et quand les Turcs veulent soumettre, ils leur résistent avec le héros national derbeg, qui est une des belles figures de la Péninsl Les Sultans ont la sagesse de les respecter, et, ap[ ciant leurs qualités de bravoure et de fidélité, cherch] plutôt à se les attacher; c'est ainsi que les Albi <leviennent des volontaires dans l'armée turque eî faisant musulmans. Plus lard, ils entreront dans les seils du gouvernement, certains deviendront gl vizirs, d'autres aideront les Sultans à écraser la rôv^ grecque et à dompter l'^yptc; ils formeront ei

L'ÉCnEC DES RÉFORMES 197

is Abd-ul-Hamid, la garde particulière du Khalife.

]n revanche, l'Albanie jouissait de la plus complète

1 ■ité;lestribus s'administraientelles-mêmesavecleurs

i< de clansetnepayaientpas d'impôts. Enfin, plusieurs

, mais recevaient du Sultan de larges prébendes. Et

iiidant, malgré cette grande indépendance et les pri-

«M's dont ils jouissaient, ils accueillirent avec enthou-

uie la nouvelle révolution qui proclamait l'égalité

toutes les nationalitésottomanes. On sait, eneffet, que

ifut la dépêche lancée par une réunion d'Albanais à

' izovich, le 25 juillet 1908, qui détermina le Sultan à

•dication. Pourquoi cette attitude des Albanais?

On leur avait promis que leurs anciens privilèges

lîient respectés, que la constitution provoquerait le

pur à la plus pure foi religieuse, que le contrôle euro-

n disparaîtrait de Macédoine. Bref, le nouveau ré-

u! fut accepté avec empressement. Mais tandis que

.s tout l'Empire, il signifiaitrégalité des races et des

(fessions religieuses, voici qu'en Albanie, il provoquait

jmouvement nationaliste. Des Albanais, réunis àTira-

t à Elbassan, demandèrent que l'albanais devint la

i^ue officielle, réclamèrent l'ouverture d'écoles alba-

î5es, et au mois de novembre, dans un congrès à

liastir, il fut décidé que l'alphabet garderait comme

I aravant les caractères latins au lieu des caractères

Mais les Jeunes-Turcs, dans leur manie d'égalisation, toncèrent, peu de temps après, une série de mesures 1 les Albanais considérèrent vite comme vexatoires. • bord Bedri Pacha, vali de Scutari, interdit, en janvier de sortir avec des armes dans la ville ; c'était presi pour l'Albanais, aux yeux duquel le fait de porter des lies est une marque d'indépendance, une sorte de délance morale. L'exécution d'Albanais compromis dans ! oulèvement d'avril, à Constantinople, pour rétablir 1 -ul-Hamid, provoqua une indignation générale.

Elle s'accrut encore quand Bedri Pacha convoqua ij chefs de clans pour procéder au recensement. Les Allj nais virent là avec raison le prélude du service milita; obligatoire et l'établissement d'impôts nouveaux. Ce le signal de l'insurrection de 1010 que Torghout PacJ écrasa au milieu d'excessives violences. Les procédés i désarmement furent déplorables. On a raconté que d femmes avaient été outrageusement violées, des homnJ battus et torturés pour leur faire dénoncer où les arn étaient cachées, des chaumières et môme des villanj incendiés. Et la plupart du temps, les Albanais, teua^ et rusés, livrèrent des fusils à bas prix, au lieu de lej Martini et de leurs armes à répétition qu'ils gardèi précieusement.

Elles devaient bientôt leur servir. La répression brul de l'insurrection laissa dans les cœurs albanais des dé* de vengeance, et elle donna au mouvement national) albanais, déjà en préparation, une forme plus accenti Le programme que formulèrent alors les nationalii albanais était un large programme d'autonomie. Ils v| laient que seuls la langue et l'alphabet albanais fu9i enseignés dans les écoles, que ces écoles restassent a|{ naises, que les impôts perçus fussent employés poui seuls besoins de l'Albanie ; ils songeaient à se sépd du reste de l'Empire. Il est facile de comprendre comnj| l'idée d'autonomie, qui, d'abord, était née dans lah^ classe, peu à peu gagna les masses populaires. Cert|| pensaient déjà à se choisir un chef, un nouveau S^ derbeg, parmi les vieilles familles féodales du p^l d'autres rêvaient d'une confédération balkanique i\ l'Albanie serait le centre, le noyau.

De leur côté, les Jeunes-Turcs s'opposèrent giquement aux revendications albanaises. Ils ne voull pas admettre que l'alphabet latin remplaçant l'alpl arabe, qui est celui de la langue turque, fût em) dans les écoles, et plusieurs furent fermées pour rîî)ir

I l'échec des réformes 499

lilopté. Finalement, Halil Bey, devenu ministre, permettait la réouverture des écoles. Le geste était trop I rdif, l'insurrection avait repris, au début de 1911, ms le nord de l'Albanie, sur les confins du Monténégro. 1 îs tribus situées au nord du vilayet de Scutari, les lalissores, tribus catholiques, parmi lesquelles ont dis- I igue les Hoti, les Kastrati, les Skreti, les Klementi, les -:onda, les Paulati, les Ghochi et les Ghula, se soule- •rent. Ces tTibus, notamment les Hoti et les Kastrati, ijnt à cheval sur la frontière turco-monténégrine. Le ifonténégro possède, en effet, 10.000 Albanais catholiques (lintonnés dans une bande de territoire qui va de Podforitza à Antivari et Dulcigno, jusqu'à la mer. C'est la l'irtie de l'Albanie qu'il a acquise après le traité de Berlin, k lieu des districts de Plava et de Gusinje, peuplés d'Al^ jinais musulmans.

4 L'insurrection, au début, remporta des succès mariés; Scutari faillit être enlevée. L'envoi de Torghout iclia, avec des bataillons d'Asie se montant à près de DUO hommes, en ralentit quelque peu les progrès, lorslon apprit tout d'un coup l'entrée en scène des Mirdites li habitent la partie du vilayet située au sud-est de iutari. C'était pour la Turquie un danger de plus. Elle -)mptait beaucoup, il faut le dire, sur l'hostilité sécusire des tribus musulmanes qui résident surtout dans i{! sud à l'égard des catholiques, sur l'antipathie des Osques à l'égard des Guègues qu'elle avait si longtemps iiploitée pour son plus grand profit. Mais ces rivalités aintenant s'atténuaient; l'union morale des popula- 3ns albanaises se faisait contre le Turc envahisseur et ^presseur. L'idée de nationalité^ et non plus de religion, lait à la base du soulèvement albanais. La Turquie changea de tactique. Aux violences de orghout, qui, systématiquement, incendiait des villages, issait ses soldats fusiller des vieillards, éventrer des mmes, raser des maisons, succéda une politique de

recul. La répression fit place aux promesses. Un pr mier armistice, consenti aux Albanais le 10 juin 191 expirait le 24 juin; il fut prolongé jusqu'au 15 juille puis jusqu'au 25. C'était six semaines de répit dans li opérations militaires, d'où un premier succès des Alb nais. Dans cette période du 10 au 24juin, il faut noter! marques de condescendance de la Turquie ; le 16 juin, Sultan, àKossovo, sur le tombeau de Mourad, lançait ai Albanais uniradé d'armistice; le 21, Torghout invitait È Malissores à venir conférer avec lui à Touza. Mais ceuxn'avaientpas confiance, et, dès le 24,reprenaientleshosti tés. Si les chefs albanais avaient refusé de négocier a Torghout qui leur était odieux, ils engageaient toutefoÎ! Podgorilza des conversations avec Sadr-eddine-bey, n nistre ottoman à Gettigné. Celui-ci leur promettait réfection des routes, la reconstruction des écoles. E demandaient dans un mémorandum, rédigé le 17 { Ismaïl Khemal bey, le droit de porter des armes, n'accomplir le service militaire qu'en Albanie, une déo tralisation administrative; bref, c'était presque l'autoi mie que la Porte ne voulait pas accorder. Elle était dé dée cependant à de larges concessions.

En couvrant l'Albanie de troupes, la Turquie sei peut-être venue à bout de l'insurrection, quoique montagnards, luttant désespérément dans leurs repai:8 inaccessibles, fussent de dangereux adversaires; qua se rappelle les résistances désespérées des Monténégi i jamais vaincus, contre l'Islam ! La Jeune-Turquie p vait donc craindre d'être immobilisée par une gue# civile longue et coûteuse, qui nécessiterait l'envoi W ses meilleures troupes. Les échecs, toujours possible» avaient encore le gros inconvénient de pousser de j en plus les Albanais vers l'autonomie. La résista ne pouvait que surexciter davantage leur patriotis.e exaspéré. Or, l'Albanie autonome, c'était immédiatemit la Macédoine autonome, et peut-être comme conséqueie

l'échec des réformes 201

te lutte acharnée engagée entre Grecs, Serbes et Bulbes. Et si la Macédoine et l'Albanie se séparaient de [Turquie, où celle-ci subsisterait-elle, puisque déjà, à (nstantinople, le régime donnait des preuves fréquentes instabilité? La Jeune-Turquie était donc dans la néces- Eé impérieuse de trouver promptement les solutions ilispensables pour assurer la conservation du nouveau i:ime.

Mais le danger était encore plus grave. La question

îoanaise était, en effet, à triple face ; à côté du point do

^eturc et du point de vue albanais, qui se confondent

fesque, il y a le point de vue international. Certaines

jissances ont dans la Péninsule balkanique, et spécia-

Inent en Albanie, des intérêts tels que leur intervention

j, manifesta dans le courant de l'année 1911, à Gonstan-

liople, par des notes, des conseils amicaux, des décla-

ilions qui n'ont pas été sans inquiéter la Turquie.

• Ue-ci comprit quel était le danger du soulèvement

joanais ; elle désira y mettre fin rapidement, sous

jine de voir la question s'internationaliser et l'Albanie

vi>nir une nouvelle Macédoine. Or, le régime Jeune-

irc s'était constitué pour repousser en Macédoine

/ntervention étrangère, intervention qui menaçait de

accentuer encore après l'entrevue de Reval. S'il était

^puissant à résoudre les difficultés albanaises, quel

rait désormais son prestige aux yeux des Musul-

•ans? Autoritaire et absolu à Gonstantinople, il serait

cusé dans les provinces de faiblesse à l'égard de

Iranger. Où serait la différence avec le régime hami-

en?

cLa question albanaise appelait de différentes façons ..ttention de l'Europe. L'Autriche d'abord, qui est la lissance la plus voisine de l'Albanie, et qui, depuis mnexion delaBosnie-Herzégovine, n'en est séparée que

par une bande de territoire, suivait avec une attentii marquée le soulèvement albanais. Depuis le jour l'Autriche a développé sa politique orientale, et où ellti songéàoccuper les grandes voies quimènentàlamerÉd età laMéditerranée,elle aeunécessairement des viséesd l'Albanie. Elles sont même fort anciennes, puisque, (j| les victoires du prince Eugène sur les Turcs et le de Passarowitz (1718), l'Autriche s'est fait accorder pailj Porte le protectorat des catholiques albanais; prot( torat d'ordre tout religieux, il est vrai, mais qui cac mal des vues ambitieuses et des désirs d'expansi^ Cette politique subit un recul marqué, depuis le trj de Belgrade jusqu'en 1878. Mais, après le traité Berlin, elle se donne les coudées franches en Orij et ne se fera pas faute, à l'occasion, d'invoquer et droits historiques et ses intérêts économiques.

Ces derniers surtout sont les plus évidents et les sûrs, et ils sont servis, depuis le XVIP siècle, avec vouement et une ténacité remarquables par les moi franciscains. Ceux-ci sont les collaborateurs de l'œue de pénétration autrichienne; ils enseignent dans is écoles la langue allemande; ils luttent contre l'influe-" italienne et surexcitent le patriotisme albanais pu l'opposer à la poussée slave. L'or autrichien qui se rép id en Albanie les aide puissamment, tandis que, de lir côté, les consuls développent le commerce autrich cherchent à gagner les Malissores à leur cause et rejcsentent François-Joseph comme le bienfaiteur de 1 1banie.

En Albanie, la presse s'est attachée à faire de l'AutriJfi la protectrice naturelle des Albanais contre « les f ocités », disait-elle, du gouvernement ottoman. Le FiBdenhlalt du 7 juin 1011 publiait, dans son éditorial, lie note qui était évidemment inspirée par le BallplatzLe vif intérêt, disait-il, que porto la monarchie aux ch<es d'Albanie, s'explique a par les sympathies de loni«

l'échec des réformes 203

tle qu'elle a toujours eues pour les Albanais des trois

iitossions, et par le protectorat qu'elle exerce sur les iLholiques albanais »... « Elle a donc le droit d'exprimer m avis sur une politique qui a conduit à un état de loses insoutenable. » C'était aller un peu loin, car ce protectorat ï>, qui est essentiellement religieux, ne douait pas à l'Autriche le droit d'intervention qu'elle sem- 'ait vouloir revendiquer, et la révolte albanaise était et evait rester une afîaire ae politique purement intérieure régler entre les Turcs et leurs sujets rebelles.

La thèse autrichienne, affirmée avec tant de netteté, ;lait à rencontre de prétentions diamétralement oposées à celles de l'Italie ^ Et voilà maintenaut deux randes puissances que la révolte albanaise intéresse irectement! L'Italie a toujours eu une politique orienile. Héritière de Rome, des princes italiens^ de la avoie, de Venise, elle se rappelle l'époque glorieuse où lie dominait sur la côte dalmate. Elle se souvient que la olitique de la Sérénissime République a toujours été 'empêcher qu'on ne ferme l'Adriatique, et que ses côtes 'appartiennent à la même puissance. Comme l'Autriche, ui a en Orient les mêmes intérêts, elle veut mainmir la liberté de l'Adriatique. Elle ne pouvait per- ,iettre pour sa sécurité, que la côte albanaise tombât ous la domination d'une puissance rivale. Quelle aenace pour Brindisi, si Valona, sur le canal d'Otrante,

quelques kilomètres à peine, devenait austro-hon- .rois! 'Voilà d'abord des raisons d'ordre général pour isquellps l'Italie surveillait de près les choses d'Albarie, surtout en présence des agissements de l'Au- ^'iche.

En plus de ces intérêts moraux, de ces intérêts straté- Jques, elle a en Albanie des intérêts économiques.

1. Voir notre article dans la Revue politique et Parlemeji taire u 10 juillet 1910 : La politique orientale de l'Italie et le maintien .9 la Triple Alliance,

L'Albanie est pour elle un débouché naturel. Le com' merce italien avec la côte albanaise est des plus pro pères. Du reste, la langue dans ces contrées aide le coir merce. On parle italien sur toute la cote et dans le innombrables écoles royales créées de toutes part; notamment à Scutari. Les Jésuites, qui sont ici les rivaUi des Franciscains, et prennent leur mot d'ordre à Rom et non plus à Vienne, n'enseignent que l'italien.

Si le gouvernement, par des subventions aux école aide au développement de l'influence italienne en A| banie, l'initiative privée y contribue également. D sociétés italo-albanaises, le Comitato nazionale albane< \a.Societa nazionale albanese^ fondées en Italie^ cherchaie à favoriser un mouvement national afin de réaliser, avi l'appui de Tltalie, l'autonomie de TAlbanie.

La question albanaise pouvait créer des dissentime entre l'Autriche et l'Italie, par suite du conflit des int| rets en présence. Aux beaux jours de la Triple-Allian les deux puissances avaient voulu régler les difficult que cette question si complexe pouvait soulever. 190-4, à l'entrevue de Venise, à l'époque où se pos la réforme de la gendarmerie en Macédoine, il question entre M. Tittoni et le comte Goluchowski d* partage d'influence en Albanie. Dans l'attribution d|j districts macédoniens réservés aux cinq grandes pu sauces, il s'éleva des contestations entre TAutriche l'Italie, l'Autriche ne voulant donner à l'Italie que district sans importance de Sérès, alors que celle obtenait ceux de Monastir et de Salonique, où s influence pourrait s'exercer davantage. C'était déjà premier symptôme; l'entente était difficile.

Il y avait encore d'autres éléments qui compliquai le problème albanais et rendaient la situation criti( en 1911 et 1912. Aux mois de mai et juin 1911, relations étaient déjà très tendues entre la Tuniuie Monténégro, et la Russie dut intervenir à Conslanlino

' L'ÉCnEC DES RÉFORMES 205

1 faveur du Monténégro, au sujet des difficultés qui ir^iirent entre les deux puissances. Les Monténégrins, 1 reste, désiraient la guerre. Le Turc est détesté dans

Tsernagora; des siècles de luttes à outrance rappellent - cesse à ses habitants les haines passées. Et puis les onténégrins ont des aspirations nationales, des préten- Dns d'origine historique à faire valoir sur tout le littoral Iriatique, et notamment sur Scutari, l'ancienne capitale •s princes de la Zenta. D'après un vieux poème monté- ■::rin, l'héroïque Ivan, prince de la Tsernagora, la ter- Lir des Turcs et l'espoir des Chrétiens, dort dans une -Uo mystérieuse située au-dessus de son château Obod; il doit se réveiller un jour pour conduire les onténégrins à la conquête de l'Albanie! L'opposition t très marquée entre les Albanais et les Monténégrins, y eut une résistance acharnée, en 1880, après le Congrès ! Berlin, de la part des Albanais, lorsque les districts

Plava et de Gusinje refusèrent de passer au Monté-

■;o et durent finalement rester Turcs ^ Les Albanais Uiuliques du Nord sont depuis des siècles les ennemis :s Monténégrins. Les Turcs ont donc été fort surpris Vils aient donné asile aux réfugiés albanais et ils ont "cusé le Monténégro, malgré ses protestations réitères, de favoriser la révolte des Malissores. Peu à peu, '. mai 1911, la Turquie concentrait des troupes le long

la frontière monténégrine. D'un jour à l'autre, la lerre pouvait éclater, car les Monténégrins donnaient 'ile aux rebelles, non pas à cause de l'affinité de race ■tre les tribus révoltées et les Albanais habitant les f:Virons de Dulcigno, devenus Monténégrins, mais plut en haine du Turc.

Devant les menaces non déguisées de la Turquie, la issie s'empressa d'agir. Elle adressait une note à la »rte, suivie, le 23 mai, d'une communication de

Tcharykof à Rifaat Pacha. La note était très ferme. L Voir plus haut, ch. III, p. 59.

Elle demandait à la Turquie de « déclarer de la façon plus catégorique ses sentiments parfaitement pacifiqn' à l'égard du Monténégro, et de concourir à la lire' tation de l'état de guerre ». Appuyée formellement p la France, cette démarche produisit son effet, et elle e pour résultat de prévenir momentanément entre le Mo ténégro et la Turquie un conflit qui, très vraisemblab, ment, se serait généralisé dans les Balkans.

Ainsi la Turquie se trouvait en présence d'un donl danger : danger de voir l'Albanie tendre de plus en pi à l'autonomie, et entraîner dans cette voie les aut: nationalités de l'Empire; danger de voir la question banaise s'internationaliser du fait de l'intervention p sible des puissances européennes, de l'Autriche et l'Italie, ou de la Triple Entente, en cas de guerre ave( Monténégro. Elle se décida donc à faire les concessl nécessaires (2 août) : amnistie générale pour ceux ont pris part à la dernière révolte, permission accor aux Malissores de remplir leurs obligations militaire Scutari, exemption d'impôts pendant deux ans, jl d'armes autorisé, sauf dans les villes et les bazarsla langue albanaise reconnue langue officielle, construd de routes, dommages-intérêts pour les maisons pil ou démolies. L

Les uns, en Albanie, trouvèrent les concessions fP tardives, les autres, en Turquie, les jugèrent excessi s. La question albanaise n'était point réglée. Elle devai réveiller plus violente en 1912; les réformes avaDt été accordées trop tardivement sous la pression d force, les nationalités n'en étaient que plus encouni à la résistance.

Ainsi récliec des réformes avait lieu concurrcmi en Macédoine et en Albanie; la sécurité de l'Empirii n'arrivait pas à se rénover était gravement compronse.

dée nationale qui chemine à pas comptés allait être is forte que la volonté des princes et des gouvernesnts.

Maintenant passons les Dardanelles et entrons en , ie:nous voyons alors deux autres nationalités, la itionalité syrienne et la nationalité arménienne, ixquelles les Turcs, à la veille delà guerre, avaient (omis des réformes, sous la pression de TEurope. [S'il est une contrée célèbre dans l'histoire, où se soient (roulées les plus grandes scènes de l'antiquité, où les peu- ;3S aient pour la première fois lutté, y laissant chacun des bris et des ruines, c'est bien la Syrie, lieu de passage de us les grands conquérants et objet de leurs convoitises, acée au centre dumondeconnu des anciens, elle fut, aune rtaine époque, un des brillants foyers de la civilisation le rendez-vous du commerce mondial. Elle se trou- .it, en effet, au carrefour des routes commerciales d'Eupe et d'Afrique vers l'Asie, elle était comme un trait anion entre deux continents, et Bonaparte, rêvant aller aux Indes, prenait la Syrie comme base de ses ,)érations. Malgré le percement du canal de Suez, elle it restée la route naturelle du trafic terrestre d'Europe îFS les Indes. Si elle n'a pas conservé toute sa proscrite de jadis, elle a mérité d'être appelée la plus fertile )ntrée de l'Orient, et elle a pu être baptisée avec raison ir Lamartine <( le jardin du monde ». La Syrie garde a fait de sa position incomparable, sinon de ses chasses propres, une importance capitale. Là, se eurtent, comme jadis, les ambitions de divers États ai y possèdent de puissants intérêts économiques et (loraux et à celles-ci s'ajoutent les revendications d'un euple rêvant d'indépendance et de liberté.

La Syrie comprend une bande de terre dans Tan nord-est de la Méditerranée, qui va du nord au sud, plateau d'Asie Mineure aux sables d'Egypte et à la Pal tine. Elle a comme frontières les meilleures des défens naturelles, la mer, un grand fleuve, TEuphrate, le va désert de Mésopotamie, les sommets inaccesssibles Liban et du Taurus. Le pays syrien comprend les sai jaks d'Alep, le vilayet de Beyrouth avec cinq sandja le vilayet de Syrie avec quatre sandjaks, une partie sandjak de Zor, et le Liban qui forme un sandjak au nome avec un gouverneur général.

Il est à remarquer que sa situation géographie a profondément influencé ses destinées politique L'énorme disproportion de ses axes, puisqu'elle est t< en longueur (900 kilomètres sur 150 de large), a t jours fait obstacle à rétablissement d'un centre unie de domination. La Syrie n'a pas de capitale. Sous t< les jougs qu'elle a subis, elle a été administrativem morcelée, divisée en petits États rivaux et ennemis, proie aux luttes intestines.

Aussi bien cette constitution en étroite bande de te^ et cette division en petites principautés empêchèren a Syrie de résister aux armées étrangères qui la traversai it pour se rendre d'Afrique en Asie : armées des Assyrie , des Egyptiens, des Chaldéens, et plus tard, d'Asie^ Europe : armées des Perses, des Grecs, des Romains, Croisés et des Turcs. Son histoire se trouva liée a| à la fortune des peuples qui l'occupaient, d'où d'unité politique parce qu'il y a absence d'unité géoj phique. 11 est bon, toutefois, de noter que cette abs< de centre unique et le relief très accidenté du ont eu un heureux résultat, celui de permettre aux hj tants de déserter le littoral et la plaine au jour du

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jp, pour se retrancher dans leurs montagnes et éviter iisi une destruction totale.

Foutes les histoires se sont rencontrées en Syrie, «les annales de ce pays se confondent, peut-on dire, îc celles de l'humanité. Il sert d'abord de champ bataille aux Pharaons dans leurs luttes contre les .tites, au Vil" siècle avant J.-C. Puis les Assyriens, jr s'assurer la possession de la Mésopotamie et du Ife Persique, s'emparentde la Syrie et de ses commu- .ations maritimes et terrestres. L'an 606 avant J.-C, le passe sous la domination des souverains de Babyue, et la période chaldéenne reste tristement célèbre ;• les destructions et les massacres qu'elle provoque. Impire des Perses, avec Cyrus et Artaxercès, succède lEmpire babylonien; puis, c'est Alexandre et les Macéliiens qui, après sa mort, livrent cette contrée àl'anarte, débattue désormais pendant deux siècles entre les .^ides et les Séleucides, héritiers du roi de Macédoine, ;qn'à ce que les légions de Pompée viennent mettre i aux luttes des dynasties rivales. Mais ce ne fut qu'un ips. Crassus, César, Antoine font de la Syrie le pivot Heurs ambitions politiques, et lorsqu'Auguste devient iseul maître après Actium, il attribue à l'Empire une i orité directe sur ce pays. Il en souligne l'impor- '06 en y concentrant quatre légions, il en fait une li marches de l'Empire pour contenir les Arabes et ' rois de l'Asie. Celle-ci jouira pendant une longue :'iode de temps des bienfaits de la paix romaine, jus- I aux premières incursions des Perses et jusqu'au vaste iautque les Arabes allaient livrera la puissance de 'me et à son héritier, l'Empire d'Orient. L'Islam désorlis dominera la Syrie et celle-ci, comme toute l'Asie I sulmane, sera le théâtre d'incessantes révolutions litiques parmi les principautés qui prétendaient à a ticession du Prophète, jusqu'à l'arrivée des Turcs Seld- ' cides. Leur domination sera àson tour ébranlée par les

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Croisés, et voilà cette province aux mains de nouve;; maîtres auxquels succéderont les Tatars, les Mog«| les iMamelouks d'Egypte, et enfin les Turcs de Constaii nople qui y régnent depuis 1517.

L'organisation que Sélim 1" lui donna subsiste i core dans ses traits généraux, et cette nouvelle ad | nistration fit cesser l'état anarchique où elle était ploni depuis des siècles. Mais les agents du pouvoir cen jouirent d'une indépendance de plus en plus grande en abusèrent bientôt et ce malheureux pays, qui a connu les gouvernements les plus divers, fut voué exactions des fonctionnaires locaux. De là Tétatii trouble dans lequel il resta plongé, interrompu un tant par l'attaque de Bonaparte et la conquête passa d'Ibrahim Pacha, pour aboutiraux douloureux massn de 1860, auxquels mit fin l'expédition française quiu pour heureux résultat de créer l'autonomie du Liba

La situation géographique et politique de la S i explique pour quelles raisons elle n'a plus l'imporl économique de jadis. Elle était autrefois la voie un par terre entre l'Europe et l'Asie. Le percemen l'isthme de Suez donna à la navigation de telles lités que les échanges entre les deux continents s' tuent par mer. 11 faut dire aussi que les nombre invasions qu'elle a subies ont dévasté le pays Syrien n'a jamais été un agricole; il était avant tounn agent commercial entre l'arrière-pays, la Mésopot;v dont il dépend économiquement, et le bassin mé(! ranéen; depuis que l'importance de ces échang diminué, il est réduit à l'exploitation de son proprsol et est obligé de s'expatrier.

La Syrie offre cependant de grandes richesses agric On y récolte du froment, de l'orge, du seigle, de l'avii' , du maïs, du millet, des fruits. La viticulture, très )0spôro dansl'antiquité, a repris depuis peu quel(|uo in ortance dans le Liban. Le mûrier blanc^ dont les iuiil^i

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(trvent à l'élevage du ver à soie, occupe la première ^ace dq^ les plantations du Liban. On cultive encore icotonmer dans le nord; l'olivier et l'oranger sont un

s principaux revenus de la Syrie.

I Au point de vue de l'élevage, les troupeaux de moulas constituent la principale richesse des Bédouins, car

viande de mouton est la seule viande qu'on mange en rrie et le lait de brebis est la base de l'alimentation des [•mades. Le bœuf est employé pour la charrue ; le che- .1, l'âne, le chameau sont les moyens de transport par icellence dans le haut pays et le désert.

Au point de vue minier, on ne trouve que quelques lices de charbon dans le Liban^ certaines quantités de inerai de fer, du calcaire, du sel, du bitume, des gisebnts de phosphate.

\l\ faut cependant reconnaître, d'une façon générale, lecette région n'apas la prospérité de jadis. Lesrègles ^ la technique agricole font entièrement défaut; la iiin-d'œuvre manque par suite de l'émigration contilelle, l'irrigation pendant l'été est défectueuse, et tout Ipays souffre de l'insécurité politique.

.Telle est la physionomie économique de la Syrie, toute Iricole, qui ne connaît pas d'industrie, mais dont les i langes commerciaux sont des plus actifs, par les ports xandrette, Beyrouth, Saint-Jean d'Acre, Jaffa, Caïffa, )\i de Syrie, et par ces grands caravansérails, 1 timédiaires naturels entre les Indes et l'Europe, lin as et Alep.

pays si varié par ses enchevêtrements de plaines, t montagnes et de vallées, l'est aussi par les races qui libitent et les religionsquiy ont trouvé asile. Mais si les Ipulations restent diverses par l'origine, par leurs senti- ^ nts d'indépendance, par leur particularisme, il faut Ile que la domination arabe a, au cours des siècles, kalgamé les éléments qui peu à peu s'adjoignaient

t autochtones. Il s'est formé ainsi une race unique,

essentiellement arabe où l'élément turc est en quelqsorte noyé. Les groupements se sont faits surtout auto des bannières religieuses; elles symbolisent les so venirs du passé et les espérances de Tavenir. Les dil sions qui existent dans la population syrienne ré' dent plutôt dans les variétés de religions que dans différences ethniques. Les statistiques n'ont alors d' térêt que si elles s'appliquent aux religions, mais el sont, peut-on dire, illusoires, en présence de la m titude des sectes et d'un recensement de la populal: qui n'a jamais été fait officiellement. Il faut s'en r porter aux travaux des auteurs et notamment à c( de M. Cuinet', dont les autres du reste diffèrent très \i rement.

Nous nous trouvons alors en présence de deux graff groupements religieux : les Musulmans, au nombrele 1.500. 000; les Chrétiens unis à Rome et séparés le Rome, avec 930.000; les Israélites, 100.000, les adhér> de sectes très diverses : Druses, Ansariés, Ismaéli' - Cadmoudistes, Yézidis, etc.. au nombre de 300.00UQviron, ce qui donne une population de près de 3 millT d'habitants, alors que la Syrie en comptait 20 milli sous la domination romaine et 10 millions lors de ^ cupation arabe (VIP siècle). Ces races n'ont pu v ensemble que parce que le Turc les a maintenues sunies par la force, sans que pour cela leur personn ité disparût. Chaque région, chaque groupement ellmi i^ chaque secte religieuse garde ses traits principaux Turc doit, sous peine de révolte, respecter leur par larisme. Ces populations, très séparées les unes les autres par la constitution physique du pays, fièree^' solues, rcHent de^vivre indépendantes du Turc, qi pourjellcs l'oppresseur.

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