‹ La Turquie et la guerre;Chapitre 28 sur 60 · Livre Jaune. — Affaires armcntpnnes — pièce · texte numérisé non relu

Livre Jaune. — Affaires armcntpnnes — pièce

2. U.'pêclie «Je M. Hanotaiix à M. Jules Cainbon (155 di^cemh'' iSbG)- lAvre jaune, pièce 337. « Quaut d la question des mesures coercition, nous ne nous refuserions pas à l'examiner le niomeij venu, si les puissances étaient unanimes ù en reconnaître rtibeolif Déccfsitô. n

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formes qui devenaient de plus en plus nécessaires et xquelles le Sultan se refusait. On avait repoussé à JDS tard la solution à adopter, cependant le conflit n'en ibsistait pas moins dans ce coin de TAsie. (Le projet de réformes, sanctionné par la Porte, le 20 jtobre 1895, était resté lettre morte, alors qu'il aurait être la charte constitutionnelle de l'Arménie. Aussi idministration était de plus en plus vexatoire; les mascres seuls avaient cessé. De leur côté, les chancelleries

ient heureuses que le silence se fit autour des isères et des ruines accumulées. Et puis la question acédonienne absorbait en Orient toute leur atten- Dn.

La Révolution Jeune-Turque devait soulever l'enthoulasme en Arménie, de même qu'en Syrie et dans les lires parties de l'Empire. Les massacres d'Adana (avril W)9) enlevèrent aux Arméniens leurs illusions. Trois (lies, soixante-dix villages furent pillés, leurs populaons décimées par les Kurdes. Dans les campagnes, leur ige destructive n'épargna pas les récoltes, les machines jricoles, les bêtes de somme. La population crut que p nouveau régime allait frapper les coupables. C'était iscréditerle gouvernementaux yeux des populations, t celui-ci eut la môme attitude, la même mauvaise foi ne jadis Abd-ul-Hamid. On traduisit bien les fonctionaires, témoins impassibles de ces horreurs, de ces rimes, devant une cour martiale, mais en même temps «elesArméniens qui, paraît-il, étaient également respon ables. Les uns furent quittes pour des peines légères, les !Utres exécutés K Le patriarche arménien de Constanti- [Ople, Mgr. Archarouni, démissionna (12 septembre 1913), émettant au patriarche des Arméniens, le Catholicos ieorges V, le soin d'appeler sur le sort des victimes 'attention de l'Europe. Tous ces événements soulevèrent

1. Vr. René Moulia — Force et faiblesse de la Jeune-Turquie . — •âfii, Pion, 1910, page 26 et suiv.

des colères et des haines violentes dans la population arménienne.

Elle était à bout, ses souffrances avaient été tro| grandes ; il fallait des réformes. Les promesses des Vieuxi Turcs, comme celles du comité Union et Progrès, avaien été illusoires. Le décret de réformes du 20 octobrt 1895 n'avait même pas été appliqué. Les Arménien demandaient la justice dans l'administration, dan l'impôt, la sécurité pour les populations livrées a despotisme des beys ou aux exactions des Kurde Certains parmi eux désiraient une large autonomi comme au Liban et jadis en Roumélie, l'indépendan avec un statut spécial d'une conception qui, sans è impossible, semblait de prime abord difficile à réalise tant les populations habitant l'Arménie sont différent de mœurs et de religions, partout mélangées a Musulmans sujets de trois empires, réparties aux quai points de la Turquie et même jusque dans l'Archipel.

La Russie, qui a, sous sa loi, un grand nombre d'Arm niens, dut intervenir diplomatiquement auprès de la Por pour que des garanties leur fussent accordées. M. deGie présentait, en juillet 1913, un projet de réformes a ambassadeurs des grandes puissances; et le 30 novemb| 1913, les délégués d'Allemagne, d'Aulriche-HongriCi France, d'Angleterre, de Russie et de Suisse se réuni saient à Paris pour examiner la question des réform arméniennes.

Du reste, la Turquie, assagie par les revers de la guer balkanique, comprit enfin qu'il fallait accorder d réformes profondes àl'Arménie.Une commissionspécia comme en Albanie, comme en Macédoine, était cnvoy dans les vilaycts de Van, Diarbékir, Bitlis, Mamoun comprenant un inspecteur général et six memb dont trois Musulmans, deux Arméniens, un Chaldé sous la présidence d'un conseiller étranger. Elle dey s'occuper do la réforme de la police et de la gend

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nerie, et des divers litiges entre Kurdes et Arméniens.

Du reste, Tactionde la Russie, soutenue par les grandes puissances, portait ses fruits, et le 8 février 1914, un iccord était signé entre la Turquie et la Russie, avec assentiment des ambassadeurs des grandes puissances à Gonstantinople, pour l'amélioration du sort des Viméniens. L'Arménie devait être divisée endeux secteurs lyant à leur tète un inspecteur nommé par la Turquie ivec l'assentiment des puissances, le premier secteur :omprenant les vilayets de Sivas, Erzeroum, Trébizonde, 't le second, les vilayets de Van, Bitlis, Karpout, Diarjékir. Ces inspecteurs européens auraient le contrôle le l'administration, la justice, la police du secteur, e droit de remplacer les fonctionnaires subalternes, le présenter à l'agrément du Sultan les fonctionnaires supérieurs, de les révoquer en prévenant les ninistères compétents. Dans chacun des secteurs, les ois et les décrets seraient publiés en langue locale, sauf lour les jugements des tribunaux. Le service militaire ocal était adopté. Dans les vilayets placés sous la juridicion d'un inspecteur général, un conseil général serait ■lu par la population. Il discuterait le budget de la province, déciderait des emprunts à faire, élirait un comité le vilayets composé de quatre membres. Ce comité de .ilayets aurait pour mission de préparer les lois locales, l'examiner le budget transmis par le vali, d'élaborer le programme des discussions du conseil général. La Porte semblait devoir entrer sincèrement dans la

oie des réformes qui assureraient aux populations chréjennes la sécurité et la prospérité. Tâche ardue qui suffitoit à absorber toute l'attention du gouvernement turc ;

'avenir de l'Empire ottoman dépendait de l'exécution de !:ette politique réformatrice qui permettrait à l'Asie Mineure de mettre paisiblement en valeur ses vastes

ichesses laissées en friche par l'inertie du régime. Mais l'effort à accomplir ne semblait-il pas au-dessus

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des bonnes volontés en présence ? De même qu'en Syrie, il se manifestait un peu tard, et ne semblait plus pouvoir donner, à la veille de la guerre européenne, les résultats qu'on aurait pu attendre de réformes effectuées quelques années auparavant.

• Il

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