‹ La Turquie et la guerre;Chapitre 35 sur 60 · Lttrre 6/«u 5«r6«, pièce J9. ' Hjli · texte numérisé non relu

Lttrre 6/«u 5«r6«, pièce J9. ' Hjli

LA QUESTION d'ORIENT ET LA GUERRE EUROPÉENNE 279

dirigée contre l'Autriche, regrettant que des officiers y aient pris part, et désapprouvait toute idée ou tentative d'immixtion dans les destinées des sujets de TAutricho- Hongrie. Cette énonciation devait être portée à la connaissance de l'armée et publiée dans son Bulletin Officiel. Quant à la participation des autorités austrohongroises à une enquête contre les auteurs du complot, le gouvernement serbe s'y refusait, car ce serait une Tiolation de la constitution. De même, avant de frapper les coupables pour les propos tenus contre le gouvernement impérial, il attendra que les preuves lui en aient été fournies.

Or, l'Autriche déclare que la réponse serbe n'est pas satisfaisante ^ Elle n'est qu'un moyen de gagner du temps. En vain notre ambassadeur^ M. Dumaine '\ et sir Edward GreyMui ont conseillé la modération (22 juillet); en vain sir Edward Grey, à nouveau, lui a demandé une prolongation du délai de l'ultimatum*, ainsi que M. Sazonoff, afin d'éviter tout ce qui pourrait précipiter la crise"', elle rompt les relations diplomatiques et mobilise ^ Elle cherchait un prétexte de guerre, elle Ta trouvé et s'empresse de le saisir.

Le gouvernement italien cependant « jugeait sévèrement l'agression de l'Autriche ». M. Salandra, le 25 juillet faisait remarquer à M. de Flotow « que l'Autriche n'avait pas le droit, d'après l'esprit du traité de la Triple Alliance, de faire une demande comme celle qu'elle a faite à Belgrade, sans accord préalable avec ses alliés Dès lors,

l'Italie ne sera pas obligée de venir en aide à l'Autriche au cas où, par suite de cette démarche, elle serait en ^erre avec la Russie, parce qu'en ce cas, toute guerre

1. Livre bleu serbe, pièce 40. — 2. Livre Jaune, pièce 17. — 3. Livi'c bleu anglais, pièce 19. — 4, Livre bleu anglais, pièces 3,5,26. — 5. Livre orange, pièce 4 ei Livre jaune, pièce 38.

6. « Nous ne pouvons pas accorder de prolongation de délai (Le comte Berchtold au baron Macchio). Livre rouge, pièces 20 et 21.

européenne est la conséquence d'un acte de provocation et d'agression de la part de l'Autriche * ».

Néanmoins le 26 juillet, les décrets de mobilisation étaient publiés et étaient exécutoires, le lendemain 27. « Ils avaient dû être préparés bien avant la réponse serbe, connue seulement dansjle courant de la nuit. Le décret de mobilisation était même daté du 24 ^ » . Toute la presse austro-hongroise exultait, jugeant le moment venu d'é- i craser la Serbie. Et puis la Russie, qui l'avait tant de fois abandonnée et qui ne semblait pas prête, sans aucua doute se contenterait uniquement de protester !

L'Allemagne et l'Autriche, qui se solidarisaient par la note du Chancelier impérial aux ambassadeurs d'Allemagne, le 23 juillet, voulaient que la France et la Russie i n'intervinssent pas,, afin que la monarchie austro- 1 hongroise pût agir à loisir. Du reste, il est hors de doute I que l'Allemagne connaissait la note autrichienne avant | qu'elle ne fût communiquée aux ministres de Serbie à Vienne ; plusieurs documents diplomatiques sont là pour l'affirmer. Si notre ministre à Munich, M. Allizé, et sir M. de Runsen n'avaient pas été déjà très nets à cet égard ^, la démarche de l'Allemagne du 23 juillet serait une preuve suffisante *.

Les puissances pacifiques vont essayer par tous les moyens d'empêcher le conflit et inciter l'Allemagne à intervenir à Vienne, d'où la provocation est partie. Sir Edward Grey n'a pu prévenir la rupture entre Vienne et Belgrade, en demandant la prolongation du délai de l'ultimatum et en conseillant au gouvernement austro-hongrois la modération : il ne se décou-

1. DlBCOiirs de M. Salandra au Capitole le 3juin 1915. Voir aussi! discours de M. Tittoni au Trocadéro, le 24 juin 1915 et Livre verff italien.

2. Voir le trrs intéressant ouvra^^'c de M. A. Gauvain, Ae« origint de la crise européenne Paris, Collin, 1915, pages 125,126.

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