‹ La Turquie nouvelleChapitre 47 sur 79 · LES ÉTABLISSEMENTS · texte numérisé non relu

LES ÉTABLISSEMENTS

conslruc lion, légère , auxquelles la constante iiiiniînence des incendies imprime un caraclère plus que viager; car elle ne permet pas au propriétaire de compter sur une longue jouissance, et encore moins de songer à léguer à ses enfants le domaine patrimonial.

Dans ces maisons, sauf quelques exceptions qui ne font pas règle, ils n'ont que le mobilier striciement indispensable aux usages les plus vulgaires.

Ils ne possèdent du reste ni immeubles, ni biens -fonds représentant des fortunes constituées. Telle est , chez ce peuple singulier, considéré isolément, la situation que son incurie et son indolence lui ont faite sur le sol le plus favorisé.

Envisagez ensuite cette nation comme agglomération sociale : vous la voyez sevrée de tous les établissements qui satisfont ailleurs aux besoins et aux commodités de la vie.

Excepté les établissements relatifs au culte, réduits aux seules mosquées , et ceux consacrés au service du gouvernement , tels que hôtels ministériels, casernes, arsenaux, fonderies , etc. , et encore ceux-ci dans quelles limites restreintes ne les trouve-t-on pas! il n'existe aucune fondation qui mérite ce nom , disposée pour servir les nécessités des i)opulations.

Prenant pour exemple la capitale, qui, dans tous

A L*USàGE DU PUBLIC. 967

les ëlatSy est toujours la ciié la mieux pourvue en tous genres, parce qu'elle est la résidence et l'objet de la prédilection du souverain , vous n'apercevez dans Constantinople aucune création en faveur de l'humanité : ni hôpitaux pour les maladies ordinaires et pour la peste, dont les rayages sont si intenses; ni hospices pour les vieillards, les enfants trouvés, les femmes en couches , les aliénés, etc., etc. ; ni corporations, agences ou sociétés , s'occupant de secours à domicile. Par contre, des legs de particuliers ont assuré l'entretien des chiens errants.

Vous n'y rencontrez pour l'instruction, ni collèges, ni bibliothèques, ni corps savants, ni professeurs, qui méritent ce nom, etc., etc.

Pour la sûreté de l'approvisionnement journalier, ni prévoyance relativement à l'arrivage des denrées, ni magasins où l'on puisse étabUr des réserves, ni marchés réguliers où la quantité des aliments mis en vente soit contrôlée, ni règlements pour leur débit, etc., etc.

Pour la commodité des étrangei's, ni auberges, hwmis quelques kans ou caravansérails , lesquels n offrent aux arrivants que le couvert et de la paille; ni traiteurs où ils puissent prendre leurs repas; ni moyens organisés de transport d'un lieu à im autre, etc., etc.

Pour les relations commerciales, ni Bourse, ni lieu de réunion, ni tarif, ni expertise, ni règle-

âë8 L11& ÉIABLiSSKMENl'S

méats relalifs aux. ti^nsactioas, ni servR*e po^ lai, etc., elc. -^

On ne finirait pas, si l'oa voulait ënumérer tout ce qui manque à une cité tuniue, et parlkmUèrement à la mélropole , pour ressembleF à une ville de la chrétienté. On aurait plus t&t £aût.de citer les insuffisantes ressources qui s'y sont îatrodoiles pour la satisfaction des besoins journaliers. de Ja vie. La liste ne serait pas longne^NoiiB iteasm^ rcHis pas de la produire; elle paraitraii trt^ mesquine. Nous irons seulement aa^^^evant.de qnes* lions naturelles. ; ii v ;m .

Comment fait tm. étranger qui arrive à ikustaotinople^.avec ou sans affaires , et dans 1 inteoiion d'y faire un séjour plus ou moins long? ^ .

11 est bien entendu qu'il n'est pas question ici d'un Eurc^éen. Celui-*ci se fait conduîpe dmis le quailierdes Francs^ où il trouve à peu près toutes les pratiques en usage dans les pays civilisés. Nous ne pailerons pasnon plus des Juife, race.réprouvée [)ar le reste des humains^ et qui esboondanmée partout à se rallier à ses concitoyens.

L'étranger arrivant , Turc, Arabe , Arméniefi, Persan, Vaiaque ou Moldave, etc. , se rend dans un kan ou c^ravanseratl. il y loue une chambre entièrement nue pour lui, une place sous les voûtes pour son bagage , une autre à l'écurie commune pour son cheval. L'bomme propriét:iire ou concierge des lieux, ne lui fournit, contre paie-

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