H PÉRA
La vue de celle position est ravissante ; c'est presque ridéal do séjour des Champs-Elysées.
La i>opiilatiou de Péra est un composé de toutes les iimi<»ii8 de l'Europe, où viennent se fondre plusieurs variétés des peuples do l'Asie et de l'Afrique. On y parie toutes les langues. Psirmi celles de la chrétienté , dominent ie français et Tkalien. ' C'est à peine si, dans ce faubourg, on s'aperçoit que l'on vit sous la do;uination turque. L'autorité du divan y est balancée, et, dans plusieurs e^s , annulée par les prérogatives concédées aux Européens et à leurs ministres, en vertu des trai* tés avec la Soblime-Porie. Les habitations des premiers et les palais des seconds sont tenus inviolables pour l'autorité tturque. Une judicieuse unanimité, et peut^tre la seuleque ron remarque dans cette agglomération de nations diverses, se révèle dans loutes les circonstances où les immunités des Francs pouiraient être compromises.
A Péra, la vie sociale se rapproche, en mille points, des habitudes de la cbrétienié ; les nuances ne se manifestent que dans les usages parlicutiers à chaque peuple. C'est surtout aux goûts saillants de chaque individu qu'il est facile de reconnaître son origine. L'Anglais est toujours passionné |K)ur le bifteck et le pliimpouding ; Tlta- Ken , pour les {xites ; TAIIemand , pour le vin. Le Français cherche partout le plaisir, et n'est pas difficile sur la qualité «le celui qu'il rencontre.
Perd a beaucou|> perdu à la dispersion du corps diplomatique, par sotte de l'incendie survenu il > a une dizaine d'années. Les diinislres européen^, n'y ayant plus que des pied- h-terre , ont porté leur habitation ordinah^e dans les villages du Bosphore.
' kvànt cette époque , ils recevaienl , donnaient h manger^ célébraient des anniversaires, et égayaient le carnaval par des bals parés et quelquefois masqués. A leur exemple^ les premiers secrétaires, conseillers et drogmans des légations^ voire même certains chanceliers; ouvraient leurs salons à leurs amis et connaissances; les premières maisons de commerce les imitaient. Un étranger, pour i^eu qu'il fût présentable et recommandé , savait où voir le monde et passer ses soirées.
Tout est changé; les minisires n'étant plus là poui* donner le branle , chacun s'est retranché dans son intérieur. Il n'y a peut-être pas de pays dans le monde , où l'isolement soit devenu plus complet.
Dans le carnaval , on danse encore à Péra ; mais la composition des réunions en interdit l'entrée aux familles qui se respectent.
Indéi)endanniienl des privations imposées aux Francs par I eloignement du corps diplomatique et les réserves que se sont imposées les maisotis particulières, qui, a son imitation, étaient accès-