CRÉOIT IH: MX MILLIONS
doute b vigibnce du niinislêre pour les ioféréts nationaux!
Sa demande a été imuiëdbleflieni Iraiisintse à une iXHniuissîon. dont le ra|»ffOrt ne s'est pas bit attendre, tlle :i conclu à b concession du crédit: et Ton conçoit sans peine que b Chambre des Pairs s'empressera d'y acquiescer.
Yoib qui est bien : f'^tfg^fi/i est trouvé. On ne pouvait être inquiet à ce sujet, tant est facile b pente par bquelle s*écoule l'argent des contribuables ! Mais c'est <ie Femploi de ce crétiit qu*il eAl été im|>ortant |»otir la France d*étre bien instruite. H n'en a pas été dit un mol. L'honorable ra|iporteur a nièine eu soin de rappeler que toute question à c*e sujet >erait inopportune et attenlaloire aux prérogatives de la coiunonne.
D'accord 9 si on enlendail b faire expliquer sur l'application en détail des fonds votés : oe u est pas ainsi que la chose doit èlre comprise ; c'est sur la question envisagée sous le point de vue politique, que la France a le droii d'interroger, et que les ministres n'ont pas celui de refÎMser une réponse.
Si Ton demande aux contribuables un nouveau sacrifice de dix millions, suivis peul-étre de plusieurs autres encore, esi-ce donc pour n'obtenir que r insignifiante prolongation du $UjUu quo, ou bien pour en lenniner enfin par tiue solution grave qui assure nettement les positions à l'avenir î Sera-ce de com-eri avec rAn^leterre, ou
dans (U'S vues isolées, que Ton agira? Si la rollisioii a lieu, qui aidera-t-ou, qui oonibaltra-l-on, du sultan ou de son eonipétileur? etc., etc.
Puisque Ion se décide à se lancer dans une carrière ouverte à tant de sérieuses éventualités, il semble que ce ne di^vrait pas être sans un plan bien coniplei, bien arrêté à l'avance, quoique susre[>tible de nioditica lions ultérieures en raison des événements. La France, qui paie, mérite à ce seul tiln\ quand même ses intérêts ne seraient pas aussi évidemment en jeu , d'être iuformée du i*ole qu^elle est app^dée a soutenir.
Il faut quelle sache quels seront, dans celte grande lutte, ses alliés, ses amis ou ses ennemis. Il ronvienl qu'elle apprenne d'avance de quel côté <dle doit diriger ses sympathies et ses vœux. A cet ('gard , elle ne jH»ut s'en rapporter à un ministère qui semble ilotler isolé, irrésolu, entre les deux partis, et trahit d'avance son impuissance piu* le vague de ses vues et l'incohérence de ses dispositions premières.
A (*es données , bien propres à justifier de [irioie abord les imiuiètes déûances de la France, si vous ajoutez qu'elle ne saurait ignorer à quel degré de déconsidération son gouvernement l'a laissée descendre depuis 1830, vous ne pourrez plus douter qu'elle ne soit l'ondée à exiger des explications.
Celles que nous réclamons pour elle sont de droit et rie convenance: elles ne cboqtienl nulle-
4i4 CRÉDIT DE DIX MILLIONS
ment la prérogalive royale. C'est abusivement que le rapporteur de la commission s'est retranché derrière les privilèges de la couronne pour interdire jusqu'aux interpellations.
Durant la guerre de sept ans , Frédéric était vivement altaqué par l'impératrice Élizabeth, liguée contre lui avec la presque totalité de l'Europe. Pierre III lui succède, et ordonne à son armée de se joindre à l'armée prussienne. Si la Russie avait eu un gouvernement constitutionnel, et si ses représentants eussent voté des fonds pour écraser la Prusse, n'aurait-elle pas éprouvé une singulière déception, en voyant ses subsides tourner ainsi au profit de cette puissance par le seul fait d'un caprice dynastique?
La France ne porte pas un intérêt égal aux trois principaux acteurs des scènes qui peuvent s'ouvrir en Orient. Nos sympathies pour le tzar, le sultan, ou le vice-roi, varient en proportion de Tintërêt plus ou moins grand que l'on peut espérer du triomphe de l'un plutôt que des autres.
Il est nécessaire , c'est même de rigueur, que la France, avant de se dessaisir, sache à quel emploi sont destinés ses subsides. Le résumé de l'honorable rapporteur garde sur ce sujet un silence inquiétant. Il a raisonné en thèse générale ; mais rien n'annonce une connaissance exacte de la question , ni comment on Tenvisage.
Les ministères qui se sont succédé pendant
POUR LES AFFAIRES D'OKIENT. ii>5
celle longue el honteuse période de dixaiis, n'ont pas uccoulumë la France à une grande sécurité sur la manière dont son honneur et ses intérêts sont ménagés. Leminislère actuel n*a pu acquérir, (»ncore, plus de droits que ses devanciers à la confiance de la nation , surtout alors qu'il porte en lui-même les germes évidents d'une dissolution prochaine.
Ces fonds du crédit qu'on accorde aux déposi- I aires présents du pouvoir , ce sont d'autres, ce sont des smrcesseurs encore inconnus qui sont appelés à les dépenser. Pour le ministère d'aujourd'hui, sa tache unique, c'est la direction du procès soumis à la Cour des Pairs. Ce n'est certes pas cet épisode qui relèvera la considération de la France au-dehors; car il révèle le peu de foi des ministres dans la stabilité de leur autorité.
Nous exposons dans le chapitre suivant, inlilulé Conclusion^ comment nous entendons la solution désirable de la question orientale. Hors de là , on ne bâtira que sur un terrain mouvant ; et l'argent donné par les contribuables aura élé donné en pure perle pour les intérêts de la France.