CONCLUSION. 45K
la Russie , c'est son vœu , c>st toute sa politique : on ne l'en détournera pas.
De son côté, le sultan, sans appuyer ses prétentions sur des élémenls réels de force, gages de succès, ne se montre pas moins, vis-à-vis de Méhemmet-Ali , tout aussi exigeant que la Russie à son égai'd. Si celle-(*i voit dans Mahmoud un vassal futur, le sultan n'aperçoit dans le vice-i*oi qu'un sujet révollé. Ce que l'intérêt conseille là, Tamour-propre le commande ici. Sa Hautesse ne cédera qu'à la force. Le préjugé est trop puissant sur elle, pour qu'elle puisse être amenée, par toute autre voie , à des concessions que repousse' l'orgueil en délire.
Il est évident que Méhemmet comprend tout autrement sa position et son droit. Il possède , il jouit. Le lot qu'il s'est adjugé, son compétiteur est hors d'état de le lui arracher. S'il veut bien lui demander sa sanction , ce n'est pas pour posséder, c'est pour jouir et posséder légalement. Cette sanction n'est même à ses yeux qu'une simple formalité qu'il ne peut vouloir, on le conçoit, acheter par la plus légère concession.
De quelque manière qu'on présente la question, elle n'offre que des impossibilités à l'arrangement annoncé, qui, au surplus, ne conviendi^ait guère à Méhemmet qu'autant qu'il lui apportei*ait cette reconnaissance à laquelle il aspire, à son âge, «lans le seul intérêt de ses enfants.