‹ La Turquie officielleChapitre 19 sur 67 · I.F SILT \N AlîDI l.-ll AMII). Ij · texte numérisé non relu

I.F SILT \N AlîDI l.-ll AMII). Ij

le uœud coulant et, rélrange plate-forme ayant »Ué vivement enlevée par l'exéeuleur, le corps (lu supplicié se trouva livré aux loii-ues et épouvantables convulsions qui résultent de la strangulation, opérée dans de telles conditions.

(i'élait tout siniplciiu-nt Iiorrihio:

Le corps resta suspendu jusqu'à minuit... pendant ces quatre heures, le café ne désemplit pas.

L'assassinat prémédité et accompli par Aédim agha amena des perturbations profondes dans le personnel des eunuques du palais ; comme toujours, on profita de ce drame pour le rattacher à une histoire quelconque de conspiration : S. A. Chéref-Eddin agha, qui remplissait les fonctions de Dar-Us-Saadet-ul-Chcrifé Aghassi, ou gardien de la porte des Félicités, fut relevé de sa charge et envoyé en exil à Médine. Avec lui furent également destitués le premier Mussahib, ou premier eunuque, Tahsin agha, et les Mussahibs Hussan-Eddin agha, Khalil agha, Piassim agha, Safvet agha, Chakir agha et Rusfen agha. Le paquebot Plevna les emporta

tous vers la mer Rouge, et ils furent internés à Médine avec leur grand chef.

Le poste si envié de Dar-Us-Saadet-ul-Chérifé Aghassi fut confié à Yaver agha, qui occupait déjà celui d'Agha-Vckili.

Le Menchoiir impérial de cette nomination fut lu au Palais d'Yeldiz, avec le cérémonial d'usage, l'avant-veille de l'exécution du coupable.

Pendant que se passaient les faits que mes lecteurs viennent de lire, le sultan, pour surcroît de chagrins, avait encore à sévir contre son ancien chambellan, Osman-bey'. Ce dernier succombait enfin sous les coups répétés de ses adversaires et des envieux de sa grande fortune. Tenu au secret dans son konack, ayant à répondre à de nombreuses accusations plus ou moins fondées, il venait de voir son poste occupé sinon officiellement, du moins officieusement, par le second chambellan.

De plus, Abdul-Hamid avait à lutter contre les vues de sou Grand- Vézir, Kiamil pacha, par-

1. Osman bey était le premier chambellan du Palais. Sa Majesté avait une coafiance absolue dans ce vieux serviteur déjà de sa maison, alors qu'il n'était que prince.

Depuis que ces lignes ont été écrites, Osman bey est rentré plus en faveur que jamais.

LE SULTAN A lU) l I. Il \ M 1 1). 117

tisaii lie la liiiilc alliance et ami dévoué de rAiijrleterre, alors que ses sympathies à lui, Chef des croyants, se portaient déjà, non sans énergie, vers l'alliance franco-russe, ou, pour ôtre plus dans l'expression précise de la vérité, vers la possibilité de rester neutre dans le f^rand conflit européen que chacun redoute, non sans raison, mais vers lequel la fatalité des choses et l'héritage du passé précipitent les nations de la vieille Europe.

Si, à ces causes sérieuses d'excitation cérébrale, nous ajoutons les graves préoccupations que lui donnait l'état des finances de l'empire, administrées encore à cette époque par Mahmoud pacha, qui devait être révoqué quelques jours après; les ennuis de chaque jour provoqués par les intrigues du Harem et du Palais, les dénonciations quotidiennes, dénonciations qui attaquent aussi bien les étrangers que ses sujets, nous comprendrons facilement ce que dut être cette terrible semaine pour l'esprit et la santé du malheureux prince.

L'ordre revenu dans le Palais, justice faite, Sa Majesté reprit le cours de ses travaux et de ses occupations. L'emprunt fut fait, et la con-

cession du chemin de fer accordée à... un Allemand, M. Kaulla, représentant la Leutsrhe- Bank et un groupe de financiers allemands.

Il faut bien le reconnaître, un .changement considérable, et tout à son avantage, s'est opéré dans l'esprit et le caractère du sultan depuis son avènement au trône. Les rudes épreuves qui ont été les étapes de ses treize années de règne lui ont fait plus de bien que de mal; certaines de ses facultés se sont singulièrement développées, et son besoin de tout voir, de tout connaître, de tout examiner, de tout contrôler, a fait de lui, malgré son entourage et sa nervosité, un des souverains les plus intelligents de sa race.

Cette assertion paraîtra mieux fondée, mieux prouvée, si, avant de toucher aux derniers traits de ce portrait, nous jetons un rapide coup d'œil sur ce que fut le passé d'Abdul- Hamid II.

Trop éloigné du pouvoir suprême par l'ordre de succession au trône, le troisième fils d'Abdul-Medjid avait dû à cet éloignement une indépendance relativement considérable. Libre de ses allures, dégagé des étroites obligations

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