‹ La Turquie officielleChapitre 20 sur 67 · I.E SULTAN Vnni I. Il \MII). ll't · texte numérisé non relu

I.E SULTAN Vnni I. Il \MII). ll't

de l'éliquelle et du cérémonial oriental, il vi- \ait larfreiuent, san;^ craiiiti's, sans soucis, sans que rien, en un mol, pùl lui faire sou|»('onncr la haute destinée à laquelle devait l'appeler la l'iovidence.

... Très jeune, on l'avait vu se livrant à une existence de plaisirs et de débauches, plus vulgaires que princières, négliger l'étude des langues étrangères et des sciences, pour s'adonner entièrement au laisser faire, au farniente de la vie orientale.

Jusqu'à ving-(piatre ans il fit assaut de débauchesavec les fils de pachas, ses compagnons. Ses débauches furent si pubUques, si cyniques, que les habitants de Scutari, de Bcylerbey et de IMianar-Aki en conservent encore le souvenir.

Sa santé, gravement compromise par cette existence à bride abattue, commençait à inquiéter sérieusement son entourage quand, tout à coup, brusquement, sans transition, poussé parla turbulence nerveuse de son tempérament, déjà fortement névrosé, il changea brusquement de vie.

Sa nature s'était alfaissée, domptée par une surexcitation trop prolongée !

Poussant tout à l'extrême, il cessa ses griseries et renonça aux vins, aux liqueurs fortes, au mastic et à ses orgies journalières, pour exagérer la sobriété et les principes austères des disciples du vieux parti turc.

On eût dit que, nouveau saint Paul de l'islamisme, Abdul-Hamid venait de trouver son chemin de Damas!

Affectant de ne porter que le dolma et la pelisse des Imans^ il se renferma dans la société de sa femme, Bac-IIanoum, etde ses enfants; modifia le personnel de sa maison; transforma son existence du tout au tout, et ne fréquenta plus que les hommes graves et fanatiques de Stamboul.

Ce fut pendant cette période qu'il se fit une réputation de fanatique endurci qu'il mérite peu, et d'homme violent qu'il ne mérite que par rares intermittences. C'est également dans cette phase de sa vie que s'acdomplit la révolution du Palais qui devait, trois mois après, l'appeler au rang suprême pour lequel il était si peu préparé!

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