PLUS PUISSANT (JIK I.K SULTAN. IX
«laiiia est à six semaines de voy!\p:e de Coiislanliiu)|>le. Non, eeia louche le Bosphore, et le Huiler, le yacht de M. Peiider, <|ui y est allé pendaiil inoii séjiuii-, a mis moins de trois heures pour y jeter lancre !
« il y a des milliers d'histoires de ce genre sur le sultan Bakchiche.
• Demandez pourquoi, dans le fond de la Corne d'Or et ailleurs, vous voyez de niagnilîqucs cuirasses désemparés. On vous dira que les matelots et les olliciers de marine ne fournissant pas de Bakciiiche, le sultan de ce nom n'a ordonné que l'acquisition des corps, il ne les a pas armés. Demandez pourquoi, dans la cour de Top-Hana ou Top-llané, il y a six gros canons Krupp, que le sultan Bakchiche a fait payer à des prix exorbitants et qui sont couchés par terre; on vous dira que, les afluts ne devant rien lui rapporter, il a fait acheter les canons et les a fait jeter par terre. Demandez... iMais il faut s'arrêter pourtant!
« Vous rappelez-vous seulement cette jolie histoire que Méhémet-Ali, de joyeuse mémoire, m'a racontée au congrès de Berlin?
« Il commandait à Seraïeveno.
« Un paysan des environs arrive apportant sur quatre chevaux quatre charges d'avoine pour la cavalerie de la garnison.
« 11 délivre l'avoine, on lui remet un reçu.
« Il passe huit jours à aller de reçu en reçu et de Bakchiche en Bakchiche pour hâter le payement.
« A la fin des huit jours, il n'avait plus ni avoine, ni chevaux, ni sou ; il avait tout laissé entre les mains du sultan Bakchiche. 11 avait insulté le dernier employé ; on l'avait mis en prison, et c'est de là que Méhémet-Ali le fit tirer pour le rapatrier aux frais du Trésor.
« Après cela on peut tirer féchelle.
(c Eh bien, ce tyran honteux et dégradant que l'on nomme le sultan Bakchiche, il faut que la Turquie s'en délivre, si elle veut prendre rang parmi les nations vivantes de son temps ; cette honte, il faut qu'elle la secoue; cette pourriture, il faut qu'elle en guérisse; cette plaie, il faut qu'elle la sèche! Le peut-elle? Oui, je dirai comment. »
Hélas!
Quoi qu'en dise notre auteur, cette plaie existera toujours, suppurante et hideuse. On