‹ La Turquie officielleChapitre 31 sur 67 · I. \ i; M 11 I I i;(ii K · texte numérisé non relu

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l'iis isolt'iiu'iit, lu solilat ollomaii |)o<;sî'(lo les <|ualitL's et les «léfaiits dos races barbares conquéranles. S'il est brave, intrépide, très propre, grâce aux préceptes hygiéniques de sa religion, solide à la marche, dur aux privations, pensant peu et ne sachant pas discuter les ordres de ses supérieurs, toujours prêt à sacrifier sa vie pour son padischah, il est, en revanche, lubri(jue, toujours j^rèt à piller, et, au besoin, à tuer les gens qui s'opposent à ses désirs et à ses passions . Passe-t-il près d'une chrétienne, même en pleine rue de Péra, il se fait un véritable plaisir de la bousculer, de lui adresser des propos obscènes, et de porter une main brutale sur le lieu où trône, au sein dune charmante forêt, le dieu de la volupté. Cette forêt, forêt que la lui d'Islam ordonne de détruire chez la femme pudique, c'est-à-dire musulmane, il se fait un cruel plaisir de la froisser et d'en déraciner quelques Heurs ; si la personne sur laquelle il s'est livré à cette sauvage agression pousse un cri de douleur et d'effroi, ou le frappe de son ombrelle, il s'éloigne en riant, satisfait de la niche qu'il vient de commettre.

Avis donc aux voyageuses européennes, témoignant souvent leur surprise, en voyant les femmes levantines porter leur ombrelle droite, devant elles, en guise de bouclier.

Il se passe peu de semaines sans que des vols et des viols, plus ou moins sanglants, soient commis parles soldats du corps d'armée de Constantinople et de ses environs. La presse du pays relate souvent ces faits ; mais, comme le mot d'ordre est donné, que la censure est là, toujours prête à suspendre la publication du journal, il est entendu que ce sont toujours des malfaiteurs, vêtus en militaires pour mieux dépister la police, qui ont accompli ces crimes.

Les choses se passeraient-elles ainsi si ces pauvres diables étaient régulièrement payés, s'ils touchaient leur solde comme les soldats des autres armées? Non, très probablemenf, car, s'ils sont paillards par tempérament, ils ne sont voleurs que par accident, par besoin !

En somme, il y a toujours un fonddeBachi- Bouzouck et de reître allemand chez ce soldat de l'armée régulière, dont la présence dans une localité n'est pas, comme en France, une assurance de protection et de sécurité, mais qui

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est, si brave et si superbo s(Mh le feu de rennemi.

Le jour où il sera bien cominninlé, bien organisé, bien payé, il surprendra eneore le vieux et le nouveau monde par ses victoires et ses sueeès, et si jamais il doil, sous les fautes de son gouvernement, repasser le détroit pour essayer de redevenir une simple puissance asiatique, soyez bien assuré que ce ne sera pas sans une sanglante gloire.

Mais les choses n'en sont pas encore là. « L'homme malade », campé en Europe, a encore une grande et puissante vitalité, grâce à son peuple, à ses soldats et aux jalousies haineuses des puissances étrangères.

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Division de la société turc[ue.

La justice en Tur-iuie. - Les doux ma?i«<tr.aures. - La justice rdidcuse et la justice civile. - Juge et tribunaux. - Décision h vendre. - Du nMe des témoins. - Manière de se es procurer .^ bas prix. - Dans la salle des pas perdus. - Un d.' ces messieurs. - lue audience au tribunal miUe. - Situation pénible et fausse de. plaideurs français. - Portraits dejui:e3.— L'école de droit. — Résunnè.

Si le Turc est un bon soldat, mais un mauvais administrateur et un plus mauvais employé, que dirons-nous de lui quand nous aurons à l'apprécier comme théologien et comme juge? Rien de plus étrange que l'organisation de^cette société turque, si essentiellement démocratique. Que de contrastes ne présente-

t-elle pas !

Non seulement l'aristocratie de famille, telle que nous l'entendons, n'existe pas dans cet étrange pays; mais on n'y peut même pas re-

connaître les familles en tant que souche. Le nom patronymique y est inconnu, et c'est tout le bout du monde si le petit-fils connaît ou se rappelle son grand-père.

Le fils d'un ministre n'hérite ni du grade ni du titre de son père ; il peut tout aussi bien être caïqdji [batelier) que portefaix ou ambassadeur.

Les Turcs n'ont donc ni anciennes familles ni aristocratie nobiliaire.

Ils ont, décernés par leur padischah, des grades, une hiérarchie civile et militaire, et c'est tout.

La famille ancienne, telle que nous la comprenons, avec sa complète généalogie, ne se trouve que dans la famille impériale, fondée par le célèbre Osman, premier sultan des Osmanlis.

Hiérarchiquement, la nation se divise en quatre classes bien distinctes :

Les mollas ou uUmas, interprètes de la loi rehgieuse : c'est le clergé musulman ;

Les militaires ;

Les fonctionnaires ;

Les personnes ayant des dénominations pure ment honorifiques.

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Les ulémas se coinposont des soflas ou étulliallt^;, des khoiljds ou |)rofesseurs — kliodjas et soflas fornient le bas clergé ; — des kibarmudérmims on membres de l'enseignement supérieur, des vutkravdj-ynevbvict ou personnes investies de la dignité de molias des villes saintes.

Ces derniers peuvent arriver au rang si envié de biladi-kumsen-mcvlievii'ti, ou molias des cinif villes saintes — la Mecque, Médinc, Jérusalem, Damas et Andriiiople. — De ce titre ils peuvent passer à celui iïAraméin-C hcriffen, ou chérif des deux premières villes saintes, puis iVhtumboid-Ptujcssi, ou dignitaires de Stamboul; enfin, au titre suprême de Soudours- BoHuicli-vc-Anatoli , c'est-à-dire dignitaire des sièges de Roumélie et d'Analolie.

Les théologiens possesseurs d'un de ces trois derniers titres ont droit, dans les grandes cérémonies, à un costume particulier : les Istamboul-P(iycssi portent une robe gris clair, les Araméiii-Chêriffen l'ont violette et les Soudours, verte.

Tous portent un turban blanc entouré d'une large bande d'étoile d'or.

Au sommet de cette hiérarchie sacerdotale est placé le Cheik-ul-lslam, ou proprement dit le Vieux de V Islam.

Quant à l'armée, j'ai dit quelle était son organisation et sa composition.

Je n'ai donc qu'à ajouter que son généralissime porte le nom de serchir-ekrem, — mot à mot le chef le plus généreux. — Sous ses ordres viennent directement les muchirs ou maréchaux, les fériH ou généraux de division et les liras ou généraux de brigade. Tous sont pachas, pachas bien entendu à trois, deux ou une queue.

Ceux-ci ont sous leurs ordres les mir-alai ou colonels, les caîmakans ou lieutenants-colonels — tous deux portent le titre de bey — puis les bimbachis et les yaz-bachis, ou chefs de bataillon et capitaines.

Parmi les fonctionnaires et les personnes ayant des dénominations purement honorifiques, se trouvent les juges appartenant à la jurisprudence civile.

Les ulémas ou théologiens étaient les seuls juges existant en Turquie avant les lois de la réforme ou tanzimat.

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Colle réforme ayant produit des tribunaux civils et mixtes, nomnu's nizutnii^s, du mot iiizatn, (jui sij^Miilie rèj:lemL*iit, il en résulte t|iril existe, à l'heure qu'il est, deux sortes de justices :

La justice relip^ieuse, qui juge d'après le Coran, et la justice civile, qui prononce ses arrêts d'après les lois et les codes européens, — code Napoléon plus parliculièremcnl.

Ces deux tribunaux, ai-je besoin de le dire, sont en lutte constante d'influence et de rivalité. Aussi, un procès perdu sous la jurisprudence civile peut-il parfaitement se gagner sous celle (lu Coran, cl vice vcrsd.

En province, les tribunaux et les prisons sont dans le co/uik ou palais du gouverneur au chef-lieu du vilayet. A Constantinople, les tribunaux civils, et particulièrement le tidjiirct ou tribunal mixte, où se plaidentles procès entre sujets turcs et européens, sont sur la place de Sainte-Sophie, dans le bâtiment du ministère de la justice.

Je n'ai pas à m'étendre sur la composition de la magistrature civile. Elle se calque, du reste, de plus en plus sur la nuire. Ses magis-

trats portent les mêmes titres et sont organisés liiérarchiquemeut de la même manière.

Sont-ils plus instruits, plus consciencieux, plus honnêtes et plus indépendants que leurs confrères des tribunaux religieux ou mcklieinés?

Plus instruits, oui, grâce à l'École de droit et à la connaissance de la langue française imposée aux étudiants; mais, quant au reste, il faut reconnaître qu'ils sont un peu inférieurs à leurs collègues religieux.

Ici, comme en tout, c'est, en dernière analyse, le sultan Bakchiche qui a le dernier mot.

Rien de plus étrange qu'une audience au tidjaret; mes lecteurs vont en juger.

Dans la première salle, notre salle des pas perdus, se trouve une foule des plus composites, où dominent des femmes, sollicitant l'aumône avec une insistance des plus acharnées, des mendiants, des infirmes drapés dans leurs guenilles, vous tendant la main la tête haute, le verbe arrogant, absolument comme s'ils vous imposaient une taxe; des faux témoins vous proposant leur intervention, des soldats, des mollas, des Grecs, des Juifs, des Arméniens, des Européens, bref, tout un peuple

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fouvt ri iToripeaux l)arit)Ii"s,où les Ions les plus triards et les eouleurs les |)lus (^Iranges se heurtent, se choquent, se confondent, se séjiarentet se disloquent dans un tout insenscS dont le coloris, des j)lus fanlasliqucs, est l>ien fait pour surprendre et étonner le rcj^ard de l'Européen (pii assiste à ce spectacle pour la première fois.

Les auiliences eommencenL généralement à midi, à la franque, ce qui donne, à la turque, suivant les mois de l'année, quatre heures, einfj heures, six heures et même sept heures quatorze minutes. A cette heure-là, les parties en cause, les avocats, les témoins vrais ou faux, les soldats de garde traversent les différentes salles du palais et se rendent à leurs postes respectifs.

Le tribunal est composé à peu près comme le sont nos petits tribunaux de province. Il en diffère par un peu moins de propreté et quelques détails qui n'ont pas une grande importance. Un fauteuil en cuir usé pour le président, des chaises pour les juges, les drogmans des consulats, les parties et les témoins, et c'est tout.

Le président arrive assez souvent avec une demi-heure de retard; il arrive, flanqué de ses deux juges turcs, alors que les assesseurs européens, désignés par le consul de la nation de laquelle ressort l'une des parties en cause, les attendent depuis longtemps. Les salutations échangées, chacun s'assied, prépare ses cigarettes et avale force verres d'eau.

Le président frappe des mains, l'audience commence.

A l'appel du président, un huissier se présente, tout de noir vêtu, aux vêtements plus ou moins propres et à l'allure obséquieuse.

Notre président promène sur la foule un regard complaisant et satisfait. Puis, s'adressant au greffier :

— Qhâcê-gueUir, lui dit-il, c'est-à-dire apporte-nous du café.

Le café absorbé, avec cette noble lenteur et ce soin tout particulier qu'exige le humage de cette agréable boisson, le président ouvre l'audience en faisant appeler, suivant son caprice ou ses intérêts, une des causes inscrites.

Parmi les causes célèbres qui ont à tout jamais illustré la magistrature turque, il en est

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une iloiit le n'cit va compléter notre peinture.

M. V. i\^' M., im (les négociants français établis dans la grande rue de Péra, dont le magasin est célèbre par l'élégance et le bon goût de ses toilettes pour dames, était créancier d'une somme de près de trois cents livres (0,900 francs) d'un des premiers chambellans de Sa Majesté Abdul-IIamid. Ce personnage ayant quitté ce bas monde pour parcourir les terres d'où on ne revient pas, je ferai le silence sur son nom.

La dette remontait déjà à plusieurs années et, de promesse en promesse, le chambellan en question avait lini par envoyer promener son créancier, en déclarant qu'il l'avait payé depuis longtemps et qu'il ne lui devait rien. En s'exprimant de la sorte, le débiteur récalcitrant ne fil-il pas un peu rosser l'employé de M. F. de M.? C'est là un point dont l'éclaircissement importe peu au fond de mon récit.

Ce dernier, rendu furieux, non seulement par les procédés par trop murquants de son débiteur, mais encore par l'abandon qu'il avait dû faire, anciennement, d'une certaine facture s'élevant à une assez jolie somme, résolut,

quitte à perdre sa clientèle du Palais, de donner une leçon d'honnêteté au chambellan récalcitrant. Chambellan!... était-ce bien un chambellan ou n'était-ce pas un des premiers secrétaires de Sa Majesté? Mais qu'importe! Ce qui est certain, c'est que notre personnage, dont l'influence était alors considérable, fut bel et bien assigné devant le tidjaret.

Notre compatriote, après plusieurs semaines de conseils et de démarches infructueuses, se présenta enfin devant les juges du tribunal mixte, assisté de son avocat et d'un drogman du consulat français.

Le défenseur fit défaut et le président, n'osant pas juger le cas en l'absence de ce grand personnage, renvoya l'affaire à quinzaine.

La quinzaine expirée, nouveau renvoi basé sur l'indisposition de l'avocat de Son Excellence.

Bref, de quinzaine en quinzaine, plus de trois mois s'écoulèrent, avant que la cause pût être entendue contradictoirement.

Si notre compatriote avait été sujet russe, soyez bien convaincus que les choses ne se seraient pas passées ainsi, et que le drogman

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de ce consulul aurall su iminiincr ôiRTgiqucmiMit une maivlic plus active aux th'bals. Mais, lieureuseinciit pour los Turcs cl bien uiallieureusemeiit pour nos nationaux, notre diplomatie moderne a pour |)rincipe, surtout (juand il est question d'un traité quelconciue avec le gouvernement turc, de ne rien brusquer, de ne froisser personne, fût-ce aux dépens des intérêts de nos compatriotes.

Périsse plutôt un Français, semblc-t-clle dire, (pie notre réputation de courtoisie débonnaire! Et, naturellement, MM. les Ottomans, parfaitement au courant de ces déplorables principes, en usent et eu abusent sur une grande échelle.

On en vint donc aux plaidoiries contradictoires. La première séance se passa en une légère escarmouche qui ne décida rien ; la seconde se termina à peu près de même et, à la troisième, le chambellan, ayant juré sur sa foi musulmane qu'il possédait une factureacquittée, mais que, cette facture étant égarée, il lui fallait le temps de la chercher, le tribunal lui accorda un délai d'un mois, au bout duquel, futil dit, il passerait outre et prononcerait sa sen-

tence en faveur du chrétien, si la facture n'était pas apportée à l'audience.

Le délai expiré, les parties se retrouvèrent en présence, et là, à la stupeur profonde du demandeur, l'avocat de son adversaire produisit une facture paraissant parfaitement en règle et dûment acquittée.

Le président allait prononcer — et il se hâtait singulièrement pour cela — la condamnation de M. F. de M., quand celui-ci, l'arrêtant brusquement par un geste énergique, demanda à examiner ladite facture. D'un coup d'œil il vit que, si elle était vraie, l'acquit, lui, était faux.

Les choses, comme on le voit, prenaient une fâcheuse tournure. Il ne s'agissait plus d'une dette niée, ou que l'on croyait avoir payée avec les coups de trique assenés sur le dos de l'employé du réclamant, mais bien d'un délit entraînant une peine sévère.

Je dois reconnaître que notre drogman, stimulé par l'énergie de M. F. de M., sortit pour cette fois, savez-vous, de sa quiétude tout orientale et imposa au président du tidjaret la continuation des débats, par la nomination d'un expert chargé d'affirmer ou d'infir-

DiNisioN Di i\ sor.iiif. Ti uni i;. '."ii

mer l'accusation do faiiv porlée par le plaifanant.

Ici, nouveaux délais; iiouvt'Iles démarches |Miur s'assurer de rindépeiidaucc de l'expert; renvois se succédant avec une monotonie désespérante; enlin, après huit autres mois de démarches diverses, de plaidoiries, de dépenses de plus en plus nombreuses, on arriva au grand jour du jugement définitif.

La |>ièce fut recomuie fausse et le |»résiden(, obligé de se rendre devant la brutalité de ce fait, renvoya la cause à quinzaine.

Mais il fjiut en finir, car, si je devais raconter tous les incidents de ce procès, il me fautlrait écrire le volume que je réserve pour plus tard. Le jugement fut rendu au profit de notre compatriote. Le personnage si influent était condamné à payer la somme en litige, plus les intérêts, les frais et les dépens. Quant au faux, il n'eu fut pas plus question que s'il n'avait jamais existé !

Mais alors nouvelles complications, nouvelles démarches!

Notre compatriote veut faire exécuter le jugement qu'il a obtenu avec tant de peine.

Rendu véritablement furieux par la conduite de son adversaire, par tout le temps qu'il a perdu, par l'argent qu'il a dépensé pour en arriver à faire constater juridiquement qu'il ne s'est pas conduit en malhonnête homme, réclamant une somme qui ne lui est point due, il veut, à toutprix, aller jusqu'auboutetaubesoin faire saisir les immeubles ou les meubles de son débiteur.

Six mois s'écoulent encore et quand l'huissier, le représentant de la justice, se présente chez le personnage en question, il est, lui et ses hommes, reçu par une valetaille armée de gourdins et décidée à s'opposer, par la violence, à l'éxecution de la sentence du tribunal de Stamboul.

Que pouvait faire, dans cette circonstance, le digne huissier?

Se faire rosser en compagnie de ses hommes pour un chien d'infidèle? Souiller amsi la demeure sacrée d'un musulman, serviteur de Sa Majesté, et si bien en cour? Le jeu n'en valait certainement pas la chandelle.

Notre officier ministériel se retira donc, en saluant profondément, profitant de cette occa-

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siim pour assiiivr Sou Exci'llfiuc do tout son respectueux devoueineul.

Mais notre coiii|)atriote n'est pas Breton pour lieu et, puisqu'il avait ^'aiu de rau<e, il entendait faire exécuter la sentence pcr fiis et m- /us.

Ici commence un nouvel épisode de cette atVaire que mes lecteurs juj;eront extraordinaire, mais qui est bien banal et tle chaque jour, dans ce bon pays du caprice et du despotisme.

Je passe sur les ilernier>^ incidents de celte lutte entre un favori, la justice et un créancier, pour en arriver à la dernière scène de cette étrange coméilie.

Fatigué d'aller de chez un juge chez l'autre, ilu substitut au procureur impérial, de ce dernier au consulat de France, du consulat de France au ministère delà justice, M. F. de iM. se décida à s'adresser, pour la dernière fois, car le malheureux avait déjà fait trois démarches semblables, à l'ambassadeur français, alors M. le marquis de Noailles. Là on lui répondit par ce cliché, qui est devenu la conclusion de toutes les revendications poussées à l'extrême :

2li LA TURQUIE OFFICIELLE.

« Que voulez-vous, mon cher monsieur, nous reconnaissons que vous êtes parfaitement dans votre droit, mais aussi pourquoi diable, vous qui habitez le pays depuis si longtemps et connaissez si bien les Turcs, vous exposez-vous à de semblables dénis de justice en leur faisant crédit? Nous avons tout fait pour que satisfaction vous soit accordée, mah nous ne pouvons pourtant faire la guerre pour vous! »

Que dire, que faire après une telle fin de non-recevoir, ainsi qu'on le dit au Palais?

Se décider à ne pas augmenter sa perte par de nouvelles tentatives! C'est ce que fit notre compatriote.

Son compte fait, son avocat payé, il se résigna à passer sur ses livres, à l'article « profits et pertes », la somme de cinq cent quatre-vingtneuf LIVRES TURQUES.

Allez donc, après cela, plaider pour en arriver à gagner votre procès... à ce prix!

Depuis sa condamnation, le débiteur est mort... Mais la colonne « profits et pertes », singulièrement augmentée, resta toujours là, témoin silencieux, mais non sans valeur, pour

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attester comment fortaiiis serviteurs de Sa Majesté ottomane |»ayent leurs dettes.

Et ce fait n'est pas le seul de sa nature. J'en ronnais de plus cuiieiix, de jiliis forts et df plus navrants. En donner le récit m'exposerait certainement à me faire taxer d'écrivain de parti i)ris, voulant à tout |>rix casser une série de pains de sucre sur la tète de nos bons Turcs.

.le m'arrête donc sur cet exemple.

Les Japonais ont un proverbe qui dit (jue

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