‹ La Turquie officielleChapitre 35 sur 67 · I.K II A II KM IMI'I r.l VI. tai · texte numérisé non relu

I.K II A II KM IMI'I r.l VI. tai

\' Une première trésorière;

2' Une première secrétaire;

.'V' Une première garile des sceaux ;

V Une première maîtresse de ^'arde-robe ;

5° Une première dame pour lui verser de l'eau ;

(>" Une maîtresse des sorbets, consommalions diverses, etc.;

7° Une première dame pour lui ollVir le café ;

S" Une première intendante.

href, une douzaine de {jurandes dames, portant toutes le titre de kal/ns ou maîtresses, et ayant chacune de six h dix jeunes élèves, dont les titres correspondent à celui de leur maîtresse. C'est ainsi que, pour la kalfa première garde des sceaux, existent six alaïkea ou petites gardes des sceaux; pour la kalfa première secrétaire, six autres alaikes ou petites secrétaires, et ainsi de suite pour toutes les kalfas ou maîtresses. Ce qui donne, pour la seule daïra de la première kadine, plus de soixante-quinze femmes.

Les autres cours, pour être moins importantes, sont à peu près montées sur le même

pied. Elles ne diffèrent que par un nombre plus restreint de personnel. Or, eu calculant les choses au plus bas mot, en ne comptant que vingt daïras ou cours composées d'un minimum de quarante femmes, nous arriverons au chiffre déjà très respectable de huit cents femmes, presque toutes jeunes et jolies, pouvant d'un moment à l'autre, suivant le caprice du maître, escalader les échelons hiérarchiques conduisant à la possession de ses faveurs.

Que dirai-je du luxe, de la folle prodigalité qui existe dans ces daïras? L'envie, la jalousie sont les éléments qui poussent chaque maitresse d'une daïra aux dépenses les plus folles et les plus insensées. Chacune possédant, outre le personnel que j'ai indiqué, toute une nombreuse domesticité d'eunuques, de palefreniers, d'esclaves diverses, parmi lesquelles se trouvent les musiciennes, les dames du corps de ballet et les fcuimes blanches et noires chargées de la grosse besogne — cuisine, préparation des bains. Soins de propreté géné^'ale, etc., — on peut aisément se faire une idée de ce que coûte, à la liste civile et au Trésor, l'entretien de ces cours particulière^;.

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(l'ol la un ^'oiilliv (|iii a L'ii|j;luuli juscjuà et' jour la plus graïkle partie des revenus de ItMiipire.

Le liaivm n'est pas une communauté, ainsi qu'on pourrait le sup|H>ser. C'est une réunion (le petits Ktals tlislincts, ayant chacun son ailininistration et l'orniant une coniédération, sous la haute et toute-puissante direction de la sultane Validé.

11 existe tout un cérémonial pour ce qui louche et concerne cette jjM'ande maîtresse du harem. Ce cérémonial comprend la façon dont on doit se tenir devant elle, la toilette dont on doit être revêtu, le langage dont on doit se servir: tout a été prévu et formulé en règles iiillexibles '.

Quand on lui adresse une requête, il est de bon goût de mettre en tète le titre le plus respectueux et le plus honorilique, tel, par e.vemple, que celui-ci : Tutch-nl-incslounil, ou couronne des têtes voilces, ce qui signifie qu'on honore en elle la première parmi les femmes voilées et pudiques, par opposition aux chré-

j. Ce cérémonial esl connu sous le nom de pencheh-divan.

tiennes qui, ne portant pas de voile, sont considérées comme impudiques.

Pour mieux assurer à la sultane Validé les hommages qui sont dus à son auguste personne, le cérémonial ottoman a décidé qu'on ne se présenterait pas devant elle sans en avoir fait la demande ou sans qu'elle ait accordé une audience. Il n'est pas permis de s'asseoir en sa présence; il faut se tenir debout, les mains croisées sur la poitrine, la Lète plus ou moins inclinée, et attendre qu'elle veuille bien vous interroger ou vous autoriser à parler. Chaque réponse doit être accompagnée d'une profonde révérence et des mots sacramentels : « Oui, notre dame >>, ou : « Non, notre dame ». Nulle ne peut se présenter qu'en antari ou costume de cérémonie, équivalant à la toilette décolletée en usage dans les cours européennes. La plus grande favorite du sultan ne se permettrait pas d'aller autrement chez la Validé.

Ces témoignages de vénération et de respect ne sont pas moindres à l'extérieur qu'à l'intérieur. Quand la sultane Validé sort escortée par une suite vraiment princière, tous les corps de garde lui présentent les armes, et elle s'a-

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