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tjn'fUc soit vîdr dr tnoi, on : Oik Je ne Id rrvoie plus au palais, la coiulamiiée doit disparaître immédiatement, en emporlaiit sa dot, son ino- Mlier e( les économie^ (|u\'lle a pu réaliser |)endant ses quelques semaines ou ses quelques années de puissance.
l^a main des dames ainsi congédiées est très recherchée par les employés supérieurs delà Sublime Porte, les chambellans ou autres personnages du palais, car il y a tout à la fois pour eux honneur et profit à devenir beauxfrères de la main gauche du sultan et à posséder, comme première femme, une personne que le padischah a favorisée, ne fût-ce qu'un instant, de sa suprême tendresse.
Leskadines ne sont pas même, à proprement parler, des femmes légitimes unies au souverain par les lois et la cérémonie du mariage. En réalité, les souverains ottomans n'ont jamais eu de femmes légitimes telles que le Coran le prescrit. Comme les vicaires et successeurs du Prophète, ils se sont toujours dispensés de contrats de mariage, de témoins et des formes légales en usage dans la procédure théologique musulmane.
280 LA TCHQUIE OFFlClliLLE.
Le mariage légal n'existant pas, le divorce se trouve par ce fait rendu impossible, car cette conséquence du mariage ne peut exister quand le premier acte n'a pas été accompli.
D'un autre côté, l'usage de la cour ottomane s'oppose à ce qu'une femme unie au padischah puisse cohabiter ou se marier avec un simple mortel. C'est particulièrement dans ce principe absolu, que réside la différence qui existe entre les femmes qui n'ont joui des faveurs du souverain que momentanément, et les kadines proprement dites.
Leur situation au palais est aussi plus stable que celle des autres femmes ; elles sont assurées de rester au sérail pendant toute la durée du règne.
A la mort de leur maître, elles conservent encore le prestige et cette espèce d'auréole qui rend leur personne sacrée, et leur défend de contracter une nouvelle alliance.
Elles sont alors transférées dans les restes du vieux palais de la Pointe-du-Sérail, où elles Unissent leurs jours assez tristement.
Dans cette vie nouvelle, leurs sorties sont limitées au strict nécessaire et leurs relations
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avt'c ri'xtérioiir Iri's l'iinitciiirnt survt'illc't'S I)ii vivant (.le leur époux, elles étaient soumises à sa jalousie; après sa mort, elles restent soumises à eelles de son souvenir et de son suecesseur, dont le devoir est de veiller sur la conduite des veuves de son prédécesseur. Sous le coup de cette double jalousie, leur existence s'écoule dans une réclusion, dont la sévérité est en raison directe de leur jeunesse et de leur beauté. Elles ne reconquièreiiL un peu de liberté que lorsqu'elles sont arrivées à la cinquantaine. A cette époque de leur vie, le sultan régnant met quel(juefois une de ses résidences à la disposition de la vieille kadinc et la laisse libre de vivre à peu près à sa guise. Si je dois en croire les récits qui m'ont été laits par d'anciens serviteurs du cruel Abdul- Azis, ce dernier se serait montré d'une grande rigueur à l'égard des femmes qui avaient appartenu à la cour de son frère et prédécesseur, le sympathique et si débonnaire Abdul-Medjid. Cette rigueur aurait même été jusqu'à expédier plusieurs de ces femmes, la kadineServinass entre autres, dans un tout autre monde que celui du Vieux-Sér;iil.
Mais passons.
A l'heure où j'écris ces lignes, il existe encore, dans les appartements du vieux palais de la Pointe, celui-là môme où se trouvent le trésor impérial, la bilDliothèque et la mosquée qui contient les reliques sacrées, telles que l'étendard du Prophète, son manteau, sa barbe, des femmes du temps de Mahmoud, le père des sultans Abdul-Medjid et Abdul-Azis.
Les kadines qui deviennent mères ne sont pas soumises à cette réclusion. Celles-là continuent à demeurer au palais avec leur enfant, leur ardmiwn ou pclit lion. Il va de soi qu'elles n'en sont pas moins soumises à une observation très rigoureuse et à un espionnage constant.
L'existence des kadines est loin d'ùlrc aussi monotone qu'on pourrait le supposer; elles peuvent non seulement sortir fréquemment, toujours avec l'autorisation de la sultane Validé, bien entendu, mais elles peuvent aussi aller passer quelques jours dans un des kiosques impériaux du Bosphore, soit pour changer d'air, soit pour se distraire en offrant l'hospitalité à quelques amies. Ces libertés étaient
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surloiit tivs IVé(|iuMilt's sous le r^^'iu' d'Alnlul- Modjid; son socoiul (ils, le sultan actuelloineiit régnant, est loin d'être à ce sujet aussi libéral que son auguste père, et son esprit, toujours soupçonneux, le pousse à restreindre de plus en plus les libertés d'un harem où, par degrés, il est arrivé à introduire une eertaine austérité.
Kn plus des promenades et des excursions que je viens d'indi(|uer, les kadines, comme toutes les autres femmes du sultan, passent leur temps à recevoir, quelques-unes à faire de la tapisserie et de la musique, à habiller des poupées, à jouer avec elles comme de grandes fdlettes, toutes à banqueter et à réunir autour de leurs personnes tout ce qui peut charmer et distraire. De là, l'existence au palais d'un chilfre très respectable de danseuses, de musiciennes et de bouffonnes.
En plus de ces distractions et de ces légères occupations, les kadines se livrent aux mille intrigues dont fourmille la cour ottomane. Celles qui sont mères se voient déjà sultane Validé et se préparent à assurer le trùne à leur fils, fût-ce même au détriment 'du suc-
28i LA TURQUIE OFFICIELLE.
cesséur officiel. Celles qui ne le sont pas font tout ce qu'elles peuvent pour le devenir, consultent pour cela les khodjas ou professeurs de magie, les deux ou trois sages-femmes attachées au liarem impérial, sans omettre la sage-femme turque, dont le titre traduit en français est : lu mattre^^e sanglante, et dont la mission particulière est de provoquer ou de faciliter les avortements des femmes qui, par des raisons politiques ou autres, ne peuvent ou ne doivent pas devenir des kadincs effendh ou mères de princes.
Rien de plus étrange que la physionomie de cette variété de sage-femme, dont je parlerai plus longuement et plus en détail dans l'ouvrage que je préparé sous le titre : les Bas- Fonds de C onstantinople .
Ainsi qu'on doit bien le penser, la jalousie, cette passion si vivace chez toutes les femmes, passion s'appliquant à tout, se manifestant sous les formes les plus diverses, pouvant conduire celle qu'elle obsède d'une simple colère au crime, véritable dérèglement des fonctions du cerveau, fonctions qu'elle domine de toute sa haute et sauvage énergie, exerce une grande
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iiilliMMico (lan>^ (outcs les imaginations fémiiiiiies ilu palais.
Voici, à ce sujet, mit' anccdoto Irt^'s peu connue et que je tiens de la bouche mùnic li'uii (Ifs personnafres intéressés dans TalTaire.
Doux dos kadines les plus favorisées d'Ab- (liil-llaniitl nourrissaient l'une contre l'autre une jalousie qui, après avoir été latente pendant de longs mois, devait éclater d'une façon aussi tragique qu'inattendue.
Lue de CCS kadines est Circassienne, l'autre Rouméliote. Quant à leurs noms, le lecteur comprendra le sentiment qui m'oblige à les taire.
Un soir, vers minuit, — car on est noctambule au palais, et ce noetambulisme fait le désespoir des ministres et des grands dignitaires, appelés souvent inopinément près de leur maître à toutes les heures de la nuit, — les deux rivales en vinrent aux mains, après une longue et très ardente discussion. L'une d'elles, la Circassienne, saisit le petit poignard qu'elle portait et en frappa sa rivale. Cette dernière tomba en poussant un cri de folle terreur; les femmes accoururent, et le sultan, immédiate-
ment averti, se précipita dans la pièce, témoin de la sanglante rixe.
A côté de sa rivale, étendue sur le moelleux tapis, la Circassienne gisait en proie à une violente attaque de nerfs. Abdul-Hamid ordonna aussitôt d'aller chercher son vieux médecin particulier et ami Mavrogény pacha, et, oubliant toute sa dignité, se précipitant sur le corps de la Circassienne, lui donnant les noms les plus doux, chercha, par ses caresses et par ses soins amoureux, à la ramener dans son état normal. Cette crise de nerfs avait si vivement impressionné le sultan qu'il ne voyait pas l'état de la femme frappée.
Plusieurs officiers d'ordonnance furent expédiés partout à la recherche du médecin. Ne le trouvant pas chez lui, ils se rendirent à Péra et, les uns prenant d'un côté, les autres de l'autre, ils visitèrent les endroits où ils pensaient pouvoir le trouver. — De ces endroits, je ne dirai rien par convenance. — Enfin, de guerre lasse, guidés par un de ses amis, aujourd'hui l'illustre astronome du palais, on fut le dénicher chez sa maîtresse de prédilection, la fille Sarah, dont il devait plus tard faire sa